La qualité de l'air en Haute-Normandie, hier et aujourd'hui
Novembre 2006
Le 30 décembre 2006, nous fêterons le dixième anniversaire de la Loi sur l’air. La qualité de l’air est un enjeu important aux yeux de tous et elle a évolué de manière très nette depuis le début du XX
e siècle. Certains polluants fortement présents il y a 30 ans, tels que le dioxyde de soufre (industries et moteurs diesels) sont aujourd’hui en baisse constante en raison des efforts apportés par les industriels et les constructeurs d’automobiles. A contrario, d’autres polluants se sont développés de façon très inquiétante, notamment les polluants photochimiques. Parmi eux, l’ozone, dont les pics sont souvent associés à des épisodes de chaleur.
Depuis longtemps, la qualité de l’air fait partie des préoccupations majeures des Français et des politiques gouvernementales. L’une des plus anciennes lois, datant du 15 octobre 1810, sur les installations classées le confirme : "
Le gouvernement ne peut tolérer que pour l’avantage d’un individu, tout un quartier respire un air infect ou qu’un particulier éprouve des dommages dans sa propriété".
L’air, qu’est-ce que c’est ?
L’air, c’est la vie ! Parmi tous les éléments que la Nature nous offre pour vivre, c'est le seul que nous utilisions sans réfléchir.
On pense à boire, à manger, mais jamais à respirer. L'air n'est ni palpable, ni visible, on en oublie son existence.
Indispensable à la vie sur terre, il fut considéré par les grands philosophes de la Grèce antique, comme l’un des quatre éléments majeurs qui composent la matière : l’eau, l’air, la terre et le feu. Chaque jour, 14 kg d’air transitent par les voies respiratoires dans l’être humain (1 litre d’air pèse 1 gramme).
Composition chimique de l’air que nous respirons
78 % d’azote
21 % d’oxygène
1 % d’autres gaz
Que penser de l’air que nous respirons ?
Rouen, ville polluée ?
Selon plusieurs enquêtes, les citoyens sont de plus en plus sensibles aux problèmes liés à la pollution et l’environnement.
En 1991, une enquête menée par Air normand montre que pour 97 % des Haut-Normands la pollution est un problème important, et que 40 % d’entre eux sont gênés par les odeurs nauséabondes véhiculées par l’air.
En 1997, une nouvelle enquête d’Air Normand démontre que 9 Haut-Normands sur 10 sont gênés par les odeurs et 3 sur 4 assimilent les odeurs à la pollution de l’air. Encore aujourd’hui, les habitants de la région ne cessent de se plaindre de la pollution de l’air, à en croire du nombre croissant des appels téléphoniques reçus par Air Normand. Ce panel de la population juge que les industries sont la première cause de pollution atmosphérique et, loin derrière, les émissions émanant des automobiles. Un autre point souligné par la population est le manque d’informations sur le sujet.
Pourquoi l’air est-il pollué ?
La Seine, les industries, la ville...
La révolution industrielle et les évolutions du XX
e siècle ont engendré une pollution de l’air de plus en plus perceptible au cours des dernières décennies. La Haute-Normandie est particulièrement touchée par ce phénomène du fait de son développement.
- 80 % de la population réside dans les zones urbaines, dont 40 % dans les agglomérations de Rouen, du Havre et d’Evreux
- développement de l’industrie, notamment dans les secteurs pétrolier et chimique
- pratique d’une agriculture intensive
Cette urbanisation et cette industrialisation ont été accompagnées par une augmentation du trafic automobile et de la production d’énergie thermique (chauffage des logements et centrales thermiques). Autant dire que la quasi-totalité des activités humaines sont sources d’émissions polluantes.
Les conditions météorologiques
La vitesse et la direction du vent, l’évolution des températures avec l’altitude, l’ensoleillement, les précipitations ainsi que les reliefs jouent également un rôle important dans la dispersion et l’évolution des polluants.
