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Repas bio à la cantine du lycée Gilbert-Martin du Neubourg (Eure).

Nos aliments à la trace



Face aux menaces de crises sanitaires, un mode de production moins intensif, la traçabilité et des filières plus courtes sont à même de rassurer les consommateurs.

La « vache folle », en 2000, a déclenché une vague de demandes d’information sur le bio de la part des consommateurs comme des agriculteurs conventionnels. La clientèle des boucheries a été divisée par six du jour au lendemain ! Sur un marché en recherche de sécurité, les produits bio font figure de valeurs sûres : pas de pesticides chimiques, pas d’OGM, pas d’apports de boues d’épuration, aliments du bétail produits sur l’exploitation, etc. Même si on peut le trouver simpliste, l’affichage a le mérite d’être clair.
La notion de traçabilité a connu, depuis, un certain succès. Les garanties demandées au producteur par l’industrie agroalimentaires et par les consommateurs incitent celui-ci à se tourner vers des modes de production qui vont le mettre à l’abri des douloureuses « crises alimentaires ». Les systèmes les plus intensifs – notamment du fait de la faible diversité génétique des animaux – sont, de ce point de vue, les plus fragiles.
* La Recherche, décembre 2005.

Amap et « paniers »

Le raccourcissement des filières, la « relocalisation » de la production sont d’autres réponses. Aux filières courtes traditionnelles – vente à la ferme ou « à la barrière », vente directe sur les marchés… – sont venues s’ajouter d’autres formules. Par exemple, une exploitation locale fournit un groupe de consommateurs, c’est le système des Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). Les consommateurs, en adhérant à l’année, apportent une sécurité au producteur. Dans d’autres cas, le groupe de consommateurs sollicite différents producteurs locaux pour réunir une palette de produits de qualité à des prix raisonnables. Ou bien encore une exploitation maraîchère – souvent gérée par une association d’insertion – offre à des abonnés un « panier » hebdomadaire de produits de saison. Enfin, on voit apparaître des marchés villageois aux produits bio ou de terroir.
C’est du développement durable : emplois locaux, nouvelles opportunités pour des exploitants agricoles en difficulté, développement local, et même économies d’énergie. S’il faut très peu d’énergie pour mettre sur le marché des haricots produits localement et en saison, celle correspondant à un kilo de haricots produits en hiver en Afrique et transportés par avion équivaut à la consommation d’une voiture sur 30 km !


Vente directe de cerises dans la vallée de la Seine.


La vache et l'épi (12/15)

· L’épi : la Haute-Normandie produit essentiellement du blé destiné à l’exportation ou aux régions limitrophes, et à la consommation animale. Elle importe des blés « améliorants » (de haute qualité) provenant des Etats-Unis et du Canada.

· La vache : l’herbe est l’aliment normal de l’herbivore. Mais l’ensilage de maïs, à partir des années 1960, l’a remplacée comme base de l’alimentation des vaches laitières. Et on a connu de sinistres crises alimentaires. Listériose : l’ensilage est une source majeure de bacilles Listeria. « Vache folle », alias ESB: le maïs est pauvre en protéines, ce qui a poussé à complémenter la ration avec… les fameuses farines animales.


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