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Transport fluvial : la solution la moins énergivore.

Des marchandises moins « énergivores »



En face du produit fini qu’il s’apprête à acheter, le consommateur n’a souvent aucune idée de l’énergie qui a été nécessaire pour le fabriquer, le transporter, éventuellement le conserver, mais aussi pour gérer les inévitables déchets.

L’industrie française consomme de moins en moins d’énergie. Sa part dans la consommation finale énergétique est passée de 45 % en 1960 à 24 % en 2001. Son intensité énergétique a diminué de moitié, plus encore si l’on prend en compte la sidérurgie, ce qui revient à dire que l’efficacité de l’industrie a doublé : pour fabriquer un kilo de ciment ou de yaourt, elle a besoin de deux fois moins d’énergie. On explique cela par les mutations structurelles et technologiques subies par l’industrie. De plus, de nouvelles réglementations se sont imposées aux industriels, visant, par exemple, à imposer des rendements minimaux aux chaudières. L’Ademe a apporté de précieux conseils. Des mesures fiscales incitatives ont été prises. Les engagements pris par la France à Kyoto en termes de rejets de gaz à effet de serre devraient permettre à ce processus de se poursuivre.
En revanche, les transports – notamment ceux de marchandises – consomment de plus en plus d’énergie (+ 70 % entre 1973 et 2000). Le recours plus important au rail et au fluvial constitue la principale piste pour réduire les impacts énergétique et GES des transports, mais les marges sont réduites, la route restant, bien que plus gourmande en énergie, plus compétitive dans le contexte actuel.

« Ecotaxe »

La maîtrise de l'énergie se répand trop lentement dans l’industrie, pour des raisons de coûts ou de manque d’information. Il en serait autrement, par exemple, si le prix de l’énergie reflétait les coûts externes de celle-ci (dommages de la pollution et des accidents causés par les camions, dégradation des chaussées…), qui ne sont pas payés par le consommateur, mais par le contribuable. Les taxes perçues sur les produits énergétiques ne couvrent qu’une partie du coût du transport routier. Le projet européen d’une « écotaxe » sur les émissions de CO2 va dans le bon sens, mais en France le Conseil constitutionnel s’est, en 2000, prononcé contre l’extension de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) aux consommations intermédiaires d'énergie des entreprises. Les industriels y étaient eux-mêmes très opposés. L’écotaxe énergie a été remplacée par des engagements volontaires de réductions d’émissions de la part des industriels.

Chaîne du froid

La chaîne du froid, en relation avec les nouvelles habitudes des consommateurs, est devenue un poste important de consommation d’énergie électrique. Produits frais et surgelés partent froids des usines agroalimentaires, et le restent jusque chez le consommateur quelle que soit la température extérieure. Cela multiplie par trois ou quatre l’énergie consommée durant leur cycle de vie !
On découpe de plus en plus viandes et poissons, on déshydrate les pommes de terre… Toujours de l’énergie… Au consommateur de savoir s’il doit encourager ces processus industriels – et les productions agricoles qui s’en rapprochent : élevages hors-sol, cultures sous serre chauffée… – par ses actes d’achat. Déguster une laitue en plein hiver a un prix : 1 litre de fuel.

Importer, exporter…

La modernisation des moyens de transport, l’ouverture des marchés et l’avidité des consommateurs ont créé de nouveaux besoins d’énergie. Mangues, litchis ou caramboles exotiques font le charme des fêtes… Soit, mais la banalisation des pommes, poires, prunes arrivant à contre-saison de l’hémisphère austral a un impact énergétique qui se justifie difficilement alors que des fruits locaux sont sur le marché ! Certaines « logiques industrielles » amènent à transporter un produit d’un pays à l’autre, par exemple pour l’éplucher, quitte à le réexporter pour la suite des opérations. Le blé produit en Haute-Normandie est exporté, tandis que la farine qui sert à faire le pain est importée d’autres régions. Idem pour le lait.

Transports de déchets

Au bout de toutes les chaînes de production, il y a des déchets, de plus en plus de déchets, qu’il faut collecter, puis acheminer vers des centres de traitement de plus en plus lointains… Le transport de déchets de tous types représenterait* 30 % des tonnages transportés sur la route et près de 15 % des flux (tonnes-kilomètres). Compte tenu des enjeux, il semble nécessaire de favoriser le report de la route vers les modes de transport alternatifs, voie d’eau et fer. Le Smédar, en charge des déchets ménagers sur l’agglomération de Rouen, a en projet d’acheminer ces derniers via la Seine jusqu’aux différentes installations. Cela représentera l’équivalent de 30 camions par jour, avec une économie annuelle de près d’un million de litres de gazole.
Heureusement, une bonne partie de la chaleur produite par l’incinération des déchets est récupérée pour alimenter des réseaux de chaleur et produire de l’électricité. Et le recyclage, même encore faible (12 % des déchets collectés), permet de substantielles économies d’énergie dans la fabrication de l’aluminium, de l’acier ou du verre. Une utilisation plus rationnelle des emballages – le retour à la consigne des bouteilles par exemple – permettrait des économies encore plus importantes.

Bonnes idées...

· Transport combiné des marchandises
· Recyclage des matériaux
· Cogénération, en récupérant la chaleur produite par les machines
· Isolation des bâtiments
· Vigilance envers l’air comprimé, très « énergivore »
· Utilisation de lampes basse consommation, d’appareils performants, de moteurs à vitesse variable…
· Innovations technologiques visant à remplacer des processus industriels à fort contenu énergétique par des procédés à membrane et absorption, enzymes, catalyse des procédés biotechnologiques ; recours aux nouveaux matériaux issus des plastiques ou des nanotechnologies…

Avec l’équivalent de 1 kg de pétrole, 1 tonne de marchandise peut parcourir…

127 km par voie navigable
111 km en train complet
83 km par transport combiné fer
58 km par poids lourd de 25 tonnes
28 km par camion de charge utile supérieure à 3 t (interurbain)
11 km par camion de charge utile supérieure à 3 t (urbain)
7 km par camionnette de charge utile inférieure à 3 t (urbain)


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