Plantes dépolluantes mieux respirer grâce aux plantes vertes !

Décembre 2008
En matière de pollution, on a longtemps ignoré l’environnement intérieur où nous passons 90 % de notre temps. Il est aujourd’hui acquis que nos logements sont autant pollués, voire plus, que l’environnement extérieur. Les matériaux que nous utilisons pour la construction, l’aménagement et l’entretien des bâtiments émettent des polluants qui nuisent à notre santé.
Les plantes d’intérieur peuvent jouer un rôle contre cette pollution. Elles font discrètement le ménage en absorbant les produits chimiques présents dans l’air que nous respirons.
Voici un petit aperçu des plantes à installer dans chaque pièce de sa maison.




Les polluants



Ammoniac


  • Produits ménagers et de bricolage.

  • Benzène


  • Encres, peintures, colles, plastiques, détergents, fumée de cigarette, produits de bricolage, ameublement, matériaux de construction ou de décoration, etc.
  • Classé comme cancérigène avéré par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC). L'inhalation de benzène peut occasionner des somnolences, des vertiges, une accélération du rythme cardiaque, des maux de tête, des tremblements, la confusion ou la perte de connaissance.

  • Formaldéhyde


  • Bois aggloméré, peintures, colles, moquettes, papiers peints, carton, détergents, laine de verre, laine de roche, adhésifs, textiles (notamment tissus infroissables), produits de consommation, fumée de cigarette, émanations des livres et magazines, vernis, adhésif, cosmétiques, assouplissants, produits de combustion (chauffage, appareils de cuisson, véhicules automobiles), etc.
  • Classé aujourd’hui comme « cancérigène certain » par le CIRC, le formaldéhyde peut être à l’origine de cancers de la cavité buccale, des fosses nasales et des sinus. Mais les premiers symptômes sont l’irritation, une sensation de brûlure temporaire (yeux, nez, gorge), la toux et une respiration sifflante.

  • Monoxyde de carbone


  • Fumées, chauffe-eau à gaz, combustion de gaz, fumée de cigarettes.
    Il est présent dans les maisons par la mauvaise évacuation des produits de combustion, par l’absence de ventilation des pièces, du défaut d’entretien des appareils de chauffage, ou de production d’eau chaude.
  • C'est la première cause de mortalité par intoxication d’origine domestique, en France. Le monoxyde de carbone inhalé se fixe facilement et rapidement sur l’hémoglobine à la place de l'oxygène, provoquant une intoxication. Les symptômes sont : nausées, vomissements, vertiges, pertes de connaissance, coma et, enfin, mort. La gravité de ces symptômes dépend de la durée d’exposition et de la concentration en monoxyde de carbone de l’air inhalé.

  • Toluène


  • Vernis, peintures, colles, moquettes, tapis, produits de traitement du bois (même dits "à l’eau"), savons et laques, teintures et solvants.
  • Il est nocif par inhalation ou ingestion. Ses vapeurs peuvent causer des maux de tête, des nausées, des vertiges, de la somnolence, de la confusion et de l’incoordination. Il peut provoquer une irritation cutanée et oculaire, ainsi qu’une fragilisation capillaire.

  • Trichloréthylène


  • Colles, vernis, peinture, dégraissants.
  • Classé comme cancérogène probable chez l’homme par le CIRC.

  • Xylène


  • Colles, vernis, peintures, insecticides.
  • Maux de tête, étourdissements, nausées, vomissements, perte d’équilibre et (à plus forte dose) irritations de la peau, des yeux, du nez et de la gorge.

  • Les polluants sont partout


    La pollution de l’air intérieur a pris des formes nouvelles. L’introduction massive de produits chimiques (aérosols, produits d’entretien ou de bricolage, cosmétiques…) dans nos logements en est devenue la principale cause, aggravée par une isolation de plus en plus performante qui limite le renouvellement de l’air.
    Voir aussi : Pollution intérieure : les gestes "santé" - Collection Connaître pour agir


    Les plantes



    Pourquoi avoir choisi de les mettre dans ces pièces là ?


    Toutes les plantes n’ont pas les mêmes vertus d’épuration. Certaines agissent plus que d’autres, ou uniquement sur certains polluants. Il est donc préférable de placer plusieurs espèces dans une pièce lorsqu’elles ont des actions complémentaires.
    Les besoins en lumière n’ont pas été pris en compte lors de la répartition des plantes dans chaque pièce.

    Quelles sont les plantes les plus performantes ?


    Les plantes retenues dans notre maison virtuelle sont considérées comme les plus efficaces parmi celles qui ont été testées. Mais les travaux ont été réalisés en laboratoire et non pas en conditions réelles.
    Les listes de Wolverton et la synthèse réalisée par Geneviève Chaudet et Ariane Boixière dans "Les plantes dépolluantes" peuvent être utilisées comme base.

    Quelle quantité de plantes doit on mettre pour dépolluer sa maison ?


    Plus il y a de plantes dans la maison, plus l’air est sain, et plus l’humidité qu’elles dégagent est bonne pour la santé. Cet effet se vérifie aussi avec les plantes volumineuses au feuillage abondant qui constituent des filtres plus efficaces contre la pollution. Les recherches réalisées jusqu’à maintenant ne permettent pas de donner de conseils plus précis.

    Comment une plante purifie l’air ?


