Protéger le bois, protéger sa santé

Septembre 2009

Sommaire



Avant le bois, l'arbre
Choix du bois d’œuvre pour la construction
La classe de risque ou d’emploi
Le choix des essences
La classe de durabilité naturelle
Les différentes pathologies du bois
Insectes à larves xylophages
Insecte xylophage
Les champignons
Si on traite, quel type de traitement ?
Les différents produits de traitements de bois
Les produits chimiques
Les produits naturels
Sources et liens Internet


Depuis toujours et partout dans le monde, l’homme utilise le bois pour construire son habitat. Naturel, renouvelable, léger, résistant, isolant, biodégradable et esthétique, le bois dispose de nombreux atouts qui en font un matériau idéal pour la construction (plancher, charpente). Il est le matériau écologique par excellence.
Xylophage : qui mange du bois.
Mais, étant un matériau vivant, le bois est sensible aux risques biologiques : xylophages, termites et champignons. La présence de ces pathologies dans le bois d’œuvre peut à terme menacer dangereusement les constructions. Alors, avant l’utilisation du bois pour la mise en œuvre, certaines garanties sont à considérer : choix des essences, durabilité, risques biologiques et choix des traitements.

Avant le bois, l’arbre



La branche ou le tronc de l’arbre sont composés de cinq couches principales. De l’extérieur vers l’intérieur :

  • L’écorce protège l’arbre des intempéries, des insectes… Elle est plus ou moins épaisse selon les espèces.
  • Le liber (écorce interne) sert à transporter la sève élaborée.
  • Le cambium fabrique le bois vers l’intérieur et le liber vers l’extérieur, c’est une partie très peu visible mais elle assure la croissance de l’arbre.
  • L'aubier (bois vivant) permet la circulation de la sève brute du sol vers les feuilles.
    C’est donc la partie tendre du bois, la plus fragile aussi entre l’écorce et le bois dur dans laquelle les parasites (insectes et champignons) trouvent des éléments nutritifs : amidon, sucres… Dans la mise en œuvre d’un bois de charpente, l’aubier sera, autant que possible, éliminé.
  • Le duramen (bois de cœur ou bois parfait) est du bois mort qui sert de charpente à l’aubier qui l’entoure. C’est la partie la plus dure et la résistante de l’arbre. Le duramen contient des antiseptiques naturels (tanins, résines) le rendant plus résistant aux agressions biologiques. C’est cette partie de l’arbre qui sera donc la plus fiable pour la construction.

  • Imprégnable : apte à être imprégné par des produits de protection donc facile à traiter.
    Lignivore : s’attaquant au bois.
    Chez certaines essences (chêne, châtaignier, pins, douglas, mélèze...), l'aubier est plus clair que le duramen. Il est plus ou moins imprégnable et sensible aux attaques de champignons lignivores et de larves xylophages.
    Le duramen au contraire, possède une durabilité naturelle qui varie selon les essences ; il est, en général, peu ou pas imprégnable.
    Pour d'autres essences (sapin, épicéa, peuplier, érable...), il n'y a pas de différence de coloration entre l'aubier et le duramen. Sur ces essences, des différences de porosité se manifestent entre l’aubier et le duramen, générant des facultés d'absorption distinctes. Ainsi l'aubier, plus poreux, offre une capacité d'absorption plus élevée que celle du duramen.

    A lire : Le bois : un matériau « durable » - Dossier d'actualité de l'Arehn


    Choix du bois d’œuvre pour la construction

    Le mélèze est un excellent bois d’œuvre.


    La résistance naturelle du bois aux agents de dégradation biologique (champignons ou xylophages) est variable selon les essences. Certaines essences qui ont été purgées de leur aubier (partie nutritive des champignons et des xylophages) sont naturellement protégées et sont donc utilisables en construction sans traitement : le douglas, le mélèze, le châtaignier, le robinier (faux acacia)… Mais attention, aucune essence n’est naturellement protégée contre les termites.
    Lorsque la durabilité naturelle est insuffisante par rapport aux risques encourus, seule l'application d'un traitement de préservation pourra assurer la protection nécessaire, à condition que la pénétration des produits de traitement dans le bois soit suffisante. Celle-ci dépend de l'imprégnabilité du bois qui, elle aussi, est variable selon chaque essence.
    Soit avant d’utiliser le bois dans la construction, il faut :
  • Définir la classe de risque ou d’emploi.
  • Choisir une essence.
  • Vérifier la durabilité naturelle de l'essence par rapport à la classe de risques.
  • Lorsqu'un traitement de préservation est obligatoire, le choisir en fonction de la classe de risque à laquelle il sera exposé.
  • Vérifier l'imprégnabilité de l'essence par rapport au traitement de préservation.
  • Choisir éventuellement un traitement de finition.

