C'est le printemps !

Mars 2004
Le printemps commence pour le calendrier, le 21 mars. Si le temps est encore incertain certains signes ne trompent pas.

Le 21 mars, jour de l’équinoxe de printemps, le jour et la nuit ont une durée égale, mais au fil des jours, le soleil apparaît de plus en plus tôt et se couche de plus en plus tard. Les jours s’allongent et les rayons du soleil frappent plus longtemps apportant davantage de chaleur et de lumière, provoquant le réveil de la nature. Certains animaux sortent de leur léthargie, beaucoup se préparent pour la reproduction. La végétation jaillit et la période est propice aux fécondations. De nombreux phénomènes naturels signent le retour du printemps : le bourgeonnement des arbres, les premières fleurs (crocus, tulipes, etc.), la fonte de la neige, les grandes migrations des oiseaux…

Le sol s’assèche, non parce que mars est moins pluvieux, mais tout simplement parce que les hausses de températures agissent sur l’activité des micro-organismes, d’où une transpiration des sols plus intense. La terre exhale des parfums printaniers.

Selon la sagesse populaire :
"si février remplit les fossés, c’est à mars de les assécher"





Les impacts des oscillations du climat sur la nature


La simple observation de la floraison des plantes nous montre que, pour une espèce comme le lilas, elle peut débuter, suivant les années, entre le début avril et la mi-mai. Les printemps précoces succèdent ainsi aux printemps tardifs selon les cycles de plusieurs années, sans qu’il y ait rien d’"anormal" là-dedans. En revanche, une observation précise met en évidence que, depuis une vingtaine d’années au moins les printemps, les plus précoces sont sans cesse plus précoces, et que les plus tardifs sont toujours plus tardifs. Cette évolution à moyen terme à été également observée par des chercheurs anglais : à partir de l’étude de la date de floraison de 385 espèces végétales des îles Britanniques, ils ont mis en évidence que les plantes ont fleuri de 4 jours et demi à 15 jours plutôt durant la dernière décennie en comparaison avec les données recueillies sur les quarante années précédentes. Les chercheurs établissent clairement une relation entre ce phénomène biologique et l’augmentation des températures moyennes constatées dans le pays.
Une autre réalité peut brouiller la perception que nous avons du climat : celle des climats locaux. Car, contrairement à ce qu’on pense trop souvent, la Haute-Normandie n’est pas soumise à un climat purement océanique, mais à  différentes influences qui s’y rencontrent. C’est ainsi qu’il pleut deux fois plus, en moyenne, dans le centre du pays de Caux que dans certaines localités du sud-est de l’Eure. Des plantes à affinités méditerranéennes poussent sur nos coteaux les mieux exposés, tandis que les tourbières les plus fraîches abritent des végétaux reliques de la dernière glaciation. De quoi perdre ses repères…
Enfin, le sujet est scientifiquement complexe : les spécialistes eux-mêmes emploient beaucoup le conditionnel. Ils travaillent sur des modèles mathématiques, des scénarios, des simulations, de la prospective, donc de l’incertain.
AREHN infos, 31, mars-avril 2003

Ce graphique illustre les oscillations du climat


Les animaux au printemps



Les animaux ont différentes façons de passer l’hiver. Ceux qui, sédentaires, restent dans nos régions, s’adaptent à leur manière aux conditions climatiques : ce sont  les hivernants. Les moineaux, par exemple, ne seront pas affectés par la carence alimentaire et ils s’accommoderont de la nourriture présente sur leur lieu de vie.
Certains vont se protéger du froid en hibernant jusqu’au retour des beaux jours, vivant des réserves accumulées pendant la saison chaude. D’autres, enfin, partent en quête de nourriture et vers des contrées plus hospitalières. Ce sont les migrateurs, principalement les oiseaux.
Au printemps, les animaux qui vivaient au ralenti reprennent la vie active. Il n’est pas rare d’assister au spectacle de quelque parade nuptiale. Les transformations hormonales provoquent les premiers accouplements. Des insectes se métamorphosent, passant, par exemple, du stade de nymphe au stade adulte. C’est également le grand retour des oiseaux migrateurs et l’époque de construction du nid pour l’arrivée des petits.
"Mars, marseau,
Chaque brebis avec son agneau."


