Réduire ses déchets, c'est futé !

Octobre 2006
Papiers dans un centre
de tri sélectif. (Photo : AREHN)
Pour la cinquième année consécutive, la Semaine de la réduction des déchets s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale Réduisons vite nos déchets, ça déborde lancée par le ministère de l’Ecologie et du Développement durable et l’Ademe.
Orchestrée en France par le réseau des Recycleries & Ressourceries, elle a lieu du 9 au 15 octobre 2006. Elle trouve son origine au Canada, où elle est organisée, pour la première fois en octobre 2000, par le Réseau des Ressourceries du Québec. Elle a par la suite été reprise en France puis en Belgique. Elle s’organise autour de trois objectifs : sensibiliser, responsabiliser et faire agir.

Pourquoi plus de déchets ?


La production de déchets croît d’environ 1 à 2 % par an car l’évolution de la démographie et de nos modes de vie modifient notre consommation. L’augmentation de la population (+ 21 % depuis 1975) et celle du nombre de ménages (+ 50 % en 30 ans) génèrent mécaniquement une augmentation de la consommation de produits et d’emballages, donc de déchets. Le doublement du nombre de personnes vivant seules depuis ces 30 dernières années (12,6 % de la population à l’heure actuelle), la diminution de la taille des ménages (3,1 personnes par foyer en 1970 contre 2,3 en 2005), ainsi que l’individualisation de la consommation par rapport à la consommation familiale, conduisent à l’accroissement du nombre de portions individuelles.
La réduction du temps consacré à la préparation des repas (actuellement 50 % des femmes exercent une activité professionnelle) entraîne une augmentation de la consommation de produits "tout prêts", préemballés et achetés en libre-service.
Ces évolutions ont conduit à la mise sur le marché de nouveaux produits de consommation courante emballés de plus en plus souvent en portions individuelles.

Le réseau Recycleries & Ressourceries
Association loi 1901, créée le 26 septembre 2000, elle découle de la volonté commune de plusieurs structures localisées dans les régions Nord-Pas de Calais et Picardie (associations, régies, etc.), spécialisée dans le domaine du réemploi, de concevoir un groupement professionnel et organisé.
Le concept est établi au cœur de la problématique du développement durable et de l’économie solidaire. Les activités principales sont la collecte des déchets "encombrants ménagers" ou des "déchets industriels banals" mais aussi le tri, la revente et l’éducation à l’environnement.

Pourquoi réduire nos déchets ?


L’inversion de cette tendance est une priorité nationale car tous les modes de traitement des déchets, quels qu’ils soient, consomment des ressources naturelles de plus en plus rares. Pour parvenir à limiter la croissance des déchets, l’investissement de tous les acteurs concernés est réclamé : Etat, collectivités locales, producteurs, distributeurs et, bien sûr, consommateurs. Les déchets constituent le principal sujet de vie quotidienne à travers lequel les Français estiment pouvoir agir individuellement pour protéger leur environnement. Aujourd’hui, le tri est largement entré dans les mœurs. Malgré tout, le flot des déchets est loin d’être endigué.
 Selon l'Ifen, en 2003, les acteurs économiques français ont dépensé plus de 10 milliards d'euros pour la gestion des déchets. En dépit des progrès réalisés dans les traitements, ceux-ci ont un impact financier très lourd.
D’après l’Ademe, le coût de la collecte et du traitement des déchets a doublé en 10 ans, passant de 75 à 150 euros la tonne. C’est pourquoi l’implantation de nouveaux centres reste une nécessité, ce qui n’est pas toujours bien accepté localement.
Le consommateur joue un rôle déterminant dans la gestion des déchets d’emballages ménagers. La réussite de la politique définie par l’Etat, et mise en œuvre par les collectivités locales, repose largement sur l’adhésion et la participation active des consommateurs, qui sont aussi habitants et citoyens.
Pour obtenir cette indispensable adhésion de la population, chacun doit être informé et comprendre qu’il est directement concerné.
En plus d’être acheteur de produits emballés et producteur de déchets, le consommateur contribue financièrement à leur élimination via la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui a pratiquement doublé depuis 1992.
 

Pourquoi cette taxe augmente-t-elle régulièrement ?