  • La classe de risque ou d’emploi


    Elle définit l’exposition à laquelle sera soumis le bois dans son futur environnement. La norme NF EN 335-2 définit ces risques en 5 classes. Echelle de 1 à 5 de l’environnement le moins exposé vers le plus exposé.
     

    Classe de risque ou d’emploi

    Situation en service
    Exemples d’emploi
    Risques biologiques

    1

    Bois sec, humidité toujours inférieure à 20 %. Menuiseries intérieures, toujours à l’abri des intempéries : parquets, meubles, escaliers, portes…
    - Insectes.
    - Termites (dans les régions infestées).

    2

    Bois sec mais dont l’humidité peut dépasser occasionnellement 20 %.
    Bois placé en intérieur ou en extérieur sous abri pouvant être exposé temporairement aux intempéries, notamment durant le chantier : charpentes, éléments de toiture.
    - Insectes.
    - Champignons de surface.
    - Termites (dans les régions infestées).

    3

    Bois sec au taux d’humidité fréquemment supérieur à 20 %.
    Bois placé en extérieur, soumis à des alternances rapides d’humidité et de séchage : menuiseries, revêtements extérieurs.
    - Pourriture.
    - Insectes.
    - Termites (dans les régions infestées).

    4

    Bois à humidité toujours supérieur à 20 %.
    Bois placé en extérieur et soumis à l’humidité fréquente ou permanente, contact avec le sol, bois immergés dans l’eau douce (clôtures, poteaux).
    - Pourriture
    - Insectes.
    - Termites (dans les régions infestées).

    5

    Bois en contact permanent avec l’eau de mer.
    Jetées, pontons, bois immergés. - Pourriture.
    - Insectes.
    - Térébrants marins*.
    Térébrants marins* : mollusques de crustacés qui creusent les bois en milieu marin.


    Le choix des essences


    Le choix d’un bois produit localement permet de :
  • Limiter les transports de longues distances réduisant ainsi le bilan énergétique et les rejets de gaz à effet de serre.
  • Contribuer au développement local (emploi).
  • Favoriser la gestion durable des forêts françaises.
  • Consommer le bois produit par les forêts françaises. Pour les feuillus, la France est le premier producteur européen de chêne, sessile ou pédonculé (30,3 % de surface productive), de hêtre (21,3 %) et de peuplier. Pourtant, malgré l’importance des feuillus, la récolte des résineux est beaucoup plus importante et notamment les pins sylvestre (8,3 %) et maritime (4,7 %), l’épicéa commun (5,0 %), le sapin (7,4 %) et le douglas.

  • La classe de durabilité naturelle


    Elle définit la durabilité naturelle d'une essence, sa résistance intrinsèque (dureté, capacité d'absorption de l'eau ...) aux divers agents extérieurs (champignons, insectes...). Les essences de bois peuvent être utilisées sans traitement de préservation, si elles possèdent une durabilité naturelle suffisante face aux attaques biologiques (insectes et champignons).
    - Si l'essence est naturellement durable, alors un traitement de préservation complémentaire n'est pas obligatoire.
    - Si l'essence n'est pas naturellement durable, alors un traitement de préservation complémentaire devient obligatoire.
    La norme NF EN 350 2 donne des indications sur la durabilité naturelle de 130 essences de bois résineux et feuillus tempérés et tropicaux commercialisés en europe. Echelle de 1 à 5 de très durable à non durable.

