Brochure en ligne
Gare aux mauvais traitements !
Un champ de blé reçoit maintenant jusqu’à 8 traitements phytosanitaires.
C’est l’autre volet important de la pollution diffuse : les résidus de ces produits par nature toxiques, baptisés « phytosanitaires » car ils servent à protéger les cultures contre les mauvaises herbes, les insectes, les germes de maladies…
Nul n’ignore la nocivité des produits de traitement, et surtout pas leurs principaux utilisateurs, les agriculteurs : plus de 40 % des utilisateurs ont déjà consulté un médecin suite à la manipulation de produits phytosanitaires, et près d’un utilisateur sur cinq a déjà ressenti des symptômes d’intoxication par ces produits suite à une ingestion accidentelle. Les études épidémiologiques montrent un risque accru de certains cancers et de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs.
On connaît la propension des pesticides à se diffuser dans l’environnement, dans l’air, le sol, l’eau. Même à doses à peine détectables, ils nuisent aux insectes et plantes non visés, à la microflore du sol, au gibier… On les redoute dans l’eau des captages d’eau potable plus encore que dans les aliments.
La réduction des tonnages de « phytos » utilisés est réelle mais trompeuse, car les produits sont de plus en plus actifs. Et le nombre des traitements ne baisse pas. On constate un usage sans précédent des herbicides totaux dans la gestion des jachères et des prairies.
Bonnes pratiques
« Les analyses d’eau de la Ddass prennent en compte les molécules phytosanitaires les plus utilisées, confie Antoine Servain, président de la commission Environnement-aménagement de la chambre d’agriculture de la Seine-Maritime. Dès qu’il y a dépassement de la norme, une procédure de surveillance est enclenchée, avec, si besoin, des obligations de traitement coûteuses pour les syndicats d’eau. Dans ce cas, les agriculteurs sont souvent les premiers mis en cause ! Soyons donc prêts à montrer nos bonnes pratiques. »
Certains, en passant en bio ou en agriculture intégrée ont apporté une solution radicale. Mais pour les autres les « bonnes pratiques » sont bien connues et largement vulgarisées par les organismes professionnels : un pulvérisateur bien réglé, le stockage des phytos dans un local adapté, l’élimination les déchets en profitant des collectes organisées…
Encore le paysage
Là encore, les éléments vivants du paysage herbe, arbres, fossés, cours d’eau… peuvent jouer un rôle majeur d’épuration par filtration et biodégradation. Une simple bande enherbée (au moins 6 m de large) diminue le transfert des produits phytosanitaires de 44 à 99 % selon les matières actives.
Les agriculteurs peuvent être amenés à maintenir des dispositifs enherbés dans le cadre d'un accord spécifique avec un syndicat d'eau. Depuis le 1er janvier 2005, au titre des « bonnes conditions agricoles et environnementales », la Pac impose la mise en place de bandes enherbées (pièges à fertilisants et phytos) le long des cours d’eau pour 3 % de la surface en céréales, oléoprotéagineux, lin et gel, sur 5 à 10 m de large, ou bien de manière pertinente sur 5 ares minimum au niveau des ruptures de pente, alimentations de captage ou le long d’éléments fixes du paysage (haies, mares, bosquets, fossés…). L’utilisation de phytos et engrais y est interdite.

Une bande enherbée diminue le transfert des produits phytosanitaires.
La vache et l'épi (9/15)
· L’épi : on maîtrise mieux les apports d’engrais, mais un champ de blé reçoit maintenant 3-4 (jusqu’à 8) traitements phytosanitaires : 1 herbicide, 2 fongicides et 1 régulateur de croissance.
· La vache : les traitements antiparasitaires appliqués aux bovins (contre le varron, par exemple) ont un impact très négatif sur les insectes des pâtures, car des résidus se retrouvent dans l’urine et les bouses.