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La vie a pu s'organiser grâce à l'eau.
Source de vie
La matière vivante en renferme en moyenne 70 %, et elle recouvre 70 % de la surface de la Terre. Il n’est donc pas étonnant que, de tout temps, l’homme ait voué un véritable culte à l’eau..
L’eau est, sur le plan chimique, une molécule simple un atome d’oxygène et deux atomes d’hydrogène qu’une organisation très particulière dote de propriétés singulières. Elle existe dans tout l’univers. On la retrouve sous forme de glace sur Mars, sous forme de vapeur sur Vénus, dans la queue des comètes… La Terre a été formée par l’accrétion d’astéroïdes contenant de l’eau. La température élevée qui régnait à l’origine à la surface de notre planète a provoqué un dégazage des roches, avec dégagement de vapeur d’eau. Celle-ci a fini par se condenser lorsque la planète s’est refroidie et tomber en déluge pour former la masse aqueuse que nous connaissons.
70 % de la surface terrestre
La planète Terre est recouverte par l’eau sur 70 % de sa surface. Cependant, ce volume d’eau qui nous semble gigantesque 1 384 milliards de km
3 ne représente qu’une quantité infime à l’échelle planétaire : une goutte déposée à la surface d’une orange ! Une augmentation de 5 % du rayonnement solaire, prévue par les scientifiques pour dans 300 millions d’années, suffira pour l’évaporer !
Sur le volume d’eau présent sur Terre, 97,39 %, constituant mers et océans, sont salés. Sur les 2,61 % restants, 2,1 % sont immobilisés dans les calottes polaires. Seul 0,51 % constitue une ressource en eau douce « accessible » (lacs, rivières et fleuves, nappes souterraines, atmosphère).
Les précipitations sont très variables à la surface du globe. La ceinture équatoriale est très arrosée, alors que les deux ceintures intertropicales sont très sèches, voire désertiques, les régions polaires peu arrosées. Dans les zones tempérées proches des océans, les précipitations sont bien réparties sur l’année. C’est le cas de la Haute-Normandie.

Fontaine Sainte-Clotilde, aux Andelys : les anciens rites païens liés aux sources ont été assimilés au culte de saints guérisseurs.
« Soupe primitive »
La Terre est la seule planète de l’univers sur laquelle la présence d’eau liquide a été prouvée. Du fait de la présence de l’eau sous ses trois états solide, liquide, gaz , la vie a pu s’organiser en fonction du cycle de l’eau, depuis l’évaporation à la surface des océans jusqu’à l’écoulement des fleuves, en passant par les courants marins et la régulation climatique des continents.
La vie même est née dans l’eau. Les sels présents dans les roches, solubilisés sur les continents, ont alimenté une « soupe primitive » où les premières cellules vivantes ont pu se former. Dans l’eau, elles étaient protégées des rayons mortels du soleil. La couche d’ozone, qui nous protège aujourd’hui, n’existait pas encore. L’eau constitue toujours, 3,5 milliards d’années plus tard, le vecteur essentiel des échanges dans les cellules.
C’est seulement à partir du Dévonien ( 360 millions d’années) que la vie conquiert les continents. Mais si beaucoup d’organismes ont réussi à s’affranchir de l’élément aquatique, la plupart en restent tributaires pour s’y reproduire. Les amphibiens doivent retourner chaque année dans les mares pour pondre. Leurs têtards se développent dans l’eau. Les reptiles et les oiseaux, avec leurs œufs, les mammifères avec leur placenta dépendent encore de l’eau, qui constitue l’essentiel du vitellus dans un cas, du liquide amniotique dans l’autre.
L’eau est indispensable à la vie. Sans eau, un homme ne survit pas plus de trois à cinq jours. Certains animaux du désert boivent très peu, mais ne peuvent s’affranchir totalement de l’eau.
Le culte des sources
L’importance vitale de l’eau n’a pas échappé à nos ancêtres. Les eaux les plus pures, celles des sources, étaient même parées du pouvoir de guérir. L’époque gauloise est connue comme celle du culte des sources et des arbres. L’archéologue Louis Fallüe avait découvert une statuette de déesse mère du néolithique peut-être un ex-voto primitif près de la source de la Fontaine à Hénouville (S.-Mme). Le culte des sources n’est sans doute pas étranger au fait qu’elles sont, comme les arbres, un lien avec le monde souterrain, le « royaume des morts » avec lequel l’homme a toujours cherché à communiquer.
La source gallo-romaine découverte place de la Pucelle, à Rouen, a probablement vu des rites de purification, préfiguration du baptême chrétien et de pratiques communes à de nombreuses religions.
A partir du Ve siècle, la christianisation de la Haute-Normandie s’est efforcée d’effacer les anciens rites païens liés aux sources en les assimilant au culte de saints guérisseurs, réels ou imaginaires, ou de la Vierge. Aux Andelys (Eure), le culte dont est encore l’objet sainte Clotilde et cela depuis l’époque mérovingienne ! a fait suite à celui dévolu à la source et à l’arbre qui la jouxte.
Physique-chimie de l’eau

C’est le chimiste français Lavoisier qui, en 1783, a mis en évidence la composition chimique de l’eau : 2 atomes d’hydrogène (H) et 1 atome d’oxygène (O), formant une molécule de formule H2O. Ce composé est doué de propriétés très singulières.
Du fait de sa nature polaire, comme l’aimant, l’eau est un solvant quasi universel, capable de solubiliser de nombreuses matières. L’eau chimiquement pure n’existe donc pas hors des laboratoires. Comme elle solubilise les impuretés, l’eau lave bien et… se salit facilement.
Comme des aimants, les molécules d’eau s’attirent les unes les autres, formant entre elles ce que les chimistes appellent des liaisons hydrogène. La tension superficielle ainsi créée permet la formation des gouttes d’eau et à des corps pourtant plus denses de ne pas s’enfoncer dans l’eau. Cette propriété est la cause du phénomène de capillarité, qui permet à l’eau de monter dans des conduits très fins. L’addition de détergents (tensioactifs), en abaissant la tension superficielle, augmente le pouvoir mouillant de l’eau. L’eau liquide se cristallise en glace à 0° C (273 °K) sous pression atmosphérique normale. Elle se vaporise à 100° C.