Les muséums d'histoire naturelle haut-normands
Février 2004
Le musée d’Elbeuf déménage
Le musée municipal d'elbeuf a fermé ses portes en décembre 2008. Il les rouvrira en 2010 dans les anciennes usines Blin et Blin réhabilitées, situées cours Gambetta à Elbeuf.
Qu'est-ce qu'un muséum d'histoire naturelle ?
Un muséum d'histoire naturelle se définit par la nature du patrimoine qu'il conserve. Ce dernier est composé de nombreuses collections minérales, végétales, animales. Il permet d'apprécier l'évolution de la vie et de la Terre.
Pourquoi et par qui les muséums ont-ils été créés ?
A partir du XVI
e siècle, d'importantes expéditions partent explorer d'autres continents. Des colonies françaises ont rapportées de nombreux objets, plantes, animaux souvent inconnus. Plusieurs savants et amateurs de cette époque se mettent alors à collectionner ces curiosités. On parle alors de "cabinets de curiosités", lieux où sont présentés une multitude d'objets rares ou étranges représentant les trois règnes (animal, végétal et minéral). Les collections deviennent de plus en plus importantes, et l'idée germe de les réunir pour permettre à d'autres de les découvrir. C'est le début des muséums d'histoire naturelle.
Linné (Carl Von) (1707-1778) : naturaliste et écrivain suédois. On lui doit la mise au point en botanique, puis en zoologie, d'une nomenclature binaire, dans laquelle chaque être vivant est désigné par un nom de genre et un nom d'espèce.
Lamarck (Jean-Baptiste de Monet) (1744-1829) : naturaliste français, il s'occupa de botanique avant d'être nommé professeur à la chaire des animaux sans vertèbres du Muséum national.
Cuvier (Georges) (1769-1832) : zoologiste et paléontologue français. Fondateur de l'anatomie comparée, il prouva également l'existence d'espèces disparues grâce à des fossiles et fonda la paléontologie.
Le Muséum national d'histoire naturelle
Louis XIII acheta dès 1633 un terrain pour y créer le "Jardin royal des plantes médicinales", mais ce ne fut que deux ans plus tard qu'il signa les premiers statuts du futur Muséum nationale d'histoire naturelle. C'est par le décret de la Convention du 10 juin 1793 que le Muséum succède officiellement au Jardin du roi. Il se doit d'étudier et d'enseigner la géologie, la minéralogie, la zoologie, la botanique, l'anatomie et la chimie. Les cours qu'on y dispensait étaient alors publics, gratuits et non sanctionnés par des examens. On y venait pour entendre de célèbres savants comme Buffon, Jussieu,
Linné,
Lamarck,
Cuvier relater leurs découvertes à travers le monde. Le Muséum s'est adapté aux techniques nouvelles et à l'actualité scientifique. Chaque discipline fut partagée entre plusieurs laboratoires, et de nouvelles matières apparurent, comme la physico-chimie, l'évolution des systèmes naturels, la biologie moléculaire... Aujourd'hui, le Muséum possède le plus grand nombre d'espèces d'oiseaux naturalisés au monde, 8 millions de planches constituant le plus grand herbier jamais rassemblé, 26 laboratoires et une zoothèque, creusée à 13 mètres de profondeur, qui a pour fonction de conserver des animaux naturalisés et disparus. Malheureusement, tout ceci n'est pas entièrement visible par le public.
La nomenclature
Nomenclature : termes techniques d'une discipline, présentés selon un classement méthodologique.
Binaire : qui met en jeu deux éléments.
Binomiale : qui utilise une suite de deux noms pour désigner une espèce, selon le système créé par Linné.
La
nomenclature adoptée pour les êtres organisés est celle régie par les congrès internationaux. Elle est
binaire et
binomiale, c'est-à-dire que chaque être est désigné par un nom de genre, suivi d'un nom d'espèce. L'exemple suivant montre la manière de lire et d'interpréter une étiquette.
Exemple :
Seiche commune
Sepia officinalis Lam.
Le nom de genre est "seiche" ; "commune" correspond à l'espèce. Il 'autres espèces dans le genre seiche. Les mêmes noms sont répétés en latin, généralement suivis d'un nom indiqué par une abréviation tel que Cuv. pour Cuvier ; Lam. pour Lamarck. Ce nom est celui du naturaliste qui a fait connaître, qui a décrit l'espèce. Parfois, un nom placé plus bas sur l'étiquette est une indication géographique qui donne la région où l'objet a été recueilli.