Hiberner : pour un animal, passer l’hiver dans un état d’engourdissement, d’inertie, d’inactivité.
Hiverner : pour un animal, séjourner dans un lieu pendant l’hiver.


Le réveil des hibernants



L’escargot


En automne, l’escargot pour se protéger de la neige et du gel, se retire au fond de sa coquille après l’avoir fermée avec un opercule calcaire.
Dès les premiers jours du printemps, à la fin du mois de mars, aux heures fraîches et pluvieuses, il sort de sa léthargie hivernale, rampe de nouveau sur la végétation en sécrétant de la bave, pâturant et déployant ses cornes.
C’est aussi la période des amours, et, bien que les escargots soient hermaphrodites, à la fois mâles et femelles, ils ont une reproduction sexuée. Deux gastéropodes se rapprochent, se redressent et se placent tête contre tête. L’un sort ses organes mâles tandis que l’autre sort ses organes femelles. La pariade terminée, ils se quittent à la recherche d’un autre partenaire pour l’un, tandis que l’autre attend quelques jours, voire quelques semaines, avant de pondre dans le sol une vingtaine d’œufs.
Un arrêté de 1979, interdit le ramassage des escargots de Bourgogne, escargots pesons et petits-gris pendant cette période jusqu’à l’été (du 1er avril au 30 juin). Ce texte de loi n’est malheureusement pas respecté, car trop peu rappelé ; il n’est pas assez explicite dans ses motifs.

Le hérisson


Depuis le mois d’octobre et jusqu’en avril, le hérisson hiberne dans un nid volumineux et bien rembourré. Son cœur ne bat plus qu’à 20 battements par minute au lieu de 180, et sa température baisse considérablement. Pendant cette période, si le temps se radoucit, il sort de son hibernation pour manger. A son réveil printanier, le hérisson part en quête de nourriture pour se requinquer et entamer sa période de reproduction. Durant plusieurs heures, le mâle poursuit la femelle en grognant jusqu’à se qu’elle soit conquise. Elle s’aplatit alors sur le sol et abaisse les piquants pour que le mâle grimpe sur son dos sans qu’il se blesse. Mais celui-ci reste très prudent et délicat car, au moindre geste brusque, les piquants de la femelle peuvent le transpercer.

Les abeilles


Pendant l’hiver, les abeilles vivent au ralenti. Elles utilisent les réserves récoltées durant la belle saison précédente. Mais dès les premières journées chaudes du printemps, les ruches reprennent vie. Pour compenser la mortalité importante chez les ouvrières nées à la fin de l’automne, les reines pondent une centaine d’œufs par jour, et, pour les plus anciennes et les plus fortes, jusqu’à 2 000 lorsque la saison s’avance. Trois semaines après les pontes, les premières nouvelles abeilles éclosent. Elles sont d’abord nourricières puis cirières. Elles veillent sur le couvain et ventilent la ruche. Au bout de vingt jours, elles sont gardiennes ou butineuses.
A l’extérieur, la nature est à l’unisson et les abeilles butinent insatiablement le pollen, nourriture riche en protéines indispensable pour la ruche et le nectar pour la fabrication du miel, source d’énergie. Si les températures sont favorables, une colonie de 60 à 80 000 abeilles peut récolter trois kilos de nectar en une journée.
Ces abeilles, outre qu’elles produisent du miel, assurent également la fonction primordiale de fécondation des végétaux, notamment les arbres fruitiers. En effet, quand elles butinent de fleur en fleur, elles transportent le pollen en garantissant ainsi leur pollinisation.