D’une part, la quantité de déchets ménagers produite par habitant est, nous l’avons vu, en augmentation constante. Elle est passée de 217 kg/habitant/an en 1975 à 360 kg/habitant/an en 2005 soit près d’un kilo par jour et par habitant. D’autre part, les déchets, qui étaient autrefois mis en décharge pour un coût modique, ne peuvent plus l’être et doivent maintenant être traités pour diminuer leur impact sur l’environnement, sur la santé des populations et sur la qualité de vie des habitants. Le montant des investissements nécessaires pour la collecte, la valorisation, l’élimination des déchets et les coûts de fonctionnement de ces opérations ont fortement augmenté au cours des dernières années. Ces augmentations sont en partie dues aux exigences environnementales, de plus en plus strictes, imposées aux modes de gestion des déchets (décharges contrôlées, mise aux normes des incinérateurs et installations classées). D’environ 50 € la tonne en 1970, le coût de gestion des ordures ménagères avoisine aujourd’hui les 250 € la tonne.
C’est donc nous les consommateurs qui pouvons contribuer à la stabilisation de ces coûts, en limitant de façon générale les quantités de déchets produites et en les triant (en particulier les emballages et les déchets "verts"). Chaque habitant peut se renseigner sur les actions engagées par sa commune, sur les coûts de la gestion des déchets et leur évolution en consultant le rapport annuel du Maire.

Exemples d'augmentations sur la période 2005-2006 dans l'agglomération
rouennaise. (Illustration : Arehn)
Dans l’agglomération de Rouen
L’opération pilote "Réduire c’est agir" est un projet européen mené grâce à une coopération franco-anglaise. Ses les objectifs sont de cesser de consommer sans réfléchir et de jeter à n'en plus en finir.
L’action est lancée le 2 mai 2006 par le Smedar dans les communes de Bihorel, Bois-Guillaume, Isneauville et Quincampoix et sera bientôt élargie à toute l’agglomération. Une soixantaine de familles se sont portées volontaires pour participer à cette opération pilote et passer de consommateur à "consom’acteur".
Pendant huit semaines, les participants ont été invités à limiter leur production de déchets, à en assurer une valorisation maximale (recyclage, compostage, etc.) et à tenter de réduire leur consommation d’eau et d’énergie en adoptant durablement des éco-gestes.
Tout au long de ces deux mois, les volontaires ont bénéficié des conseils de techniciens du Smedar et d’un classeur, composé de petits conseils correspondant à des situations du quotidien. Les "consom’acteurs" ont été invités à expérimenter de nouveaux gestes et à remplir une fiche bilan. Ils ont pesé leurs déchets chaque semaine. Une balance et un sac de pré-collecte ont été remis à chaque famille pour effectuer ses pesées. Ils ont été invités à échanger leurs "tuyaux" lors de rencontres organisées tout au long de l’opération. Le site Internet du Smedar a consacré un espace à l’opération. Chaque "consom’acteur" a reçu un code d’accès qui lui a permis de remplir, en ligne, sa fiche bilan hebdomadaire et de participer au forum pour partager ses réactions, ou tout simplement pour échanger des éco-gestes.

Que pouvons-nous faire ?



Les courses


Tous les produits que nous achetons ont un impact sur l’environnement car ils nécessitent, pour leur production, leur emballage et leur livraison, des matières premières et de l'énergie. Mais certains produits sont plus respectueux de l’environnement que d’autres.
Quelques gestes malins qui peuvent nous aider à diminuer notre production de déchets :
- buvons de l'eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille. L’eau courante en France est, sauf exception, d’excellente qualité. Boire l'eau du robinet permet d'épargner à notre environnement les bouteilles en plastique. Si nous achetons de l'eau, achetons les plus grandes (comme celles de 2 ou 5 litres) et réutilisons les bouteilles ;
- évitons les produits à usage unique (lingettes, "monodoses ", etc.). Nous économiserons de l'argent tout en diminuant nos déchets ;
- préférons les produits au détail ou en vrac ; certains fruits et légumes n’ont pas besoin d’emballage (concombre, ananas, etc.) ;
- préférons les écorecharges ou les produits concentrés (pour les lessives et assouplissants) ;
- préférons les sacs réutilisables ou le panier à provisions aux sacs plastiques distribués en caisse.

