Les agriculteurs deviennent heureusement de plus en plus pointus en la matière. Depuis longtemps, notamment dans les zones vulnérables, ils ont appris à calculer leur fumure au plus juste. Ils prennent l’habitude de « piéger » les nitrates résiduels au moyen de cultures intermédiaires (moutarde, phacélie). En 2004, 30 000 ha de ces couverts végétaux ont été ensemencés en Seine-Maritime, soit le tiers des surfaces potentielles. Des opérations volontaristes, comme Ferti-Mieux ou Fertil’ et Caux, ont déjà pas mal d’années derrière elles. Malheureusement, les apports d’azote restent globalement excédentaires par rapport aux besoins des cultures.
Lisier et boues
La Haute-Normandie a été classée en totalité « zone vulnérable » (à la pollution de l’eau par les nitrates) en février 2003. Cela impose de nouvelles contraintes aux éleveurs en matière de gestion de leurs effluents. En effet, le lisier se transforme naturellement en nitrates dans le sol, et c’est d’ailleurs son intérêt agronomique… Les éleveurs sont soumis réglementairement, suite à la directive Nitrates de 1991, à une mise aux normes de leurs bâtiments d’élevage dans le cadre du Programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole, et cela avec une aide financière spécifique.
Et les boues ? Ces résidus de stations d’épuration ou de certaines fabrications industrielles sont des matières organiques (ou riches en chaux) ôtée aux eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel. Il est logique que des boues de bonne qualité et contrôlées « retournent à la terre », sous forme d’amendements. Si elles renferment de petites quantités de métaux potentiellement toxiques, comme le cadmium, le mercure ou le plomb, elles contribuent globalement beaucoup moins à la contamination des sols que le fumier, le lisier, les engrais ou les produits de traitement.