La Haute-Normandie appartient à un climat océanique avec de forts vents dominants d’ouest ou sud-ouest et un relief découpé par des vallées. Mais la forte densité industrielle et urbaine de la Basse-Seine (Le Havre, Lillebonne-Gravenchon et agglomération de Rouen) pénalise la qualité de l’air de la région.
- le relief de Rouen, en forme de cuvette, a tendance à emprisonner les polluants, d’où la réputation de "ville la plus polluée de France". Mais, que les Rouennais se rassurent, ce n’est plus vrai aujourd’hui !
- les zones très urbanisées se retrouvent fréquemment sous le panache des fumées et des odeurs industrielles de la vallée à cause des vents.
- le phénomène d’inversion thermique (air froid emprisonné sous l’air chaud d’altitude en absence de vent) favorise la formation de pics de pollution : c’est l’effet de couvercle thermique.
L’ozone (O3) et le vent :
L’ozone évolue au gré des vents et peut donc nuire sur une grande étendue géographique. Par exemple, la pollution par l’ozone est particulièrement importante dans les zones rurales et sur le littoral (Le Tréport, Saint-Valery-en-Caux) en raison des brises de mer et brises de terre.
Les brises
Pendant la journée, la terre se réchauffe plus vite que la mer. Au-dessus des terres, la chaleur donne naissance à des courants ascendants. Cet air chaud qui s‘élève est remplacé par l’air plus froid qui vient de la mer : c’est la brise de mer. Au cours de la nuit, le phénomène s’inverse, car la terre se refroidit plus que la mer, et prend le nom de brise de terre.
Qui est responsable de la pollution de l’air ?
La pollution de l’air se définit par l’impureté de l’air et le dysfonctionnement de l’atmosphère, principal agent du climat. L’air impur correspond à la présence d’une ou plusieurs substances introduites par l’homme, à concentration et à une durée suffisamment importante. Cette pollution peut être locale ou globale, ponctuelle ou chronique.
Les polluants sont émis de deux manières :
-
activités humaines : industries, agriculture, production d’énergie, transport de personnes ou de marchandises
- naturelles : volcanisme, émissions naturelles de méthane ou d‘ozone
Les agents polluants, leurs origines, leurs impacts
Centrale thermique : le plus grand producteur de SO2 en France
La pollution atmosphérique est donc un ensemble de gaz polluants et de particules en suspension essentiellement émis par les industries, les automobiles et les installations de chauffage.
Pour suivre la qualité de l’air on s’intéresse à quelques polluants "indicateurs" : le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, l’ozone et les particules en suspension.
Mais les normes, la recherche, l’évolution des techniques et l’expérience ont allongé la liste des polluants à prendre en compte : benzène, hydrocarbures, arsenic, plomb...
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Polluants
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Emetteurs
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Effets
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Dioxyde de soufre (SO2)
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Combustion du fuel et du charbon : industrie, chauffage, moteurs diesel.
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- irritation, toux, gênes respiratoires
- pluies acides (humidité + SO2 = acide sulfurique)
qui dégradent les forêts et corrodent bâtiment les monuments
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Monoxyde de carbone (CO)
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Combustion incomplète du gaz, des carburants, du bois : transport, chauffage résidentiel et tertiaire.
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- manque d’oxygénation
- gaz à effet de serre
- formation d’ozone
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Oxydes d’azote (NOx) : monoxyde d’azote (NO) et dioxyde d’azote (NO2)
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Combustion à haute température : véhicules (environ 70 % du total) , centrales thermiques, raffineries, usines de combustion.
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- gênes, lésions et maladies respiratoires
- pluies acides
- gaz à effet de serre
- formation de l’ozone
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Ozone (O3)*
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Polluant secondaire : transformation des NOx sous l’effet du rayonnement solaire.
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- irritations des membranes et des muqueuses
- insuffisances respiratoires
- toux, crises d’asthme
- pluies acides
- corrosion des matériaux, des bâtiments
- impact sur la croissance des végétaux
- effet de serre
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Hydrocarbures (HC) ou composés organiques volatils (COV)
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Combustion incomplète des carburants, de l’industrie pétrolière et utilisation des solvants (imprimerie, peinture).