Le Caddie averti
Dans le cadre d’un programme sur la réduction des déchets, la communauté urbaine de Lille a démontré qu’il était possible de limiter ses déchets en faisant des courses dans un hypermarché. Deux caddies ont été remplis, l’un de produits choisis sans souci écologique, l’autre avec l’équivalent, c’est-à-dire à qualité égale au sein d’une même marque, mais avec le souci de réduire les emballages. Et le résultat est là : le Caddie ordinaire générait 3,49 kg de déchets et coûtait 87,80 €. Quand au Caddie malin, il faisait 1,68 kg de déchets pour un prix de 54,72 €. La différence s’explique par le vrac, les grands conditionnements, les écorecharges, le rayon "à la coupe", l’oubli du jetable et le rejet des suremballages.

Au jardin, le compostage individuel


Composteurs individuels.
Il peut être réalisé soit en tas, soit dans des bacs spécifiques appelés composteurs. On y met tout ce qui est d’origine naturelle, végétale le plus souvent, animale parfois. La fermentation spontanée et naturelle (on n’ajoute rien !) provoque un dégagement de chaleur avec une montée de la température d’au moins 60 °C qui détruit les germes pathogènes. Les vers apparaissent dans le compost. Ils digèrent la matière organique, qu’ils rejettent en fines boulettes inodores. Les déchets mettent de six mois à un an, selon les matériaux et les conditions atmosphériques, à se transformer en humus. On peut accélérer le compostage en s’équipant d’un broyeur (1 700 watts minimum), qui découpera les branches ou autres en petits morceaux. L’idéal est d’avoir deux composteurs en fonctionnement : l’un se remplit pendant que l’autre "travaille".
A retenir : 100 kg de déchets verts donnent environ 35 kilos de compost.
> Je peux ajouter à mon tas de compost : aiguilles de conifères, algues marines, bouchons en liège, brindilles issues de la taille des haies, calcaire broyé, carton ondulé, cendres de bois, cheveux, crins, poils, coquilles d’œuf, coton (chiffons, ouate), denrées périmées ou abîmées (farine, confiture fermentée, fruits pourris, etc.), eau de cuisson des aliments, engrais naturels, épluchures de fruits et de légumes, feuilles mortes, fientes de volailles, fleurs fanées, fumier, huile de friture, laine naturelle, litière du chat, du lapin ou du cochon d’Inde, marc de café, mauvaises herbes (de préférence non grainées), orties, paille, foin, papier (sachets fruits et légumes, mouchoirs essuie-tout, filtres à café, journaux quotidien, etc.), plumes, restes d’aliments, sciure de bois (non traité), suie de bois, terre, tontes de gazon, tourbe.
> En quantités limitées : os, coquilles de coquillages.
> Je ne dois pas ajouter à mon tas de compost : verre, métaux, plastique, morceaux de bois et grosses branches, produits chimiques, médicaments, cailloux, poussières du ménage, sacs d’aspirateur, papiers et cartons colorés.

En vacances


Je pars en pique-nique avec de la vaisselle réutilisable et non des assiettes en carton, des gobelets en plastique, des couverts à usage unique, et surtout je récupère mes déchets.

Au travail ou à la maison


J’économise le papier en l’utilisant recto verso.

Dans ma boîte aux lettres



Je refuse les prospectus qui sont distribués et j’appose un autocollant "Stop pub" qui permet de les éviter. Chaque année, 40 kg de prospectus publicitaires non demandés atterrissent, en moyenne, dans chaque boîte aux lettres.

Les matériels en fin de vie


A partir du 15 novembre 2006, les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) devront être pris en charge et recyclés par leurs fabricants. Cette décision fait suite à une directive européenne rendant obligatoires la collecte et le recyclage de ces déchets. Selon la Commission européenne, chaque Européen produit en moyenne chaque année entre 17 et 20 kg de déchets électriques et électroniques, un volume en augmentation de 3 à 5 % par an. Les producteurs paieront une taxe à des organismes agréés par l’Etat. Ces éco-organismes (Ecologic, Eco-Système, European Recycling Platform…) se chargent ensuite d’aller chercher les déchets en déchèterie et de les traiter dans des conditions respectueuses de l’environnement. Cette taxe payée, par le fabricant, apparaîtra sur l’étiquette du produit mais ne sera pas forcément répercutée au client. Ce système permettra aux consommateurs de rapporter leurs vieux appareils lorsqu’ils en achèteront de nouveaux.
Produits concernés par la taxe :
- Electroménager : réfrigérateur, climatiseur (13 €) ; cuisinière, four, lave-linge, lave-vaisselle (6 €) ; aspirateur (1 €) ; réveil, chronomètre (0,10 €) ; hotte, plaque électrique, micro-ondes (2 €) ; chauffe-eau (4 €).
- Télévision et autre matériel électrique : télévision (1 à 8 €) ; magnétoscope, lecteur de DVD (0,30 €) ; caméscope, MP3 (0,10 €).
- Informatique : écran d’ordinateur (1 à 8 €) ; ordinateur portable (0,30 €) ; imprimante, photocopieur, fax (0,50 €) ; clavier, souris, appareil photo, modem, téléphone, GPS (0,10 €).
- Bricolage, jardinage : nettoyeur haute pression, tondeuse (1,50 €) ; perceuse, ponceuse, taille-haie, tronçonneuse (0,20 €).
Sport, jouets : équipement de plus de 10 kg (1,50 €) ; de plus de 500 g (0,20 €) ; de moins de 500 g (0,05 €).

