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Les limites de qualité sont définies en appliquant des coefficients de sécurité.

L'analyse d'eau



Calcaire, chlore, nitrates… La liste de ce qui peut se retrouver dans l’eau du robinet est impressionnante… mais pas nécessairement inquiétante. Elle figure sur un bulletin d’analyse affiché en mairie.

Chaque commune est tenue d’afficher régulièrement les résultats des analyses de l’eau délivrée aux habitants. S’il est impossible de les obtenir en mairie, demandez-les à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales, auprès du service Santé-Environnement. Les consommateurs reçoivent également chaque année, avec une de leurs factures d’eau, un bilan commenté de la qualité de l’eau distribuée.
L’analyse rend compte des caractéristiques naturelles de l’eau, acquises au contact des terrains dans lesquels elle a circulé ou séjourné (teneurs en sulfates, chlorures, fer et calcaire, pH…). Elle en met en évidence d’autres qui sont liés à l’impact de l’homme sur l’environnement (teneurs en nitrates et pesticides, par exemple).
Parmi tous ces composants, certains sont utiles, voire indispensables, à l’être humain (calcium, magnésium…). D’autres affectent le goût (le chlore) ou, par exemple, l’utilisation pour la lessive (calcaire). D’autres, enfin, présentent un caractère indésirable, voire toxique. Dans ce cas, la réglementation prévoit des teneurs maximales autorisées au-delà desquelles l’eau n’est plus considérée comme potable en l’état.
Les limites de qualité sont définies en appliquant des coefficients de sécurité et de prévention afin qu’aucun effet néfaste ne puisse être observé sur la santé du consommateur. En cas de dépassement, des mesures particulières sont prises, comme la fermeture du captage incriminé ou l’interdiction temporaire de la consommation de l’eau du robinet.

Paramètres organoleptiques : ils sont appréciés par les sens. Ils n’ont pas en eux-mêmes de signification sanitaire. Leur dégradation peut indiquer une pollution ou un mauvais fonctionnement des installations de traitement ou de distribution. La turbidité est évaluée par comparaison avec un liquide trouble de référence.

Acidité de l'eau (pH) : des pH inférieurs à 7 (eaux acides) peuvent provoquer une corrosion des tuyauteries métalliques, dangereuse si celles-ci sont en plomb.

Résidu sec : ce qui reste lorsqu’on a évaporé l’eau, essentiellement des sels minéraux (minéralisation). Moins de 500 mg/l : eau faiblement minéralisée. Plus de 1 500 mg/l : eau fortement minéralisée.

Conductivité : la capacité à conduire le courant électrique donne une idée de la salinité de l’eau. Nombre guide : 400 microsiemens par centimètre.
50-400 : qualité excellente
400-750 : bonne qualité
750-1 500 : qualité médiocre, mais eau utilisable
Plus de 1 500 : minéralisation excessive

Chlore : signale un traitement désinfectant au chlore. En application du plan Vigipirate, la dose de chlore dans le réseau a été multipliée par trois, passant ainsi à 0,3 mg par litre, soit 0,1 mg/l au robinet. L’Organisation mondiale de la santé estime que le chlore ne présente pas de risque pour la santé à moins de 5 mg/l.

Oxydabilité : donne une idée de la teneur en matières organiques, qui peuvent donner une odeur ou un goût à l’eau.

Dureté totale ou titre hydrotimétrique (TH) : teneur en calcium et magnésium, s’opposant à la formation de mousse avec le savon et permettant le dépôt de sels insolubles et incrustants (tartre ou incrustations). Il n’y a pas de normes. Une eau dure dépose une couche carbonatée protégeant les canalisations de la corrosion. L’apport de calcium et de magnésium – éléments indispensables à l’organisme – par l’eau est faible. En Haute-Normandie, l’eau distribuée est en général dure.
0-10 °F : eau douce
15-25 °F : dureté idéale
Plus de 25 °F : eau dure

Nitrates : sont apportés par l’alimentation et l’eau de boisson. Leur ingestion à fortes doses est susceptible, sous certaines conditions, de perturber l'oxygénation du sang chez les nourrissons (« maladie bleue », ou méthémoglobinémie). Par ailleurs, ils sont suspectés de participer à l'apparition de cancers digestifs. Limite réglementaire : 50 mg/l. Nombre guide : 25 mg/l.

Nitrites : signes de pollution. Nombre guide : 0 mg/l.

Mesure de la turbidité en continu.
Turbidité : caractère trouble de l’eau dû à la présence de matières en suspension finement divisées (argile, limon, matières organiques.). La turbidité ne présente pas de risque sanitaire direct, mais lorsqu'elle est élevée, elle peut diminuer l'efficacité des traitements de désinfection et générer des risques microbiologiques. C’est le problème le plus important concernant la qualité de l’eau distribuée en Haute-Normandie. Référence de qualité en distribution : 2 NFU.

Pesticides : résidus d’herbicides et d’insecticides organochlorés utilisés dans les champs, les jardins, les espaces verts, et sur la voirie. La réglementation fixe à 0,1 microgramme/l la concentration maximale par substance* et à 0,5 microgramme/l le total des substances mesurées. On suspecte les pesticides d’accroître le risque de cancers et de diminuer la fertilité masculine.

Ammonium : sa présence fait suspecter une pollution récente. Nombre guide : 0,05 mg/l.

Plomb : l’eau, surtout si elle est acide (cas rare en Haute-Normandie), peut dissoudre le plomb des anciennes canalisations, ce qui expose au risque de saturnisme, intoxication chronique pouvant modifier l’humeur(irritabilité) et le sommeil, et provoquer de l’anémie, ainsi qu’une diminution des capacités intellectuelles. Norme à respecter : 25 microgrammes/l.

Métaux toxiques : peuvent être introduits dans l’eau par une pollution industrielle du captage ou une dégradation des réseaux de distribution.

Chlorures : leur présence est due, le plus souvent, à la nature des terrains traversés. Nombre guide : 25 mg/l. Concentration « à risque » : 200 mg/l et plus (effet laxatif, risque pour les personnes atteintes de maladies cardio-vasculaires ou rénales. Seuil gustatif :200 à 300 mg/l.

Sulfates : apportés par les terrains traversés par l’eau. Nombre guide : 25 mg/l. Concentration maximale : 250 mg/l. Au-delà, risque de troubles diarrhéiques, notamment chez les enfants. Certaines eaux minérales renferment beaucoup de sulfates.

Microbes : l’eau du robinet ne doit renfermer aucun microbe pathogène, bactérie, parasite ou virus. On recherche l’ensemble des bactéries se développant en présence d’oxygène dans certaines conditions de température, et notamment celles d’origine fécale, qui témoignent d’une contamination de l’eau et peuvent être sources d’infections.

Fer : à des concentrations de l’ordre de 300 microgrammes/l, le fer tache le linge et les installations sanitaires et donne mauvais goût à l'eau. Nombre guide : 50 microgrammes/l. Concentration maximale : 200 microgrammes/l.


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