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1 hectare de colza produit 1 000 litres d'huile.

De l’énergie à revendre



Bien sûr que l’exploitation agricole produit beaucoup d’énergie ! Son activité repose sur ces merveilleux capteurs solaires que sont les plantes, utilisant le rayonnement de l’astre du jour pour fixer le carbone du gaz carbonique présent de l’air. Résultat : la biomasse.

La biomasse énergétique agricole prend différentes formes :
- aliments riches en sucres, amidon et cellulose, sources d’énergie pour l’homme ou les animaux ;
- fumiers et résidus de culture qui retournent au sol, alimentant en énergie les processus biologiques ;
- combustibles : bois, paille, biogaz ;
- biocarburants : huile végétale, éthanol et dérivés.

Biocarburants

Le rendement de la production d’énergie « verte » n’est pas de 100 %. En effet, l’agriculteur y investit de l’énergie provenant du pétrole, d’origine fossile donc non renouvelable à la différence de la biomasse. Ces intrants sont le carburant consommé par les engins agricoles, les engrais d’origine industrielle, les produits phytosanitaires. Si l’on y ajoute l’énergie nécessaire au transport et à la transformation industrielle, le bilan peut être médiocre, comme avec l’ETBE (cf. encadré). L’huile colza, en revanche, peut rendre en énergie 4,68 fois ce qu’on a dépensé pour la produire ! C’est non seulement un aliment, mais aussi un biocarburant, au même titre que l’éthanol tiré des céréales, des pommes de terre ou des betteraves. Elle pourrait constituer un bon carburant « fermier » pour les tracteurs. Mais il ne serait pas réaliste d’envisager de remplacer tous les carburants pétroliers par des biocarburants, car toutes les terres agricoles n’y suffiraient pas.

Effet de serre

La fixation de carbone dans la biomasse préserve l’équilibre climatique de la planète. Mieux, les sols agricoles, notamment les prairies, sont de véritables « puits de carbone » stockant le carbone prélevé dans l’air par les plantes sous forme d’humus. Mais transformer les prairies en cultures labourées réexpédie la moitié du carbone dans l’atmosphère… De plus, les travaux des champs consomment des carburants pétroliers, ce qui ajoute aux émissions de « gaz à effet de serre » (GES) En Europe, en modifiant les pratiques agricoles (TCS, par exemple) sur 40 % de la surface céréalière, on pourrait atteindre 25 % du niveau de réduction d’émissions de CO2 à réaliser par l’UE dans le cadre du protocole de Kyoto.
Le méthane (CH4), autre GES, est inévitablement produit par les bovins lors de la rumination, et par la fermentation du lisier. La solution du problème passe par une amélioration de l’alimentation du bétail, le développement du pâturage, la mise en place de systèmes de captage du méthane dans les élevages, et le développement du compostage des sous-produits.
Le protoxyde d’azote (N2O) enfin, se dégage du sol lors de la transformation naturelle des engrais, fumiers, lisiers, résidus de récolte… L’agriculture est responsable de 75 % des émissions de ce puissant GES. Seule une utilisation raisonnée des engrais azotés peut les limiter.


Déchiquetage du bois.


La vache et l'épi (10/15)

· L’épi : on peut fabriquer du biocarburant à partir de blé. Sous forme d’éthanol (alcool) l’énergie récupérée est le double de celle investie en intrants, transformation et transport. Sous forme d’éthyl tertio butyl éther (ETBE), on ne récupère qu’à peine plus que ce qu’on a dépensé.

· La vache : le fumier, en fermentant à l’abri de l’air, produit du biogaz, composé surtout de méthane comme le gaz naturel. La France ne compte qu'une dizaine d'installations. La Chine et l'Inde ont particulièrement utilisé cette ressource énergétique depuis des dizaines d'années. On assiste à son renouveau en Allemagne.


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