Le Muséum de Rouen
Historique
Pouchet (Félix-Archimède) (1800-1872) : médecin biologiste et naturaliste rouennais (biographie).
Flaubert (Achille-Cléophas) (1821-1880) : chirurgien rouennais.
Pennetier (Georges) (1836-1923) : médecin et naturaliste rouennais.
Régnier (Robert) (1894-1965) : zoologiste.
C'est au marquis de Martainville, maire de Rouen, que l'on doit la création du Muséum d'histoire naturelle de Rouen. Il est officiellement fondé par décision municipale le 29 octobre 1828, et situé dans un ancien couvent édifié vers 1640 portant le nom de "Dames de la Visitation" ou "Dames Visitadines", dans l'enclave Sainte-Marie.
Félix-Archimède Pouchet y est désigné directeur. Il fait des études de médecine sous la direction du
docteur Flaubert à l'Hôtel Dieu de Rouen, puis continue sa brillante carrière à la Faculté de Paris, où il devient docteur en médecine. Là, il ne fait qu'accroître sa passion pour les sciences naturelles et décide d'être naturaliste et non pas médecin. Il ouvrira les portes du Muséum au public le 20 juillet 1834. C'est un précurseur, l'un des premiers à avoir rendues populaires les sciences naturelles. A sa mort, en 1872,
Georges Pennetier lui succède, développant alors les collections régionales et présentant des mises en scènes dans des décors naturels que l'on appellera "dioramas", une première française, avec la salle "Aviculture normande". Il meurt en 1923. En 1924, le nouveau conservateur -
Robert Régnier - multiplie ces dioramas et simplifie les présentations dans un but pédagogique. Ses qualités d'organisateur et de collectionneur trouvent dans cet établissement un champ immense à défricher. Il en fait un des plus beaux et des plus riches musées de province. Il publie d'ailleurs d'importantes études sur le rôle et l'organisation des musées de la préhistoire normande. Il décède en 1965. Depuis la création du Muséum de Rouen jusqu'en 1965, seulement trois directeurs se sont succédé ! Depuis décembre 1996, le Muséum est malheureusement fermé au public pour des raisons de sécurité.
Les collections
Elles représentent environ 700 000 objets (2500 m² sur cinq étages). L'homogénéité des collections est due en grande partie aux trois conservateurs. Les longues salles d'époque font du Muséum de Rouen un lieu rempli d'histoire. Les collections sont enrichies par des achats, mais surtout par des donations d'institutions, de scientifiques, amateurs collectionneurs comme l'amiral J.-B. Cécille en 1839 et 1844, Léon Méhédin en 1905, Jules Adeline en 1909, Edouard Delamare-Debouteville en 1896 et les membres de la société des amis des sciences naturelles.
Les collections sont présentées dans :
La galerie des mammifères, la plus grande du Muséum, tout en longueur avec des vitrines remplies d'animaux tels que des tatous, un mouflon à manchette (Ovis tragelaphus), un ours blanc (Ursus maritimus), une panthère, des éléphants d'Asie, un tigre royal d'Inde (Panthera tigris), un bœuf musqué du Groenland (Ovibos moschatus), des gorilles, un lion du Sénégal (Panthera leo), des squelettes...
La salle des poissons, reptiles et batraciens : un requin renard (Alopias vulpes), une grenouille taureau (Rana mugiens) conservée dans du formol, des poissons normands comme le turbot ou le carrelet, la murène, des serpents et monstruosités de la nature, comme un chaton à deux têtes, un autre à la tête horrifiante, des porcelets à une tête mais deux corps et huit pattes, ou encore un veau à deux têtes.
La salle de paléontologie, remplie de fossiles et de cristaux.
La salle des invertébrés : limules, papillons, éponges, hannetons, libellules, sauterelles, poulpes, le tout du monde entier.
Des dioramas normands composés d'espèces comme le loup, le lièvre... ; une ferme normande.
Gould (John) (1804-1881) : ornithologue anglais (biographie).
La galerie des oiseaux avec de petits dioramas par milieux naturels, des rapaces, un pic-vert, un diamant de Gould, un courlis cendré, une marouette ponctuée, un squelette d'autruche, un ibis rouge...
La salle d'anatomie et embryologie avec des cires anatomiques faites par J.-B. Laumonier, ou des squelettes d'hommes, de femmes, d'enfants et même de fœtus.
