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L’harmonie de l’animal et de son environnement.

Veaux, vaches, cochons, couvées…



Le bien-être animal est une préoccupation éthique qui émerge dans le public et trouve sa traduction chez certains éleveurs. Il n’est pas sans lien avec la qualité de la viande, des produits laitiers et des œufs produits, et donc la santé des consommateurs.

Il est difficile de définir le bien-être animal. Certains y voient avant tout l’harmonie de l’animal et de son environnement, la satisfaction de ses besoins. D’autres l’apprécient en considérant les efforts fournis par l’animal pour s’adapter. Enfin, ce peut être l’absence de peur de douleur ou de frustration.
Quoiqu’il en soit, le bien-être animal est une conception fondée davantage sur la sensibilité que sur la raison pure. La difficulté est d’en dégager une éthique valable en tout temps et en tout lieu, et donc de la distinguer de la simple « acceptabilité sociale », qui varie d’une époque à l’autre, d’un pays, voire d’une région, à l’autre. Exemple : la production du foie gras par le gavage des oies et des canards. Pour les uns, c’est une véritable torture infligée aux animaux, le foie gras étant assimilé à un organe malade. Pour d’autres, c’est une production de tradition millénaire reposant sur un processus naturel : l’accumulation de réserves lipidiques par certains oiseaux migrateurs en automne. Beaucoup de pays sont défavorables au gavage. En France, pays gros producteur, les éleveurs concernés sont inquiets de cette évolution.

Idées reçues

La demande sociale concernant le bien-être animal remet en cause surtout les modes d’élevage industriels, jugés cruels. Ainsi, dans un sondage réalisé en 1999*, 95,2 % des Français estiment que « en élevage intensif, les animaux n’ont pas assez d’espace », et 80,5 % que « les mutilations sont inacceptables ».
Le bien-être animal concerne des aspects très divers de l’élevage : surface des aires d’exercice, accès régulier à un parcours, confort du sol et de la litière, durée du transport, etc. Les techniciens de l’élevage travaillent sur ces questions :il ne serait pas évident, par exemple, que les porcs se trouvent réellement mieux sur une litière de paille que sur un caillebotis.
Contrairement à certaines idées reçues, si l’on en croit Florence Burgat, de l’Institut national de la recherche agronomique**, le souci du bien-être animal n’est pas le fait de la ville plus que de la campagne, des riches plus que des pauvres, des femmes plus que des hommes. « Il est difficile, ajoute la chercheuse, de ne pas voir dans ce lieu commun une volonté de dénigrement. »
* Du 25 octobre au 1er novembre 1999, par la Confédération du logement et du cadre de vie.
** Courrier de l’environnement de l’Inra, n° 44, octobre 2001.

Porcs « sur paille » chez G. Raimbourg.
Une convention européenne

L’évolution de l’élevage vers de meilleures conditions pour les animaux est inéluctable, grâce à une réglementation européenne fondée sur la Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages signée en 1976 par le Conseil de l’Europe. Elle s’applique « à l’alimentation, aux soins et au logement des animaux, en particulier dans les systèmes modernes d’élevage intensif ». Elle stipule notamment que « tout animal doit bénéficier d’un logement, d’une alimentation et des soins qui – compte tenu de son espèce, de son degré de développement, d’adaptation et de domestication – sont appropriés à ses besoins physiologiques et éthologiques, conformément à l’expérience acquise et aux connaissances scientifiques ». Les directives « bien-être », consécutives à la Convention, entreront en application en 2007 en France.

Acides gras

Les meilleures dispositions en matière de bien-être animal sont prises par des éleveurs bios ou dont la production bénéficie du signe de qualité « fermier élevé en liberté (ou en plein air) Label Rouge ». On voit par là qu’il y a une cohérence entre bien-être animal, qualité des produits de l’élevage, et, par là, santé des consommateurs.
Le soin apporté à l’alimentation des animaux se répercute sur la composition de la viande, du lait, des œufs… Par exemple, une « finition » des gros bovins à l’herbe – le pâturage fait partie du bien-être de ces animaux – donne une viande dotée d’acides gras nettement meilleurs pour la santé qu’avec une alimentation maïs + « concentré ».


La vache et l'épi (11/15)

· L’épi : en ajoutant des graines de lin à la ration quotidienne des animaux (vaches laitières, moutons, porcs, volailles), on obtient du lait ou du beurre, de la viande ou des œufs riches en acides gras oméga 3 bénéfiques dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

· La vache : l’écornage des bovins évite que les animaux ne se blessent entre eux ou ne blessent l’éleveur. Depuis 1988, le Conseil de l’Europe recommande que « l’écornage par d’autres moyens que l’ablation chirurgicale des cornes » soit interdit sauf pour des opérations réalisées à des fins de médecine vétérinaire.


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