Le papillon citron


Pendant la période hivernale, le citron survit sous les feuilles mortes. Certains individus ne résisteront pas au froid. Ce papillon hiverne sous la forme adulte, alors que beaucoup d’autres espèces passent cette saison à l’état de chrysalide. C’est pour cette raison qu’il sera le premier à "papillonner" à l’arrivée du printemps. Les femelles déposent leurs œufs sur la bourdaine ou le nerprun, deux arbustes sauvages des forêts. Il en sortira des chenilles vertes, qui deviendront plus tard chrysalides. Après quelques semaines, celles-ci se déchireront, libérant les papillons.

Le crapaud commun


"Quand les crapauds chantent le beau temps s'avance."

En d’octobre ou novembre, les crapauds s’abritent dans des galeries sous terre pour hiberner discrètement jusqu’au printemps. Puis, en mars ou avril, lors de soirées humides et fraîches, ils rejoignent leurs lieux de ponte et de reproduction. Cette migration se déroule de manière très spectaculaire. C’est, en effet, un nombre considérable de mâles qui se dirigent d’un même mouvement vers les mares ou les étangs. Certains se cramponnent sur le dos des femelles, beaucoup plus corpulentes, pour se déplacer. Les femelles sont moins nombreuses que les mâles et il peut donc arriver que plusieurs congénères se disputent la même moitié au risque de l’étouffer sous leurs étreintes. Aussitôt fécondées, les femelles pondront leurs œufs dans l’eau, formant des grappes transparentes accrochées aux branches ou aux pierres. Ereintés par l’accouplement, les crapauds retourneront sur la terre pour s’alimenter.


Reproduction de crapaud commun
La femelle se dirige vers la mare pour aller se reproduire Plusieurs mâles se disputent une femelle
Le mâle grimpe sur le dos de la femelle pour
se déplacer vers la mare
Accouplement dans l’eau


Bouillie de crapaud autoroutière


Lors de leur migration massive, de nombreux crapauds communs connaissent une fin tragique en traversant les routes et les autoroutes. Les automobilistes, mal informés, écrasent des milliers de spécimens. Des "bouillies" de crapauds sont visibles sur les grands axes routiers...

Les "crapauducs"


Pour éviter ce carnage, un système pour la traversée des batraciens a été élaboré. Les "crapauducs" consistent à récupérer dans des caniveaux au bord des routes les crapauds, grenouilles, salamandres ou tritons, qui gagneront ensuite l’autre côté grâce à des tunnels aménagés sous la chaussée.


Quelques comportements



Le lièvre


Le lièvre s’accouple de décembre à août, mais c’est pendant la période printanière que l’activité est la plus intense. C’est le bouquinage. Les lièvres se regroupent dans des lieux très dégagés, au milieu des prés ou des champs, à certains moments de la journée, pour commencer leur parade nuptiale. Les bouquins, excités, pistent les hases à l’odeur. Ils se dressent sur leurs pattes de derrière et, avec celles de devant ils commencent une boxe comique en gesticulant dans tous les sens. Chaque bouquin tente d’impressionner son adversaire afin de prendre l’ascendant. Parfois, cette parade amusante a tendance à dégénérer.

Bouquin : lièvre mâle
Hase 
: femelle du lièvre


Le cerf


Dés le début du printemps, vers la fin mars, les jeunes mâles perdent naturellement et annuellement leurs bois. Les plus vieux les ont perdus depuis mi-février. C’est une mue qui renouvelle leur ramure à partir de la deuxième année de leur vie. Les bois sont composés d’os prolongeant leur crâne, appelé le pivot. Les bois du jeune cerf sont longs, puis, avec l’âge, ils raccourcissent et augmentent de volume. La chute des bois se fait au niveau du pivot, parfois, l’un après l’autre, ce qui occasionne un déséquilibre de la tête. Quand les cerfs ont perdu leurs bois, leur tête saigne, ils sont alors appelés "mulets". Les bois neufs repoussent rapidement. Un bourrelet apparaît à l’extrémité du pivot, qui s’allonge ; il est d’abord mou, recouvert d’une fine couche velue, nommé velours. La minéralisation va durcir les bois. Pour ôter le velours, gênant, les cervidés frottent leur tête contre les arbres. Les bois, d’abords blancs, brunissent pendant les jours qui suivent. Au mois de septembre, à la période du rut, les nouveaux bois seront complètements formés et les mâles déambuleront fièrement dans la forêt.