La salle d'ethnographie et de préhistoire, avec un guerrier japonais du XVIIIe siècle, la statue d'une femme aztèque, des masques de danse de Nouvelle-Zélande, une proue sculptée de pirogue et des objets préhistoriques classés par périodes.
La bibliothèque
Depuis la création du Muséum, un fonds documentaire prestigieux a été rassemblé. En 1978, le premier centre de documentation sur le milieu naturel (CDM) en France ouvre ses portes au public, afin d'informer sur un domaine novateur qu'est l'environnement. En 1982, ce centre devient autonome et prend la forme d'une association. Il quitte alors les locaux du Muséum en restant néanmoins très proche de celui-ci pour occuper l'ancienne faculté de médecine et de pharmacie. En 1989, le centre change de nom, car l'appellation est mal comprise, pour devenir l'Observatoire régional de l'environnement. En 1996, celui-ci donne naissance à l'Agence régionale de l'environnement de Haute-Normandie (AREHN), qui possède environ 16 000 ouvrages sur la nature et l'environnement et gère le "fonds précieux" du Muséum. 140 périodiques sont régulièrement reçus et 400 autres titres sont en réserve. 5 000 dossiers thématiques sont alimentés régulièrement par les documentalistes. Un fonds régional important peut également être consulté.
Société des amis des sciences naturelles et du Muséum de Rouen
Toujours dynamique aujourd'hui, elle propose des sorties mycologiques, entomologiques, botaniques, spéléologiques. Elle organise des conférences et participe activement au salon des champignons, qui a lieu chaque automne.
Le Musée municipal d'Elbeuf
Historique
Noury (Pierre) (1818-1894) : naturaliste et ornithologue français.
Installé depuis 1883 au rez-de-chaussée de l'Hôtel de Ville d'Elbeuf, ce musée a été créé pour abriter la remarquable collection ornithologique de
Pierre Noury qui, après avoir été préparateur au Muséum national d'histoire naturelle, vient vivre à Elbeuf en 1856. Cette collection constitue toujours le fonds ornithologique du musée. Un comité se forma en 1880 dans le but d'ouvrir une souscription publique pour un achat de cette collection au bénéfice de la Ville d'Elbeuf. Huit cents souscripteurs répondirent à cet appel. Le ministère de l'Instruction publique accorda une subvention. L'histoire naturelle était alors très en vogue à Elbeuf, et il fut décidé de constituer une "Société d'enseignement mutuel des sciences naturelles" ; depuis 1884, elle porte le nom de "Société d'étude des sciences naturelles d'Elbeuf". La première réunion eut lieu le 4 décembre 1881. Après plusieurs reports, la ville accepta la donation de la collection Noury et le musée fut inauguré le 15 mars 1884. On fêtera donc ses 120 ans ce mois-ci (mars 2004) ! Pierre Noury en fut bien évidemment désigné conservateur.
Naturaliser : empailler un animal mort, c'est-à-dire le préparer afin de le conserver et de lui donner l'apparence de la vie, de lui garder son aspect naturel.
Le musée était surtout riche en oiseaux. Cela tenait de la spécialisation de Noury, qui fut le premier à
naturaliser des oiseaux "en vol" alors qu'à cette époque ils étaient naturalisé posés ou au repos. Il s'employa à enrichir les collections grâce à des acquisitions et de nombreux dons. Il mourut le 8 novembre 1894 à l'âge de 76 ans et laissa la ville d'Elbeuf en deuil. Bien d'autres personnes contribuèrent au développement du musée après la mort de Noury. On citera Léon Coulon, Gabriel Loisel et Charles Brisson, sans oublier les membres de la Société d'étude des sciences naturelles d'Elbeuf.

Le Musée municipal d'Elbeuf.
Les collections
Sciences naturelles
On peut y voir :
Une étonnante collection de rapaces européens, plusieurs dizaines de colibris plus jolis les uns que les autres, des oiseaux d'eau, des passereaux, des gallinacés. Le tout est animé dans une salle par une borne interactive où l'on peut écouter leur chant.
Des mammifères et un diorama sur les principaux mammifères des forêts normandes.
Une superbe collection de roches et minéraux qui brillent par leur couleur et leur éclat.
Une salle sur le règne animal où l'on découvre comment les êtres vivants se sont adaptés et ont évolués et comment certains ont disparu par notre faute. C'est pourquoi il est important aujourd'hui de les protéger !
Une salle "préhistoire" qui présente l'évolution, l'outillage, le mode de vie de nos ancêtres, de l'australopithèque à l'Homo sapiens.
