Mise à jour : juillet 2014

Les sacs plastiques


Le sac plastique reste un des emblèmes de notre société de consommation, société qui n’est ni plus ni moins qu’une société de déchets. Sa durée d'utilisation est de quelques minutes, mais sa durée de vie s’étend potentiellement sur plusieurs siècles.
300, c’est le nombre de sacs plastiques utilisés chaque année par un Français. Il y a encore quelques années, nous en utilisions beaucoup plus. Aujourd’hui, de nombreuses grandes enseignes n’en distribuent plus gratuitement. Pour compenser, beaucoup d’entre nous ont pris l’habitude d’aller faire nos achats avec un sac réutilisable. Seuls les moins prévoyants continuent à en prendre à chaque passage en caisse.
Les commerces de détails n’ont rien changé. Ils continuent à distribuer des sacs à chaque achat. Certains ont opté pour la distribution de sac en papier, donnant l’illusion d’être plus écologique.
On nous avait promis la fin du sac dans tous les commerces fin 2010. Pourtant en 2012, sortir sans sac d’un magasin reste un acte volontaire.
 

Sommaire


Historique et chiffres-clés
Pollutions et méfaits
L'élimination des sacs 
La situation en France et dans le monde
Les différents engagements
Les alternatives au sac plastique jetable


 
Historique et chiffres-clés
Un sac plastique, c’est quoi ?
En général, le sac plastique est en polyéthylène, matière produite à partir du pétrole. Il se ramollit à la chaleur, ce qui lui permet de prendre des formes variées. Ses propriétés sont souvent inégalables. Il est léger, imperméable, résistant et réutilisable.
Il a perdu 75 % de son poids en 15 ans pour des performances inchangées : il pèse actuellement 5 g et peut transporter jusqu’à 10 kg.

Durée de vie d’un sac plastique à usage unique
Fabriqué en une seconde
Utilisé 20 minutes
Met entre un et quatre siècles pour se dégrader dans la nature. (estimation)

La nocivité d’un produit pour l’environnement dépend largement de sa durée de vie. La durée de dégradation d’un sac plastique est estimée entre 100 et 400 ans. Il fait parti des polluants les plus persistants. Il pose d’énormes problèmes arrivé au stade de déchet car il n’est pas biodégradable.
Durée estimée de la biodégradation de certains déchets
Mouchoir en papier : 3 mois
Mégot de cigarette : 1 à 2 ans
Chewing-gum : 5 ans
Huile de vidange : 5 à 10 ans
Sac plastique : 100 à 400 ans
Canette en aluminium : 200 à 500 ans
Bouteille plastique : 10 à 1 000 ans
Petit historique
Les premiers sacs de caisse en plastique apparaissent aux Etats-Unis, en 1957. Au départ, ils n’ont pas de poignées. Il faut attendre le début des années 1960 pour voir apparaitre le sac plastique que nous connaissons aujourd’hui. Sa production explose dans les années 1970 quand un nouveau procédé de fabrication peu coûteux permet aux commerçants de donner les sacs. Par ses propriétés, il apparaît comme révolutionnaire. C’est le début de l’ère du jetable. Il remplace rapidement le panier en osier ou le sac en papier, moins résistant.
Pollutions et méfaits
Quand nos ressources naturelles partent à la poubelle
La fabrication de sacs plastiques contribue à l’épuisement des réserves naturelles de pétrole, source d’énergie fossile,  donc non renouvelable, que la nature a mis des millions d’années à fabriquer.

Pollution visuelle importante
Légers donc s’envolant facilement, les sacs sont un désastre environnemental. Abandonnés, jetés par mégarde, oubliés par les collectes d’ordures ménagères, les sacs sont partout et quelquefois là où on les attend le moins ! Dans les champs, en forêt, en montagne, en mer ou sur le littoral, ils pullulent alors que déjà un seul sac abandonné suffit à dégrader la beauté du paysage. D’après l’Ifremer, 122 millions de sacs plastiques souillent nos 5 000 kilomètres de côtes.
En plus d'être une pollution visuelle, le sac de caisse est aussi un désastre environnemental.
Les sacs tuent les animaux
Chaque année, on estime que plus de 100 000 animaux marins et notamment des tortues meurent emprisonnés dans un sac plastique ou après avoir ingéré un déchet flottant en le confondant avec une proie. A lui seul, le plastique représente 60 à 80 % des déchets en mer.