    1 Très durable Plus de 25 ans (ex : doussié, teck, robinier, iroko, azobé).
    2
    Durable
    De 15 à 25 ans (ex : azobé, châtaignier, chêne, red cedar).
    3
    Moyennement durable
    De 10 à 15 ans (ex : sipo, noyer, douglas, mélèze, pins).
    4
    Faiblement durable
    De 5 à 10 ans (ex : épicéa, sapin, orme).
    5
    Non durable
    Moins de 5 ans (ex : aulne, bouleau, charme, hêtre, peuplier).
    Remarque
    La durabilité naturelle d'une essence n'est valable que pour son duramen (appelé également bois parfait ou bois de coeur).
    Par conséquent, les bois doivent obligatoirement être purgés d'aubier, pour satisfaire à leur degré de durabilité naturelle !

    Pour info
    Un bois coupé en hiver est beaucoup plus résistant aux attaques de xylophages parce qu’il est en période de repos végétal : l’arbre ralentit la circulation de sa sève qui constitue une substance nutritive pour les parasites

    Comparaison de la durabilité naturelle permettant d'utiliser le bois sans traitement dans les classes de risques

    Essences feuillus tempérées

     

    Classe 1
    (a)

    Classe 2
    (a)

    Classe 3
    (b)

    Classe 4
    (c)

    Bouleau
    non
    non
    non
    non
    Charme
    non
    non
    non
    non
    Érable
    non
    non
    non
    non
    Eucalyptus globulus
    non
    non
    non
    non
    Frêne
    non
    non
    non
    non
    Hêtre
    non
    non
    non
    non
    Peuplier
    non
    non
    non
    non
    Tilleul
    non
    non
    non
    non
    Chêne rouge d'Amérique
    oui
    oui
    non
    non
    Orme
    oui
    oui
    non
    non
    Noyer
    oui
    oui
    oui
    non
    Châtaignier
    oui
    oui
    oui
    oui
    Chêne rouvre & pédonculé
    oui
    oui
    oui
    oui
    Robinier (Faux acacia)
    oui
    oui
    oui
    oui

    Essences résineux tempérées

     

    Classe 1
    (a)

    Classe 2
    (a)

    Classe 3
    (b)

    Classe 4
    (c)

    Épicéa (sapin blanc du nord)
    non
    non
    non
    non
    Hemlock
    non
    non
    non
    non
    Sapin
    non
    non
    non
    non
    Pin noir d'Autriche et laricio
    oui
    oui
    non
    non
    Pin weymouth
    oui
    oui
    non
    non
    Cédre
    oui
    oui
    oui
    non
    Douglas (pin d'Oregon)
    oui
    oui
    oui
    non
    Mélèze
    oui
    oui
    oui
    non
    Pin maritime
    oui
    oui
    oui
    non
    Pin sylvestre (pin rouge du nord)
    oui
    oui
    oui
    non
    Pitchpine
    oui
    oui
    oui
    non
    Western red cedar
    oui
    oui
    oui
    non

    Essences tropicales

     

    Classe 1
    (a)

    Classe 2
    (a)

    Classe 3
    (b)

    Classe 4
    (c)

    Ayous
    non
    non
    non
    non
    Illomba
    non
    non
    non
    non
    Limba
    non
    non
    non
    non
    Samba
    non
    non
    non
    non
    Lauan white
    oui
    non
    non
    non
    Dibétou
    oui
    oui
    non
    non
    Framiré
    oui
    oui
    non
    non
    Amarante
    oui
    oui
    oui
    non
    Angélique
    oui
    oui
    oui
    non
    Azobé
    oui
    oui
    oui
    non
    Kosipo
    oui
    oui
    oui
    non
    Méranti dark red
    oui
    oui
    oui
    non
    Niangon
    oui
    oui
    oui
    non
    Sipo
    oui
    oui
    oui
    non
    Wengé
    oui
    oui
    oui
    non
    Bété
    oui
    oui
    oui
    oui
    Douka
    oui
    oui
    oui
    oui
    Doussié
    oui
    oui
    oui
    oui
    Iroko
    oui
    oui
    oui
    oui
    Kapur
    oui
    oui
    oui
    oui
    Moabi
    oui
    oui
    oui
    oui
    Padouk
    oui
    oui
    oui
    oui
    Teck d'Asie
    oui
    oui
    oui
    oui
    (a) Sans limitation de durée de service.
    (b) Pour des durées de service de l'ordre de 25 ans indépendamment de déformations à maîtriser séparément.
    (c) Le comportement et la durée de service dépendent de nombreux facteurs liés au sol, climat, exposition, section de pièces, etc. L'appréciation est donnée ici pour une durée moyenne de plus de 10 ans sans attaque significative. Il n'est pas non plus tenu compte de la section des bois qui, toutes choses égales par ailleurs, peut retarder la rupture des pièces attaquées par la pourriture.