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- irritations, pathologies respiratoires
- cancer
- gaz à effet de serre
- formation d’ozone
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Poussières ou particules en suspension (PM10)
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Combustion des combustibles fossiles et du bois : transport automobile et industrie (sidérurgie, incinération…).
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- asthme, pathologies respiratoires
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* L’ozone (O3)
L’ozone troposphérique (de la basse atmosphère) est un polluant "secondaire" résultant de réactions chimiques complexes dans l’atmosphère entre des polluants "primaires", les oxydes d’azote (NO
x) et les hydrocarbures, appelés composés organiques volatils (COV), en présence de rayonnement solaire
Voir le dossier actualité AREHN "L’ozone" :
http://www.arehn.asso.fr/dossiers/ozone/troposph.php.
Les effets sur la santé
Différentes études épidémiologiques (voir encadré ci-dessous) démontrent que la pollution atmosphérique, même à faible niveau, a des répercussions néfastes sur l’environnement et sur la santé humaine. Mais l’évaluation des impacts sur la santé humaine n’est pas toujours simple à étudier parce qu’ils dépendent de plusieurs facteurs :
- certaines personnes sont plus sensibles aux pollutions atmosphériques :
- les personnes dont le système respiratoire est déjà affecté par une maladie chronique ou ponctuelle (asthme, allergies…) ou accidentelle comme les brûlures pulmonaires.
- les personnes âgées, dont les capacités respiratoires sont affaiblies
- les enfants, en raison du développement de leur système respiratoire
- les personnes exposées, à des fins professionnelles, aux produits nocifs ou travaillant en atmosphère polluée
- les fumeurs, dont les mécanismes de défense pulmonaire sont amoindris (cumul de la pollution de l’air et de la pollution domestique)
- la pollution atmosphérique n’agit pas de manière homogène sur l’homme. Ses effets dépendent :
- de la durée d’exposition : à court terme (de quelques heures à quelques jours) ou à long terme (sur 10-20 ans)
- des polluants : certains gaz ou particules pénètrent plus ou moins loin dans l’appareil respiratoire
- les effets des polluants des transports automobiles peuvent avoir des conséquences variables selon l’exposition de l’individu. Chacun sera donc exposé différemment en fonction des micro-environnements qu’il fréquente. Les parkings souterrains, boulevards, rues encaissées, pistes cyclables… sont beaucoup plus pollués que, par exemple, un square ou un parc.
L’automobiliste est le plus exposé aux polluants, suivi par le cycliste, puis le piéton, et enfin l’usager du bus ou du métro. A noter également qu’un enfant sur un trottoir reçoit 30 % de pollution en plus qu’un adulte.
Etudes épidémiologiques
Les études pour les effets à court terme :
PSAS-9 (Programme de surveillance Air-Santé) est implanté depuis 1997 dans 9 villes françaises : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Strasbourg, Toulouse, Rouen et Le Havre. C’est un programme coordonné par l’Institut de veille sanitaire qui a pour objectif de :
- quantifier les risques sur la santé de l’exposition à la pollution atmosphérique urbaine
- surveiller l’évolution de ces risques dans le temps
- fournir les outils nécessaires pour l’évaluation de l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants.
Ce programme est un véritable outil pour les décideurs afin qu’ils orientent mieux leurs priorités en matière de santé publique et qu’ils apportent les informations aux citoyens.
Les études pour les effets à long terme sont encore assez récentes (années 90) et les connaissances en la matière sont donc, pour l’instant, relativement limitées.
