Brochure en ligne
Récupérer l’eau de pluie, on y revient !

Une simple cuve en descente de gouttière permet de récupérer plusieurs centaines de litres d'eau de pluie par an.
En dépit du flou de la législation à son sujet, la récupération de l’eau de pluie intéresse de plus en plus de Haut-Normands. A juste titre ! Elle bénéficie d’aides financières et de matériels de plus en plus performants.
Avec les étés secs que nous connaissons et les arrêtés préfectoraux portant sur la restriction des usages de l’eau du réseau, on redécouvre les avantages du bon vieux tonneau placé sous la gouttière, pour arroser le jardin ! L’eau de pluie n’est plus cette eau sale dont il fallait se débarrasser au plus vite. Par un juste retour des choses, on commence à en réhabiliter l’usage. Un crédit d’impôt est maintenant accordé aux particuliers qui s’équipent d’une citerne. Le Conseil général de la Seine-Maritime apporte une aide financière. Ce qui fait que de plus en plus de particuliers restaurent les anciennes citernes ou s’équipent avec du matériel moderne de récupération de l’eau de pluie. Les collectivités devraient y trouver quelque avantage : l’eau pluviale ainsi captée vient en déduction des ruissellements tant redoutés, et des volumes d’eau affluant dans les stations d’épuration à l’occasion des pluies.
Au-delà de l’arrosage
Les Haut-Normands sont très intéressés par ce sujet. Est-ce parce que récupérer l’eau de pluie leur permet de réduire la facture d’eau ? Sans doute, même s’il faut une dizaine d’années pour amortir le coût d’une bonne installation Ou bien est-ce parce que, dans cette région, la pluie a longtemps constitué la principale ressource en eau ? Le fait est que beaucoup ont compris qu’au-delà du simple arrosage de la pelouse, ils pouvaient raccorder à l’eau du ciel le réservoir des toilettes, qui consomme beaucoup d’eau sans réclamer la potabilité (qualité que n’a pas l’eau de pluie brute, soulignons-le). Certains alimentent leur lave-linge avec de l’eau de pluie filtrée. Avec cette eau douce, leur machine n’est plus soumise à l’agression du tartre et il devient inutile d’ajouter des produits anticalcaire. D’autres amènent l’eau de pluie à leur pommeau de douche, en veillant à ce qu’elle soit suffisamment chaude (60 °C au chauffe-eau, 50 °C à la prise d’eau) pour éliminer d’éventuels germes pathogènes, tels que les légionnelles et divers agents de gastro-entérites. Certains, enfin, vont jusqu’à boire l’eau de pluie, mais… cela se passe dans les pays européens où l’utilisation de systèmes de filtration performants garantissant la pureté de l’eau est répandue. Malgré tout, même en France, l’époque du bricolage semble révolue, en ce qui concerne la récupération de l’eau de pluie. Certaines sociétés proposent des systèmes très performants de purification.
Prévenir toute pollution
En dépit de la pollution atmosphérique, l’eau de pluie reste la plus pure. Cependant, elle se salit inévitablement au contact du toit (métaux, déjections, microbes, mousses…), et il faut l’épurer avant de l’utiliser. Les toits terrasses en gravier délivrent l’eau de pluie la moins chargée en matières en suspension, puis viennent, par ordre croissant de concentration en polluants, les toitures en ardoise, tuiles, goudron, ciment et zinc.
Par ailleurs, le circuit alimenté en eau de pluie doit être distinct du circuit d’eau potable, et repéré sur le plan visuel. Il est impératif de prévenir toute pollution accidentelle du réseau public par retour d’eau de pluie, au moyen d’un clapet anti-retour, de vannes d’inversion, de bacs de « disconnexion »… Afin d’éviter les branchements hasardeux, il serait heureux qu’une autorisation de branchement puisse être délivrée, comme cela est le cas pour l’électricité avant toute pose de compteur.
Autorisée… ou pas ?
En France, l’attitude des pouvoirs publics est particulièrement « schizophrène » sur l’utilisation de l’eau de pluie. On aide financièrement les citoyens qui souhaitent récupérer cette eau, et dans le même temps les services sanitaires des départements n’affichent pas tous la même position sur le sujet. Certains sont farouchement opposés à l’utilisation de l’eau de pluie dans la maison. Il faut dire que la législation ne dit pas nettement si la pluie est une ressource en eau qui peut être autorisée… On discute des « usages domestiques » auxquels fait référence la législation sur les « eaux destinées à la consommation humaine », auxquelles pourraient se rattacher l’eau de pluie. Incluent-ils, oui ou non, le lavage du linge, l’évacuation des excréments, l’arrosage du jardin ? Cela n’est précisé nulle part. Quoi qu’il en soit, quand on voit tant d’être humains condamnés à boire une eau insalubre, on ne peut qu’être révolté à l’idée d’être obligé d’arroser sa pelouse, ou de faire fonctionner un WC, avec de l’eau potable !
Redevances et taxes
Ceux qui défendent l’usage de l’eau de pluie là où une eau de qualité, même non potable, est suffisante nettoyage des sols, chasse d’eau aimeraient être persuadés qu’il n’y a derrière ces positions aucune arrière-pensée financière. En effet, le paiement des redevances et taxes d’assainissement est directement proportionnel au volume de l’eau débitée au compteur. Donc, toute eau non comptabilisée et rejetée dans les égouts est traitée « gratuitement » par la Step qui la reçoit, ce qui n’est pas tout à fait normal. Mais, pour être juste, ces rejets sont négligeables. De plus, que devraient dire ceux qui paient des taxes d’assainissement pour des volumes d’eau du robinet qu’ils n’ont pas rejetés puisqu’ils ont servi à arroser le jardin ou abreuver le bétail ?!
Le cycle de l’eau se boucle chez vous !
Une simple parcelle de terrain portant une maison et un jardin peut en théorie être autonome pour l’eau. L’eau tombe sur l’ensemble du terrain. Sur le toit (100 m2), il en ruisselle environ 70 m3, qui peuvent s’écouler non pas dans une nappe souterraine, mais dans une citerne. A défaut de source, une pompe et un tuyau font jaillir l’eau stockée pour des utilisations en surface.
L’eau tombant ailleurs s’infiltre sans le sous-sol au niveau de la pelouse ou sous les haies, est stockée temporairement dans la mare, ou bien repart dans l’atmosphère grâce à l’évapotranspiration. Un véritable cycle de l’eau à petite échelle !