    Exemple de durabilité naturelle
    Le teck se positionne dans la classe de durabilité 1, 2 ou 3, soit de très durable à moyennement durable (selon son origine et son mode de culture). En revanche, le sapin est très faiblement durable (classe 4) à l’état naturel mais une fois traité il devient un bois "très durable" (classe 1)

    Vérifier l'imprégnabilité de l'essence par rapport au traitement de préservation


    - Si l'essence est imprégnable, alors le traitement de préservation peut être mis en oeuvre.
    - Si l'essence n'est pas imprégnable, il faut alors choisir une nouvelle essence.

    Classification d’imprégnabilité
    Classe d'imprégnabilité Description Explication
    1
    Imprégnable
    Facile à traiter, le bois scié peut être pénétré complètement avec un traitement sous pression.
    2
    Moyennement imprégnable
    Assez facile à traiter ; habituellement une pénétration complète n'est pas possible, mais après 2 ou 3 h de traitement sous pression, une pénétration latérale de plus de 6 mm peut être atteinte dans les résineux et une large proportion des vaisseaux peut être pénétrée dans les feuillus.
    3
    Peu imprégnable
    Difficile à traiter, 3 à 4 h de traitement sous pression ne peuvent donner plus de 3 à 6 mm de pénétration latérale.
    4
    Non imprégnable
    Virtuellement impossible à traiter ; peu de produit de préservation absorbé même après 4 h de traitement sous pression. Pénétrations latérale et longitudinale minimales.


    Les différentes pathologies du bois



    Parce qu’il est composé de matières organiques (ligno-cellulosique), le bois constitue un aliment pour les insectes à larves xylophages, les insectes xylophages et les champignons lignivores. L’aubier contient des éléments nutritifs tel que l’amidon qui favorise le développement des organismes vivants issus du règne végétal (champignon) et animal (insecte).
    Chaque essence possède des propriétés différentes, qui la rendent plus ou moins sensibles aux agressions biologiques :
    - Pour les champignons, la durabilité des duramens comprend 5 classes s’échelonnant de la classe 1 (essence très durable) à la classe 5 (essence non durable). Tous les aubiers sont classés non durables.
    - Vis-à-vis des insectes à larve xylophage, les essences sont soit sensibles, soit durables. En outre, seuls les aubiers (S) et les bois parfaits non duraminisés (SH) sont sensibles. Les duramens sont classés durables.
    - Enfin, par rapport aux termites et aux tarets, une essence est soit durable (D), moyennement durable (M), ou non durable (S).
    Le douglas, le mélèze, le châtaignier, le robinier (faux acacia) rentrent dans la catégorie de bois
    Protégé naturellement. Mais attention aucune essence n’est naturellement protégée contre les termites

    Insectes à larves xylophages 


    Les insectes à larves xylophages (du grec xylo, bois et phagein, manger) sont des coléoptères. La larve - ou vers blanc - a une morphologie et une biologie très différentes de l’adulte. Les larves se logent et se nourrissent du bois en creusant des galeries, laissant derrière elles des déchets de sa digestion : se sont les vermoulures. Métamorphosé, l’adulte quitte le bois par un trou de sortie (appelé trou d’envol) pour se reproduire. La durée de vie larvaire dure plusieurs années, a contrario de sa vie d’adulte qui n’excède pas les quatre semaines. Mais la durée du cycle complet peut être modifiée en raison des facteurs environnementaux : température, humidité du bois, valeur nutritive du bois, contamination et développement concomitant de champignons.