A noter :
Les bois tombés sur le sol de la forêt sont très riches en éléments fortifiants : sels minéraux, calcium et phosphates. Ils sont donc très appréciés comme nourriture par les renards, les blaireaux, les campagnols, les écureuils, les sangliers.


Le retour des oiseaux migrateurs



"Une hirondelle ne fait pas le printemps."

"Entre mars et avril, on sait si le coucou est mort ou en vie."

Ce n’est pas par la crainte du froid mais plutôt pour trouver de la nourriture ou un habitat que les oiseaux migrent vers les pays chauds.
Les premières migrations remontent aux dernières glaciations, où les oiseaux avaient pris l’habitude de se répartir très largement selon l’avancée ou le recul des glaciers. Certaines espèces ont fui le climat rude en migrant vers le sud, alors que, le réchauffement des régions boréales a permis aux espèces des pays chauds d’occuper plus d’espace en migrant vers le nord. La migration est ancrée dans le comportement biologique des oiseaux, mais tous ne sont pas migrateurs. Certains sont très sédentaires parce qu’ils ont assez de nourriture pendant l’hiver (moineaux, tourterelles turques, par exemple). Il y a également de "petits migrateurs" ne se déplaçant que sur de courtes distances. Par contre, les grands migrateurs parcourent de grandes distances, jusqu’à plusieurs milliers de kilomètres.

Progression migratoire de quelques oiseaux

Hirondelle de cheminée
Hirondelle de fenêtre
Martinet
Coucou gris
Extrait de : L’agenda du jardinier : Les oiseaux, terre vivante, 1990


Au printemps, les oiseaux migrateurs de retour de l’Afrique du nord, de l’Espagne ou du Portugal rejoignent les Pays scandinaves et baltes pour s’y reproduire, et passent par des couloirs de migrations qui traversent notre pays. Les grues cendrées font ainsi escale en France dans quelques sites humides, rarement en Haute-Normandie.

Calendrier de l’année des oiseaux en Seine-Maritime
Extrait de : La Seine-Maritime couleur nature : les oiseaux / Conseil général, AREHN



Présence des oiseaux en Haute-Normandie



Oiseau sédentaire : le moineau domestique

Moineau domestique


                       Nidification                                                                   Hivernage
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                       printemps                 été                  automne                  hiver


Oiseau migrateur nicheur : l’hirondelle de cheminée ou hirondelle rustique



                 Retour migration    Nidification    Départ migration et hivernage (pays chaud)
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                      printemps                 été                  automne                  hiver

Oiseau migrateur et hivernant : l’oie cendrée



Hirondelle de cheminée
             Passage - Migration                                                     Passage - hivernage
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                      printemps                 été                  automne                  hiver


Oiseau migrateur partiel : le rouge-gorge



                                                       Les 3 en même temps
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                      printemps                 été                  automne                  hiver


En hiver, on rencontre en Haute-Normandie des rouges-gorges sédentaires et d’autres originaires des contrées plus septentrionales, qui ont migré.

Oiseau sédentaire : espèce qui reste sur place toute l’année.
Nidification : construction du nid pour la reproduction et l’élevage des petits. Oiseau migrateur : espèce qui se déplace sur un rythme saisonnier, souvent sur plusieurs milliers de kilomètres.
Migrateur partiel : espèce dont une partie des populations est sédentaire et l’autre migratrice.


