Bains de mer, plages et crustacés...

Juin 2006
Plage de Veules-les-Roses
La période estivale est propice aux petites virées au bord de la mer : baignade, loisirs, pêche… Au moment d’en profiter, chacun est en droit de s’interroger sur la qualité de l’eau des plages, et ce qu’on peut ramasser ou pêcher en Haute-Normandie.


Qualité sanitaire des baignades en mer



Pourquoi des contrôles de qualité sur les eaux de baignade ?


Les stations d’épuration nettoient les eaux usées et les rejettent dans le milieu naturel. Mais elles ne traitent qu’une faible partie de la charge microbienne des eaux usées, issue notamment des matières fécales. Lorsque ces eaux sont rejetées dans la mer (ou dans les eaux douces), les germes survivent un certain temps. Les baigneurs sont aussi porteurs de germes, augmentant ainsi les risques de contamination (affections respiratoires ou digestives).

Les eaux de baignade réglementées Les normes de qualité ont été fixées par la directive européenne n° 76/160/CEE du 8 décembre 1975, qui prévoit un suivi obligatoire de la qualité des eaux de baignade. Une nouvelle version de la directive a été publiée dans le journal officiel de l’Union européenne du 4 mars 2006. Après plusieurs négociations, cette nouvelle directive a été adoptée en janvier par le Parlement européen et largement approuvée par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Elle prévoit une réglementation simplifiée et beaucoup plus efficace que la précédente. En effet, cette dernière version fait passer le nombre d’indicateurs de matières fécales à 2 au lieu des 19 prévus dans le texte précédent. Les pays européens ont deux ans (mars 2008) pour transposer cette nouvelle directive.

Modalités de la surveillance


Dans un premier temps, la surveillance sanitaire consiste à faire un état des lieux détaillé sur le site de baignade et son environnement : géographie physique, origine de l’eau, présence de rejets dans la zone.
Cet examen permet de définir, en un seul point, la zone de baignade et le site de prélèvements. Plus précisément, la surveillance de la qualité des eaux de baignade (eaux douces et eaux de mer) se situe dans les zones dites fréquentées de façon répétitive ou de fréquentation ponctuelle lors de la saison estivale, et cela à partir de dix baigneurs.

A l'échelon européen, le classement est basé, d’une part, sur la conformité des paramètres microbiologiques liés à la présence de germes pathogènes témoins de la contamination fécale dans les eaux (contrôle sur les coliformes totaux, les coliformes fécaux ou Escherichia coli et les streptocoques fécaux ou entérocoques intestinaux)
Il comprend, d’autre part, la vérification des paramètres physico-chimiques : coloration, huiles minérales, substances tensioactives, phénols, mousse, transparence. Ils font l’objet d’une mesure ou d’une évaluation olfactive ou visuelle. D’autres paramètres sont parfois pris en considération : nitrates, pH, phosphates, micropolluants…

Qui contrôle ?


Tout au long de l’année, et tout particulièrement en période estivale (la saison balnéaire pour les baignades en mer est fixée du 15 juin au 15 septembre), les eaux de baignade sont contrôlées par les agents des services santé-environnement des directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS). Ce contrôle permet d’assurer la protection sanitaire des baigneurs. En France, le coût annuel est estimé à plus de 3,8 millions d’euros !
Les prélèvements et les analyses sont réalisés par des laboratoires agréés au titre du contrôle sanitaire des eaux par le ministère chargé de la Santé.

Les prélèvements


Pour chaque point de contrôle, la réglementation oblige à au moins un prélèvement vingt jours avant la saison estivale et un prélèvement tous les quinze jours pendant la période. Par contre, lorsque les lieux de baignade sont conformes lors des deux années antérieures, il est possible de n’effectuer qu’un seul prélèvement par mois.
En 2005, dans le département de la Seine-Maritime, 11 prélèvements ont été effectués pour les 13 communes déjà classées conformes lors des deux saisons précédentes et de 20 à 22 pour les 10 non conformes auparavant.