  • Capricorne des maisons (Hylotrupes bajulus) : larve de 10 à 20 mm et de couleur blanc-ivoire. Il attaque tous les bois résineux et l’augmentation des habitats modernes (de type pavillon) aux conditions d’isolation thermiques plus performantes ont permis sa propagation sur tout le territoire français. Sa durée de vie est de trois ans en moyenne ; cette durée peut être plus longue lorsque les conditions climatiques sont rigoureuses. Chaque larve peut creuser des galeries dans les charpentes, les lambris et les menuiseries à la vitesse de 8 à 10 millimètres par jour. Le réseau peut être dense et fragiliser progressivement le bois. Les adultes vivent entre 2 et 4 semaines et les femelles pondent entre 50 et 100 oeufs dans les fentes du bois de résineux.
  • Hespérophanes (Hesperophanes cinereus) : larve de 13 à 25 mm et de couleur blanc-ivoire. Hormis le fait qu’il se nourrisse exclusivement de bois de feuillus, d’où son nom de capricorne des bois feuillus, il est très proche du Capricorne des maisons. Sa durée de vie est plus courte : deux ans. Ses attaques sont indiquées par la présence de galeries. Survie de l’adulte : 2 à 3 semaines. Ponte dans les fentes du bois.
  • Grosse vrillette (Xestobium rufovillosum) est un insecte xylophage dont la larve - de forme arquée, de couleur crème, couverte de soies jaunes, de 11 mm - s’attaque aux bois déjà dégradés par les champignons lignivores. La durée de vie de l’adulte est de neuf semaines. Ponte d’une centaine d’oeufs dans les fentes, rugosités et anciennes galeries.
  • Petite vrillette (Anobium punctatum) : larve de forme arquée, poilue, de couleur blanc crémeux et d'une longueur de 5 à 7 mm. Elle s’attaque aux bois feuillus et sa durée de vie en moyenne est de deux ans. Adulte, elle pond entre 20 et 30 oeufs dans les fentes, rugosités et anciennes galeries.

  • Insecte xylophage 

  • Termite : la termite est un insecte isoptère xylophage qui vit, tout comme les fourmis, en colonie, parfois de plusieurs millions d’individus ! Autant dire que cet insecte est craint quand il est présent sur une construction. Près de 2 800 espèces sont répertoriées dans le monde et, jusque dans les années 70, seules 2 espèces étaient présentes en France. A ce jour, on en dénombre 6 (voir encadré ci-dessous) dans plus de 50 départements,  devenant un fléau très menaçant pour l’habitat dans une dizaine de communes. Bien entendu l’homme joue un rôle important dans la prolifération de cet insecte : échanges commerciaux, transport, amélioration des performances d’isolation des habitats, urbanisation, etc.

  • Espèces présentes en France métropolitaine


    Termites souterrains vivent en contact permanent avec le sol ou une source d’humidité.
    Termite de Saintonge(Reticulitermes flavipes anciennement R. santonensis)
    Termite lucifuge (Reticulitermes lucifugus)
    Termite des Landes (Reticulitermes grassei)
    Termite de Banyuls (Reticulitermes banyulensis)
    Reticulitermes urbis :

    Termites de bois sec vivent dans le bois, même sec qui peut suffire comme source d’alimentation.
    Termite à cou jaune (Kalotermes flavicollis)

    Source : Observatoire national termite (FCBA)
    Voir carte de répartition

    Les colonies de termites sont hiérarchisées, organisées en castes :
    - Les larves.
    - Les ouvriers qui assurent les besoins alimentaires de la colonie. Ils récoltent la cellulose présente dans le bois, le papier, le carton… qu’ils ingurgitent et redistribuent ensuite aux autres castes de la colonie.
    - Les soldats qui défendent la colonie.
    - Les adultes reproducteurs.

    L’humidité, la chaleur et la cellulose sont les éléments essentiels pour les termites. Malheureusement, n’aimant pas la lumière et creusant le bois de l’intérieur, leur présence n’est pas visible. Ils attaquent tout d’abord les parties tendres du bois en les évidant. Le bois est feuilleté et se dégrade structurellement. Le risque d’effondrement est probable.Dans tous les cas de suspicion, il est donc vivement conseillé de se rapprocher d'un spécialiste.
    En raison de ce risque de dégradations et de l'extension progressive de la zone d'infestation par les termites, les pouvoirs publics ont développé un dispositif législatif et réglementaire dont l'objectif est de protéger les acquéreurs et propriétaires d'immeubles contre les termites et autres insectes xylophages.