Les affections causées ou aggravées sont :
- lésions respiratoires
- anomalies respiratoires issues des concentrations d’ozone ou de dioxyde de soufre : irritations nasales ou de la gorge, gênes, trachéites, bronchites, asthme
- irritations oculaires, malaises ou migraines dus à la présence d’ozone ou de polluants photochimiques
- fibroses qui se manifeste lors d’inhalation importante (forte concentration) de poussières et de particules
- dégradation des défenses immunitaires de l’organisme face aux infections microbiennes
- augmentation de morbidité cardio-vasculaire
- mortalité à court terme pour affections respiratoires ou cardio-respiratoires
- mortalité à long terme par effets mutagènes ou cancérigènes
Certains cancers, et plus précisément les cancers pulmonaires, sont provoqués par la pollution atmosphérique, notamment à la suite d’inhalation prolongée et à hautes doses de particules, de métaux lourds et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP issus de combustions). Ces polluants présentent les risques les plus élevés pour la santé humaine ou animale.
Autres impacts
La pollution atmosphérique a également des impacts sur l’environnement :
- sur la végétation : à très fortes concentrations, les polluants provoquent des nécroses visibles sur certains végétaux et peuvent retarder la croissance d’autres plantes sans dommages visibles (ex : les lichens). En fait, les effets sont variables d’une espèce à l’autre : le blé et le tabac sont très sensibles à l’ozone, par exemple.
- dégradation des monuments : la pollution de l’air a des effets directs et très visibles sur les matériaux et les bâtiments : formation de croûtes noires, pierres érodées.
- acidification des pluies, changement climatique…
Surveillance de la qualité de l’air en Haute-Normandie
Qui surveille la qualité de l’air ?
Depuis les années 1970, la qualité de l’air préoccupe les politiques, qui mettent en place, en 1973 et 1974, des réseaux de mesures de la pollution atmosphérique.
En Haute-Normandie, deux structures voient le jour :
- Air Normand ALPA, réseau de mesure et d’étude de la pollution sur l’estuaire de la Seine au Havre.
- Air Normand REMAPPA, réseau de mesure et d’étude de la pollution à Rouen.
Ils furent les premiers réseaux de surveillance de la qualité de l’air en France. Depuis, ces deux dispositifs se sont réunis sous le nom d’Air Normand.

Air Normand fait partie du dispositif AASQA (associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air) qui réunit une quarantaine d’associations agréées par le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable (MEDD). Ces associations de surveillance constituent le réseau
ATMO.
Quel est le rôle des associations de surveillance ?
- gérer les stations de mesure et les autres moyens techniques de surveillance
- collecter, valider et traiter les données issues des stations de prélèvement
- assurer la diffusion des résultats recueillis (via les journaux, les radios, les télévisions, l'internet…)
- transmettre aux autorités compétentes (préfet, Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement) les informations relatives à la prévision ou à la détection des dépassements des niveaux et seuils d’alerte
- transmettre les données à la banque nationale des données de la qualité de l’air (BDQA) qui est gérée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)
ATMO
L’indice ATMO, créé en 1995 à l’échelle nationale, est une information quotidienne sur la qualité de l’air de chaque agglomération de plus de 100 000 habitants. Cet indice est calculé tous les jours, à partir des mesures de quatre polluants (SO
2, NO
x, O
3 et PM10) par les associations agréées (Air Normand pour la Haute-Normandie) du réseau ATMO. Cet indice est noté de 1 à 10 (1 = excellente qualité de l’air et 10 = exécrable qualité de l’air = seuil d’alerte).
Air Normand diffuse chaque jour, à 17 heures, les prévisions de la qualité de l’air pour le lendemain. L’information est consultable sur une boîte vocale (02 35 71 35 71), sur le site Internet (
http://www.airnormand.asso.fr/) ou dans la presse locale.
