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Une biodiversité pas si ordinaire
Laurent Vermersch expérimente différentes formules de jachère fleurie.
La faune et la flore sont les parents pauvres de l’exploitation agricole. Pourtant, sans elles, toute production serait quasi impossible.
La biodiversité, ou diversité du vivant, n’est nullement incompatible avec l’agriculture. Cette dernière a même créé des milieux parmi les plus riches, comme les pelouses et prairies, les bocages… Beaucoup d’espèces vivantes sont liées aux cultures. La chevêche d’Athéna une petite chouette serait arrivée dans nos contrées en même temps que l’agriculture, il y a fort longtemps, de même que le bleuet, le coquelicot et autres fleurs messicoles.
Cette nature « ordinaire » qui fait le charme de la campagne connaît une crise sans précédent. Les modifications brutales du paysage rural intervenues durant ces dernières décennies, la généralisation de l’usage des pesticides ont éclairci les rangs des espèces vivantes.
Ce n’est pas l’affaire des seuls défenseurs patentés de la nature, mais aussi celle des agriculteurs. En effet, la biodiversité est un facteur primordial de la production agricole. Sans coccinelles, syrphes, chrysopes et autres insectes prédateurs, les pucerons pullulent. Sans lombrics, les sols s’asphyxient. Sans chouettes ou busards, les campagnols envahissent les herbages. Sans abeilles ni bourdons, colza, féverole et arbres fruitiers ne produisent plus faute d’agents pollinisateurs…
Que faire ?
· Pour préserver les abeilles, il suffit de… respecter la réglementation : traiter les plantes mellifères fleuries (colza, féverole) en dehors de la présence des abeilles, tôt le matin ou tard le soir.
· Eviter de pulvériser les produits phytosanitaires sur les fourrières et les chemins jouxtant les champs.
· Conserver les arbres (même vieux ou creux), haies, talus, massifs arbustifs, mares, fossés… Dans un environnement appauvri, ces milieux interstitiels, éléments permanents du paysage, prennent toute leur importance comme refuges et corridors écologiques.
· Travailler avec les chasseurs et protecteurs de la nature. Demander l’aide de la Ligue pour la protection des oiseaux si des espèces rares (busard Saint-Martin, chevêche d’Athéna, râle des genêts…) sont présentes sur l’exploitation. Cette association travaille avec le soutien d’agriculteurs volontaires et les réseaux de l’agriculture biologique, de l’agriculture durable et de l’agriculture raisonnée.
· Pour les jachères et haies, choisir des plantes mellifères ou attractives pour les insectes auxiliaires. Exemples : phacélie, achillée mille-feuille, lotier, carotte sauvage…
· Dans les zones céréalières, créer un réseau de bandes enherbées, implanter des bouquets d’arbustes. L’« effet de bordure » ainsi créé est favorable aux perdrix.
· Favoriser la diversité floristique dans les prairies en modérant la fumure. Elle jouerait un rôle d’assurance contre les changements climatiques.
· Se convertir à l’agriculture biologique.

Fauchage « sympa » pour les oiseaux nichant au sol : travail avec les protecteurs de la nature.
La vache et l'épi (7/15)
· L’épi : les champs de céréales constituent le milieu de vie d’oiseaux dont le statut est souvent précaire. Exemples : l’alouette des champs (en déclin probable), la caille (en déclin), la perdrix grise (en déclin), le busard Saint-Martin, la bergeronnette printanière ou le bruant proyer (en déclin).
· La vache : la dent du bétail est source de biodiversité ! Ainsi, au marais Vernier, le pâturage par des bovins d’Ecosse (une race très rustique adaptée aux zones humides), en éliminant la végétation haute, a permis à certaines espèces végétales de réapparaître.