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Une exploitation plus durable augmente la part de l’herbe dans l’alimentation animale et diminue celle du maïs.
L'exploitation du futut
La protection de notre environnement et de notre santé conduit à une évolution importante de l’activité agricole. Des agriculteurs de la région s’y préparent .
Corriger l’acidification inéluctable du sol par des apports de marne, maintenir un assolement équilibré, apporter régulièrement du fumier, planter des arbres… C’est ce qu’on a toujours appelé à la campagne « gérer son bien en bon père de famille ». Faire en sorte que les générations futures puissent satisfaire leurs besoins mieux encore que nous ne satisfaisons les nôtres. Du « développement durable » avant l’heure !
La notion de durabilité va bien au-delà de celle d’environnement. Pour être durable, l’activité agricole doit, comme toute activité économique, être non seulement économiquement viable, mais aussi écologiquement saine et socialement équitable. Ecologiquement saine, elle le sera si elle est capable de perdurer indéfiniment en préservant le stock des ressources naturelles non renouvelables qu’elle utilise, et si elle génère un flux de pollution proche de zéro. L’objectif d’équité sociale est le plus difficile à décliner dans l’agriculture, car il se réfère à des valeurs éthiques difficiles à définir scientifiquement comme la citoyenneté, la solidarité ou la qualité de la vie.
Conserver le patrimoine sol
Outil de travail pour les uns, facteur de production ou placement financier pour les autres, la terre n’est pas un capital comme les autres. « […] Cet élément qui par ses fonctions dans l’alimentation des plantes, l’épuration des eaux, la neutralisations des substances toxiques joue un rôle central dans l’ensemble des phénomènes concourant à la vie continentale ; qui est limité en surface, mais dont la capacité de production peut être entretenue indéfiniment et accrue ou diminuée ou même ruinée par les pratiques culturales, n’est pas et ne sera jamais une marchandise comme une autre, a écrit Claude Reboul, agronome et économiste agricole. L’ignorer risque d’être lourd de conséquences écologiques. »
L’Institut français de l’environnement a placé la teneur en matière organique des sols parmi les 45 indicateurs de développement durable les plus pertinents : « [Les] réserves organiques assurent au sol une meilleure "fertilité" en augmentant leur aération, leur stabilité, leur réserve en eau. Elles favorisent l’activité biologique dans les sols en limitant ainsi les risques d’érosion et les pertes de fonctionnalités. »
Les ingrédients de la « durabilité » pour une exploitation haut-normande pourraient être les suivants : labours moins profonds, restitution maximale de paille et fumier aux terres, mais aussi, éventuellement, révision du système dans le sens d’une « désintensification », d’une meilleure utilisation des processus naturels, et surtout d’une valorisation du modèle de polyculture-élevage, qui a fait la richesse agricole de la plupart des fermes de la région.
S’affranchir des aléas
Une exploitation plus durable s’affranchit en partie des aléas géopolitiques, écologiques ou sociétaux du type crise de l’énergie ou crise sanitaire. Elle économise les intrants, augmente la part de l’herbe et autres fourrages produits sur ses terres, donc évite le « hors-sol ». C’est autant de « concentrés » à base de tourteau de soja d’économisés. A cause d’eux, la dépendance de notre pays augmente depuis les années 1960. Maïs et tourteau de soja sont importés à 50 % du Brésil et des USA, comme si les protéines et les « unités fourragères » qu’ils représentent ne pouvaient être produites avantageusement sur place. « Cerise sur le gâteau », l’exploitation durable satisfait ses clients, ses voisins, ses partenaires.
Un système qui possédait quelques éléments de « durabilité ».
La vache et l'épi (15/15)
· L’épi : dans le blé, la paille est presque aussi importante que le grain. Enfouie lors du déchaumage ou sous forme de fumier, elle se transforme en humus indispensable à une fertilité durable du sol.
· La vache : le système vache-herbe-pommier, installé par les agriculteurs normands au XIXe siècle, possédait quelques éléments de « durabilité ». Il apportait la prospérité aux producteurs et aux industriels agroalimentaires, et la santé aux consommateurs. Il créait de la biodiversité, de beaux paysages. Il protégeait des inondations et stockait du carbone.