Mais le plus inquiétant est invisible. Le plastique se fractionne jusqu’à former des particules microscopiques (de l’ordre de 300 micromètres). Elles contaminent le sol et l’eau et apparaissent dans la chaîne alimentaire. Les animaux marins les ingèrent et les polluants persistants se retrouvent, en bout de chaîne, dans nos assiettes. Toutes les espèces marines ou presque contiennent du plastique.

Emballages bio, les animaux sauvent la planète (VOST)


Campagne Surfrider Foundation

Les "continents" plastiques
On estime que la Méditerranée contient 250 milliards de particules plastiques, (microparticules et macroparticules), atteignant un poids de 500 tonnes qui flottent à la surface. Hélas, le cas de la mer Méditerranée n’a rien d’exceptionnel.
Ces plaques de déchets résultent de l’accumulation de déchets plastiques : bouteilles vides, bouchons, sacs … et des milliards de débris. La majorité d'entre eux, fragmentés par le séjour dans l'eau, mesurent moins d’un centimètre et pèsent moins de 15 grammes. Cette soupe de plastique contient des déchets parfois très fins. Elle s’enfonce sous la surface sur 10 à 30 mètres de profondeur avec une densité pouvant atteindre les 750 000 morceaux par km². Ces déchets proviennent des navires et des continents, transportés par le vent et les fleuves vers la mer.
Regroupés par les courants marins, ces plastiques finissent par s’agglutiner pour créer une pollution océanique sans précédent que l’on nomme Gyres ou Vortex. Aujourd’hui, on parle même de l’existence de "continents plastiques".


Les continents plastiques

La malédiction du plastique

Voir aussi
  • L’Expédition MED 2010-2013 (campagne scientifique et environnementale sur la pollution par le plastique en Méditerranée).
  • Quand sac plastique rime avec déchet aquatique... (Ministère de l’écologie, du développement durable, de la pêche et du logement)
    Les sacs plastiques fabriqués à base de pétrole sont malheureusement parfois abandonnés dans la nature et se retrouvent alors souvent dans la mer
  • L'élimination des sacs 
    Une incinération polluante
    Unité de valorisation énergétique Vesta, usine d'incinération de l'arrondissement de Rouen.
    La solution la plus courante pour les éliminer est de les incinérer ou de les enfouir. Dans le cas ou ils sont incinérés, les sacs servent alors de carburant peu coûteux pour entretenir la combustion des autres déchets ménagers.
    On parle même de "valorisation énergétique" lorsque de l’énergie est récupérée lors de la combustion des sacs pour alimenter le chauffage urbain ou produire de l’électricité. Cependant, l’énergie récupérée est largement inférieure à celle qui a été consommée durant tout le cycle de vie du sac (extraction des matières premières, fabrication, distribution, utilisation et élimination).
    L’incinération des sacs en plastique produit du gaz carbonique et de la vapeur d’eau, deux gaz à effet de serre qui contribuent au phénomène de réchauffement climatique. De plus, l’incinération des ordures ménagères dégage des dioxines cancérigènes.

    Un recyclage peu rentable
    Il y a encore quelques années, le recyclage des sacs plastiques n’était pas envisagé. La plupart des industriels s’accordaient à penser que cette opération n’était pas rentable ni économiquement, ni écologiquement. Les sacs plastiques étant bien trop légers pour être recyclés. A ce jour, le recyclage des sacs plastiques est encore peu développé par rapport à la quantité de sacs fournis. Pourtant, avec la hausse du prix du pétrole, les industriels se penchent davantage sur le devenir de nos déchets issus de la ressource pétrolière.