Envie récupère les épaves
Envie (Entreprise nouvelle vers l’insertion économique) récupère les épaves d’électroménagers auprès des distributeurs, collectivités et particuliers. Les appareils sont alors remis en état ou démantelés pour valoriser les métaux et autres résidus. Les composants les plus polluants, comme les gaz CFC (chlorofluorocarbures), sont extraits. Disposant de nombreux ateliers et points de vente en France, Envie permet de valoriser des appareils promis à l’élimination, et aux familles modestes de s’équiper en appareils ménagers d’occasion.

Que font les autres ?



L’Etat


La loi du 15 juillet 1975 confiait aux communes et aux groupements de communes la charge de l’élimination des déchets ménagers.
La loi du 13 juillet 1992 définit une nouvelle gestion des déchets ménagers et comporte des dispositions qui visent à renforcer celles de la loi de 1975 et à en actualiser les objectifs.
Outre l'objectif de réduction des déchets à la source, on peut en retenir trois grands principes :
- L'obligation de valorisation et de recyclage des déchets : ceux-ci représentent désormais un gisement d'énergie et de matières premières que l'on n'a plus le droit de gaspiller, ni de détruire. Les communes doivent donc mettre en place les moyens et équipements nécessaires au développement du recyclage et de la valorisation.
- La mise en place de Plans départementaux qui définissent les grandes orientations de la gestion des déchets ménagers à l'échelle du département, dans un souci de rationalisation et de cohérence des moyens de collecte et de traitement à l'échelle d'un territoire administratif. Les communes sont toujours responsables des déchets ménagers, mais doivent suivre les prescriptions du Plan départemental.
Exemple : une commune ou un groupement de communes ne peut pas créer de nouvelle décharge ou de nouvel incinérateur si le plan départemental ne l'a pas prévu.
- La mise en décharge réservée aux seuls déchets ultimes : les anciennes décharges où étaient enfouis tous nos déchets ménagers doivent être fermées. Seuls les déchets qui ne pourront être valorisés ou recyclés à un coût acceptable pourront toujours être enfouis. D'ailleurs, on ne parle plus de décharge, mais de centre de stockage des déchets ultimes.
Le plan national de prévention des déchets a été présenté le 11 février 2004. Il s’oriente autour de deux grandes actions : l’autocollant Stop Pub et la réduction de la quantité de sacs plastiques distribués par les grandes surfaces. En 2005, le ministère de l’Ecologie et du Développement durable et l’Ademe ont lancé une campagne de sensibilisation "Réduisons vite nos déchets, ça déborde" destinée à alerter les Français sur l’urgence de la situation.
 

Les communes


Chaque département doit être doté d’un plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés. On entend par déchets ménagers et assimilés, les ordures ménagères, les encombrants, les déchets verts… Ces déchets sont, de par la loi, de la responsabilité des communes. Cette politique de gestion des déchets a engendré le développement de l’intercommunalité avec la création de nouvelle structures comme les groupements de communes, les syndicats intercommunaux, les syndicats d’agglomération, etc.

