Brochure en ligne



Partout le soleil peut fournir un appoint important à la production d’eau chaude.

L’énergie du soleil



Même dans une région réputée peu ensoleillée comme la Haute-Normandie, l’énergie solaire peut constituer un appoint pour le chauffage du logement ou celui de l’eau, voire pour la production d’électricité.

Le célèbre four solaire d’Odeilho, dans les Pyrénées-Orientales, un des premiers systèmes de captation de l’énergie solaire, a été construit à des fins industrielles, sans grand succès. Depuis, on s’est orienté vers la multiplication de petites installations. Dans une région comme la Haute-Normandie, qui ne bénéficie pas d’un fort ensoleillement, le scepticisme est de mise. Pourtant, le gisement d’énergie solaire y est bien plus important qu’on ne l’imagine.
Si certaines zones (vallée de la Seine en amont de Rouen, est du département de l’Eure, pointe du Havre, pays de Bray) sont plus favorisées que d’autres, partout en Haute-Normandie le soleil peut fournir un appoint important à la production d’eau chaude sanitaire comme au chauffage des bâtiments.

Plancher solaire direct

Depuis les années 1970, quelques pionniers ont construits des prototypes d’architecture solaire, notamment sur les coteaux bien exposés, au nord de Rouen ou sur les hauteurs du Havre. Le design de ces habitations passait pour révolutionnaire, mais avec l’essor de la construction à ossature bois, permettant plus de fantaisie, les volumes architecturaux se sont modifiés, les grandes baies vitrées se sont vulgarisées.
Sur des maisons anciennes, installer d’une véranda permet de récupérer les calories solaires en demi-saison et même en hiver. Une conception adaptée permet aussi de ne pas vivre « dans un four » l’été. En outre, cet espace lumineux, accueillant volontiers des plantes, participe grandement à l’amélioration du cadre de vie.
Plus sophistiquées, les maisons à « plancher solaire direct » voient circuler dans leurs dalles un liquide réchauffé par des capteurs installés sur la toiture. Compte tenu de l’inertie thermique, la chaleur emmagasinée durant la journée est restituée en soirée. Le chauffage d’une habitation de 150 m2 nécessite l’installation d’environ 12 m2 de capteurs solaires en toiture. En Haute-Normandie, un chauffage d’appoint reste nécessaire en hiver.

Solaire thermique

Début juillet : la température de l’eau du ballon d’eau chaude est de 62 °C, celle de l’eau du capteur solaire situé sur le toit de 130 °C, et pourtant nous sommes… en pays de Bray. Ce résultat en surprend plus d’un. Toute énergie qui n’est pas d’origine fossile est bonne à prendre ! Lorsque le soleil ne chauffe pas suffisamment, un chauffage d’appoint permet alors d’atteindre la température idéale pour l’eau du ballon déjà partiellement réchauffée par les capteurs solaires thermiques disposés en toiture.
Le matériel est aujourd’hui très performant, l’installation est discrète et subventionnée. Il existe des installateurs compétents ayant signé la charte Qualisol proposée par l’Ademe.
Selon les modèles, le prix d’un chauffe-eau solaire, équipé de 3 à 5 m2 de capteurs et d’un ballon de 200 à 300 litres (trois à quatre personnes) est actuellement de l’ordre de 5 000 € TTC, pose incluse mais déduction non faite du crédit d’impôt ou des subventions qui peuvent être accordés par l’Etat et les collectivités locales. La durée de l’amortissement dépend, bien sûr, du climat et de l’usage qui est fait de l’équipement. Celui-ci peut, en Haute-Normandie, couvrir 50 à 70 % des besoins en eau chaude sanitaire.

Panneau photovoltaïque : on assemble autant de cellules que nécessaire pour obtenir intensité et tension désirées.
Photovoltaïque

La production d’électricité à partir de l’énergie solaire (technologie photovoltaïque) a d’abord été mise au point pour alimenter des sites ou systèmes isolés (satellites, téléphones d’autoroutes…). Ailleurs, l’installation doit être couplée au réseau EDF. Dans ce cas, le courant acheté par EDF au tarif de 0,145 euro le kilowattheure (en attendant l’augmentation substantielle annoncée par le premier ministre en novembre 2005).
La filière photovoltaïque, accessible au particulier, n’est pas la plus courue en France compte tenu de la lourdeur de l’investissement (de l’ordre de 15 000 euros, hors aides et crédit d’impôt éventuels) et de la durée de son amortissement à peu près identique à la durée de vie du capteur, soit 25 ans. La plus importante usine de production de panneaux solaires de France, en plein essor avec un effectif de 600 salariés, exporte 100 % de sa production, notamment vers l’Allemagne. Dans ce pays, le kilowattheure photovoltaïque est racheté trois fois plus cher qu’en France, et la production photovoltaïque est 18 fois plus importante !
La seule installation existante aujourd’hui en Haute-Normandie, dans le pays de Bray, montre que 40 % de la consommation électrique d’une maison peut être d’origine solaire. Dans l’Eure, plus ensoleillée, ce taux pourrait être de l’ordre de 60 %. L’avenir de cette filière est très dépendant de la demande, qui joue fortement sur l’abaissement des coûts de production des panneaux.
Par ailleurs, le solaire photovoltaïque propulse des bateaux, comme l’Aquabus, susceptible de transporter 60 passagers, et même un avion – le Solar Challenger. Nombre d’appareils d’usage quotidien sont équipés de cellules photovoltaïques, les rendant indépendants du secteur, de piles ou d’accus : calculettes, montres, postes de radio, luminaires de jardin…

Comment ça marche ?

Le capteur photovoltaïque : l’effet photovoltaïque a été mis en évidence par Antoine Becquerel en 1839. Les photons, particules véhiculées par les ondes lumineuses, provoquent l’émission d’électrons lorsqu’ils rencontrent les atomes de matériaux semi-conducteurs à base de silicium. Les panneaux photovoltaïques sont composés de cellules, chacune produisant sous l’effet du rayonnement solaire un courant continu de 1 ampère sous une tension de 0,5 volt. On assemble autant de cellules que nécessaire pour obtenir intensité et tension désirées.

Le panneau solaire thermique : il est constitué de plaques métalliques noires (absorbeur) en contact avec des tuyaux en cuivre dans lesquels circule un fluide (généralement de l’eau additionnée d’antigel). Un matériau noir absorbe 94 % de l’énergie radiante reçue, contre 18 % pour un matériau blanc. L’absorbeur est placé sous un vitrage, dans un caisson rigide isolé. Les rayons solaires pénétrant dans le capteur chauffent le fluide circulant dans l’absorbeur. Cette chaleur est transmise à l’eau sanitaire du ballon grâce à l’échangeur thermique (cas d’un chauffe-eau), ou bien à la dalle de la maison dans le cas d’un « plancher solaire direct ».


Retour au sommaire