    En France, la société Sopave, leader français du recyclage des sacs plastiques, recycle 8 000 tonnes de sacs tous les ans en sacs de collecte sélective. Elle ne perd pas espoir de voir son activité poursuivre sa progression, car certains distributeurs ont installé des réceptacles destinés à recueillir les sacs de caisse afin de les recycler.
    Depuis peu, le Centre Delta Recyclage récupère et valorise les sacs plastiques. Grâce à cette nouveauté, Delta Recyclage a fait diminuer son taux de refus (les déchets qui doivent repartir en décharge ou être incinérés) de près de 5 %.
    En fonction de leur nature, de leur densité, de leur réaction à la chaleur et de leur température de fusion, les plastiques ne se recyclent pas tous dans les mêmes conditions. Le sac plastique ne se recycle pas comme une bouteille d’eau. Avec l’ensemble des emballages plastique, il faut compter une trentaine de composants chimiques différents, contre seulement deux pour les bouteilles et flacons jusqu’ici recyclés.
    Voir aussi
    Quelques exemples de recyclage
    En 2012, Eco-Emballage* teste le recyclage de tous les emballage plastique.
    Alors qu’aujourd’hui, 60 % des déchets plastiques n’ont toujours pas leur place dans le bac de tri sélectif, Eco-Emballage se lance dans la collecte de l’intégralité des emballages plastiques ménagers comme les barquettes, pots de yaourts et autres films plastiques. C’est près de 5 millions de français qui expérimentent, pour deux ans, le tri de tous les plastiques. Au total, 80 collectivités se sont engagées dans ce test à grande échelle. Pour les habitants concernés, cela va rendre le tri plus facile. L’éternelle question : "ça se trie ou pas ?" est jetée aux oubliettes. La simplification du geste laisse espérer davantage de tri de la part des usagers. Eco-Emballages souhaitent doubler le taux de recyclage du plastique, qui plafonne pour l’instant à 22,5 %. Car les matières plastiques étant dérivées du pétrole, elles atteignent aujourd’hui une valeur marchande qui justifie de lancer ce grand chantier.
    Concrètement, pour les films et sacs, le recyclage n’est possible que pour 13 % d’entre eux.

    * Eco-Emballage : un des deux éco-organismes (avec Adelphe) agréés par l’État pour organiser, superviser et accompagner le recyclage des emballages ménagers en France.

    La marque Puma
    La compagnie allemande de sportswear Puma a redoublé d’imagination en créant le "Clever Little Shopper", un sac de shopping conçu en farine de maïs. Ils peuvent être jetés au compost ou dilués dans de l’eau. Preuve à l’appui :

    La société japonaise Blest Society La société japonaise Blest Society a inventé une machine pour recycler les bouteilles, les bouchons et les sacs en plastiques en pétrole non raffiné, composé de kérosène, diesel, d’essence et d’huiles lourdes. À l'heure actuelle, Blest a vendu ses machines à des écoles, à des fins éducatives, ou à des usines au Japon. Mais ils cherchent aussi à introduire leur technologie aux Etats-Unis et dans le reste du monde.

    La situation en France et dans le monde
    Politique française : la saga du sac plastique
    Un nouvel épisode de la saga en juin 2014. Ségolène Royal, Ministre de l’environnement, propose un amendement visant à interdire le sac de caisse dès le 1er janvier 2016. Cette décision suit le mouvement européen. La Commission européenne ayant proposé fin 2013 de réduire de 80% le nombre de sacs jetables mis chaque année sur le marché de l'UE (100 milliards en 2010).

    Précision importante : l'interdiction ne vise pas les sacs plastique épais et réutilisables, qui pourront être fournis à titre gratuit ou non aux caisses, ni les sacs dits biodégradables et compostables (à base d'amidon de maïs ou de pomme de terre), qui pourront être utilisés pour les fruits et légumes.

    Si cette décision réjouit les associations de protection de la nature, elle reste une ultime proposition qui sera votée au Parlement à l’automne prochain. Ne nous y trompons pas, la bataille n’est pas gagnée. La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) et l'Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs (UNFD) ont très vite réagi. Ils s’opposent à ce projet de loi qui, selon eux, leur coûtera 300 millions d'euros. Surcoût que les distributeurs envisagent, bien entendu, de répercuter sur les consommateurs.

