Brochure en ligne



L’éclairage public a une valeur symbolique en tant que partie visible de la consommation énergétique des collectivités locales.

Economiser l’énergie dans les bureaux et espaces publics



Jusqu’à quel point faut-il éclairer la rue, chauffer (ou climatiser) le magasin, l’école ou le bureau ? La maîtrise de l’énergie dans ces domaines oblige avant toute chose à se poser un certain nombre de questions parfois embarrassantes… Les réponses tiennent souvent du simple bon sens.

Villes-lumières : les photographies prises la nuit par satellite sont éloquentes. La profusion des éclairages nocturnes est parfaitement visible depuis l’espace, notamment ceux des grandes métropoles, mais aussi d’agglomérations comme celles de Rouen ou du Havre, de régions entières, comme la plaine du Pô, l’ensemble du Benelux et de la Ruhr (en Allemagne), l’Angleterre, le littoral méditerranéen, voire même de morceaux de continents comme les USA ou le Sud-Est asiatique…
L’éclairage public apporte la sécurité et c’est un élément de la beauté des villes, notamment par la « mise en lumière » des monuments. Mais il prend maintenant une valeur symbolique importante en tant que partie visible de la consommation énergétique des collectivités locales. S’il ne représente « que » 1 % de la consommation nationale, il compte pour 38 % dans la facture énergétique des communes, et près de 50 % dans le nombre de kilowattheures facturés. Le nombre de points lumineux a augmenté de 30 % en dix ans. Il y a donc là un gisement d’économies d’énergie et un potentiel d’optimisation des dépenses publiques. De nombreux exemples en Europe attestent que les collectivités qui ont étudié la question s’en sont vu récompensées par des réductions de 25 à 40 % de leurs consommations, sans avoir rien perdu en matière de sécurité ni d’agrément. L’Ademe propose des formations dans ce sens aux ingénieurs et techniciens concernés.

Questions à se poser

La même démarche de MDE peut s’appliquer aux commerces et publicités, avec cette fois des impératifs de rentabilité. Mais on peut se demander s’il est nécessaire d’éclairer la vitrine ou de laisser fonctionner l’enseigne lumineuse de magasins fermés à 19 h, que ne vont longer que de rares passants ?
Autre question à se poser : est-il indispensable de pouvoir rester en bras de chemise dans un bureau ou un magasin surchauffé plutôt qu’en veste ou pull-over dans une atmosphère juste tempérée ? Plus que d’un réel confort, il s’agit là d’une habitude héritée d’époques à jamais révolues où l’énergie n’était pas un enjeu. Après tout, le vêtement est là aussi pour se protéger du froid. Si l’on va par là, quel avenir pour les piscines chauffées… à deux pas de la mer, les patinoires gelées… en pleine canicule, et les stades éclairés a giorno mais… vides ? Bref, la démarche économe que l’on a à la maison s’impose aussi dans tous les bâtiments publics (écoles, salles de spectacle ou de sport, bureaux, commerces ou centres commerciaux, etc.).

« Ecoresponsabilité »

Le simple bon sens commande, comme à la maison, d’éteindre les bureaux dès qu’ils sont vides. Il y en a tant, par immeubles entiers, qui restent allumés toute la nuit ! D’autres bâtiments doivent être éclairés… en plein jour parce que leur conception architecturale n’a pas laissé suffisamment de place à l’éclairage naturel. Là où des baies existent mais ne peuvent pas s’ouvrir, il faut climatiser pour ne pas périr dans la fournaise. En Allemagne, beaucoup de bâtiments sont équipés de « visières » dont la taille et l’inclinaison sont étudiées en fonction de la hauteur du soleil selon les saisons. Elles laissent passer ce qu’il faut de lumière en été sans compromettre la pénétration de la lumière du jour en hiver. En outre elles posent moins de problèmes que des stores vulnérables au vent et supportent souvent des cellules photovoltaïques qui produisent de l’électricité. L’architecte est, à ce niveau, un acteur clé qui peut proposer des solutions au maître d’ouvrage. Sans aller toujours chercher très loin : offrir, par exemple, la possibilité de régler le chauffage par bureau, plutôt que d’obliger éventuellement les malheureux employés surchauffés à ouvrir les fenêtre en plein hiver ; permettre de moduler l’éclairage dans chacune des pièces au lieu d’être obligé de tout allumer à la fois ; prévoir des temporisations ou des détecteurs de mouvement dans les pièces qui n’ont pas besoin d’éclairage permanent. L’ensemble de ces mesures de MDE dans les bureaux fait partie de ce qu’on appelle maintenant l’« écoresponsabilité », un concept global qui commence à être mis en pratique dans certaines administrations au titre du « rôle exemplaire de l’Etat en matière d’économies d’énergie ». Une démarche faite pour être imitée par toutes les structures de services (associations, organisations interprofessionnelles, collectivités…) et – pourquoi pas – le secteur marchand.

Bonnes idées...

Eclairage public
· S’interroger sur les besoins précis en éclairage de la commune.
· Bien choisir les lampes : lampes au sodium haute pression ou iodures métalliques, lampes à induction, lampes fluocompactes plutôt que lampes à vapeur de mercure ou lampes à incandescence.
· Eviter le lampadaire-boule, qui éclaire… les étoiles.
· Mieux gérer la durée et l’intensité de l’éclairage.
· Equiper les luminaires de ballasts électroniques.
· Changer les lampes usagées (qui consomment plus).
· Pour les feux de circulation, remplacer les lampes par des diodes électroluminescentes (LED).

Au bureau

· Couper l’alimentation de l’ordinateur et de ses périphériques en fin de journée (la prise multiple à interrupteur est pratique pour cela).
· Si l’ordinateur est équipé d'une fonction de gestion de l'énergie, s’assurer que cette fonction est activée. Idem pour l'imprimante et pour la photocopieuse.
· Préférer un écran plat, consommant 10 fois moins d’électricité qu’un écran ordinaire.

« Ecoresponsabilité » dans l’administration**

· Acquérir et utiliser des véhicules à faible consommation de carburant et émettant moins de CO2.
· Réaliser un « plan de déplacements entreprise ».
· Maîtriser les températures de chauffage .
· Adopter la démarche « haute qualité environnementale » (HQE) pour la construction ou la réhabilitation de bâtiments, ou obtenir le label « haute performance énergétique » (HPE), ou satisfaire à une référence équivalente.
· Renouveler le matériel de bureau avec des équipements certifiés « Energy Star », label états-unien adopté par l’Union européenne.

* Maîtrise de l’énergie.
** Circulaire du Premier ministre du 28 septembre 2005.


Retour au sommaire