Brochure en ligne
A la reconquête du paysage
Retour au pastoralisme sur les coteaux d'Evreux.
Nombreux sont les outils juridiques et les organismes qui contribuent à protéger, restaurer, entretenir le paysage.
En matière de reconquête du paysage, tous les citoyens sont concernés à des degrés divers : agriculteurs, industriels, propriétaires de logements, collectivités territoriales et locales, maîtres d’ouvrage commanditaires des grandes infrastructures, architectes, urbanistes, paysagistes… Mais les "aménageurs" sont particulièrement concernés, puisqu’ils interviennent souvent à grande échelle, dans des opérations d’urbanisme ou des "grands chantiers". L’audace consiste aujourd’hui, pour eux, à ne pas faire table rase d’un site, mais à intégrer dans leurs projets un verger préexistant, un rideau de chênes centenaires ou autre élément patrimonial. Ils doivent s’appuyer sur la mémoire collective, comme sur la connaissance des relations entre la société locale et son territoire.
"Encore loin de notre quotidien"
La reconquête des paysages a non seulement besoin d’hommes et de femmes, mais aussi d’outils. Les outils techniques font des progrès, alors pourquoi continuer à déchiqueter les haies, par exemple, quand de nouvelles machines peuvent intervenir aussi proprement que l’élagage manuel ? Quant aux outils juridiques, ils sont maintenant nombreux. Malheureusement, ils ne donnent souvent lieu qu’à des actes administratifs alors qu’ils devraient susciter une réflexion très en amont des projets. Pire, ils sont trop rarement mis en application.
Lois et chartes
Différentes lois sont apparues au cours du XXe siècle avec le souci accru de protéger des paysages : Protection des monuments historiques (1913), Protection des sites (1930), Loi paysages (1993). D’autres, comme la Loi de protection de la nature (1976), la Loi littoral (1986), la Loi sur l’eau (1992) ou la loi Barnier relative au renforcement de la protection de l’environnement (1995), prennent en compte le paysage à travers certaines de leurs dispositions, comme la protection des milieux naturels ou l’institution des documents d’urbanisme, la gestion paysagère des bassins versants dans le cadre des schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) ou la résorption des points noirs, lignes électriques et affichage publicitaire, etc.
Il est dans les missions des communautés de commune et d’un parc naturel régional comme celui des Boucles de la Seine normande d’élaborer une charte paysagère proposant, de façon didactique, des prescriptions touchant à la végétation, au bâti, aux infrastructures, aux décharges sauvages, etc.
Les offices de tourisme et organismes apparentés liés aux "pays" proposent de plus en plus souvent aux communes qui leur sont affiliées des circuits à thème et autres éléments de valorisation locale du paysage.
Plusieurs organismes, enfin, sont susceptibles d’intervenir, en Haute-Normandie, dans l’acquisition de terrains à valeur patrimoniale ou paysagère pour le compte de l’Etat, des collectivités locales ou des particuliers : , (ex-PNR de Brotonne), , etc. D’autres donnent des conseils.
Sensibiliser le public
· Circuits thématiques avec animations aux points forts.
· "Interprétation des paysages" comme produit touristique.
· "Fêtes du paysage" avec présentation du matériel utilisable en entretien.
· Concours annuel des initiatives paysagères pour les communes et les particuliers, dépassant le simple "fleurissement".
· Journées de transmission de savoir-faire (plantation, taille, restauration d’une mare, etc.)
· Fêtes et marchés de "pays".
· Documents techniques.
· Visite de sites pour les élus et les aménageurs, avec initiation à la lecture du paysage.
· Communication auprès des agriculteurs sur la spécificité des paysages.
· Conseil personnalisé auprès des maîtres d’ouvrage et des maîtres d’œuvre.
Mesures de protection des paysages
Plan d’occupation des sols : classe les territoires de chaque commune en fonction de leur vocation et éviter le mitage de l'espace par des aménagements et constructions incontrôlés. Le Pos permet désormais d’inscrire, et donc protéger, des éléments du paysage jugés d’intérêt général : haies, mares, etc.
Schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme (Sdau) : donnent les grandes orientations d’aménagement des agglomérations, comme peuvent le faire les Contrats de pays en milieu rural.
Sites classés et sites inscrits : sont protégés dans un rayon de 500 m et dans leur champ de vision.
Zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) : sont l’objet, après un diagnostic paysager, d’un zonage précis, assorti d’une charte paysagère indiquant les prescriptions qui devront être suivies dans l’intérêt des sites.
Plans et contrats de paysages : documents de référence permettant de définir un projet global de protection du paysage avec une stratégie d’actions à court et moyen terme. Mis en place par l’Etat et les collectivités locales.
1 % paysages et développement : contribution financière de la part des maîtres d’ouvrage concessionnaires d’autoroutes, etc. en contrepartie de l’aménagement de grosses infrastructures. Les sommes sont destinées à valoriser les territoires traversés.
Réserves naturelles, Arrêtés de biotope, Espaces naturels sensibles : formules de protection d’habitats naturels et, à travers eux, de paysages que l’inventaire Znieff (Zones naturelles d’intérêt écologique, floristique et faunistique) a pu mettre en évidence. Ces outils ont, jusqu’à présent, été peu mis en œuvre en Haute-Normandie.
Zones spéciales de conservation (ZSC) : espaces naturels et paysagers les plus représentatifs au niveau européen au sein du réseau Natura 2000.
Opération groupées d’aménagement foncier (Ogaf) : reconquête de terres agricoles menacées d’abandon.
Contrats territoriaux d’exploitation (CTE) : projet d’exploitation associant économie et environnement, avec un volet paysager, assorti d’une aide européenne, via l’Etat.