    Une impression de déjà vu ? C’est normal. En 2005, on nous a déjà annoncé la fin du sac plastique non biodégradable pour l’année 2010. Finalement, ils sont taxés à partir de 2014, à hauteur de 10 € par kilo, soit 6 centimes par sac. Cette disposition interdit également les faux sacs biodégradables, dits "fragmentables", composés de plus de 90 % de polyéthylène et d'additifs de fragmentation. La taxe ne s'applique pas aux sacs plastiques biodégradables, constitués d'un minimum de 40 % de matières végétales.

    Fin 2011, le député Charles de Courson (déjà à l’origine d’une taxe votée en 2010 qui porte sur les sacs plastiques distribués en caisse) propose de taxer les sacs plastiques des fruits et légumes à partir de 2014. Outre la réduction des sacs en plastique à usage unique, l’objectif est aussi d’obliger les industriels à réfléchir au développement d’alternatives plus écologiques. En définitif, la taxe est restée au placard, car le décret d’application n’est jamais paru.

    Pourquoi les projets de loi n'aboutissent jamais ?


    Aux yeux du gouvernement, la taxe sur le sac plastique n’était pas utile dans un contexte où, depuis 2002, le nombre de sacs plastiques a été divisé par dix, passant de 10,5 milliards à 1 milliard. L’instauration d’une telle taxe pénalise les petits commerces de proximité qui n’ont pas de solutions de remplacement. Il faut aussi protéger l’emploi dans les petites et moyennes entreprises françaises spécialisées dans la production de sacs plastiques, et leurs sous-traitants.
    Evidemment, cette absence de décision soulève la colère des organisations de protection de l’environnement et de consommateurs. L’annulation des projets de lois nie l’effort réalisé au quotidien par le plus grand nombre.

    Quelques initiatives en France

    Corse

    On ne distribue plus de sacs plastiques dans l’île depuis août 2003. A l’origine de ce changement, une association, Les amis du vent qui lance une campagne d’information "Halte aux sacs plastiques". Ils reçoivent l’adhésion de nombreuses entreprises et associations locales et le soutien du Conseil économique, social et culturel. Quelque temps après, les trois géants de la grande distribution présent sur l’île (Super U, Géant Casino, Carrefour) proposent un référendum aux consommateurs : 61 % des clients optent pour le sac-cabas consigné, loin devant le sac papier jetable (19 %). Désormais, les clients peuvent acheter un sac en "papier jetable" à 0,08 euro, intégralement biodégradable, ou utiliser un grand "cabas réutilisable", consigné 1 euro et échangeable gratuitement.
    Aujourd’hui, l’association n’en est plus à son coup d’essai. Elle a contribué au recyclage des piles et du papier. En 2011, le festival a mis l’accent sur la lutte contre le mégot avec une campagne baptisée "jette pas ton mégot, deviens un héros".

    La Ciotat

    Certaines villes françaises ont également pris des mesures spécifiques. La Ciotat en Provence a été une des pionnières. Elle a instauré des "caisses vertes" permettant à ceux qui ont des sacs réutilisables de passer plus vite.

    Paris

    Campagne de réduction des sacs intitulée " Mon commerçant m’emballe durablement" dans le XIe arrondissement parisien lancé par le CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets). Grâce à des retours d’expériences de commerçants locaux, le CNIID a pu élaborer 12 mesures visant à l’emploi d’emballages réutilisables. Quelques solutions simples sont proposés : ne plus distribuer systématiquement de sacs, ni de couverts et de serviettes dans le cadre d’achat de plats à emporter etc. Au 31 décembre 2011, 46 commerçants étaient engagés dans le projet.

