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Nitrates : la pollution diffuse



Culture intermédiaire de phacélie.
De petites pollutions qui s’additionnent, un peu partout sur le territoire… … Voilà la pollution « diffuse », une des plus difficiles à maîtriser de par la multiplicité de ses sources. Les nitrates en sont l’exemple même.

Les nitrates sont des composés chimiques dont les plantes ont naturellement besoin, et qu’elles trouvent dans la terre. Lorsque l’agriculteur apporte des engrais azotés ou du lisier, il peut y avoir trop de nitrates par rapport aux besoins des plantes. L’excédent est « lessivé » par l’eau de pluie qui filtre à travers le sol et se retrouve dans les nappes d’eau souterraines, parfois après de nombreuses années de percolation, et si le taux dépasse 50 mg/l, l’eau est déclarée non potable.

Pratique de la fertilisation azotée

Hormis la conversion à l’agriculture biologique ou à un système herbager, la maîtrise de l’utilisation des engrais azotés est le principal levier pour limiter les « fuites » de nitrates. La chose n’est pas facile, car l’excédent d’azote – la quantité d’engrais qui n’est pas absorbée par les cultures – dépend des apports (quantité et nature), des facteurs climatiques, des rendements…

Les agriculteurs deviennent heureusement de plus en plus pointus en la matière. Depuis longtemps, notamment dans les zones vulnérables, ils ont appris à calculer leur fumure au plus juste. Ils prennent l’habitude de « piéger » les nitrates résiduels au moyen de cultures intermédiaires (moutarde, phacélie). En 2004, 30 000 ha de ces couverts végétaux ont été ensemencés en Seine-Maritime, soit le tiers des surfaces potentielles. Des opérations volontaristes, comme Ferti-Mieux ou Fertil’ et Caux, ont déjà pas mal d’années derrière elles. Malheureusement, les apports d’azote restent globalement excédentaires par rapport aux besoins des cultures.

Lisier et boues

La Haute-Normandie a été classée en totalité « zone vulnérable » (à la pollution de l’eau par les nitrates) en février 2003. Cela impose de nouvelles contraintes aux éleveurs en matière de gestion de leurs effluents. En effet, le lisier se transforme naturellement en nitrates dans le sol, et c’est d’ailleurs son intérêt agronomique… Les éleveurs sont soumis réglementairement, suite à la directive Nitrates de 1991, à une mise aux normes de leurs bâtiments d’élevage dans le cadre du Programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole, et cela avec une aide financière spécifique.
Et les boues ? Ces résidus de stations d’épuration ou de certaines fabrications industrielles sont des matières organiques (ou riches en chaux) ôtée aux eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel. Il est logique que des boues de bonne qualité et contrôlées « retournent à la terre », sous forme d’amendements. Si elles renferment de petites quantités de métaux potentiellement toxiques, comme le cadmium, le mercure ou le plomb, elles contribuent globalement beaucoup moins à la contamination des sols que le fumier, le lisier, les engrais ou les produits de traitement.



Compostage du fumier au lycée agricole de Brémontier-Merval (S.-Mme).


La vache et l'épi (8/15)

· L’épi : 1 t/ha de plus sur le rendement du blé, et ce sont 20 kg d’azote qui, absorbés par la culture, ne rejoindront pas les nappes phréatiques sous forme de nitrates.

· La vache : le lisier est l’ensemble des déjections liquides et solides des bovins (et porcins). Il est plus concentré en azote que le fumier, qui comporte une forte proportion de paille, et plus délicat à utiliser. L’idéal, pour la maîtrise des nitrates, est l’apport de fumier préalablement composté.


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