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Réservoir de l’usine d’eau de La Jatte, à Rouen.

Le circuit de l'eau potable



Entre la nappe souterraine où elle est puisée et le robinet, l’eau suit tout un circuit qui l’achemine dans chaque foyer tout en garantissant la délivrance d’un produit de qualité.

Avant de pouvoir fournir de l’eau à la population, il faut d’abord repérer des écoulements souterrains qui soient suffisamment productifs et d’assez bonne qualité pour répondre aux besoins. C’est l’objet des forages. Compte tenu de la nature du sous-sol haut-normand, il s’avère que les débits les plus importants sont liés aux secteurs où la craie – la roche réservoir – est très fracturée et donc, malheureusement, particulièrement vulnérable aux contaminations. Une fois l’eau trouvée, des analyses permettent de vérifier que la qualité du gisement se maintient sur une période assez longue. C’est à cette condition qu’on installe les équipements de pompage.

Traitements de l’eau

Dans le meilleur des cas, quand la ressource est naturellement bien protégée, l’eau brute est délivrée en l’état. Lorsqu’elle présente des défauts qui la rendent inconsommable telle quelle, un certain nombre de traitements peuvent être appliqués. Ce pis-aller ne dispense pas de prendre les mesures préventives qui permettront de restaurer la qualité de l’eau.
L’injection de charbon actif en poudre permet d’éliminer les pesticides. La décantation et la filtration sur des lits de sable débarrassent l’eau de ses matières ou particules en suspension (argile, limon, sable). Dans les zones où le taux de nitrates pose problème, des unités de dénitrification sont envisagées. Une chloration détruit les matières organiques et préserve l’eau de toute contamination bactériologique au niveau des canalisations.
Lorsque la qualité de l’eau brute pose problème ou que le distributeur d’eau (voir plus loin) veut sécuriser l’approvisionnement, on peut recourir à un procédé d’ultrafiltration pour débarrasser l’eau de toutes les impuretés et sels minéraux dissous plus gros qu’une molécule d’eau. Compte tenu des volumes à traiter, chaque usine doit fonctionner sur un grande nombre de filtres en parallèle, dont il faut remplacer régulièrement les membranes, ce qui la rend très coûteuse en investissement et en fonctionnement. On pallie aujourd’hui la mauvaise qualité de certains captages par l’interconnexion avec des captages de meilleure qualité, ou… en cherchant de nouveaux captages, ce qui ne constitue évidemment pas une solution durable.

30 % perdus en fuites

L’eau rendue potable est ensuite stockée dans un château d’eau pour être distribuée par gravité. C’est en effet la hauteur du château d’eau qui crée la pression dans les canalisations de manière à alimenter l’ensemble des habitations du secteur. Plus le réseau est long et plus la pression baisse en bout de ligne (phénomène appelé « perte de charge »). Les immeubles très élevés obligent à construire des réservoirs encore plus hauts.
Les réseaux de distribution les plus anciens, installés sur des sols déstabilisés par le passage des poids lourds, par exemple, se révèlent « fuyards ». Ainsi, le rendement moyen des réseaux de distribution d’eau potable serait, en France, de l’ordre de 70 %, ce qui signifie que 30 % de l’eau potable sont perdus avant d’arriver au robinet ! Les anciennes canalisations en fonte, en amiante-ciment ou en PVC sont progressivement remplacées par des tuyaux souples et résistants en polypropylène.
Depuis quelques années, les distributeurs d’eau (voir plus loin) ont été invités à remplacer les vieux tuyaux en plomb alimentant certains compteurs. En effet, certaines eaux ont la faculté de solubiliser ce métal toxique et de causer une maladie appelée saturnisme chez ceux qui les consomment. Il est également recommandé à chacun de vérifier la nature de son installation à l’aval du compteur.


Le circuit de l'eau potable


Responsabilités des collectivités

Les grandes villes possèdent généralement un service de l’eau et de l’assainissement. Les communes plus petites se réunissent souvent entre voisines pour gérer l’eau sous forme de syndicats intercommunaux, formant eux-mêmes, dans certains départements, une fédération. C’est le cas en Haute-Normandie.
Les collectivités locales ont pour mission de financer les ouvrages de traitement, de stockage, de distribution et d’assainissement de l’eau, avec l’aide financière de l’Agence de l’eau Seine-Normandie et des conseils généraux. Ces équipements sont placés sous la responsabilité des communes. Chaque collectivité a la possibilité de gérer elle-même ses équipements (système de la régie) ou d’en déléguer la gestion à une société privée (affermage).
Le financement de la distribution et de l’assainissement – ainsi que l’amortissement des équipements – incombe au consommateur, qui paie en outre le branchement au compteur et l’éventuel raccordement au réseau d’assainissement. Dans le cas où l’assainissement des eaux usées est non pas collectif, mais autonome, l’habitant est amené à contribuer au financement de la surveillance et de l’entretien de son système d’épuration. C’est le service public de l’assainissement non collectif, en vigueur depuis le 1er janvier 2006.
Depuis la loi du 2 février 1995, « le maire présente au conseil municipal ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale présente à son assemblée délibérante un rapport annuel sur le prix et la qualité du service public d'eau potable destiné notamment à l'information des usagers ».

100 ans de chateaux d'eau...

Les châteaux d’eau ne passent pas inaperçus dans le paysage. Leur architecture a largement évolué en tenant compte de la recherche d’une certaine esthétique et… de l’accroissement vertigineux des besoins en stockage.


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