    La loi termites


    Afin de protéger les acheteurs de bien immobilier dans les zones désignées comme infestées par les termites, les actes de vente doivent être accompagné d’un état parasitaire. Ce document (de moins de 3 mois) permet d’exonérer les vices cachés d’une vente.
    Dénoncer la présence de termites dans un logement est obligatoire. Cette loi, du 8 juin 1999, atteste que tout propriétaire ou locataire qui constate la présence de termites est tenu d’en faire la déclaration à la mairie. De même, si la zone de propriété est dans une zone d’infestation, la mairie peut obliger le propriétaire à procéder à des recherches ou à des travaux d’éradication de termites ou d’autres ravageurs de bois (Art. L 133-1.)

    Les champignons


    Il existe de nombreuses espèces de champignons lignivores capables de dégrader le bois en œuvre. Ils sont répertoriés en fonction du type de pourriture créé dans le bois. Si des spores se trouvent déposées sur un bois offrant de bonnes conditions, elles germent, puis le champignon se développe dans le bois sous une forme dite végétative et le dégrade. Lorsque certaines conditions favorables sont réunies (chaleurs, luminosité), le développement d'une forme sexuée en surface est possible et aboutit à la production de spores. Les champignons des bois d'œuvre ne se développent que sur le bois dont le taux d’humidité est anormalement élevé (supérieur à 22 %) en milieu confiné (cave, comble…) : eau stagnante, eau de condensation, humidité capillaire le long des mûrs, conduite d’eau non étanche ou cassée, bois trop humide au montage. Une température optimale (entre 25 et 30 °C) et une bonne luminosité est nécessaire pour la fructification et favorise la prolifération des champignons.

  • Les moisissures (dégradation esthétique)
    Les moisissures se développent à partir d’un taux d’humidité de 18 % et d’une température entre 18 et 25 °C. Très contaminantes, les moisissures d’aspect ouateuse, s’attaquent à toutes les essences de bois et provoquent des dégradations de surface, sans pénétration dans la masse.
  • Le bleuissement (dégradation esthétique) – exemples : Aurebasidium pullulans
    Sclerophoma pityophila
    Coloration variant du gris ardoise au noir qui se développe en bandes, tâches ou piquetages, dégradant en profondeur et de manière irrémédiable les contenus cellulaires du bois humide à 30 % et une température optimale d’environ 22 °C.

  • La pourriture molle (dégradation structurelle)
    Elle se développe à partir d’un taux d’humidité du bois de 40 % (contact direct avec de l’eau) et une température située entre 18 et 25 °C. Les champignons détruisent la cellulose et la lignine. Le bois est spongieux, il est dégradé.

  • Mérule.
  • La pourriture cubique (dégradation structurelle) – exemple : la mérule
    La mérule (Serpula Lacrymans) ou champignon des maisons, est un champignon lignivore très fréquent mais aussi le plus redoutable en raison de ses capacités de propagation et de dégradations du bois. Aucune essence de bois ne lui résiste, mais il se développe plus fréquemment sur les résineux.
    Humidité, confinement, atmosphère non ventilé… des conditions idéales pour permettre à la mérule de se développer et détruire massivement le bois… Elle est composée de filaments très fins issus des spores qui parcourent toute la masse de bois attaqué, c’est le mycélium. En surface, elle forme des paquets d’ouate et de filaments bruns ou gris, appelés syrrotes qui prospectent à travers les joints de maçonnerie sur plusieurs mètres pour aller chercher une source d'humidité nécessaire à sa survie. Elle résiste également au froid et à la chaleur. Ainsi, la mérule détruit les composés de la paroi des cellules du bois. Le bois se transforme en matière cassante et sèche, ses propriétés mécaniques sont anéanties.

  • La pourriture fibreuse – exemples : Phellinus, Coriolus (dégradation structurelle)
    Elle intervient entre 40 et 50 % d’humidité et la dégradation concerne essentiellement la lignine. Le bois se ramolli et se décompose en fibrilles.