Données 2005 sur le tableau de bord régional de l’environnement
Les mesures de la qualité de l’air en Haute-Normandie
Station de mesure du Havre
La qualité de l’air se mesure à partir de capteurs implantés dans des stations. Ces stations sont équipées d’un ou plusieurs analyseurs mesurant chacun, en continu et de manière automatique, un polluant spécifique, considéré comme indicateur de la pollution atmosphérique (SO
2, NO
x, CO, O
3, poussières en suspension) et représentatif des différents émetteurs (industrie, transport). Elles sont réparties dans quatre secteurs de la Haute-Normandie (agglomérations de Rouen, d’Evreux, de Dieppe et, dans estuaire de la Seine) et dans des lieux représentatifs de différents types d’exposition de la population :
- les stations "urbaines" représentent l’air respiré par la majorité des habitants de l’agglomération. Les stations sont placées en centre ville sans être à proximité immédiate d’une voie de circulation ou d’une installation industrielle
- les stations "périurbaines" sont placées sous influence directe d’une grande agglomération (exposition maximale à la pollution secondaire dans les zones habitées)
- les stations "rurales" sont représentatives des niveaux de pollution dans les zones peu habitées
- les stations de "trafic" représentent l’exposition maximale pour les zones soumises à forte circulation automobile
- les stations "industrielles" représentent l’exposition maximale sur les zones soumises directement à une pollution d’origine industrielle
- les stations "d’observation" sont utiles à la compréhension des phénomènes de pollution étudiés
Pour compléter ce dispositif de mesures de la qualité de l’air, des campagnes sont effectuées à l’aide d’un camion laboratoire qui mesure, ponctuellement, un polluant précis dans un lieu défini.
ESMERALDA
Esmeralda (EtudeS MultiRégionALes De l’Atmosphère) est une plate-forme interrégionale de cartographie et de prévision de la qualité de l’air. Opérationnelle depuis le 1
er mai 2005, elle regroupe six associations AASQA :
- Air Normand
- Airparif (Région Ile-de-France)
- Atmo Champagne-Ardenne
- Atmo Picardie
- Lig’Air (Région Centre)
- Atmo Nord-Pas-de-Calais
Cette plate-forme permet d’atteindre quelques objectifs :
- diffuser quotidiennement, via Internet (sites : ESMERALDA ou les associations partenaires), les informations sur la qualité de l’air des six régions partenaires, sous forme de carte
- aider à la décision et évaluer des stratégies de réduction de la pollution de l’air
- décrire les émissions sur l’ensemble des régions
Ces objectifs reposent sur un ensemble d’actions :
- inventaire des émissions
- prévision météorologique
- prévision de la qualité de l’air
- mise à disposition des résultats sous forme graphique
- contrôle des résultats et calcul des performances
Réglementation
La loi LAURE du 30 décembre 1996 (Loi sur l'Air et de l'Utilisation Rationnelle de l'Energie), vise à rationaliser l’utilisation de l'énergie et à définir une politique publique intégrant l'air en matière de développement urbain : "
La mise en œuvre du droit reconnu à chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé consiste à prévenir, à surveiller, à réduire ou à supprimer les pollutions atmosphériques, à préserver la qualité de l’air et, à ces fins, à économiser et à utiliser rationnellement l’énergie."
De manière concrète cette loi exige que :
- la surveillance de la qualité de l’air en France soit prise en charge par l’Etat
- l’information portant sur la qualité de l’air soit diffusée au public
- la mise en place des mesures d’urgence en cas de dépassement du seuil d’alerte pour certains polluants
- la mise en place des mesures techniques et fiscales qui visent à réduire la consommation d’énergie et limiter les sources d’émissions polluantes
Le décret n°98-360 modifié d’application de la loi sur l’air définit des objectifs de qualité et des valeurs limites à respecter sur tout le territoire français pour 7 polluants : dioxyde de soufre, particules en suspension, dioxyde d’azote, ozone, plomb, monoxyde de carbone et benzène.
La loi de 1996 définit dans le même temps la mise en place de véritables outils de planification permettant de respecter les objectifs fixés en matière de qualité de l’air. Elle oblige donc à planifier, dans une région ou une agglomération, un certain nombre d’actions pour obtenir une meilleure qualité de l’air. Ces différents plans d’action (PDU, PRQA et PDA) sont élaborés en concertation avec la population afin d’enrichir débats et réflexions pour un résultat accepté de tous.