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Rapace. |
Mammifères des forêts normandes. |
Collection de roches et de minéraux. |
Ethnographie régionale
La salle gallo-romaine regorge d'objets de la vie quotidienne, dont certains proviennent des fouilles effectuées au Val Caron, à Elbeuf, et d'autres de la nécropole d'Uggate à Caudebec-lès-Elbeuf.
Et aussi...
Une exposition permanente de tableaux du peintre elbeuvien Raymond Dendeville mais également d'Emile Minet, Berthe Mouchel, Jules Lemaître.
Le métier à tisser "Jacquard", qui fut introduit à Elbeuf en 1830.
Et une salle qui accueille les expositions temporaires que réalise le musée (1er trimestre 2004 : "20 000 couleurs sous les mers", une exposition sur les coraux).

"20 000 couleurs sous les mers".
Ossements de dodo.
Le don du siècle : une espèce disparue...
Un don surprenant de P. Carié en 1923 : les ossements d'un dodo (
Raphus cucullatus) très rare car on ne compte plus que 3 ou 4 squelettes dans le monde. Cet oiseau appartenant à la famille des pigeons, vivait autrefois sur l'île Maurice dans l'Océan Indien. Moins d'un siècle après la découverte de cette île par les Hollandais, cette espèce endémique disparu en 1681. Cet oiseau, qui atteignait 75 cm et dépassait les 20 kg, ne pouvait malheureusement pas voler du fait de ses ailes réduites. Il fut pourchassé tant par les hommes, que par les chats et les porcs.
Société d'étude des sciences naturelles d'Elbeuf
Cette société est toujours bien vivante, la preuve en est la mission scientifique de l'été 2004 au Spitzberg, dans l'archipel du Svalbard, en Norvège. Démarrée depuis l'an dernier, celle-ci permettra à 17 membres de la société d'effectuer des fouilles pour rapatrier le squelette d'un plésiosaure, reptile ayant vécu sur Terre il y a cent quarante millions d'années.
Le Muséum du Havre
Historique
Le Muséum du Havre fut fondé officiellement en décembre 1840, grâce à l'obstination de Guillaume Lennier. Après avoir élevé un bâtiment sur un terrain loué à la Marine nationale et bien évidemment soumis aux servitudes militaires, il fut prié par un jugement administratif de le démolir dans un délai d'un mois.
Lesueur (Charles-Alexandre) (1778-1846) : voyageur et peintre-naturaliste havrais.
Se voyant ainsi menacé de perdre en un jour le fruit de plusieurs années de travail, et pour ne pas disperser les belles collections (comme celle de Lesueur), il décida de céder ses collections à la Ville du Havre. Le 22 juillet 1843, le Maire de la Ville, Lemaistre, posait la première pierre du Musée-Bibliothèque, qui ouvrit provisoirement le 25 août 1845.
Charles-Alexandre Lesueur en fut nommé conservateur.
Le musée fut inauguré définitivement le 2 janvier 1847. A la mort de Lesueur, en 1846, Guillaume Lennier lui succéda et fut chargé de la classification des collections. Puis, son fils Gustave, naturaliste et géologue, fut appelé à lui succéder en 1859.
Détruit entièrement en septembre 1944 par un bombardement, le Muséum ne réouvrira ses portes qu'en 1973 dans l'Ancien Palais de Justice datant du XVIII
e siècle.

Muséum du Havre (A. Havard / Muséum du Havre).
Les collections
Lors de sa réouverture en 1973, il ne reste que quelques unes des pièces les plus importantes, et en particulier les documents concernant Charles-Alexandre Lesueur, avec sa riche collection de dessins et d'aquarelles évacuée dès le début de la guerre. Malheureusement, les collections de poissons, de mollusques, de minéraux, de fossiles et de pièces ethnographiques que Lesueur avait su rassembler ont été détruites en quelques heures par les bombardements libérateurs de septembre 1944. Mais de nouvelles collections font alors leur apparition.
En 1964, une collection ornithologique de 744 espèces est acquise, puis des mammifères, reptiles et poissons vont permettre de reconstituer des collections alors très incomplètes. Des lépidoptères nocturnes sont offert au muséum par l'ancien consul britannique du Havre (collection Wilshire). En botanique, un herbier datant du XVIII
e siècle, composé de plusieurs centaines de planches, rejoint le fonds. Mais beaucoup de ces collections sont conservées en réserve faute de place. Patrimoine unique enrichi sans cesse par des dons et legs, c'est aussi une des plus riches collections en France d'œufs de dinosaures.