L’interprétation


L’interprétation de chaque analyse

Paramètres
G (*)
I (**)
Microbiologie
- Coliformes totaux
100
10 000
- Escherichia coli / 100 ml
100
2 000
- Streptocoques fécaux / 100 ml
100
Physico-chimie
- Coloration
-
Pas de changement anormal de la couleur
- Huiles minérales (mg/l)
< 0,3
Pas de film visible à la surface de l’eau et absence d’odeur
Substances tensioactives réagissant au bleu de méthylène (mousses)
(en mg/l de laurylsulfate)
< 0,3
Pas de mousse persistante
Phénols (indices phénols) en mg/l de phénol (C6H50H)
< 0,005
Aucune odeur spécifique
Transparence (en mètres)
2
1
(*) G : niveaux guide, caractérisant une bonne qualité pour la baignade
(**) I : impératif, constituant la limite supérieure au-delà de laquelle l’eau de baignade est considérée comme mauvaise

L’interprétation statistique en fin de saison
A l'issue de la saison estivale, un classement des plages est établi à partir de l'ensemble des mesures enregistrées.

Qualité A : eaux de bonne qualité (conformes à la directive européenne), lorsque les résultats sont inférieurs aux nombres guides (G)
Qualité B : eaux de qualité moyenne (conformes à la directive européenne), lorsque les résultats obtenus sont supérieurs aux nombres guides (G) mais restent inférieurs aux nombres impératifs (I)
Qualité C : eaux pouvant être momentanément polluées (non conformes)
Qualité D : eaux de mauvaise qualité (non conformes)

En cas de non-respect de ces seuils, la baignade peut être interdite et une enquête est menée pour rechercher les causes de pollution.

Et les résultats ?


Les résultats de ces contrôles doivent être obligatoirement affichés sur les lieux de baignade et en mairie.

"Le Maire est tenu d’informer le public par une publicité appropriée, en mairie et sur les lieux où elles se pratiquent, des conditions dans lesquelles les baignades et les activités nautiques sont réglementées, ainsi que des résultats des contrôles de la qualité des eaux de ces baignades, accompagnés des précisions nécessaires à leur interprétation."

Il est également possible de s’informer sur la qualité des eaux de baignade auprès des services santé-environnement de la DDASS.
Un rapport national des ministères de la Santé et de l’Environnement est disponible sur le site Internet du ministère de la Santé : http://baignades.sante.gouv.fr. Depuis 2002, les résultats en temps réels sont mis à la disposition du public.
Chaque année, avant la saison estivale, un point presse est organisé au niveau local par la DDASS de la Seine-Maritime, concernant l’état des plages.

Pour la saison balnéaire 2005, en Haute-Normandie, 23 lieux de baignade en mer, tous situés en Seine-Maritime, ont fait l'objet d'une surveillance sanitaire en application de la directive européenne du 8 décembre 1975. La campagne de contrôle s’est déroulée du 6 juin au 6 septembre dans les lieux habituellement fréquentés et non interdits de façon permanente. Les 349 prélèvements et analyses représentatifs réalisés ont permis les classements suivants :
- 9 plages classées en qualité A
- 14 plages classées en qualité B

Tableau des résultats pour l’année 2005


Points de baignade
Commune
Classement
Criel-Plage Criel-sur-Mer
Mesnil-Val Criel-sur-Mer
Dieppe-Plage Dieppe
Puys Dieppe
Etretat-Plage Etretat
Fécamp Plage Fécamp
Pourville Hautot-sur-Mer
Le Havre-Plage Le Havre
Quiberville-Plage Quiberville
Saint-Aubin-Plage Saint-Aubin-sur-Mer
Saint-Jouin-Plage Saint-Jouin-Bruneval
Les Petites-Dalles Saint-Martin-aux-Buneaux
Saint-Martin-Plage Saint-Martin-en-Campagne
Saint-Pierre-en-Port Saint-Pierre-en-Port
Saint-Valery-Plage Saint-Valery-en-Caux
Sainte-Adresse-Plage Sainte-Adresse
Sainte-Marguerite-Plage Sainte-Marguerite-sur-Mer
Les Grandes-Dalles Sassetot-le-Mauconduit
Le Tilleul / La Poterie Cap d’Antifer Le Tilleul
Le Tréport-Plage Le Tréport
Veules-Plage Veules-les-Roses
Veulettes-Plage Veulettes-sur-Mer
Yport-Plage Yport
Bonne qualité Qualité moyenne Momentanément polluée Mauvaise qualité

