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Parc éolien de Fécamp (S.-Mtme).

L’énergie du vent



L’énergie éolienne est inépuisable et largement répartie sur le territoire. Quoique bien perçue par l’ensemble de la population, elle doit parfois faire face à des oppositions locales.

L’énergie éolienne est une forme d’énergie très ancienne – les bateaux à voile, les moulins à vent – et… prometteuse. On construit maintenant des éoliennes performantes (2,5 MW par unité) et peu bruyantes. L’éolien est l’énergie décentralisée par excellence. Certes, il faut 260 unités de dernière génération pour obtenir l’équivalent d’un seul réacteur nucléaire, mais nous avons vu précédemment les avantages qu’il y a à mettre en œuvre tout un « bouquet » énergétique. Une ferme éolienne de six machines (9 MW), par exemple, approvisionne en courant l’équivalent de 15 000 habitants.
Avant d’installer des éoliennes, de longues études sont nécessaires : gisement de vent, contraintes paysagères ou environnementales, couloirs aériens, présence d’un poste de livraison électrique… Ensuite, le maître d’ouvrage – le plus souvent une compagnie privée – doit acquérir le terrain et obtenir le permis de construire, ce qui suppose l’agrément des différentes administrations.
Le Languedoc-Roussillon, déjà bien équipé, et le littoral Manche-mer du Nord sont, en France, les zones les plus favorables, car régulièrement ventées. L’offshore, bien développé au Danemark, offre des possibilités en Manche.

« Les éoliennes sont laides »

Différentes enquêtes ont montré que les Français étaient à 95 % favorables au développement de l’énergie éolienne dans leur pays. Mais force est de constater que l’implantation d’éoliennes soulève, particulièrement en Haute-Normandie (aucun parc construit à ce jour !), une opposition que n’ont pas connu, en leur temps, les projets de centrales nucléaires. On assiste à la mobilisation de « Nimbyistes »* qui se réclament de l’écologie en avançant des arguments le plus souvent fallacieux. On croirait revenir cent cinquante ans en arrière, quand certains, s’appuyant sur les thèses de quelques « scientifiques », récusaient le chemin de fer au prétexte, par exemple, qu’« on allait mourir asphyxié dans les tunnels ».
Premier argument : « les éoliennes sont laides ». C’est un point de vue, mais que penser, alors des litanies de pylônes des lignes à haute tension qui traversent nos campagnes, des châteaux d’eau, des hideux bâtiments commerciaux et autres atteintes à l’intégrité paysagère ? Une ferme éolienne n’est pas construite n’importe où et sans un avis favorable de la commission départementale des sites.

Si « les éoliennes sont laides », que penser des pylônes des lignes à haute tension qui traversent nos campagnes ?
Haltes touristiques

L’éolienne de l’aire de la baie de Somme, sur l’autoroute A16, et le parc éolien de Widehem, près du Touquet, constituent des haltes touristiques appréciées. En Irlande, pays touristique et dynamique, côtes et montagnes accueillent des éoliennes…
Un paysage est un ensemble d’éléments répondant à des fonctions. Aujourd’hui, parmi ces fonctions, il y a celle de produire de l’énergie propre. Et puis, s’il fallait démonter une éolienne, cela pourrait se faire sans trop de peine et sans laisser de traces.
Deuxième argument contre les éoliennes : le « bruit ». Ceux qui en parlent ne se sont sans doute jamais approchés d’une éolienne. Les machines actuelles sont inaudibles à 500 m, distance minimale entre une éolienne et des habitations.

« Si les pales se détachent… »

Troisième argument : le « risque », comme s’il s’agissait d’une usine chimique ou d’une centrale nucléaire… Si le risque n’est jamais nul, il faut le reconnaître à sa juste valeur. Une éolienne a été abattue par la tempête, une seule, à Dunkerque. Rappelons que ce type de risque concerne également les pylônes électriques portant des câbles à très haute tension, autrement plus dangereux. On l’a vu lors des ouragans de décembre 1999.
« Et si les pales se détachent ? ». Chacune d’elles est solidement fixée, mais si elle devait s’en désolidariser elle n’irait pas bien loin. Cet argument a été mis en avant contre le projet éolien de la digue du port pétrolier d’Antifer, bien que les éoliennes y fussent prévues à 2 km des bacs de pétrole. A Rotterdam, dix éoliennes tournent gaillardement le long d’une importante raffinerie...
Et l’« effet stroboscopique », produit par la rotation des pales, accusé de provoquer toutes sortes de maux pernicieux allant jusqu’à… l’épilepsie ? Comment serait-ce possible quand une pale met 2 ou 3 secondes pour faire un tour.

Et les chauves-souris ?

Et les oiseaux ? Ne vont-ils pas être les victimes innocentes des immenses ventilateurs ? Les études les plus sérieuses montrent que la mortalité des oiseaux due aux éoliennes reste anecdotique, en tout cas bien moindre que celle occasionnée par le trafic automobile ou les lignes électriques.
Surgissent maintenant les risques encourus par les chauves-souris… Il y a peu de chance que les éoliennes leur fassent subir plus de dommages que d’autres obstacles. leurs déplacements étant guidés de manière très précise par écholocation.
Un jour, les éoliennes « provoquent des ruissellement », un autre « elles font tourner le lait des vaches »… L’Ademe vient de publier un bêtisier des arguments anti-éoliens. Quant à la motivation profonde de toute cette pseudo-argumentation – la peur d’une dépréciation des propriétés due à la proximité d’éoliennes –, rien de réel ne peut l’alimenter.

Comment ça marche ?

Une éolienne, c’est l’inverse d’un ventilateur : elle transforme le vent en électricité. Les modèles les plus puissants mesurent environ 120 de hauteur « en bout de pale ». Le mouvement de rotation imprimé aux pales par le vent est transmis à un alternateur, qui produit du courant basse tension (690 V), transformé ensuite en courant moyenne tension (20 000 V), qui sera injecté dans le réseau au niveau d’un « poste de livraison » préexistant.
Une bonne éolienne travaille à plus de 98 % de son temps, mais elle atteint sa puissance nominale pour des vitesses de vent moyennes (50 km/h ou 14 m/s). Le pilotage (orientation, régulation en fonction de la vitesse du vent…) est automatique. Si la vitesse du vent dépasse 90 km/h, la machine est stoppée.


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