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Le cycle de l'eau



Le secteur de Bolbec est le plus arrosé de Haute-Normandie.
L’eau est sans cesse en mouvement. Entre la mer, l’atmosphère, les nappes souterraines et les cours d’eau, les chemins qu’elle emprunte sont souvent méconnus.

L’eau suit un cycle naturel fonctionnant grâce à l’énergie du soleil. Depuis des milliards d’années, les mêmes molécules s’évaporent des océans, retombent en pluie, ruissellent, s’infiltrent dans le sol, circulent sous terre, jaillissent en sources et retournent à la mer, par les rivières et les fleuves. Au passage, elles peuvent avoir été absorbées par une plante, un animal, puis rejetées dans l’environnement. L’homme, bien sûr, interfère lui aussi avec le cycle de l’eau.
Le cycle de l’eau est représenté dans de nombreux livres, toujours de la même manière : l’eau évaporée à partir des océans se condense en nuages, tombe en pluie sur le flanc des montagnes, alimente des torrents impétueux avant d’atteindre la plaine et, enfin, retourner à la mer. Cette vision quelque peu réductrice a marqué les esprits. Pour beaucoup de Haut-Normands, l’eau des nappes de leur région proviendrait… des Ardennes, massif montagneux le plus proche. En réalité, en Haute-Normandie, la majeure partie des masses d’eau douce est liée aux précipitations locales. Le cycle de l’eau se boucle souvent en quelques kilomètres seulement dans un même bassin versant.

Episodes pluvieux intenses

La Haute-Normandie, une région pluvieuse ? Un peu simpliste. La région de Bolbec est la plus arrosée de la région, avec une pluviométrie annuelle supérieure à 1 m, du fait de l’altitude et du relief de cette partie du pays de Caux, et de la confluence des masses d’air humides à cet endroit. En revanche, la situation d’« abri » créée par les collines du Perche protège le sud-est du département de l’Eure des perturbations pluvieuses arrivant de l’Atlantique. Il y pleut moitié moins qu’en pays de Caux et pas plus que sur les sites les plus secs de la côte d’Azur.
On observe par ailleurs des années – ou des périodes – plus ou moins sèches ou humides. Le cycle de l’eau suscite bien des interrogations. Ainsi, le niveau des nappes souterraines varie de manière cyclique en suivant les aléas des précipitations. Au débordement inédit des nappes en 2000-2001 a succédé, par exemple, l’état de basses eaux de 2006-2007. Seules les pluies d’automne, d’hiver et du début de printemps contribuent au rechargement des nappes. On parle alors de pluies efficaces. Au contraire, quand la végétation est active, l’eau des précipitations est absorbée et « évapotranspirée » par les plantes et le sol.
Avec le dérèglement du climat, la Haute-Normandie sera, si l’on en croit les scénarios des climatologues, de plus en plus exposée à des sécheresses estivales, avec des hivers humides. Selon des travaux menés à l’AREHN, en trente ans, les épisodes pluvieux intenses sont devenus environ deux fois plus fréquents dans cette région.

La nappe de la craie

La « nappe de la craie » représente la principale ressource en eau de la Haute-Normandie. N’imaginons pas de grands lacs souterrains ! Comme dans un sucre trempé dans le café, l’eau forme dans la craie, par capillarité, une zone saturée qui constitue un véritable réservoir. Celui-ci se remplit grâce aux apports d’eau provenant des précipitations (pluie, neige). Une partie de cette eau s’infiltre lentement à travers le lœss, puis l’argile à silex pour atteindre le niveau crayeux et s’accumuler dans les multiples pores qui traversent la roche. L’autre partie descend rapidement, puis circule par des conduits souterrains formant ce que les géologues appellent le karst : fissures, fractures, rivières souterraines… La craie, roche fragile, est fracturée dans tous les sens. L’eau, chargée de gaz carbonique, dissout le carbonate de calcium qui compose la roche, ce qui explique la dureté de l’eau dans notre région et la formation du tartre tant redouté.
La nappe de la craie retient environ 500 000 m3 d’eau par kilomètre carré, mais, du fait du pouvoir de rétention des pores, seulement 0,5 % de cette masse peut être restitué. Elle communique avec une nappe qui circule dans le fond des vallées entaillant les plateaux, et se vidange au niveau des sources et cours d’eau. Les lignes de source visibles sur les cartes détaillées correspondent au recoupement du niveau de la nappe (niveau piézométrique) avec la surface du sol (niveau topographique).


Exemple de variation de niveau de la nappe de la craie.

Bétoires

L’exploitation de l’eau potable en Haute-Normandie s’est fondée sur la recherche des conduits les plus productifs, situés notamment en tête des vallons. Les fissures verticales les plus larges s’ouvrant à la surface du sol sont appelées localement bétoires. Points d’engouffrement privilégiés de l’eau vers le réseau souterrain, elles représentent un risque de contamination pour la ressource. En cas de ruissellement, des particules de terre et divers autres contaminants sont entraînés depuis les sols agricoles, les revêtements routiers ou les terre-pleins industriels jusque dans la nappe. Cela explique la turbidité dont souffrent par moment les eaux captées.
« Buvez, éliminez » disait une publicité pour une eau minérale. L’homme s’intègre dans le cycle de l’eau ! Par exemple, quand il arrose son jardin, il reproduit les effets de la pluie au moment qu’il juge opportun. Quand il se lave avec un bon vieux savon, il ne fait que solliciter les mécanismes naturels d’épuration de l’eau. Les vrais problèmes apparaissent quand il abuse, par exemple en mélangeant à l’eau des produits peu dégradables ou en quantité supérieures au capacités d’épuration du milieu naturel.

30 ans de sécheresses en Haute-Normandie

1976 : pas une goutte de pluie entre avril et septembre.
1989-1991
1996-1997
2003 : précipitations inférieures à la normale, de plus de 25 % dans certaines zones.
2005 : certains secteurs de la région reçoivent 20 % de pluie en moins que la moyenne.
2006 : la sécheresse persiste, avec de faibles précipitations automnales et hivernales, mais un déficit estival moins prononcé qu’en 1976.
2007 débute avec une situation « sensible ».


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