  • Si on traite, quel type de traitement ?



    Les produits de traitement contre les insectes ou larves xylophages et champignons sont nombreux mais sont certains sont nocifs pour la santé et l’environnement. Pourtant, plusieurs produits commercialisés il y a plusieurs années (pentachlorophénol – PCP-, aldrine et lindane insecticides de la même famille que les DTT et le CCA – cuivre-chrome-arsenic) ont été interdits en France en raison de leur nocivité avérés (extrêmement volatils et toxicité aigué pour l’homme et l’environnement).

    Les différents produits de traitements de bois


    Sont distingués :
  • Les produits destinés au public ou négoce.
  • Les produits destinés aux industries de traitement préventif.
  • Les produits destinés aux professionnels du traitement curatif et préventif des bois en œuvre.
  • Les produits de traitement anti-termites sols et murs.

  • Les substances actives utilisées dans les produits de traitement sont décrites sur le site du C.T.B.A (Centre Technique du Bois et de l'Ameublement)

    Les produits chimiques


    Il existe trois groupes de produits chimiques.
  • Les produits à base de substances organiques de synthèse. Ce sont les plus toxiques et les plus couramment utilisés.
  • Les produits à base de sels solubles dans l'eau (hydrosolubles). Les silicofluorures, les arséniates et les sels de chrome, très toxiques. Les sels de bore, utilisés en préventif, peu toxiques, ne se diffusent pas dans l'air.
  • Les produits huileux naturels à base de résines qui permettent de boucher les pores du bois et réduisent les possibilités d'attaque. Sans risque pour la santé.

  • Composition d'un produit de traitement
  • Le solvant qui fait pénétrer les matières actives dans le bois puis s'évapore
  • La résine qui enrobe les matières actives et les fixe dans le bois
  • Les matières actives : insecticides et/ou fongicides (traitement préventif ou curatif suivant leur dosage)

  • Le site de l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) donne les classements toxicologiques de ces substances actives. Une évaluation de la toxicité pour l'homme, pour l'environnement, des précautions d'utilisations sont précisées à travers ce classement.

    Les produits naturels


    Produit

    Marques des principaux produits

    Action préventive ou curative

    Mode d’application

    Inconvénients

    Avantages

    Sel de bore
    Borax,
    Ecobore,
    Sel de bore, Xylobore, …
    Essentiellement préventive : ignifugentes, insecticide, fongicide et anti-termite
    Pinceau, trempage, pulvérisation, insertion de bâtonnets.
    - Protection pendant la pose : masque et gants
    - Produit lessivable en cas de contact avec l’eau
    - Limiter l’application sur un bois apparent (risque)
    - Utilisation simple
    - Peu onéreux
    Silice et silicates
    Woodbliss,
    Termibio,
    WB1030,
    Nahos,
    HM1,
    Patine de l’Indien
    Préventif et curatif
    Pinceau,
    rouleau,
    trempage,
    Injection
    Possibilité d’éclaircissement du bois,
    Performances non validées
    Non toxique (sauf si allergies aux terpènes)
    Huiles essentielles
    Huile de cèdre,
    Cellubio,
    Insectifuge,
    Insect-Contrôle
    Préventif et curatif
    Pinceau,
    pistolet
    Effet pas toujours efficace
    Non toxique (sauf si allergies aux terpènes)


    Sources et liens Internet



  • Guide pratique des traitements des mis en oeuvre , termites, insectes à larves xylophages, champignons lignivores : pourquoi et comment s’en débarrasser ? - CTBA+
  • Traitement du bois – FCBA
  • Les risques liés aux termites et aux insectes xylophages – Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer
  • Traiter sa charpente c’est protéger sa maison – Travaux.com
  • Le diagnostic termites, la réglementation pour lutter contre les termites – 123-diagnostic.com
  • Etat parasitaire - 123-diagnostic.com
  • Les produits écologiques pour protéger le bois – www.bois.com
  • Traitement du bois.com
  • Mieux comprendre le bois  - Marcanterra
  • Tout savoir sur le bois – Dyrop SAS
  • Guide termite.com
  • Le bois de construction  - INSA
  • Je construis avec le bois
  • Bois construction.org - CNDB