    La plante purifie l’air de deux manières différentes :
    Stomate : organe microscopique de l’épiderme des feuilles servant aux échanges gazeux
  • Par les feuilles : les polluants pénètrent dans les feuilles par les stomates. Une fois captés, ils sont stockés puis transformés. Ils sont transportés jusqu’aux racines où ils sont dégradés et transformés en nutriments par des microorganismes y vivant.
  • Par les racines : les racines et les microorganismes présents dans le substrat terreux fonctionnent comme des filtres. Les polluants entrant en contact avec le sol y sont fixés. Les microorganismes qui vivent autour des racines participent au processus en dégradant les polluants. Ensuite les polluants sont éliminés ou stockés par la plante.


  • Les plantes purifient l’air également grâce à la photosynthèse. Dans la nature, il s’établit un équilibre permanent entre la respiration des animaux, qui consomme l’oxygène de l’air (O2) et libère du gaz carbonique (CO2), et la photosynthèse des végétaux qui puise le CO2 et libère de l’O2. Cela n’est possible qu’en présence de chlorophylle. Par conséquent, tous les végétaux chlorophylliens (au feuillage vert) sont capables, par le biais de la photosynthèse, de renouveler l’air ambiant en captant le CO2 et en libérant l’oxygène.

    Les limites de la dépollution par les plantes


    Les plantes n’ont pas présenté une efficacité suffisante pour qu’elles se substituent à l’aération des locaux.
    Renouveler l’air le plus souvent possible reste essentiel pour diminuer la pollution intérieure, suivi de l’élimination des poussières et du choix des matériaux de construction et de décoration. Les produits d’entretien doivent être employés avec modération.

    Les recherches




    NASA : National aeronautics and space administration
    Les facultés de dépollution des plantes d’intérieur sont connues depuis 1989. C’est Bill Wolverton,  ingénieur à la NASA, qui, dès les années 1970, étudie la capacité d’absorption de plusieurs composés chimiques par les végétaux. Depuis longtemps, la NASA savait que les matériaux constituant les parois et le mobilier dégagent différents composés chimiques qui polluent l’air intérieur et entraînent des problèmes de santé. C’est le fameux "mal des buildings". L’homme lui-même est source de pollution lorsqu’il séjourne trop longtemps dans un espace confiné.
    Une cinquantaine de plantes d’intérieur, parmi les plus courantes, sont ainsi testées. Les recherches de Bill Wolverton sont ensuite reprises par plusieurs équipes à travers le monde et approfondies. Elles ont contribué à établir la notion de "qualité de l’air intérieur".

    En France, l’association Plant’Airpur voit le jour en 2000. Elle a pour but de diffuser les résultats des études du scientifique américain. En 2004, l’association s’associe à la Faculté des Science de Lille et au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Ils lancent le programme Phyt’Air pour observer les capacités épuratoires de trois plantes : Chlorophytum, Dracaena maginata et Scindapsus aureus. Au cours du déroulement de ce programme les plantes ont été exposées à une dose unique de polluant et en concentration importante. Le programme "Phyt’air II" expose actuellement les plantes à des doses de polluants plus faibles, plus proche des conditions réels.


    Pour en savoir plus



    Livres


    Plantes dépolluantes (les) / Boixière, Ariane ; Chaudet, Geneviève. Paris : Rustica, 2007, 127p.
    Disponible au Centre de documentation de l’AREHN
    Plantes dépolluantes pour la maison (les) / Grollimund, Marc ; Hannebicque, Isabelle. Paris : Ulmer, 2008, 127 p.
    Disponible au Centre de documentation de l’AREHN
    Nos maisons nous empoisonnent. Guide pratique de l'air pur chez soi / Mear, Georges. Mens : Terre Vivante, 2004, 192 p.
    Disponible au Centre de documentation de l’AREHN
    Habitat sain et sans allergène / Haut, Paul de. Paris : Eyrolles, 2008, 278 p.
    Disponible au Centre de documentation de l’AREHN
    Plantes qui purifient l’air de votre maison (les) / Baudet, Cécile ; Guihard, Marie Dominique ; Mayer, Emmanuelle. Paris : Anagramme éditions, 2007, 124 p. (collection Vivons bio)
    Grande aventure des plantes d’intérieur (la) / Domec, Laurent. Paris : Editions Alternatives, 2008, 138 p.

     

    Articles de revue 


    Plantes dépolluantes (les) / Deslandres, Fanny. EKWO, octobre-décembre 2008, n° 23, pp. 30-32
    Disponible au Centre de documentation de l’AREHN
    Plantes dépolluantes (les) / Cuny, Damien. Ecologiste (l'), automne 2008, n° 27, pp. 64-65
    Disponible au Centre de documentation de l’AREHN
    Plantes d'intérieur : nos plus belles alliées / Hampikian, Sylvie. Quatre saisons du jardin bio (les), janvier-février 2009, n° 174, pp. 70-74
    Disponible au Centre de documentation de l’AREHN
    Plantes purifient l'air (les) / Petitjean, Marie-Françoise ; Chaudet, Geneviève. Jardins de France, septembre 2007, n° 579, 27-31
    Disponible au Centre de documentation de l’AREHN
    Mieux respirer grâce aux plantes dépolluantes / Sallé, Caroline. Le Figaro.fr vert, 2 février 2009

    Sur internet


  • Plant’airpur - Association pour la promotion de l’utilisation des plantes dans la vie quotidienne
  • Observatoire de la qualité de l’air intérieur
  • Terre vivante
  • Site du docteur Wolverton - scientifique américain à l’origine de la recherche sur l’épuration de l’air par les plantes
  • Centre scientifique et technique du bâtiment
  • Plantes dépolluantes
  • Guide : les plantes purifient l’air intérieur de nos bâtiments - Plant’airpur