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TER périurbain en Haute-Normandie : la ligne Le Havre-Rolleville.
Economiser l’énergie dans les transports
En France, les transports reposent à 97,5 % sur les produits pétroliers et représentent près de 60 % de la consommation de ceux-ci. En cas de pénurie, les transports aériens seraient les premiers pénalisés, les transports routiers ensuite. Le train et le tramway, la marche et le vélo ne sont pas, tous comptes faits, de si mauvaises alternatives.
Les transports constituent un poste de dépense énergétique considérable à cause de l’étalement urbain, de la dispersion des pôles d’activités (habitat, travail, commerces, loisirs et services). La « relocalisation » des activités quotidiennes, qui commence à se manifester par la moindre fréquentation des hypermarchés et le développement des transports en commun, semble inéluctable. Certaines communautés urbaines se préoccupent de densifier la ville, autrement dit d’y accueillir un plus grand nombre d’habitants, avec un maximum de services à proximité, pour limiter le besoin de transports.
Le succès des zones piétonnes à Rouen dans les années 1970 ou des « Journées sans voitures » (taux de satisfaction de plus de 90 % enregistré par les sondages en 2002) montre à quel point la ville est agréable quand l’automobile est maîtrisée par un aménagement adéquat. Les commerçants qui défendent l’idée contraire ont tort : le client automobiliste dépense en moyenne 87 % de moins que le piéton, 12 % de moins que le cycliste, 3 % de moins que l’usager des transports publics*.
* Enquête réalisée sous la direction du CNRS par la Fédération française des usagers de la bicyclette en mai et juin 2003 à la sortie des magasins de plusieurs centres villes.
Moins de 3 km
Avec la restriction inéluctable des combustibles fossiles, sans solution de remplacement, l’industrie automobile, un des piliers de l’industrie française, risque de pâtir sévèrement.
Là encore, il est nécessaire de revoir dès maintenant certaines mauvaises habitudes : un quart des déplacements se fait aujourd’hui sur moins d’un kilomètre, la moitié sur moins de 3 km, alors que la consommation est maximale et que le pot catalytique censé épurer les gaz d’échappement n’est efficace qu’au-delà de quatre à cinq kilomètres.
Les progrès techniques (moteurs plus sobres, carburants plus performants, aménagements urbains) ont été mangés par une évolution des comportements en sens contraire : on roule plus, et la climatisation des véhicules (+ 10-20 % sur la consommation) se généralise. La puissance des voitures augmente, la multiplication des 4×4 en étant la manifestation la plus visible.
Il est loin le temps…
Le problème est bien de voir tant de véhicules occupés par leur seul conducteur, ce qui aggrave le bilan énergétique. La voiture est synonyme de liberté individuelle aller au travail, mais aussi faire ses courses, « récupérer » ses enfants… Les initiatives de covoiturage prises par certaines entreprises ou administrations restent confidentielles.
Elle est loin l’époque où l’entreprise Renault de Cléon affrétait chaque jour 50 autocars qui sillonnaient la campagne jusqu’aux confins de l’Eure pour transporter les ouvriers ! Il semble loin aussi le temps des petites gares desservies par un réseau de chemin de fer prodigieux, et celui des pataches transportant les gens sur la Seine. Mais n’allons-nous pas être obligés de réinventer les transports en commun, de les adapter aux nouvelles contingences que vont nous imposer les restrictions énergétiques ?
Conserver les voies ferrées
La réapparition de tramways confortables, de lignes de bus en site propre, l’augmentation de la cadence des TER sont autant de progrès en ce sens. L’organisation globale du système, la fréquence, la rapidité, la tarification devront cependant devenir plus attractives si l’on veut susciter un réel transfert d’un mode de transport individuel vers un mode collectif.
L’organisation future des transports en commun à moyenne distance et notamment la conservation de voies ferrées désaffectées seront cruciales pour desservir les zones péri-urbaines, de plus en plus éloignées, où sont contraints de s’exiler nombre de familles qui ne peuvent acquérir logements ou terrains à bâtir dans un contexte de surenchérissement rapide du marché immobilier.
Bonnes idées...
Quartier Vauban, à Fribourg : 50 % des habitants ont décidé de ne plus posséder de voitures.
A Fribourg : « Sans voiture un jour, sans voiture toujours », les habitants du quartier Vauban à Fribourg ont décidé ensemble de ne plus stationner dans les rues en construisant des parkings périphériques qu’ils rallient en vélo. Plus encore, 50 % d’entre eux ont décidé de ne plus posséder de voitures, d’utiliser le tramway en ville, d’utiliser le train ou de louer un véhicule pour en sortir.
Dans l’agglomération de Lille : le plan de déplacement urbain (PDU) et les projets d’urbanisme de la métropole sont indissociables. L’extension urbaine conditionne les réseaux de transports. Inversement, les politiques de déplacements influencent le développement de la ville, ses activités économiques et l’intégration de ses quartiers. Ainsi, limiter les déplacements en voiture va de pair avec la densification de la ville : plus les besoins socio-économiques des habitants de la métropole sont satisfaits près de chez eux, plus les distances de déplacements sont courtes et moins ils utiliseront la voiture, au bénéfice du vélo ou de la marche. Dans les années à venir, la planification urbaine doit donc limiter l’étalement urbain tout en valorisant les réseaux de transports déjà existants. Le plan de déplacement urbain (PDU) est aussi un instrument au service d’une meilleure cohésion sociale. En reliant les quartiers relevant de la « ville renouvelée » au reste de la métropole, l’agrandissement des réseaux de transports en commun participe à la lutte contre la relégation urbaine et l’exclusion sociale.
Dans le Grand Lyon : la mise à disposition des citoyens de vélos de location facilement accessibles partout en ville a remporté un grand succès avec 25 000 abonnés pour sa première saison, en 2005. Il reste à vérifier si le recours à l’automobile a diminué dans les mêmes proportions…
Le plan de déplacement d’entreprise
· Objectif : réduire le recours à l'usage de l'automobile particulière, au bénéfice des moyens moins polluants et moins consommateurs.
· Diagnostic de l’ensemble des déplacements de personnes générés par une entreprise.
· Aide financière aux opérations exemplaires.
· Interlocuteur : l’Ademe.