Nombre de plages classées en Seine-Maritime



 
2001
2004
2005
Qualité A
9
12
9
Qualité B
12
11
14
Qualité C
3
1
0

En France, en 2004, 96 % des plages sont conformes aux seuils fixés par la réglementation européenne contre 55 % en 1980.

Précautions à prendre


Afin d’éviter les risques d’infection liés à la baignade, il est vivement recommandé de se baigner dans les eaux de qualité A ou B, de respecter les avis d’interdiction prononcés par les communes et de ne pas se baigner après un orage (lessivage des trottoirs).


Qualité sanitaire des baignades en mer



Le Pavillon bleu


Le Pavillon bleu est un label créé en 1985 par l'Office français de la Fondation pour l'éducation à l'environnement en Europe. Il permet de distinguer et valoriser les communes et les ports de plaisance qui proposent des efforts et des actions en faveur de l’environnement et de l’accueil du public. Le Pavillon bleu, apprécié notamment des touristes étrangers, est attribué chaque année, aux communes volontaires sur la base de quatre critères : environnement, gestion des déchets, gestion de l’eau et éducation et sensibilisation du public à l’environnement.

Pour les ports de plaisance candidats, sont pris en considération : la sensibilisation et l’éducation du public à l’environnement, la gestion du site, celle du milieu et celle des déchets.
Hissé sur une commune, le Pavillon bleu garantit une image positive et dynamique auprès des habitants, mais aussi des touristes de plus en plus soucieux de la qualité environnementale dans le choix des destinations de vacances. Ce label est donc de plus en plus sollicité par les collectivités.
Pour l’obtenir, il faut bien entendu le mériter, mais aussi le conserver ce qui demande des efforts considérables. Ceux-ci sont souvent récompensés, car les médias sont friands de ce palmarès annuel : communiqués de presse, émissions de radio et de télévision, journal télévisé… autant de bonne publicité gratuite qui ne se refuse pas !
En France, le Pavillon bleu a récompensé pour la saison 2006, 95 communes et 268 plages. Les chiffres restent stables (97 l’an dernier et 96 en 2004 pour les communes).
Voir la carte du palmarès des Pavillons bleus pour l’année 2006 :

Ce sont les élus qui en parlent le mieux...


Francine Valetoux, adjointe au maire chargée du tourisme à la Ville du Havre : "Dans l'esprit des visiteurs, la cause est entendue. Ils savent que les villes lauréates s'engagent à proposer et à préserver un environnement de qualité. (...) Ce Pavillon bleu retrouvé, c'est aussi la récompense de la politique menée par notre ville en matière de préservation de l'environnement."
Le Havre Presse, 12/06/03

Pavillon bleu en Haute-Normandie


Cette année, en Haute-Normandie, les ports du Havre et de Saint-Valery-en-Caux se sont distingués, ainsi que la commune du Havre. Depuis plus de dix ans, le Pavillon bleu flotte sur le port de Saint-Valery-en-Caux, garantissant auprès des plaisanciers qui font escale dans ce port une qualité irréprochable et faisant la fierté de Patrick Estève, gestionnaire du port. D’ailleurs, de grands travaux d’aménagements sont d’ores et déjà prévus pour 2007, dans l’espoir d’une nouvelle année récompensée par ce fameux Pavillon bleu.
La commune du Havre met en oeuvre un programme de gestion des eaux pluviales (bassins d’orages) et maintient tout l’été une "cabane point info" pour rappeler les règles de sécurité, et informer le public sur la protection de la nature, les gestes à adopter, etc.

