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Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à veiller à l’insertion de leur exploitation dans le territoire.

Entre voisins



Bruit persistant, odeurs nauséabondes et vue déplaisante sont les principales nuisances dont peuvent se plaindre les voisins d’une exploitation agricole. Si l’encadrement réglementaire reste un précieux garde-fou, ce sont les attentions au quotidien qui sont les meilleures garantes de bonnes relations de voisinage.

Pour le maire et les habitants d’une commune, la création ou l’extension d’un élevage de porcs à proximité fait souvent l’effet d’un cataclysme. Les odeurs empêchent les habitants de toute une zone de vivre normalement, elles sont dissuasives pour les entreprises qui voudraient s’installer, elles font perdre de la valeur à l’immobilier. Les associations de protection de l’environnement, tout comme celles de consommateurs, lorsqu’elles sont consultées en Comité départemental d’hygiène pour les autorisations d’installations classées, sont souvent seules à s’opposer à certains projets. Le motif est défendable : des éleveurs ne réalisent pas les investissements nécessaires – très lourds, il est vrai –, auxquels ils se sont pourtant engagés pour réduire leurs nuisances.

Distance aux habitations

L’implantation de bâtiments d’élevage est soumise à une réglementation très contraignante. Tout dépend de l’importance de l’élevage. Pour les plus petits (moins de 40 vaches laitières, 50 porcs et 5 000 volailles), c’est le règlement sanitaire départemental qui s’applique (voir la Ddass). Au-delà de ces chiffres, on a affaire à une installation classée pour la protection de l’environnement. L’éleveur est soumis à une simple déclaration s’il ne dépasse pas un certain seuil (80 vaches laitières, 450 porcs, 20 000 volailles ou équivalents), et à une demande d’autorisation au-delà. Ces seuils déterminent, entre autres, les conditions d’épandage des effluents (distance aux habitations, délai d’enfouissement). D’une manière générale, les nouvelles implantations doivent se faire à 100 m minimum des habitations existantes. A charge de réciprocité : la même exigence d’éloignement est imposée à toute construction d’habitation nécessitant un permis. Ces informations sont données par le site Internet des chambres d’agriculture.
L’implantation d’élevages industriels n’est, heureusement, pas le cas général. C’est dans la vie agricole de tous les jours que peuvent se tisser de bonnes relations de voisinage. Compte tenu des évolutions des dernières décennies dans le peuplement des campagnes (cf. p. 28-29), et des évolutions de leur métier, les agriculteurs ne peuvent plus ignorer leurs voisins. Ils sont de plus en plus nombreux à veiller à l’insertion de leur exploitation dans le territoire.

Prise de conscience

Les « bonnes pratiques » en la matière ont quelque chose d’évident, même si elles ne sont pas toujours simples à mettre en œuvre : qualité du bâti, soin apporté à l’entretien des abords du corps de ferme, éventuellement respect de la réglementation des installations classées et des bonnes pratiques d’épandage ou de traitement… D’autres entrent progressivement dans les mœurs, comme le pancartage informatif sur les tas de boues industrielles en bord de champ. D’autres, enfin, nécessitent une prise de conscience, comme de couper le contact du tracteur « de cour » lorsqu’on ne s’en sert pas, ou de choisir pour le groupe froid du tank à lait, lui aussi bruyant en permanence, un emplacement où il ne gênera pas les voisins. Le bruit du tracteur est, en Haute-Normandie, le deuxième en importance après celui de la circulation et avant le trafic aérien ! Quant aux nuisances visuelles, leur appréciation comporte, bien sûr, une part de subjectivité. Il y a une tradition paysanne de la récupération qui fait que vieux pneus et vieilles machines ont droit de cité dans les cours de ferme. Entre voisins, on devrait pouvoir respecter le regard de l’autre.


Il y a une tradition paysanne de la récupération.

La vache et l'épi (13/15)

· L’épi : en été, l’écho des moissonneuses-batteuses résonne parfois toute la nuit autour des villages. C’est que le temps presse pour récolter les céréales mûres à l’optimum de leur qualité. Les laisser à la pluie ou à la chaleur serait une catastrophe.

· La vache : la stabulation est ce qu’on appelait autrefois « étable ». Les vaches n’y sont plus entravées mais en liberté sur une couche de paille. Le lisier est recueilli et stocké dans une fosse, pour être ensuite épandu sur les terres.


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