    Comme tous les ans depuis 16 ans, la Surfrider Foundation Europe lance un nouvel épisode des Initiatives Océanes du 24 au 27 mars, en invitant les âmes de bonne volonté à participer au nettoyage des plages du monde. Cette année, la campagne de sensibilisation a pour slogan "le sac plastique n'est pas automatique".
    L’interdiction des sacs plastiques dans le monde
    Peu de pays ont pris des mesures contre les sacs plastiques. On remarque que les pays ayant choisi de les éliminer ont une économie tournée vers le tourisme ou souffrent d’une pollution visuelle considérable due aux sacs. Depuis quelques années, les états africains prennent des mesures draconiennes. Il faut dire que ces pays, peu équipés pour la collecte des déchets, ont subi la déferlante du plastique et les sacs sont omniprésents dans le paysage. Comme au Rwanda, certains pays ont entrepris de ramasser les sacs plastiques. En attendant de savoir quoi en faire, le paysage du Rwanda a retrouvé une certaine propreté et le pays pourrait inspirer d'autres nations disposant de plus de moyens pour mener une lutte similaire.
    Aux Etats-Unis, il n’y a pas de sac de caisse en plastique. Tous les supermarchés et magasins servent leurs clients avec des sacs en papier kraft. Certains pays,  comme le Canada, la Suisse et l'Italie, utilisent les sacs biodégradables.
    Interdiction des sacs plastiques dans le monde (janvier 2012)


    Les différents engagements
    L’engagement de la grande distribution
    Régulièrement, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution entend supprimer la distribution de sacs plastiques jetables dans les trois ans. Mesure maintes fois annoncée, presque jamais réalisée. Heureusement un certain nombre de grandes enseignes françaises ont considérablement réduit leur distribution de sacs.

    Depuis 1996, les centres Leclerc ne distribuent plus de sacs jetables à leurs clients. Ils leur proposent un sac recyclable, pour 15 centimes d’euro, sac qu’ils peuvent changer autant de fois qu’ils le désirent. Malgré cela, dans les zones de forte concurrence, les hypermarchés Leclerc continuent de proposer des sacs à usage unique… Mais on est tout de même passé, chez Leclerc, d’un milliard de sacs distribués à 50 millions. L’enseigne économise 4 000 tonnes de plastique par an. Un score que l’entreprise n’est pas peu fière d’afficher dans ses campagnes publicitaires.

    Monoprix, Auchan et Atac distribuent des sacs certifiés NF Environnement. Casino mise sur la livraison à domicile. Carrefour propose deux modèles de sacs réutilisables et échangeables à vie : un sac souple et un sac pliable qui supporte 30 kg. Champion réalise une action similaire avec des sacs-cabas réutilisables vendus sans aucun profit avec une quote-part reversée au WWF France. Certaines enseignes mettent en place un système de récupération des sacs usagés à l’entrée des magasins.
    Ecolabel
    Pour permettre aux consommateurs de reconnaître les produits présentant les meilleures garanties écologiques, un écolabel officiel a été créé : la marque française NF Environnement.
    NF Environnement certifie un impact minimal sur son environnement pour un sac polyéthylène : absence de colorant, impression minimale, faible épaisseur... Elle ne garantit en aucun cas que le sac soit biodégradable et compostable.

    Le coût des sacs

    Le coût des sacs distribués "gratuitement" est supporté par le consommateur car il est répercuté sur le prix des produits achetés. Le coût financier moyen annuel par personne est de 5,50 € (550 sacs à 1 centime par an et par habitant). En théorie, l’utilisation de sac réutilisable devrait entraîner une baisse des prix de vente en magasin.

    La contribution des consommateurs
    Aujourd’hui, huit personnes sur dix privilégient plutôt un sac réutilisable lorsqu’ils font leurs courses. Ils étaient moins de la moitié en 2005. Les consommateurs seraient aussi plus attentifs à la quantité de déchets engendrés par leurs achats à cause des emballages. (Source CREDOC, Consommation et mode de vie, août 2011).
    Auparavant, la motivation principale poussant les gens à économiser des ressources était financière, alors qu’elle a été devancée aujourd’hui par un souci écologique.