Le port de plaisance de Saint-Valery-en-Caux


L'avant-port de Saint-Valery-en-Caux.
Le port de plaisance de Saint-Valery-en-Caux est implanté au cœur de la station balnéaire, situé dans un des plus verdoyants vallons du littoral cauchois, à égale distance de Dieppe et de Fécamp, à 60 km de Rouen et à 180 km de Paris. Le port se compose d'un avant-port et d'un port à flot. Il a la particularité d'être à la fois un port de plaisance et un port de pêche. Il possède 600 places de port à flot, bien protégé contre les intempéries. Tous ses équipements (pontons, électricité, bloc sanitaire...) ont été remis à neuf ces dernières années.

Le port de plaisance du Havre


Sur les pontons de la Marina du Havre, on découvre une rade réputée pour les nombreuses régates qui se déroulent toute l'année et ses événements nautiques de renommée internationale. Le port est accessible à toute heure de la marée et par tous les temps. Le Havre offre, de plus, sa richesse culturelle et architecturale, sa plage et son littoral.

Attention !


Dans les critères de sélection du Pavillon bleu, un petit hic subsiste : la propreté de l’eau ne se considère qu’à l’œil nu (absence d’huile, hydrocarbures ou d’objet…). La qualité de l’eau n’est pas prise en compte. C’est d’ailleurs un problème majeur pour la DDASS, qui n’est plus consultée dans l’attribution des Pavillons bleus : "Depuis plusieurs années, nous n’avons plus notre mot à dire, nous ne sommes plus du tout impliqués dans le choix des communes et ports de plaisance", déplore Paul Mallard de la DDASS de Seine-Maritime dans un article paru dans Liberté Dimanche du 4 juin 2006. D’ailleurs, une plage peut-être labellisée d’un Pavillon bleu et classée non conforme par la DDASS, d’où l’importance de consulter les résultats communiqués par celle-ci.

Pavillon noir


Le Pavillon noir est attribué par la Surfrider Foundation Europe, une association de surfeurs. Les surfeurs sont particulièrement concernés par la pollution des eaux, qui est synonyme pour eux, encore plus que pour les autres usagers de la mer, de gastroentérites, infections cutanées et otites. C’est pourquoi la Surfrider Foundation Europe décide, en 1993, de créer les Pavillons noirs afin de mieux informer le public sur les pollutions des eaux.

En 1997, l’association publie la carte des mauvaises gestions littorales. En 2005 et 2006, les Pavillons noirs ne sont pas de la partie, car l’association préfère concentrer toute son énergie, son expérience et ses compétences au service des élus et aider ainsi les communes à lutter efficacement contre les pollutions des eaux.
Surfrider Foundation Europe : http://www.surfrider-europe.org/

En 2002, la Seine-Maritime se retrouve sur le siège des accusés. En effet, la plage de Veules-les-Roses se voit attribuer un Pavillon noir. La pollution bactériologique est d’ailleurs confirmée par les services sanitaires de la DDASS, qui classent cette plage en catégorie C.
Les causes de cette pollution sont liées aux forts épisodes pluvieux entraînant le mélange des eaux usées et des eaux pluviales qui sont rejetées directement dans la mer. Dès la saison 2002, des travaux d’assainissement sont engagés par la commune, qui résout le problème rapidement.

L'état de propreté du sable


Le sable peut-être également propice à quelques affections dermatologiques. Sa propreté est évidemment pris en compte dans l’agrément de la baignade. L’utilisation des désinfectants étant interdite depuis le 22 avril 1990 par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) en raison des dangers qu’ils représentent pour la santé, il est recommandé aux communes de ramasser systématiquement les déchets "jetés" sur la plage et d’y interdire la présence d’animaux domestiques.
Par précaution, il est recommandé aux baigneurs d’utiliser serviettes ou matelas propres, de respecter l’interdiction concernant la présence des animaux domestiques et de déposer les déchets dans les poubelles prévues à cet effet !

Attention, déchets !