La commune de Grand-Couronne
En 1997, la commune de Grand-Couronne a entrepris une démarche collective d’incitation au compostage individuel des déchets de jardin et de cuisine. Depuis, les habitants peuvent bénéficier de l’achat groupé de composteurs individuels et en acquérir un pour un prix modique (15,24 €). Le but de cette opération est de diminuer le tonnage des déchets organiques collectés afin d’alléger les tournées de collecte et de limiter les pollutions liées aux transports de ces déchets. De plus les habitent adoptent un geste concret, citoyen et écologique.
Chiffres-clés :
En moyenne, un foyer pratiquant le compostage détourne du circuit des ordures ménagères 197,7 kg de biodéchets par an (85,7 kg de déchets de cuisine et 112 kg de déchets de jardin selon l’Ademe).
Le budget 2001 pour 100 composteurs (7 658 €) se décompose comme suit :
- Subvention de l’ADEME : 30 %, soit 1 921 €
- Subvention du Conseil général de la Seine-Maritime : 30 %, soit 1 921 €
- Participation des habitants : 1 524 €
- Participation de la Ville de Grand-Couronne : 2 292 €

Ailleurs en France
C’est en septembre 2005, dans les Landes, que le premier plan départemental de prévention des déchets a vu le jour. Depuis, la persévérance a payé :
- augmentation du compostage, avec un objectif de 50 % de foyers équipés en habitat individuel ;
- mise à disposition d’un autocollant "Non à la pub" pour les boîtes aux lettres ;
- suppression des sacs de caisse en plastique ;
- incitation des entreprises à l’écoconception ;
- incitation à la réparation et à la réutilisation des appareils avec un guide des bonnes adresses ;
- récupération des déchets toxiques ou dangereux ;
- édition d’un guide de la consommation responsable avec 10 gestes à la portée de tous ;
- actions d’éducation à l’environnement à l’intention des scolaires.
Les 28 et 29 septembre 2006 a eu lieu le 1er forum de la prévention des déchets des Landes, à Moliets-et-Maâ.

Les industries


Les industriels font de plus en plus d’efforts pour prendre en compte les données environnementales au moment de l’invention et de la fabrication des produits. Ils essaient, par exemple, de réduire de poids des emballages grâce à de nouveaux matériaux. Dernière innovation majeure : le plastique PET a remplacé le PVC dans les bouteilles d’eau. Il se recycle, notamment dans le textile. Les emballages plus légers, parfois mous, permettent d’économiser de la matière première et des coûts de transport. Entre 1994 et 2003, le poids moyen d’une boîte de conserve a diminué de 4,7 g (- 9 %), celui de la bouteille d’eau de 10 g (-22 %) et celui d’un pot de yaourt en plastique de plus d’un gramme (-19 %).

Exemple

L’entreprise Danone a planifié une baisse de 10 % du poids de ses emballages entre 2000 et 2010. "La mise au point d’un emballage respectueux de l’environnement répond à une demande extrêmement complexe qui intègre des exigences techniques et des critères industriels mais ne doit pas perturber le consommateur", note le directeur du groupe.
Le nouveau conditionnement écoconçu de sa "Crème de yaourt" (photo ci-contre) permet d’économiser 200 tonnes de carton par an et a réduit le poids du pot de 9 à 6 grammes.

Le Plan national de prévention comporte différents appels à projets orchestrés par l’Ademe à destination des entreprises.
A la suite de l’appel à projets sur l’écoconception lancé en février 2004, 16 projets à caractère technologique ou méthodologique ont été distingués. L’écoconception, qui permet de réduire les impacts négatifs des produits au cours de leur cycle de vie, contribue notamment à la prévention de la production de déchets associée à ces produits. Des écolabels sur 35 familles de produits sont disponibles.
L’opération "Déchets -10 %", lancée également en 2004, avait pour but de promouvoir la prévention et la bonne gestion des déchets dans les entreprises. Une centaine d’entreprises pilotes ont été sélectionnées. Elles bénéficient gratuitement d’une prestation de conseil pour la réalisation d’un diagnostic et la mise en œuvre d’un plan d’action sur 2 ans permettant de réduire leur quantité de déchets produits ou non valorisés d’au moins 10 %.
Un appel à projets lancé en janvier 2005 porte sur des technologies moins productrices de déchets, en quantité et nocivité, et complète ainsi l’appel à projets sur l’écoconception concernant les produits proprement dits. 44 projets ont été proposés, dans les secteurs de la métallurgie, du traitement de surface, des plastiques et caoutchoucs, de la papeterie, etc.