    L’engagement des professionnels
    Les fabricants misent sur l’écoconception de leurs produits. Ils limitent les quantités de matières mises en œuvre et réduisent les teneurs en substances dangereuses. Le cadmium, le plomb et le mercure sont interdits dans les encres. Les pigments blancs ne sont plus utilisés, ce qui explique la transparence. Les producteurs de plastiques proposent de nouveaux de polymères à durée de vie maîtrisée.
    Définition
    Ecoconception : prise en compte de la protection de l’environnement lors de la conception du produit. L’écoconception tient compte de tout le cycle de vie du produit, depuis l’extraction de matières premières jusqu’à son élimination en fin de vie. Elle intègre aussi la consommation de matières et d’énergie, le rejet dans l’eau et dans l’air, la production de déchets, le bruit…
    L’objectif de l’écoconception est d’améliorer globalement la qualité écologique des produits.
    Depuis 2003, la filière plastique s’engage à diminuer le nombre de sacs mis sur le marché, à diminuer encore leur épaisseur, à offrir la possibilité aux enseignes qui le désirent d’assurer le recyclage.  

    Les alternatives au sac plastique jetable
    Les sacs réutilisables
    Le plus commun est le sac en plastique en polyéthylène souple. Vendu aux caisses des supermarchés, il peut être remplacé gratuitement lorsqu’il est hors d’usage. Il en existe un en polypropylène tissé. Il a l’avantage d’être particulièrement solide, et peut servir plusieurs années. D’autres sont en tissu, naturel ou synthétique. On trouve aussi des cabas, cagettes en plastique…
    Les industriels l’ont bien compris. Pour parer à une éventuelle interdiction, ils nous proposent un éventail surprenant de sacs et de cabas. Dernièrement, le filet de nos grands-mères est remis au goût du jour.

    Sacs fragmentables ou biofragmentables ou oxo-dégradables ou sacs plastiques EPI
    Ils sont à proscrire. Ils ne sont pas biodégradables, mais photodégradables. Ils contiennent des adjuvants qui accélèrent le processus de dégradation. Au bout de quelques mois, ils se fragmentent en paillettes sous l’action de la lumière, de la chaleur, ou sous l’effet de contraintes mécaniques. Mais seule la pollution visuelle disparaît. Le plastique reste disséminé dans la nature, sous forme de particules invisibles. A tort, ils sont aussi dits compostables. Alors qu’ils dénaturent le compost au point de le rendre inutilisables. Ils ne présentent donc aucun intérêt écologique.
    Plastiques biodégradables, Fiche technique ADEME, février 2012


    Sacs en plastique végétal ou biodégradable
    Ils sont à base d’amidon de maïs, de pomme de terre, de canne à sucre…. Dernièrement, des chercheurs du Nebraska (USA) ont réussi à obtenir un plastique à base de plumes de poulets.
    Leur dégradation s’effectue en deux étapes : d’abord la désintégration du film plastique avec l’attaque de l’amidon par les micro-organismes, puis la dégradation du polyester par hydrolyse et attaque de micro-organismes. Une fois dégradé, il ne reste que de l’humus, du dioxyde de carbone et de l’eau. La plupart de ses sacs sont à base d’amidon de maïs.
    Ils sont compostables et labellisés OK-compost. Par contre, ils ne sont absolument pas recyclables.
    Ils ont l’avantage d’être produits sur les mêmes machines que celles destinées aux sacs plastiques traditionnels.
    Principal inconvénient, ils sont deux fois plus cher que leurs homologues d’origine pétrolière.
    De plus, ils ne peuvent être réellement pertinents que si la filière du compostage des déchets est développée. Or, actuellement, celle-ci souffre des faveurs accordées à la filière de l’incinération.
    Il existe une confusion entre le sac fragmentable et sac plastique végétal. Très souvent le sac fragmentable est appelé à tord sac biodégradable, écologique… En France, la confusion est d’autant plus forte qu’il n’existe aucune signalétique officielle pour en informer le client.

