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Objectif environnement



« Les agriculteurs qui s’en sortent sont ceux qui s’intéressent à autre chose qu’à la production. »
Après une longue période où seule la production comptait, l’évolution vers « plus d’environnement » dans l’exploitation agricole semble inéluctable.

" Concilier la protection de l’environnement avec son métier, ce sera de plus en plus une obligation pour l’agriculteur, confie Antoine Servain, agriculteur, président de la commission Environnement-aménagement de la chambre d’agriculture de la Seine-Maritime*, mais il a beaucoup à y gagner, en image, en économie d’intrants, et aussi en amélioration de ses conditions de travail. » Les chambres d’agriculture affecteraient à l’environnement 1 000 de leurs agents sur 6 000.
* Fertil Info, sept.-oct. 2005

Problématiques

L’exploitation agricole est impliquée dans la plupart des problématiques d’environnement et de développement durable.
Eau : en 2003, 87 % des eaux souterraines présentaient des traces de contamination par les produits phytosanitaires, et. Les taux de nitrates sont en hausse en de nombreux endroits.
Sols : les taux de matière organique sont en baisse ; le ravinement et l’érosion concernent de nombreuses parcelles…
Effet de serre : l’exploitation agricole est tout à la fois « puits de carbone », productrice d’énergies renouvelables et émettrice de gaz à effet de serre.
Espace rural : sans exploitations agricoles, il n’y a tout simplement plus de campagnes ni de vie en zone rurale.
Santé : son lien est devenu évident avec la qualité des aliments.
Biodiversité : sur les terres agricoles réside l’essentiel de la nature « ordinaire ».

Deux tiers du territoire

La « multifonctionnalité » de l’exploitation agricole a été reconnue par la dernière loi d’orientation agricole de 1999. On considère que l’exploitation agricole n’est plus seulement nourricière, mais qu’elle remplit aussi des fonctions économiques, sociales, culturelles et environnementales. De fait, l’agriculteur haut-normand gère les deux tiers du territoire.
Ces fonctions autres que la production ne sont pas habituellement rémunérées. Les anciens paysans les assuraient parce qu’ils y trouvaient un intérêt. S’ils plantaient des haies, c’était pour avoir des clôtures et du bois ; s’ils creusaient des mares, c’était pour avoir de l’eau… Aujourd’hui, l’agriculteur se définit avant tout comme un producteur. S’il remplit d’autres fonctions, elles doivent être intégrées dans le revenu de l’exploitation. Ce peut être par le marché, à travers le choix des consommateurs d’acheter tel ou tel produit en fonction de son mode de production ou de la qualité du territoire dont il provient. Ce peut être aussi par des « mesures agri-environnementales » financées par des fonds européens. Un Contrat d’agriculture durable peut ainsi être signé entre l’Etat et tout agriculteur volontaire. Celui-ci choisit dans une liste ce qu’il souhaite faire – plantation de haie, réduction des intrants, conversion à l’agriculture biologique… En contrepartie, il reçoit pendant cinq ans une aide visant à compenser le manque à gagner, avec possibilité de contrôle. En 2004. 123 dossiers CAD ont été agréés en Seine-Maritime, concernant 146 exploitations agricoles, avec un montant moyen de contrat de l’ordre de 25 000 € par exploitation.

Ecoconditionnalité

Les choix des exploitants sont encore largement déterminés par les conditions du marché, le niveau de telle ou telle aide. Ainsi, alors qu’on exalte les vertus de la prairie, l’aide européenne « à l’herbe » reste inférieure à celle qui va à son concurrent pour l’alimentation des vaches, le maïs, qui est loin d’être écologique ! La différence s’amenuise cependant. Et l’écoconditionnalité des aides, une nouveauté de la Politique agricole commune, va dans le bon sens. Les bénéficiaires des paiements directs sont, depuis le 1er janvier 2005, tenus de maintenir les prairies permanentes et de respecter les « bonnes conditions agriculturales et environnementales » : application de « bonnes pratiques agricoles » ; conversion en bandes enherbées de 3 % de la surface agricole ; présence l’exploitation d'au moins trois cultures différentes ou de deux familles de cultures.


Cultures maraîchères Paluel.
Pour l'exploitation

La partie orientale (Vexin, plateau de Madrie, plaine du Neubourg et plaine de Saint-André) est une zone de champs ouverts où l’on cultive majoritairement des céréales. La région occupe le septième rang national pour la production de blé, et 19 % des exploitations sont orientées vers les céréales et oléoprotéagineux. L’est de la région est également la zone de production privilégiée de la betterave sucrière, pour laquelle la Haute-Normandie détient le sixième rang national.
Le pays de Caux, au nord, le Roumois, au sud de la Seine, et le pays de Bray, au nord est, associent polyculture et élevage. L’élevage bovin est une spécialité régionale, en particulier pour la production laitière. Le cheptel bovin de Haute-Normandie compte près de 700 000 têtes ; 10 % des exploitations agricoles sont orientées vers l’élevage de bovins laitiers et 14 % vers l’élevage viande-lait. On fait également beaucoup de lin dans ces zones.
Si la vallée de la Seine possède quelques cultures fruitières et légumières destinées aux centres urbains régionaux, la Haute-Normandie n’a pas une production agricole très identifiée à son territoire : il y a peu d’appellations d’origine contrôlée, la vente locale et les filières courtes sont peu développées. Le plus gros de la production est destiné à l’exportation ou à l’industrie agroalimentaire.

Plus de grandes exploitations

Avec environ trente mille actifs agricoles, seize mille exploitations, l’agriculture occupe 65 % du territoire régional et 4,3 % de la population active, contre respectivement 54,5 % et 6,8 % en moyenne nationale. En deux décennies, la population familiale agricole a perdu 40 % de ses effectifs. Aujourd'hui, les agriculteurs représentent 2,7 % de la population en Haute-Normandie (moyenne nationale 3,9 %).
Alors que les petites exploitations se maintiennent, on observe une progression des grandes. Les exploitations de plus de 50 ha représentaient 40 % du total haut-normand en 2000, contre 25 % en 1988. Les formes sociétaires (GAEC, EARL, SCEA) sont en progression. Autre évolution notable : la baisse de l’élevage et des prairies au profit des cultures.

La vache et l'épi (3/15)

· L’épi : la diversité des cultures est un facteur important de préservation du sol, de l’eau et de la biodiversité. C’est pourquoi l’« écoconditionnalité » proscrit les monocultures de maïs.

· La vache : le Département de la Seine-Maritime favorise les prairies en aidant les agriculteurs en finançant certains investissements en matériel liés à l’herbe.


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