Les plans de déplacements urbains (PDU) (circulaire du 8 novembre 1999)
Approuvés le 11 février 2000 pour l’agglomération rouennaise et le 18 mars 2003 pour l’agglomération havraise. Les communes d’Evreux et d’Elbeuf ont aussi créé un PDU. Les PDU, obligatoires dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, permettent de favoriser les moyens de déplacements urbains moins polluants : organisation de la circulation, du stationnement et du transport des personnes (bicyclette, marche à pied) et des marchandises. Ce plan est réévalué tous les cinq ans.
Le plan régional pour la qualité de l’air (PRQA) (décret du 6 mai 1998)
Approuvé le 24 décembre 2001 en Haute-Normandie. Ce plan n’est pas obligatoire mais a une valeur d’orientation pour chaque région. Il a pour objectif la réalisation d’un état environnemental et sanitaire régional en rapport avec la pollution atmosphérique. Les PRQA sont réalisés sous la responsabilité de l’Etat en collaboration avec tous les acteurs régionaux (collectivités territoriales locales, acteurs économiques émetteurs de substances chimiques, associations de protections de l’environnement…). Ces réflexions sont axées sur six thèmes :
- connaissance et surveillance de la qualité de l’air,
- air et santé,
- impacts environnementaux,
- émissions industrielles,
- émissions dues aux transports,
- émissions du secteur résidentiel et tertiaire, de l’agriculture
Le résultat des réflexions de la commission a pour obligation de fixer des orientations de respect des objectifs de qualité. Le PRQA doit être évalué et révisé tous les cinq ans si les objectifs de la qualité de l’air n’ont pas été atteints.
Le plan de protection atmosphère (PPA) (décret du 25 mai 2001)
Lancé en décembre 2002 en Haute-Normandie. Le PPA complète les plans existants et il est obligatoire pour les agglomérations de plus de 250 000 habitants (ou pour les zones à niveau de polluants élevé). Il a pour objectif de ramener la concentration de polluants dans l’atmosphère à un niveau inférieur aux valeurs limites fixées par la loi (dioxyde de soufre, particules fines, dioxyde d’azote, plomb, monoxyde de carbone, benzène et, pour la Haute-Normandie, les composés organiques volatils et les métaux lourds). Actuellement, 3 plans de protection de l’atmosphère sont en cours pour l’agglomération de Rouen, l’agglomération du Havre et la zone de Port-Jérôme, soit 28 communes.
Le plan devra contenir les informations suivantes :
- connaissance générale de la zone considérée ;
- présentation de la surveillance de la qualité de l’air ;
- inventaire et état des lieux des principaux polluants choisis ;
- état des lieux des mesures actuelles (modalités des procédures d’alerte) ;
- définition des nouvelles mesures.
Calendrier du PPA
- Titre III de la Loi sur l’air de 1996
- Instauration par le décret du 25 mai 2001
- Lancement en 2002, pour la Haute-Normandie, par les préfets, après la rédaction préparatoire de la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement) : synthèse sous la forme d’un "livre bleu"
- Soumission à une enquête administrative pendant 6 mois (juillet à décembre 2005)
- Proposition à l’avis du public (septembre-octobre 2005)
- Validation par les préfets début 2006
- Suivi annuel par les commissions départementales compétentes en matière d’environnement, de risques sanitaires et technologiques
- Réévaluation du plan tous les 5 ans
Ces trois plans doivent être en relation les uns avec les autres. Par exemple, les PDU et PPA doivent être en cohérence avec les orientations du PRQA ; les PPA peuvent proposer des mesures à prendre en compte dans les PDU.