Premières observations printanières des oiseaux migrateurs en Haute-Normandie en 2002



Espèces
Eure
Seine-Maritime
Espèces
Eure
Seine-Maritime
Sarcelle d'été
28 mars
14 mars
Rougequeue à front blanc
14 avril
04 avril
Bondrée apivore
24 mars
 
Traquet tarier
27 avril
20 avril
Faucon hobereau
13 avril
05 mai
Traquet motteux
07 avril
17 mars
Petit gravelot
30 mars
07 mars
Rousserolle effarvatte
04 mai
11 avril
Tourterelle des bois
23 avril
20 avril
Rousserolle verderolle
 
21 avril
Coucou gris
03 avril
02 avril
Locustelle tachetée
18 avril
23 avril
Martinet noir
15 avril
26 avril
Phragmitre des joncs
14 avril
23 mars
Hirondelle de rivage
11 avril
14 avril
Fauvette babillarde
 
21 avril
Hirondelle de cheminée
03 avril
02 avril
Fauvette grisette
10 avril
02 avril
Hirondelle de fenêtre
14 avril
26 avril
Fauvette des jardins
18 avril
04 mai
Pipit des arbres
13 avril
 
Pouillot fitis
20 mars
24 mars
Berg printanière
30 mars
 
Gobemouche gris
03 mai
04 mai
Rossignol philomèle
04 mai
31 mars
Loriot d'Europe
07 mai
28 mai
Gorge-bleue
 
23 mars
     


La végétation au printemps



La nature suit le rythme des saisons parce qu’elle s’adapte aux conditions météorologiques. Elle  a besoin de la chaleur et de la lumière pour s’épanouir. En hiver, au contraire, la végétation entre en dormance. Cet état de sommeil résulte de l’arrêt ou du ralentissement de la croissance et du développement.
Du fait de la dormance, les graines ne germent pas en hiver, même si les conditions climatiques deviennent passagèrement favorables.

La dormance est un état de ralentissement des processus vitaux des végétaux. D’où des changements morphologiques (perte des feuilles, apparition de bourgeons écailleux sur les arbres), des changements biologiques (interruption de la circulation de la sève, respiration ralentie).


L’avancement du printemps



Evénement
Date moyenne*
Dates extrêmes**
Floraison du cornouiller mâle et du prunier myrobolan (vallée de la Seine)
4 février
25 janvier - 10 mars
Floraison du prunellier, du prunier et du pêcher
7 avril
20 mars - 2 mai
Floraison du merisier et du cerisier
11 avril
27 mars - 2 mai
Floraison du pommier
22 avril
7 avril - 13 mai
Floraison du lilas
10 avril
7 avril - 17 mai
Floraison du sureau
19 mai
7 mai - 13 juin
Première fraise
7 juin
29 mai - 16 juin
Floraison du tilleul
20 juin
9 juin - 27 juin
* Début de la floraison en Haute-Normandie, à l’intérieur des terres, sur les plateaux. Dans les vallées, les floraisons se produisent une à deux semaines plus tôt que sur les plateaux.
** Entre 1982 et 1997. Années les plus précoces : 1994 et 1997. Année la plus tardive : 1986. Année correspondant le mieux à la moyenne (en fait la médiane) : 1988.

La végétation puise dans le rayonnement solaire l’énergie qui lui est nécessaire pour se développer, grandir et fleurir. C’est le soleil qui provoque la levée de la dormance.
Au début du printemps, les pousses issues des rhizomes, des bulbes et autres organes souterrains des plantes, se fraient un passage à travers la terre et les feuilles mortes pour atteindre la lumière. Les feuilles vertes collectent l’énergie solaire pour la transformer en nourriture grâce à la photosynthèse ; à l’air elles prennent le dioxyde de carbone alors que les racines aspirent l’eau contenant des sels minéraux. La plante produit tant de nourriture qu’elle peut faire des réserves pour l’hiver et elle peut former rapidement des bourgeons. Beaucoup de plantes conservent leurs réserves dans des graines.
 
Rhizome : tige souterraine servant d’organe de réserve et qui produit des pousses aériennes.
Bourgeon : excroissance de la tige formée d'éléments riches en cellules en voie de multiplication.
Graine : partie des plantes à fleurs qui assure la reproduction sexuée. Ovule fécondé, apte à donner naissance à une nouvelle plante.

