Brochure en ligne
Arbre isolé à caractère monumental.
Un paysage rural fonctionnel et attrayant
Réintégrer le paysage dans l’économie de l’exploitation agricole est un des défis que doit relever notre société.
Le paysage rural est un des derniers liens de notre société avec ses racines. Il fait donc partie de l’héritage que nous devons transmettre aux générations futures. Le chantier est d’importance, puisqu’il concerne 80 % environ du territoire.
Chacun porte sa part de responsabilité dans la sauvegarde de ce paysage. Les collectivités locales interviennent sur l’espace public, ainsi que sur l’espace privé par le biais de la sensibilisation de leurs administrés et l’application des textes réglementaires. Mais ce sont les agriculteurs qui ont, de fait, la maîtrise du paysage rural, car leurs exploitations représentent l’essentiel de l’espace concerné.
Source de profits
Les sociologues s’accordent à penser que les agriculteurs ont moins de légitimité qu’il y a une trentaine d’années à prétendre assumer seuls l’avenir de la campagne et qu’il leur sera difficile d’échapper au jugement et aux demandes de la société citadine. Celle-ci, on l’a vu précédemment, aspire à profiter, par le biais du tourisme et des loisirs, d’une campagne au paysage attrayant.
Dans le passé, l’entretien du paysage rural était une fonction intrinsèque de l’activité agricole car il était source de profits, du bois de chauffage à l’eau de la mare ou même l’ombre bienfaisant fournie aux moissonneurs par l’arbre isolé. Aujourd’hui, le paysan littéralement : "qui s’occupe du pays" est devenu agriculteur, ce qui est bien différent. Ce dernier ne trouve plus de justifications à entretenir ou même conserver des éléments paysagers qui sont plus, pour lui, les vestiges d’un système dépassé.
Réintégrer le paysage dans l’économie de l’exploitation est un des défis que doit maintenant relever la société. Et dans la mesure où il y va de l’intérêt général, l’outil qui s’impose est le financement sur fonds publics, majoritairement européens, dans le cadre du volet agri-environnemental de la Politique agricole commune.
Agriculteurs vertueux
Dans un passé récent, les Mesures agri-environnementale et le Fond de gestion de l’espace rural n’ont pas donné de résultats d’ensemble tangibles. Aujourd’hui, le Contrat territorial d’exploitation prend le relais : il correspond à un engagement réciproque sur cinq ans entre un agriculteur et l’Etat, sur la base d’un projet comportant un volet économique et un volet environnemental (et paysager), avec des financements à la clé. Il faut espérer que de très nombreux agriculteurs feront cette démarche, si possible de manière collective, faute de quoi le résultat du nouveau dispositif ne sera guère palpable sur le plan paysager, qui est avant tout global. Point faible du CTE : la responsabilité individuelle par rapport à l’intérêt général n’est pas suffisamment prise en compte, ce qui fait, par exemple, que les agriculteurs vertueux qui ont su préserver ou reconstituer un paysage fonctionnel avant l’institution de primes n’en sont pas récompensés. D’autre part, la législation n’est pas assez contraignante en ce qui concerne la modification du paysage. Un agriculteur peut, par exemple, arracher en toute légalité des centaines de mètres de haies sans aucune instruction de l’impact que cela peut avoir.
Catalogue de mesures
Création d'un talus cauchois dans une valleuse fragile.
On peut dresser un catalogue des mesures à prendre pour améliorer le paysage à l’échelle de chaque exploitation. Certaines peuvent être aidées financièrement ou techniquement.
Création :
· Maillage bocager fossé et talus planté à la périphérie de chaque parcelle, labours ou prairies, plus particulièrement dans des zones fragiles comme le Pays de Caux. Cette mesure ambitieuse répond à l’ensemble des attribuées au paysage.
· Bosquets sur des terrains à faible rendement, sauf milieux ouverts d’intérêt écologique.
· Haies monumentales, bordées d’un fossé, le long des voies de desserte.
· Mares.
Reconstitution ou restauration :
Mare restaurée pour recueillir l'eau de ruissellement.
· Ripisylve (boisements en bord de rivière).
· "" boisées sur les pentes.
· Véritables lisières entre les massifs forestiers et les espaces cultivés.
· Vergers en hautes tiges, image-symbole de la région.
· Mares.
Intégration :
· Equipements du corps de ferme qui ne peuvent pas être mis en valeur par eux-mêmes sur le plan paysager.
Plantation :
· Arbres isolés à caractère monumental dans les espaces sans vocation particulière.
Autres :
· Préservations des paysages naturels.
· Fauchage tardif des bermes et talus de chemins, avec ramassage de l’herbe.