Des niveaux à ne pas dépasser
Valeurs réglementaires définies dans l’air ambiant par les directives européennes
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Polluant
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Seuil d’information et de recommandations pour les personnes sensibles à la pollution de l’air
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Seuil d’alerte pour la population
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Objectif de qualité
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NOx
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200 µg/m3 en moyenne horaire
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400 µg/m3 en moyenne horaire
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40 µg/m3 en moyenne annuelle
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SO2
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300 µg/m3 en moyenne horaire
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500 µg/m3 en moyenne horaire sur 3 heures consécutives
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50 µg/m3 en moyenne annuelle
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O3
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180 µg/m3 en moyenne horaire
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360, 300 et 240 µg/m3 en moyenne horaire sur 3 heures consécutives
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CO
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valeur limite = 10 mg/m3 pour le maximum journalier de la moyenne glissante sur 8 heures
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1 µg/m3 = 1 microgramme par mètre cube
Les seuils d’alerte et d’information au public
Issue de la loi 1996, une procédure est mise en place dans quelques départements et notamment en Seine-Maritime. Elle est déclenchée en cas de pic de pollution par le SO2, le NOx ou l’O3.
Seuil de recommandation et d’information : niveau de recommandations destinées aux personnes sensibles (réduction de l’exposition) et aux sources de pollution (industries, automobiles).
Seuil d’alerte : niveau d’alerte pour l’ensemble de la population et mise en œuvre de mesures d’urgence pour réduire ou limiter les activités polluantes (industries et automobiles).
Les odeurs sont-elles des pollutions ?

Selon les résultats d’une enquête menée en 1997 en Haute-Normandie, 90 % de la population affirment être gênés par les odeurs et 75 % assimilent les odeurs à la pollution de l’air. C’est pour cette raison qu’Air Normand a intégré le problème des odeurs dans les missions de son Observatoire de la qualité de l’air depuis une quinzaine d’années. D’ailleurs, la Loi sur l’air intègre les "nuisances olfactives excessives" dans sa définition de la pollution de l’air, mais elle n’apporte pas de réglementation précise par manque de mesure fiable. La Haute-Normandie est une région pionnière dans la prise en compte des odeurs. La première opération, appelée "Cyrano", est menée par Air Normand en 1990 avec l’aide de 400 volontaires habitant l’estuaire de la Seine. Elle a permis d’identifier les odeurs les plus flagrantes.
Les principales sources d’odeurs :
- Raffineries : gaz et systèmes de récupération de gaz, chaudières
- Industrie chimique inorganique : acide phosphorique
- Industrie chimique organique : pharmacies, insecticides…
- Stations d’épuration des eaux usées
- Industrie papetière
- Déchets divers : ordures ménagères, déchets de poissons, déjections d’animaux
- Elevage intensif et concentré
- Traitement de sous-produits d’animaux : équarrissages, fondoirs, hydrolyse des plumes, déshydratation des fientes de volailles…
- Sidérurgie
- Industrie agroalimentaire : levures, sucre, alimentation animale
Formation des "nez"
Depuis, l’association a mis en place et formé un réseau d’une centaine de "nez", chargés de surveiller deux fois par jour les odeurs notamment dans les secteurs les plus exposés (industriels et portuaires). Ces opérations de diagnostic permettent de trouver des solutions afin de réduire les nuisances olfactives et d’améliorer la qualité de vie des habitants.
Les zones concernées sont :
- Grand-Couronne (opération "Dis-moi ce que tu sens")
- Le secteur d'Alizay (Eure)
- Petit-Couronne ("Les Couronnez")
- Port-Jérôme ("Les Nez au vent") (depuis 2000)
- La région havraise ("Les Nouveaux Cyrano")
- Pont-Audemer (Eure)
Et maintenant ?