La grande distribution


Les sacs de caisse remis au consommateur pour empaqueter ses achats avant de quitter le magasin ont, eux aussi, une image assez négative en termes de gaspillage, tout en étant volontiers utilisés par les gens. Leur nombre très important et leur caractère éphémère y est pour beaucoup. Comble du suremballage transitoire, ils ne semblent servir que depuis le magasin jusqu’au domicile soit 20 minutes environ. Le fait qu’on a pu les retrouver s’envolant ici ou là et salissant notre environnement n’est pas pour redorer leur blason.
La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution a annoncé, le 13 novembre 2003, l’engagement d’un certain nombre d’enseignes françaises à réduire leur distribution de sacs à usage unique de 15 à 25 % sur 3 ans. Celles-ci ce sont engagées à sensibiliser systématiquement les consommateurs aux caisses, à renforcer et mettre en évidence en magasin des offres alternatives et à développer des solutions technologiques nouvelles sans pour autant braquer le consommateur.
Un an après, la Fédération indiquait que 15% en moins de sacs avaient été distribué par leurs enseignes, avec des variations d'une enseigne à l'autre.
Fin 2005, Auchan estimait être passé de 1,315 milliard de sacs en 2003 à 623 millions en 2005 ; Carrefour -34 % et Champion -43 % de sacs de caisse gratuits distribués sur la même période.

Les normes
NF environnement : c’est une marque française correspondant à des normes précises et qui a pour objectif de guider le choix des consommateurs et d’encourager les industriels à améliorer la qualité écologique de leurs produits.
Ecolabel européen : c’est une marque du même type, mais européenne, correspondant à des normes précises qui a pour objectif de promouvoir la conception, la production et la commercialisation de produits ayant une incidence moindre sur l'environnement pendant tout leur cycle de vie.

Adresses utiles



AGENCE DE LA MAITRISE DE L’ENERGIE ET DE L’ENVIRONNEMENT


Délégation régionale de Haute-Normandie
Les Galées du Roi
30, rue Gadeau de Kerville
76100 ROUEN
Tél. : 02 35 62 24 42 / Fax : 02 32 81 93 13
E-mail : ademe.haute-normandie@ademe.fr
Site : http://www.ademe.fr

AGGLO DE ROUEN 
14 bis, avenue Pasteur - BP 589
76006 ROUEN CEDEX 01
Tél. : 02 35 52 68 10 / Fax : 02 35 52 68 59
Site : http://www.agglo-de-Rouen.fr

ENVIE LADAPT HAUTE-NORMANDIE
12, rue Camille-Randoing
76500 ELBEUF
Tél. : 02 35 81 61 36

ENVIE ROUEN
22, rue d’Elbeuf
76100 ROUEN
Tél. : 02 35 72 84 44

ENVIE LE HAVRE
44, rue des Briquetiers
76600 LE HAVRE
Tél. : 02 35 25 29 00

ENVIE EVREUX
13, rue Passot
27000 EVREUX
Tél. : 02 32 38 58 33

GARDIGAME (fabrication de composteurs)
Fabrique des Gavottes
3395, rue de Franche-Comté
BP 17
39220 BOIS D’AMONT
Tél. : 03 84 60 90 01 / Fax : 03 84 60 95 93
E-mail : info@gardigame.com

MINISTERE DE L’ECOLOGIE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE
20, avenue de Ségur
75302 PARIS 07 SP
Tél. : 01 42 19 20 21
E-mail : ministere@ecologie.gouv.fr
Site : http://www.ecologie.gouv.fr

RESEAU RECYCLERIES & RESSOURCERIES
3, rue du Coron des Dix
Z. A. Bleuse Borne
59410 ANZIN
Tél. : 03 27 42 21 24 / Fax : 03 27 45 89 44
E-mail : contact@recycleries-ressourceries.org
Site : http://www.recycleries-ressourceries.org

SYNDICAT MIXTE D’ELIMINATION DES DECHETS DE L’ARRONDISSEMENT DE ROUEN
32, rue de l’Avalasse
76000 ROUEN
Tél. : 02 32 10 26 80 / Fax : 02 32 10 26 81
E-mail : contact@smedar.fr
Site : http://www.semdar.fr

Liens



Réduisons vite nos déchets, çà déborde – page consultée le 27 septembre 2006

Semaine de la réduction des déchets : recyclerie, ressourcerie, réemploipage consultée le 26 septembre 2006

Ecolabel européenpage consultée le 26 septembre 2006

Les emballagespage consultée le 6 septembre 2006

360 kg par an et par habitant : çà déborde !page consultée le 6 septembre 2006

Réduisons nos déchets !page consultée le 7 septembre 2006

Bibliographie



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