Le muséum renferme également :
Botanique : étude des végétaux.
Malacologie : étude des mollusques (animaux invertébrés terrestres ou aquatiques, à corps mou).
Entomologie : partie de la zoologie qui traite des insectes.
Zoologie : étude des animaux.
Minéralogie : science qui traite des minéraux.
Ethnographie : étude descriptive des divers groupes humains.
Un fonds important en botanique, malacologie, entomologie, zoologie, minéralogie, ethnographie, préhistoire...
Une ruche vivante.
Un vivarium qui permet de recréer une chaîne alimentaire de taille réduite avec des phasmes, des blattes géantes (du Pérou et de Madagascar).
Un deuxième vivarium abrite temporairement des espèces capturées dans le port du Havre, comme des serpents, geckos, agames qui proviennent d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique du Sud.
Une salle de minéralogie aménagée comme une caverne, avec très peu d'éclairage, renfermant des gypses, agates, roses des sables géantes, quartz...
Une autre de paléontologie et de préhistoire où l'on peut découvrir des fossiles (ammonites, nautiles, huîtres, oursins...) et des collections importantes de silex, et d'œufs de dinosaures, un stégosaure normand de plus de 155 millions d'années...
Une salle de zoologie qui présente des espèces animales dans leurs milieux naturels, comme des renards, blaireaux, loups... et des oiseaux du monde entier et de la région (mouettes, goélands, cormorans, albatros...) mis en scène dans un diorama.

Paléontologie (A. Havard / Muséum du Havre).
Et la collection Lesueur...
Terres Australes : ancien nom de l'Australie.
Paléontologie : science des êtres vivants ayant existé au cours des temps géologiques, et qui est fondée sur l'étude des fossiles.
Stratigraphie : étude de la succession des dépôts sédimentaires à la surface de la Terre.
Arago (François) (1786-1853) : astronome, physicien et homme politique français.
Vélin : peau de veau mort-né, plus fine que le parchemin ordinaire.
D'une valeur scientifique inestimable, la collection Lesueur doit son nom à Charles-Alexandre Lesueur, un dessinateur havrais qui, en 1800, partit pour sa première expédition maritime avec "Le Géographe" et "Le Naturaliste" vers les
Terres Australes. Il travaille alors avec des zoologistes, dont François Péron qui l'initia aux sciences de la nature. Ces deux naturalistes collecteront durant ce voyage 180 000 espèces, dont 2 500 totalement inconnues. Lesueur dessina également les habitants de Tasmanie, disparus aujourd'hui. Ce sont leurs uniques représentations. Il réalisa de nombreuses études descriptives lors de son voyage aux Etats-Unis, de 1816 à 1837, où il découvrira de nouvelles espèces animales et se fera le témoin de l'installation des colons européens dans les régions de Pennsylvanie, Ohio, Indiana, Missouri, Tennessee, Louisiane...
A son retour, il termine enfin les études
paléontologiques et
stratigraphiques des falaises du Havre qu'il synthétisera dans une lithographie. Cette étude sera présentée à l'Académie des Sciences en 1844, par
Arago.
La collection Lesueur compte 8 000 documents datant du XIX
e siècle. Elle se compose de textes imprimés, de manuscrits, de croquis, de dessins, de gravures et d'aquarelles sur papier et sur
vélin, dont les superbes "Méduses de la Manche".

Charles-Alexandre Lesueur.
La recherche
Depuis les années 1970, l'arrivée de Gérard Breton, docteur ès sciences, a permis au Muséum du Havre de devenir un lieu de référence scientifique régional, national et international. Un laboratoire de géologie a été aménagé pour sauvegarder certains objets fragiles, et sa maîtrise du moulage en fait un pôle spécialisé et réputé en la matière. La première thèse française sur la préhistoire normande y a été rédigée et le Prix de la culture scientifique et technique lui a été attribué pour son programme de biologie sous-marine. Ce programme a permis de réaliser des recherches sur la faune et la flore du bassin du Havre, et notamment de découvrir dans le port du Havre des proliférations d'espèces exotiques telles que Hemigrapsus sanguineus et Hemigrapsus penicillatus (petits crabes japonais), Hindroides ezoensis (algue), Trecellaria inopinata (bryozoaire écouvert pour la première fois en 1986 dans la lagune de Venise et repéré depuis dans le port du Havre), Ensis directus (petit couteau américain, découvert par Gérard Breton en décembre 2003 dans le port du commerce du Havre), la petite méduse Cononemer vertens... Le Muséum organise des cycles de conférences à destination du grand public et anime des ateliers pédagogiques pour les scolaires sur la faune et la flore.
