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La plage de galets de Dieppe.

Sur le littoral



Falaises, cordons de galets et vasières constituent l’originalité des écosystèmes côtiers de Haute-Normandie.

L’omniprésence du sel est la signature des milieux littoraux, où qu’ils se situent. L’originalité de la Haute-Normandie, par rapport au reste de la façade atlantique, réside dans la nature crayeuse du substrat. Les falaises, abruptes et instables, ont conservé leur caractère purement naturel.
L’estran, ou zone intertidale, correspond à la bordure littorale découverte par les plus fortes marées de basse mer et recouverte par les plus fortes marées de haute mer. Du Cap d’Antifer au Tréport, il est constitué par des dalles de craie dure dont l’étagement et la fissuration engendre une diversification des habitats : vasques servant de refuge à la faune à marée basse, sources d’eau douce...
La flore, exclusivement composée d’algues, s’étage en fonction de la durée d’émersion et de la hauteur d’eau à marée haute. Celle-ci conditionne leurs dimensions et les longueurs d’onde lumineuses susceptibles de les atteindre pour provoquer la photosynthèse. On trouve à la limite des hautes mers de petites algues au squelette calcaire : les corallines. A la limite des plus basses mers, les laminaires étalent de longs rubans ocres.

Les jeunes tourteaux sont des hôtes de l’estran.
L’estran

A la partie supérieure de l’estran se situe la zone de déferlement des vagues. Les rochers y sont dénudés, et seuls de petits animaux capables de s’arrimer à la roche et de résister à une longue émersion sont présents : bigorneaux, patelles, ou bien encore balanes en colonies.
A l’étage inférieur, la zone des algues brunes est dominée par les fucus, qui abritent une faune diversifiée : oursins, anémones de mer – qui recherchent les vasques pour déployer leurs tentacules –, petits poissons (gobies), crabes verts, étrilles et tourteaux.
Dans les zones ou des sources adoucissent l’eau de mer apparaissent des algues vertes en forme d’intestin – les entéromorphes – et des colonies de moules qui s’accrochent aux rochers. A l’étage inférieur, enfin, au-delà de la limite des basses mers s’ouvre le domaine d’espèces qui ne tolèrent pas l’émersion, comme le homard ou la crevette rose.
Les familiers du "platier" observent tous un appauvrissement de la faune. La pêche à pied ne semble pas en cause, car elle fut très pratiquée au début du XXe siècle sans que la ressource en pâtisse. On peut en revanche imputer à la pollution le déséquilibre de l’écosystème : de multiples produits chimiques – métaux lourds, composés azotés, PCB, etc. – sont amenés à la mer par la Seine et les autres fleuves. Les particules de terre arrachées aux plateaux par les eaux de ruissellement sont accusées de stériliser des fonds propices à la reproduction de certaines espèces.

Les plantes pionnières s'installent au pied des falaises.
Les falaises

La muraille des falaises et les éboulis sont propices à l’installation de quelques plantes pionnières. Notons que beaucoup d’entre elles sont les ancêtres de plantes cultivées : giroflée des murailles, chou sauvage, oseille, bette maritime, céleri… Au sommet s’étendent des pelouses dites "aérohalines" car soumises en permanence au vent et aux embruns salés. Les plantes qui les peuplent ont développé tout une gamme d’adaptations pour résister à la morsure du sel.
Les falaises sont également le lieu où nichent le goéland argenté et d’autres oiseaux de mer comme le fulmar boréal et la mouette tridactyle. Des hauteurs, avec de bonnes jumelles, on peut observer au large le guillemot de Troïl, le petit pingouin ou le fou de Bassan, même si les dégazages criminels des pétroliers en déciment régulièrement, hélas, les populations. D’autres oiseaux, non spécifiquement marins cette fois, nichent sur les falaises : pigeon biset, choucas, mais aussi les rares faucon pèlerin et grand corbeau.

Les estuaires

Dans ces embouchures de fleuves que sont les estuaires se mêlent eaux douces et eaux marines. Les apports sédimentaires en font les écosystèmes parmi les plus productifs de la planète.
En Haute-Normandie, la plupart des estuaires ont été dénaturés : on les a équipés de buses à clapet pour protéger les prairies des remontées d’eau salées et créer des plages. L’influence du sel sur la flore y reste visible : jonc de Gérard, scirpe de Tabernaemontanus, samole de Valerand, etc.
L’estuaire de la Seine constitue toujours un des espaces naturels les plus exceptionnels de Haute-Normandie malgré les atteintes qu’il n’a cessé de subir depuis cent cinquante ans, et notamment à partir des années 1970. Il a été classé en réserve naturelle. Les aménagements portuaires et la construction du pont de Normandie ont conduit à la diminution générale de la salinité et à l’atterrissement inéluctable des vasières. De nombreux polluants circulent dans l’écosystème.

L'estuaire de la Seine a été classé réserve naturelle.
Les vasières, fortement productrice en benthos, constituent une ressource directe pour la pêche de la crevette grise, mais surtout pour le renouvellement des stocks de poissons nobles comme le bar ou la sole. Ceux-ci trouvent dans l’estuaire de la Seine la principale "nourricerie" de la partie orientale de la Manche. Mais leur productivité et leur surface n’ont fait que diminuer, et cette évolution devrait continuer, si l’on en croit les modélisations qui ont été réalisées préalablement à la construction de Port 2000, extension du port du Havre.
Ces espaces sont aussi le lieu d’élection de très nombreuses espèces d’oiseaux – spatules, aigrettes, avocettes, huîtriers pies, etc. – qui trouvent dans la vase une profusion de nourriture indispensable à l’accomplissement de leur migration, et donc à la survie de l’espèce.



Le crambé se cramponne aux galets

Le littoral cauchois est caractérisé par la présence de cordons de galets de silex hérités de l’érosion des falaises.

On trouve là le rare crambé maritime, une plante aux feuilles coriaces dont le système racinaire puissant est capable de traverser plusieurs mètres de galets pour puiser eau et sels minéraux dans le substrat crayeux.

Menacé un temps par une cueillette abusive et l’exploitation des galets, il est maintenant protégé.

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