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Voiture à hydrogène modèle réduit. La pile à combustible est alimentée en électricité par des cellules photovoltaïques.
Fausses bonnes solutions
Comment assurer notre avenir énergétique ? La tentation est grande de confondre science et… science fiction. Mais le combustible miracle n’est pas pour demain.
L’incendie tragique, en 1937, du zeppelin Hindenburg gonflé à l’hydrogène montre la puissance énergétique de ce gaz, mais aussi les risques liés à la mise en œuvre d’une technologie imparfaitement maîtrisée. L’hydrogène est souvent présenté comme le combustible de l’avenir. Son grand avantage, outre qu’il est facile à transporter et à stocker, est de ne produire aucune pollution lors de sa combustion. Un « détail » cependant : l’hydrogène n’est pas disponible sur terre à l’état libre. Il faut l’extraire de molécules qui en renferment : eau, hydrocarbures, méthanol…
Tous les lycéens savent qu’on peut dissocier l’eau en hydrogène et oxygène par électrolyse. Cette opération consomme de l’énergie, si bien que l’hydrogène obtenu doit être considéré non comme une source d’énergie, mais comme une forme de stockage. Se pose donc la question de la provenance de cette énergie… Renouvelable ou pas ?
L’hydrogène extrait du méthane (gaz naturel) ou du méthanol par « reformage à la vapeur » revient moins cher qu’avec l’électrolyse, mais le rendement énergétique n’est que de 60 %, et il y a émission de GES. Si le méthanol provient de la biomasse, le rendement est encore amputé du coût énergétique de celle-ci. Quant au « reformage » à partir de matière organique brute, comme avec la De Lorean DMC-12, voiture vedette du film « Retour vers le futur », c’est encore de la science fiction ! La production d’hydrogène à partir d’algues ou de membranes ne semble pas non plus près de franchir le seuil des laboratoires… Bref, l’hydrogène est encore un carburant très hypothétique, dont le développement a été freiné par le faible coût du pétrole bon marché.
Pétarades
La voiture électrique n’est pas une nouveauté. Elle circulait en nombre au début du XXe siècle, alors que le moteur à explosion n’en était qu’à ses balbutiements. Silencieuse, non polluante, elle est destinée principalement aux villes asphyxiées.
Son principal défaut, outre sa faible autonomie, réside dans sa source d’approvisionnement en électricité. S’il s’agit de centrales nucléaires, on sait les problèmes que cela pose. S’il s’agit d’une pile à combustible embarquée, quid de l’approvisionnement en hydrogène ? Reste la possibilité de recharger les batteries sur une source d’énergie renouvelable pour une utilisation urbaine. Pour de plus longs trajets, les véhicules hybrides sont mieux adaptés, mais ne résolvent pas complètement le problème de l’approvisionnement en combustible fossile.
Le gazogène évoquera, pour les plus anciens, les sévères restrictions imposées par la Seconde Guerre mondiale. On montait sur son véhicule une chaudière dans laquelle on faisait brûler du bois ou du charbon de bois pour produire un hydrocarbure gazeux injecté dans le moteur. Pétarades, faible rendement, le gazogène était une solution de fortune…

Les véhicules hybrides ne résolvent pas le problème de l’approvisionnement en combustible fossile.
Des énergies durables
Même si nous les économisons, les énergies fossiles répondront de moins en moins à nos besoins énergétiques. Le parc actuel de centrales nucléaires, quant à lui, est prévu pour durer jusqu’en 2025 ou 2030. Dix ans auparavant, il faudra se poser la question d’un éventuel renouvellement du parc au regard des possibilités d’approvisionnement en combustibles fissiles.
Notre avenir énergétique passe par des énergies durables : le soleil, le vent, l’eau, la biomasse, la géothermie. Aucune solution n’est à elle seule suffisante, mais aucune n’est à dédaigner. Pour faire face aux pénuries qui s’annoncent, il faut agir dès maintenant. Connues dès les années 1970, il aura fallu attendre les années 1990 pour que les énergies renouvelables commencent à être mises en place sérieusement dans beaucoup de pays d’Europe, sauf… en France.
« Bouquet énergétique »
Quand on a noyé des vallées entières et déplacé leurs habitants pour construire des barrages hydroélectriques, lorsqu’on a « sacrifié » certains territoires pour y construire des centrales nucléaires et des lignes THT, on s’est posé moins de questions que lorsqu’il s’agit, maintenant, de mettre en place un parc éolien ou une chaufferie à bois. Les impacts du solaire, de l’éolien, de la biomasse, de la géothermie sont pourtant bien moindres. Il faut se réjouir de voir la production d’énergie se rapprocher des citoyens, se décentraliser… Pourquoi, comme l’agriculture, ne serait-elle pas diverse en fonction des terroirs ? Là où il y a du vent, mettons des « fermes » éoliennes, là où il y a du soleil (partout !), « jardinons » son rayonnement, là où le sous-sol recèle de la chaleur, puisons l’énergie géothermique… Sage est l’adage qui affirme qu’il vaut mieux « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Plus que d’hypothétiques ressources miracles, notre avenir énergétique dépend sûrement de la synergie de multiples solutions, du « bouquet » que nous saurons constituer aujourd’hui.
Bonnes idées...
Une offre régionale d’énergie : les entreprises et des ménages d’une région n’ont pas d’abord besoin d’énergie : ils doivent juste se déplacer, se chauffer, faire tourner les machines, etc. Cette demande peut être satisfaite par différentes sources d’énergie, à des coûts plus ou moins avantageux. Si l’on en croit le Réseau des agences régionales de l’environnement, « les marges d’action des villes et des régions se situent du côté de la demande. La maîtrise de l’énergie est le moyen d’activer des solutions aux problèmes régionaux et locaux. Ainsi, il ne s’agit pas de consommer moins d’énergie pour économiser, mais de consommer moins pour faire mieux en confort, en compétitivité, en emplois, en environnement, en qualité de vie et dans l’aménagement du territoire. La mise en place d’une offre régionale en complément des grands réseaux est aussi le moyen d’activer des filières de développement économique au plan local et régional. » Cette vision « du bas vers le haut » prend le contre-pied de la politique traditionnelle de l’énergie, qui part de l’offre du producteur nous avons connu le charbon, puis le pétrole, et enfin le nucléaire , les consommateurs n’ayant d’autre choix que celui de s’adapter.
* Maîtrise de l’énergie.