A l’arrivée des premiers rayons de soleil, les arbres ne sont pas encore recouvert de feuilles, ainsi la flore des forêts utilisent l’énergie solaire pour fleurir.
Exemple du tussilage ou pas-d’âne : c’est l’une des premières plantes à ouvrir ses fleurs. Ce n’est que plus tard, qu’il développe ses feuilles en parapluie et les dirige vers le soleil afin de puiser l’énergie solaire. La photosynthèse agit. Pendant l’hiver, le tussilage conserve dans ses racines et rhizomes le surplus d’énergie collecté pendant la belle saison, sous forme de sucres, ce qui lui permettra de démarrer sa croissance dès le début du printemps suivant.

Tussilage ou pas-d’âne

Photosynthèse des végétaux



Source : Nature : écosystème et biodiversité, AREHN


Les arbres fruitiers


Au début du printemps, beaucoup d’arbres fruitiers fleurissent avant que les feuilles n’apparaissent. Selon les espèces, cette floraison s’étale entre mars (pour les pêchers, les abricotiers, les pruniers) jusqu’au mois de mai (pour les pommiers). Ensuite, ces fleurs blanches ou roses se transforment en fruits, à condition qu’elles soient  pollinisées par les insectes, notamment les abeilles.

Pollinisation : processus du transport du pollen des anthères aux stigmates pour la fécondation.



Fécondation de la fleur des arbres fruitiers
(Nature et jardin, 13, avril 1996)


L’explosion des bourgeons ou le débourrement



Si les arbres reverdissent en quelques jours, en d’avril, c’est qu’ils s’étaient déjà préparés l’été précédent. Un paysage de bois nu peut se transformer en une avalanche de feuillage d’une semaine à l’autre.

L’arbre laisse tout simplement crever l’enveloppe des bourgeons contenant les feuilles plissées. En juin de l’année précédente était apparu juste au-dessus du point d’attache de chaque feuille, à l’aisselle du pétiole, un petit renflement : l’embryon du bourgeon.

Attachées les unes aux autres, les futures feuilles constituent à ce stade un ensemble encore mal organisé. Mais à l’automne, les cellules s’activent et les feuilles se formeront complètement.

Lors de la brusque augmentation de la durée du jour, le débourrement commence : les cellules s’allongent subitement, gonflant le bourgeon qui finit par éclater.



Débourrement ou éclatement du bourgeon (Nature et jardin, 2, avril 1995)


Eclatement de bourgeon de l’hêtre

 "Le bourgeon de mars
Remplit les chars
Celui d'avril le baril
Celui de mai le chai."


"Le plus timide bourgeon est la preuve qu'il n'y a pas de mort réelle."


La pollinisation des fleurs



Pourquoi la pollinisation ?


Les plantes ont pour la plupart une reproduction sexuée, d’où la nécessité du transport des grains de pollen (agents mâles de la fécondation) vers les stigmates (extrémités des organes femelles).
Les fleurs des pommiers et des poiriers, par exemple, sont hermaphrodites : elles contiennent des organes mâles et des organes femelles, mais elles ne sont pas autofécondables (sauf quelques exceptions). Il faut que le pollen soit transporté d’un individu à l’autre.


Comment est transporté le pollen ?


Par les insectes, et en particulier les abeilles, chez une majorité de plante à fleurs. Les abeilles récoltent sur les fleurs le nectar sucré, ainsi que le pollen, qu'elles accumulent sur leur troisième paire de pattes, munies de poils durs et formant une corbeille à pollen. Passant de fleurs en fleurs, elles répandent un peu de ce pollen et permettent ainsi la fécondation des fleurs. Certaines espèces d’abeille, comme les abeilles maçonnes (Osmia rufa et Osmia cornuta) se mettent au travail plus tôt au printemps que d’autres espèces, permettant ainsi la pollinisation des espèces à floraison hâtive.
Le vent est également un transporteur de pollen, qu’il disperse un peu partout au hasard.

Abeille récoltant le pollen sur une anémone sylvie

A noter :
C’est au cours du mois d’avril que l’on peut distinguer, grâce à leur fleur, les pieds mâles et femelles du peuplier. Les fleurs qui émettent du "coton" sont celles d’un arbre mâle.

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