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Recourir à des systèmes plus économes, exemple : le compte-gouttes.

Au compte-gouttes



Aux champs, à l’usine, au jardin, à la maison, l’eau est tout autant précieuse et digne de n’être utilisée qu’après mûre réflexion. L’économiser est la première chose à faire pour préserver durablement cette ressource.

Ne pas laisser couler l’eau pendant qu’on se brosse les dents… Bien sûr ! Le conseil, souvent prodigué à chacun d’entre nous, est judicieux. En une minute, 12 litres de précieux liquide peuvent ainsi s’écouler en pure perte. Chaque geste compte quand il s’agit de gestion durable d’une ressource aussi vitale, notamment quand il est le fait d’un très gros consommateur d’eau.
Où se situent les enjeux les plus importants en matière d’eau ? Sur une consommation nette de 5,6 milliards de mètres cubes d’eau :
· 43 % sont consommés par l’agriculture. Il faut, selon les cultures, de 500 à 4 000 mètres cubes d’eau par an et par hectare de culture irriguée.
· 42 % deviennent de l’eau potable distribuée par les collectivités locales (150 litres par jour et par habitant).
· 7 % sont pris par les activités industrielles.
· 8 % servent à produire de l’électricité, notamment dans les barrages et les centrales nucléaires.
Les prélèvements en eau représentent en France 24 % de la ressource annuelle disponible.

S’adapter aux sécheresses

Même en Haute-Normandie, il est parfois nécessaire d’arroser les cultures avides d’eau, comme le maïs ou les légumes. Les forages privés se sont multipliés et amènent à de prodigieux gaspillages. En pleine journée, les plantes ne profitent que de 10 à 20 % de l’eau diffusée par aspersion. Le recours à des systèmes plus économes, le respect d’horaires pour arroser, la pose de compteurs sur les forages agricoles – comme l’envisagent les mesures d’écoconditionnalité – et le choix de plantes plus sobres permettraient de prélever moins d’eau dans les nappes souterraines. D’autant que le changement climatique en cours ne sera pas sans impacter le cycle de l’eau. « L’agriculture française doit s’adapter aux fréquentes sécheresses à venir. » titrait Le Monde du 21 octobre 2006.

Guerre aux fuites

Les services municipaux ne sont pas en reste dans le gaspillage de l’eau. Il n’y a pas un espace vert ou un terrain de football qui ne soit arrosé à outrance en plein été. Comme si les plantes ne pouvaient pas s’adapter au climat ! Dans ce domaine aussi, une gestion durable de l’eau passe sans doute par de nouveaux principes de conception et de gestion des espaces verts. L’eau peut également être recyclée à l’échelle d’une collectivité, par exemple en utilisant les eaux épurées issues des stations d’épuration pour curer les canalisations d’eaux usées, ou pour nettoyer la voirie, ou arroser les espaces verts.
L’industrie a également de grands besoins en eau. Une partie est réellement consommée, car utilisée dans le process puis rejetée comme eau usée. L’autre est rejetée ou évaporée sans avoir été polluée. Ainsi, une centrale nucléaire prélève 2,3 milliards de mètres cubes par an, mais les restitue (réchauffés !) aussitôt qu’ils ont servi à refroidir les réacteurs. De grandes marges d’économie existent dans le recyclage de l’eau et la valorisation de l’eau de pluie.
A la maison, économiser l’eau, c’est aussi faire… des économies ! C’est faire la guerre aux fuites, ainsi qu’aux mauvaises habitudes. Ne pas « laisser couler » le robinet, mais aussi charger davantage le lave-linge. Equiper la maison en mitigeurs thermostatiques, mousseurs, chasses d’eau à double détente. Poser un réducteur de pression en tête de réseau afin de limiter le débit… Recycler l’eau de lavage des légumes pour arroser les plantes…

La bonne dose

Ficoïdes : plantes pour jardins secs.
Au jardin, l’économie d’eau fait partie des bonnes pratiques. Si la sagesse populaire affirme qu’« un binage vaut deux arrosages », c’est que le fait d’ameublir la surface du sol diminue l’évaporation de l’eau remontant des profondeurs par capillarité. Couvrir la terre avec des feuilles, des paillettes de lin du commerce ou tout autre paillis produit le même effet. L’incorporation régulière de compost à la terre améliore la rétention de l’humidité.
Les légumes du potager et les fleurs en pots et jardinières ne se passent, malgré tout, pas d’arrosage. L’arrosage du soir est alors préférable. Le bon vieil arrosoir permet de faire couler l’eau à la bonne dose, juste au pied des plantes. Le jet et l’asperseur, eux, mouillent le feuillage, ce qui favorise des maladies, et arrosent aussi… les mauvaises herbes. Des systèmes très économes de « goutte-à-goutte », à raccorder au réseau d’eau potable, sont à la disposition des jardiniers réfractaires à l’usage de l’arrosoir. Fleurs vivaces, pelouses, arbustes et arbres sont, eux, adaptés au climat, et il ne sert à rien de les arroser, sauf juste au moment de leur implantation.

« Empreinte sur l’eau »

L’eau ne coule pas qu’au robinet, mais, indirectement, dans tous les produits que nous consommons. Cette « empreinte sur l’eau » peut guider nos choix : consommer moins de viande et plus de végétaux, éviter certains produits d’importation dont la production se fait au détriment de l’agriculture vivrière des pays pauvres… et secs. « Le commerce international des légumes et fleurs hors-saison représente du travail pour quelques uns et de la richesse pour une minorité. Mais pour tous ceux qui découvrent que l’eau de leurs terres a été extraite en amont par de grosses entreprises, cela représente de nouvelles difficultés et même des dégâts permanents à l’environnement. »

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