    La vérité sur les sacs plastiques. (7 :52 – Québec)
    Quel sac utiliser ?
    Le cabas est le sac le plus écologique.
    En 2004, le groupe Carrefour a sollicité le Cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers et l’ADEME pour une évaluer les impacts environnementaux de 4 types de sac de caisse. Un sac en polyéthylène (PE) jetable classique, un sac cabas PE réutilisable, un sac en papier et un sac biodégradable (en amidon de maïs).
    Le bilan a provoqué un tollé. Le sac plastique classique sort en tête. Son alter ego en papier consomme trop d’eau et émet 80 % à 90 % de gaz à effet de serre et de gaz acides supplémentaires. Le sac biodégradable n’est pas mieux. Inférieur en performance pour l’émission de gaz à effet de serre, il produit par contre, 60 % d’acidité en plus et participe 11 fois plus que les autres à l’eutrophisation de l’eau (enrichissement en azote et en phosphates provoquant le développement d’algues).
    Le sac cabas (PE) réutilisable obtient un meilleur bilan environnemental à partir de 4 utilisations, et ceci pour tous les indicateurs étudiés. Ensuite, plus il est réutilisé, plus son bilan est bon.

    Quant au sac en tissus, son écobilan est catastrophique. Il faut utiliser 173 fois un sac en coton pour arriver au bilan énergétique d'un sac en PE (source DEFRA ministère de l'environnement britannique).

    Réduisons notre consommation de sacs
    Dans les années passées, nous avons été sensibilisés au devenir du déchet, et nous avons su modifier nos comportements face aux ordures ménagères, et le tri sélectif est entré dans nos maisons. Aujourd’hui, la sensibilisation porte sur la diminution de la quantité de nos déchets.
    La croissance des ordures ménagères est largement liée à des phénomènes de société (peu de personnes par ménage, nouveaux produits domestiques…) ou à des évolutions de consommation (portions plus petites, voire individuelles, plats préparés, produits jetables…) qui entraînent inéluctablement une augmentation de nos déchets.
    Réduire la consommation de sacs plastiques nécessite alors quelques changements dans notre mode de vie. Demandons-nous ce que deviendra le sac plastique une fois son utilisation terminée, que ce soit dans trois jours ou dans vingt ans. Globalement, nous prenons de plus en plus conscience que nos gestes individuels peuvent avoir de grands effets sur l’environnement.

    Le 17 mai dernier, la Commission européenne ouvrait une consultation sur la meilleure manière de réduire l’utilisation des sacs plastiques. Doit-on envisager une taxe, l’interdiction complète des sacs en plastiques ou le renforcement des exigences en matière de biodégradabilité des emballages. Plus de 15 000 citoyens européens ont répondu et 70 % d’entre eux ont voté en faveur d’une interdiction de la distribution de sacs en plastiques.

    A la caisse, changeons nos habitudes

  • Limitons autant que possible les sacs plastiques jetables. Munissons-nous plutôt de cabas, paniers, filets, caddies et autres sacs à dos pour nos courses, ou des sacs réutilisables proposés par certains magasins.
  • Réutilisons les sacs plastiques comme petits "sacs poubelles" afin de leur donner une deuxième vie.
  • Pour passer le message aux humains, la chaîne américaine "Animal Planet" de Discovery Channel a imaginé cet épisode de la série animée "The Animals Save The Planet".
    Les animaux sauvent la planète : les sacs de supermarché
    Pour aller plus loin

    Exposition

    Légendes du sac plastique

    Vidéos


    Une expérience de recyclage des sacs plastiques et des autres déchets plastiques au Burkina Faso. (10:50)


    Plastic Bag (en Anglais) (18:33)
    Werner Herzog dans la peau...d'un sac recyclable. Le réalisateur a pris le parti de faire parler la matière recyclable pour mettre en avant les enjeux écologiques qui attendent la planète


    Le majestueux sac plastique (en Anglais) (4:00)
    Ce faux documentaire animalier retrace avec humour et cynisme le long et périlleux voyage qui conduit les sacs plastiques depuis leur "lieu de naissance" (grandes surfaces), jusqu'à leur "milieu naturel" (la plaque de déchets du Pacifique nord).