Brochure en ligne

L’exploitation agricole est avant tout une entité économique.
Mieux connaître l’exploitation agricole
Un corps de ferme, des bâtiments, des parcelles de terre plus ou moins grandes et dispersées… Ce n’est que la partie visible de l’exploitation agricole, de la ferme comme on disait autrefois.
L'exploitation agricole est un univers qui peut sembler bien familier à beaucoup de Français peuple de paysans mais qui est en réalité fort méconnu : 8 sur 10 de nos concitoyens vivent désormais en ville. Et les agriculteurs sont de moins en moins nombreux. En Haute-Normandie, le nombre d’exploitations est passé de plus de 35 000 en 1970 à 15 000 environ aujourd’hui.
L’exploitation agricole est avant tout une entité économique, unité de production de matières premières pour l’alimentation humaine ou animale, l’industrie, parfois certains services (accueil touristique, restauration, équitation, découverte, etc.). Une entreprise avec ses patrons, ses salariés, ses fournisseurs et ses clients (négociants, coopératives agricoles d’approvisionnement, etc.), son chiffre d’affaires, ses charges, son statut juridique (exploitation familiale, EARL, SCA, Gaec, etc.). Le revenu de l’exploitation se compose du fruit de la vente des produits, mais aussi pour une bonne part d’aides versées par l’Union européenne au titre de la Politique agricole commune. Le versement de ces aides est maintenant non plus subordonné à la production effective d’un produit donné, mais à l’existence d’une référence historique des soutiens effectivement perçus sur l’exploitation pendant une période de référence (découplage).
Un « agroécosystème »
L’agriculteur travaille avec l’environnement, les éléments naturels que sont le climat, le sol, la biodiversité naturelle, le patrimoine génétique des plantes cultivées et des animaux d’élevage. Cela explique les variations observées d’une année à l’autre dans les rendements, et les risques encourus par les agriculteurs, soumis à d’éventuels accidents comme la sécheresse, le gel, les pullulations de ravageurs…
On peut voir l’exploitation comme un écosystème particulier, baptisé « agroécosystème ». La toile de fond en est le milieu, composé de la « surface agricole utilisée » (SAU) champs, prairies (« surfaces toujours en herbe » ou STH), mais aussi, depuis la mise en place de la Pac, de 10 % de jachères, à vocation environnementale ou énergétique. D’année en année, les cultures changent de place sur l’exploitation pour des raisons agronomiques. Ces rotations déterminent l’assolement, répartition des cultures sur les terres.
N’oublions pas les éléments naturels et interstitiels comme les fossés, les mares, les bords de champs, etc., qui jouent un rôle important, comme nous le verrons par la suite.

Rendement du blé en Seine-Maritime : environ 9 tonnes à l’hectare.
Production de biomasse
Comme tout écosystème, l’exploitation agricole produit de la biomasse. C’est ce qu’on attend d’elle ! Elle le fait essentiellement à partir du gaz carbonique présent dans l’air et de l’énergie solaire captée par la chlorophylle des végétaux, grâce au processus fondamental de la photosynthèse. La partie la plus visible de la biomasse produite est constituée par les récoltes. Un champ de céréales rend, en Haute-Normandie, environ huit tonnes de grains à l’hectare. Mais il faut ajouter à ce produit commercialisable, la paille, la balle, les racines, sources de matière organique indispensables pour maintenir le sol en bon état de fertilité. L’humus facilite le travail du sol, sert de garde-manger aux plantes, d’éponge pour l’eau. Il est le support d’une activité biologique intense, celle des vers de terre, bactéries, insectes, champignons grâce auxquels fonctionnent les grands cycles naturels. Exemple : grâce à des bactéries vivant en symbiose avec leurs racines, le trèfle, la féverole, la luzerne et les autres légumineuses constituent une véritable usine d’engrais fonctionnant à l’énergie solaire ! Ces microorganismes captent l’azote présent dans l’atmosphère et le mettent à la disposition des plantes, qui s’en servent pour fabriquer des protéines. Celles-ci seront valorisées par ces « transformateurs » que sont les animaux d’élevage, qui en feront du lait, de la viande ou des œufs.
« Intrants »
A la différence d’un écosystème naturel, l’exploitation agricole fait aujourd’hui appel à des ressources non naturelles : carburant pour les machines agricoles, électricité pour refroidir le lait, engrais, produits phytosanitaires pour protéger les plantes contre les ravageurs et les maladies… Ces intrants viennent en déduction dans le bilan énergétique de l’exploitation. Ils sont souvent sources de pollutions.
On parle d’exploitation intensive lorsque la production par unité de surface est très importante, ce qui nécessite souvent beaucoup d’intrants. La production laitière à l’aide d’une alimentation à base de maïs, par exemple, est plus intensive ce celle réalisée « à l’herbe ». Les vaches peuvent donner 10 000 litres par lactation dans un cas, contre 6 000 dans l’autre. Elle permet d’avoir davantage de bêtes à l’hectare.
La vache et l'épi (1/15)
· L’épi : le blé tendre est la céréale majeure en Haute-Normandie et en France. Au pain, aliment traditionnel des Français, sont venus s’ajouter de nombreux produits de l’industrie agroalimentaire dérivés du blé. Le rendement du blé en Seine-Maritime est passé de moins de 5 tonnes par hectare en 1970 à environ 9 tonnes aujourd’hui.
· La vache : la polyculture et l’élevage sont complémentaires sur l’exploitation. Les prairies et les animaux herbivores, grâce au fumier, contribuent au maintien de la fertilité des terres cultivées. les climats.