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Bio, durable, raisonnée…



Champ bio : dans le « mélange céréalier » les feuilles larges sont celles de la féverole. Bleuets et coquelicots sont facultatifs !
Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans les différents qualificatifs accolés au mot « agriculture ». Tous indiquent un choix écologique, technique, économique, écologique, voire philosophique, fait par l’agriculteur.

Tous les agriculteurs ne travaillent pas de la même façon. Si plus de 40 % sont proches de l’agriculture « raisonnée », 10 % seulement mériteraient l’appellation de « durable ». La plupart des agriculteurs n’adhèrent à aucune école.

Agriculture raisonnée

L’agriculture raisonnée propose de limiter les impacts de l'agriculture conventionnelle, sans toutefois remettre en cause la logique productiviste. Le réseau Farre, créé en 1993 à l'initiative d’organisations professionnelles comme la FNSEA et l’UIPP, a pour rôle de la promouvoir. Certains ne voient dans l’agriculture raisonnée que le simple respect de la loi en matière de fertilisation ou d’utilisation de pesticides, sans garantie nouvelle pour l’environnement et le consommateur.

Agriculture intégrée

L’agriculture intégrée prend en compte à la fois les connaissances scientifiques sur l’écologie et l’évolution des techniques. Elle envisage l’utilisation des phytosanitaires du point de vue de la « santé des systèmes de culture » plutôt que de celui de la « lutte contre les ennemis des cultures ».Le choix d’une variété de blé peu exigeante, s’il entraîne une baisse (limitée) de rendement, permet de réduire l’utilisation de pesticides avec un résultat économique comparable. Cinquante agriculteurs de l’Eure travaillent ensemble depuis 2001 sur la base des principes de l’agriculture intégrée (rotation des cultures, choix de variétés résistantes, densités de semis, etc.).

Agriculture durable

L’agriculture durable veut répondre aux besoins d'aujourd'hui (aliments sains, eau de qualité, emploi et qualité de vie) sans remettre en cause les ressources naturelles pour les générations futures ». Le réseau agriculture durable promeut pour l’élevage la prairie associant le trèfle aux graminées, dont on connaît les nombreuses vertus environnementales. Le Cedapa, fondé en 1982 avec André Pochon, éleveur breton, montre qu'économie et écologie sont conciliables à l'échelle de l’exploitation agricole.

Une technique « durable » : le trèfle associé aux graminées.
Agriculture de conservation

Les « techniques de conservation des sols » (TCS) permettent de réduire le nombre de passages des machines dans le champ et d'augmenter la couche de résidus organiques en surface pour protéger le sol. On parle aussi de « non-labour », de « semis direct » ou de « techniques culturales simplifiées ». C’est un bon moyen de diminuer la dépense énergétique tout en préservant l’eau, l’humus, la vie du sol. Mais il ne sera pas facile d’abandonner la pratique ancestrale du labour.

Agriculture de précision

Farmstar est un outil de pilotage de la culture élaboré à partir d’images satellites. Il est proposé par la coopérative Cap Seine et la chambre d’agriculture de l’Eure depuis 2002. Cela permet à l’agriculteur d’appliquer les doses d’engrais azoté ou de régulateurs de croissance au bon moment et à l’endroit précis de la parcelle où cela s’avère nécessaire. D’où des économies et de meilleurs résultats.

Agriculture biologique

L’agriculture « biologique » est apparue dans les années 1960. Pour mériter le qualificatif de « biologique », un produit doit résulter d’un mode de production exempt de pesticides chimiques de synthèse et d’engrais solubles (ammonitrate, superphosphate…). Les animaux sont nourris avec des fourrages de l’exploitation. La prophylaxie repose davantage sur le choix de races rustiques, de bonnes conditions d’élevage et une alimentation de qualité, que sur les médicaments. Des contrôles sont réalisés par des organismes indépendants. Certains pays européens – notamment l’Autriche – ont orienté une grande partie de leur production dans cette voie. La Haute-Normandie est une des régions les moins intéressées avec, en 2002, seulement 87 exploitations, représentant 0,5 % de la SAU totale (contre 1,8 % au niveau national). Le bio a servi de réservoir d’idées pour d’autres « référentiels » agricoles apparus ultérieurement.


La vache et l'épi (4/15)

· L’épi : dans les « mélanges céréaliers » des éleveurs bio, le blé, le triticale, l’avoine, l’orge et le pois fourrager (ou la féverole) sont semés ensemble. Ainsi, les céréales bénéficient de l’apport d’azote par la légumineuse (pois ou féverole) et les bovins consomment un excellent « concentré », riche en protéines végétales.

· La vache : il est reconnu qu’elle est moins malade en bio.


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