Globalement la qualité de l’air en France s’améliore. Les efforts fournis par les politiques, les industriels, les constructeurs, les associations, etc. pour faire baisser les émissions de dioxyde de soufre et de dioxyde d’azote contribuent à l’amélioration de la qualité de l’air dans les agglomérations. Mais pour ce qui concerne l’ozone et les particules, rien n’est joué ! La baisse des émissions de polluants ne suffit pas ! En effet, le réchauffement climatique va accroître les concentrations d’ozone et de particules dans l’atmosphère. La solution n’est-elle pas tout simplement de changer nos habitudes radicalement ? L’avenir nous le dira certainement…
Quelques sites Internet
La pollution de l’air (DRIRE)
http://www2.haute-normandie.drire.gouv.fr/BREIHN2004/index1.php?chap=2
Air Normand : observatoire de la qualité de l’air de Haute-Normandie
http://www.airnormand.asso.fr/
Pollution de l’air Loi sur l’air (DRIRE)
http://www.drire.gouv.fr/haute-normandie/environnement/impact%20air/loiair.htm
La qualité de l’air Les plans de protection de l’air (PPA)
http://www.haute-normandie.pref.gouv.fr/sections/acces_thematique/environne_urba/developpement_durabl/qualite_air/
Air extérieur (DDASS 76)
http://haute-normandie.sante.gouv.fr/fr/html/drass_hn/pages/envir/e2/e2_2.htm
Air et santé (DDASS 76)
http://haute-normandie.sante.gouv.fr/fr/html/accueil/pages/envir/e2/e2_1.htm
Bilan de la qualité de l’air en France en 2005 document téléchargeable (MEDD)
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Bilan_qualite_de_l_air_en_France_en_2005-2.pdf
Risques et pollutions Air (MEDD)
http://www.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=214
Surveillance de la qualité de l’air (MEDD)
http://www.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=802
Les polluants atmosphériques et la lutte contre la pollution de l’air (MEDD)
http://www.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=803
Pollution de l’air (MEDD)
http://www.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=366
Effet de serre qualité de l’air
http://www.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=367
Air-santé Normandie (CHU)
http://www.chu-rouen.fr/cap/airsanthome.html
Air (ADEME)
http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12617
Plate-forme inter-régionale de cartographie et de prévision de la qualité de l’air - Esmeralda
http://www.esmeralda-web.fr/
Surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France - Airparif
http://www.airparif.asso.fr/
Prévisions et observations de la qualité de l’air en France et en Europe - Prév’air
http://prevair.ineris.fr/fr/index.php
Mesure de la qualité de l’air Réseau ATMO
http://www.atmo-france.org/
Liste des Associations de Surveillance de la Qualité de l'Air (ASQA)
http://www.buldair.org/Associations/Aasqa.php
Quelques adresses utiles
AIR NORMAND
Air normand Rouen
3, place de la pomme d'or
76 000 Rouen
Fax : 02 35 07 94 40 / Tél : 02 35 07 94 30
Air normand Le Havre
48, rue Denfert-Rochereau
76 600 Le Havre
Fax : 02 35 24 52 60 / Tél : 02 35 07 94 30
E-mail :
contact@airnormand.fr
Site internet :
http://www.airnormand.asso.fr/
Serveur vocal : 02 35 71 35 71
AGENCE DE LA MAITRISE DE L’ENERGIE ET DE L’ENVIRONNEMENT (ADEME)
Délégation régionale de Haute-Normandie
Les Galées du Roi
30, rue Gadeau de Kerville
76100 ROUEN
Tél. : 02 35 62 24 42 / Fax : 02 32 81 93 13
E-mail :
ademe.haute-normandie@ademe.fr
Site :
http://www.ademe.fr
MINISTERE DE L’ECOLOGIE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE (MEDD)
20, avenue de Ségur
75302 PARIS 07 SP
Tél. : 01 42 19 20 21
E-mail :
ministere@ecologie.gouv.fr
Site :
http://www.ecologie.gouv.fr
AIRPARIF - Surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France
7 rue Crillon
75004 PARIS
Tél. 01 44 59 47 64 / Fax 01 44 59 47 67
Site :
http://www.airparif.asso.fr/
Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS 76)
31 rue Malouet
76100 ROUEN
Tél : 02 32 18 32 18 / Fax : 02 32 18 32 32
Site :
http://haute-normandie.sante.gouv.fr/fr/html/drass_hn/actu_ent.htm
Direction régionale de l’industrie et de l’environnement (DRIRE)
21 avenue de la Porte des Champs
76037 ROUEN
Tél : 02 35 52 32 00 / Fax : 02 35 52 32 32
Site :
http://www.haute-normandie.drire.gouv.fr/
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