La bibliothèque scientifique
Reconnue d'utilité publique, on y trouve une importante collection d'ouvrages anciens sur les sciences naturelles. Un fonds précieux constitué de 18 000 documents (thèses, revues, tirés à part, cartes géologiques et topographiques). Spécialisée dans les sciences de la Terre, on lui accorde pour cela d'être l'une des premières bibliothèques scientifiques de Normandie. Une pièce est consacrée à la collection Lesueur. Des scientifiques viennent du monde entier pour consulter ces documents.
Société géologique de Normandie et des amis du Muséum du Havre
Véritable institution, elle propose un calendrier annuel très varié avec des excursions, des visites, des colloques, des conférences à des amateurs où bien des chercheurs sur la géologie, la paléontologie, l'archéologie, la préhistoire, la botanique, l'ornithologie, la biologie, la zoologie...
Adresses utiles
BIBLIOTHEQUE SCIENTIFIQUE DU MUSEUM DU HAVRE ET DE LA SOCIETE GEOLOGIQUE DE NORMANDIE ET DES AMIS DU MUSEUM DU HAVRE
Fort de Tourneville
55, rue du 329e
76620 LE HAVRE
Tél. : 02 35 54 17 32
DIRECTION REGIONALE DES AFFAIRES CULTURELLES
Cité Administrative
76032 ROUEN CEDEX
Tél. : 02 35 63 61 60
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier
75005 PARIS
Tél. : 01 40 79 30 00
http://www.mnhn.fr
MUSEE MUNICIPAL D'ELBEUF
Hôtel de Ville
Place Aristide Briand
76500 ELBEUF
Tél. : 02 32 96 90 15 / Fax : 02 35 89 22 78
MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE DE ROUEN
198, rue Beauvoisine
76000 ROUEN
Tél. : 02 35 71 41 50 / Fax : 02 35 15 45 64
E-mail :
museum@rouen.fr
MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE DU HAVRE
Place du Vieux Marché
76600 LE HAVRE
Tél. : 02 35 41 37 28 / Fax : 02 35 42 12 40
http://www.ville-lehavre.fr/museum.htm
E-mail :
museum@ville-lehavre.fr
SOCIETE D'ETUDE DES SCIENCES NATURELLES D'ELBEUF
Maison de la nature du district d'Elbeuf
Place Mendès France
B. P. 57
76320 SAINT-PIERRE-LES-ELBEUF
Tél. : 02 35 87 07 95 (répondeur)
SOCIETE DES AMIS DES SCIENCES NATURELLES ET DU MUSEUM DE ROUEN
Hôtel des Sociétés Savantes
190, rue Beauvoisine
76000 ROUEN
SOCIETE GEOLOGIQUE DE NORMANDIE ET DES AMIS DU MUSEUM DU HAVRE
Fort de Tourneville
55, rue du 329e
76620 LE HAVRE
Tél. : 02 35 54 17 32
Sites Internet
Muséum national d'histoire naturelle - page consultée le 26 février 2004
http://www.mnhn.fr
Musée municipal d'Elbeuf - page consultée le 26 février 2004
http://www.mairie-elbeuf.fr
Muséum d'histoire naturelle du Havre - page consultée le 26 février 2004
http://www.ville-lehavre.fr/museum.htm
Horaires d'ouverture au public
MUSEE MUNICIPAL D'ELBEUF
Périodes scolaires : mercredi, samedi et dimanche de 14h30 à 17h30
Vacances scolaires : du mardi au dimanche de 14h30 à 17h30
Vacances d'été (juillet, août, septembre) : du mardi au samedi de 14h30 à 17h30
Fermé tous les jours fériés de l'année
MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE DE ROUEN
Fermé au public
MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE DU HAVRE
Tous les jours sauf le mardi de 14h30 à 17h30
et le mercredi, samedi et dimanche de 10h à 11h30 et de 14h30 à 17h30
BIBLIOTHEQUE SCIENTIFIQUE DU MUSEUM DU HAVRE ET DE LA SGNAMH
Le mercredi, jeudi et vendredi de 14h à 17h45, le jeudi et le samedi de 9h à 11h45
Bibliographie
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