Brochure en ligne



Les mille facettes de la ferme haut-normande



La Haute-Normandie est la première région européenne pour la production de lin.
Les exploitations sont différentes d’une région naturelle à l’autre, en fonction des conditions de sol et de climat : lait, viande bovine, céréales, volailles, porcs, fruits, légumes, colza énergétique, lin, pomme de terre, betterave sucrière, cresson…

La Haute-Normandie est globalement sous l'influence d'un climat tempéré océanique. Mais les précipitations – 800 mm en moyenne – varient du simple au double entre le centre du pays de Caux et les régions abritées que constituent la vallée de la Seine et le sud du département de l’Eure. Ces contrastes expliquent, par exemple, qu’on cultive beaucoup la luzerne dans le Vexin, et très peu sur les plateaux voisins de Seine-Maritime, la plante supportant mal l’humidité. La région, d’altitude faible, de relief peu prononcé et proche de la mer, bénéficie de températures douces et de faibles amplitudes thermiques.

Cher limon des plateaux

La prospérité agricole de la région doit beaucoup à la couche de limon des plateaux, ou lœss, recouvrant les plateaux. Cette roche meuble, dépourvue de cailloux, riche en éléments fertilisants donne des terres parmi les meilleures – et les plus chères – de France. Les racines peuvent s’y enfoncer profondément, la réserve en eau est importante, et il suffit d’apports réguliers d’amendements riches en chaux pour lui conserver une neutralité propice à toutes les productions végétales. Comme il se tasse en surface à la moindre pluie (phénomène de battance), le limon exige néanmoins des précautions culturales particulières. De plus, comme nous le verrons plus loin, cette particularité a des conséquences qui peuvent être graves en matière de ruissellement et d’érosion.
Les vallées de la Seine et de l’Eure sont moins bien loties que les plateaux : les alluvions fines des parties basses souffrent d’un excès permanent d’humidité, ce qui – sauf si elles sont drainées – limite à la prairie les possibilités de mise en valeur agricole. Sur les terrasses alluviales, les sols sablo-caillouteux sont au contraire exposés à la sécheresse. Ils sont pauvres, acides, et usent les outils agricoles.
Dans le pays de Bray et sur le plateau de Madrie, on rencontre des sols sableux ou argileux de caractéristiques très variées selon les endroits. Enfin, les versants escarpés des vallées entaillant les plateaux, et les pentes douces du pays de Bray, offrent des sols argileux sur craie difficiles à travailler.

Cultures maraîchères Paluel.
Pour l'exploitation

La partie orientale (Vexin, plateau de Madrie, plaine du Neubourg et plaine de Saint-André) est une zone de champs ouverts où l’on cultive majoritairement des céréales. La région occupe le septième rang national pour la production de blé, et 19 % des exploitations sont orientées vers les céréales et oléoprotéagineux. L’est de la région est également la zone de production privilégiée de la betterave sucrière, pour laquelle la Haute-Normandie détient le sixième rang national.
Le pays de Caux, au nord, le Roumois, au sud de la Seine, et le pays de Bray, au nord est, associent polyculture et élevage. L’élevage bovin est une spécialité régionale, en particulier pour la production laitière. Le cheptel bovin de Haute-Normandie compte près de 700 000 têtes ; 10 % des exploitations agricoles sont orientées vers l’élevage de bovins laitiers et 14 % vers l’élevage viande-lait. On fait également beaucoup de lin dans ces zones.
Si la vallée de la Seine possède quelques cultures fruitières et légumières destinées aux centres urbains régionaux, la Haute-Normandie n’a pas une production agricole très identifiée à son territoire : il y a peu d’appellations d’origine contrôlée, la vente locale et les filières courtes sont peu développées. Le plus gros de la production est destiné à l’exportation ou à l’industrie agroalimentaire.

Plus de grandes exploitations

Avec environ trente mille actifs agricoles, seize mille exploitations, l’agriculture occupe 65 % du territoire régional et 4,3 % de la population active, contre respectivement 54,5 % et 6,8 % en moyenne nationale. En deux décennies, la population familiale agricole a perdu 40 % de ses effectifs. Aujourd'hui, les agriculteurs représentent 2,7 % de la population en Haute-Normandie (moyenne nationale 3,9 %).
Alors que les petites exploitations se maintiennent, on observe une progression des grandes. Les exploitations de plus de 50 ha représentaient 40 % du total haut-normand en 2000, contre 25 % en 1988. Les formes sociétaires (GAEC, EARL, SCEA) sont en progression. Autre évolution notable : la baisse de l’élevage et des prairies au profit des cultures.

La vache et l'épi (2/15)

· L’épi : Rouen est le 1er port européen exportateur de céréales. Avec les autres ports normands, il assure le débouché de plus de 5 millions de tonnes. L’Union européenne et l’Afrique du Nord représentent les deux tiers des volumes exportés.

· La vache : la célèbre Normande, caractérisée par ses « lunettes » (taches de couleur autour des yeux), est issue de l’amélioration progressive de vieilles races locales (Cotentine, Augeronne, Cauchoise). Son acte de naissance est la création de son herd-book (livre généalogique), en 1883. La Normande est maintenant dépassée en effectif par la Prim’Holstein, plus adaptée à un élevage intensif.


Retour au sommaire