L’abandon des déchets dans la nature a un impact important. Certains sont même dangereux : piles, batteries, huiles de vidange… D’autres ont une longue "durée de vie" dans l’environnement.


Infographie : A. Dudouble / AREHN

Les déchets abandonnés sur la plage ont une particularité en plus : ils s’envolent, flottent et coulent au fond de la mer, bref, ils disparaissent de notre vue et ils ne sont plus "gérables", alors que les déchets sur terre sont repérables ! Ces macrodéchets sont de véritables dangers pour les animaux aquatiques qui les absorbent, provoquant des occlusions intestinales, des étouffements, des enchevêtrements. La présence de substances toxiques (biphénols et phtalates des plastiques) affecte la fécondité des espèces qui les consomment : tortues, oiseaux, mammifères marins et poissons.
Le 4 juin 2006, dans le cadre de la "Journée mondiale de l’océan", les plongeurs de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM), en partenariat avec Longitude 181 Nature et l’association Mer Terre, lancent une campagne de sensibilisation sur l’impact des macrodéchets rejetés dans les eaux douces et en mer. Cette opération "macrodéchets" a pour objectif de sensibiliser et d’informer le public sur les quantités de déchets repérés et observés tout au long de l’année sur différents sites. Ces informations sont récoltées par l’Observatoire des déchets en milieux aquatiques (ODEMA).

Données issues du bilan 1998-2003 de l’activité de nettoyage sur les plages de Dieppe et Le Tréport par l’association Estran service littoral (Haute-Normandie)



Infographie : A. Dudouble / AREHN

Le ministère en faveur du littoral


Nelly Olin, ministre de l’Ecologie et du Développement durable, a lancé le 11 juin 2006 la campagne "Ports et littoral propres". Pendant tout l’été, 10 000 affiches en français et en anglais seront diffusées sur les 5 500 km de côtes du littoral français par les acteurs du littoral, partenaires de la campagne. Le but de cette campagne est de sensibiliser les utilisateurs du littoral sur les conséquences des déchets ménagers.
http://www.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=1288r

La pêche à pied



La pêche à pied, qu’est-ce que c’est ?


La pêche à pied,
une tradition régionale.
Comme son nom l’indique la pêche à pied se pratique à pied en parcourant l’estran découvert. Cela implique, d’une part, que la mer soit basse et d’autre part, être muni d’un matériel aisément transportable par une personne seule. C’est aussi le ramassage d’animaux fixes ou peu mobiles et assez visibles.

Tradition haut-normande


De tout temps, les haut-normands vivant près du littoral ont été à la mer pour y ramasser moules, vigneaux et crustacés. Un espace considéré comme libre où l’on pouvait, et l’on peut toujours d’ailleurs, se servir des ressources marines. La pêche à pied est aussi une activité appréciée des estivants, liant les plaisirs de se retrouver en famille et de goûter aux saveurs de la mer.

Pêcher quoi ?


La Côte d’Albâtre abrite surtout, outre des gros crustacés, les bouquets, les moules et les vigneaux. Le secteur qui va du port d’Antifer jusqu’à Veulettes se distingue par sa richesse en espèces. En effet, sur les 180 espèces d’invertébrés recensées sur les estrans haut-normands, 130 sont installées dans le secteur, de même que 70 espèces d’algues sur 72.
Les plus belles moulières, quant à elles, se situent vers Sainte-Adresse, Octeville, Bracquemont et Criel. Elles colonisent aussi bien les structures portuaires que les platiers rocheux, au niveau des résurgences d'eau douce. Les moules se nourrissent de plancton présent dans l'eau de mer.

Qualité des produits de la pêche


Les coquillages présentent un intérêt nutritionnel indéniable mais, d’un point de vue sanitaire, ils peuvent faire l’objet de différents types de contamination liées aux pollutions, notamment pour les moules. Ces dernières filtrent, pour se nourrir, de grandes quantités d’eau et concentrent dans leur chair de nombreux éléments polluants pouvant être nocifs pour la santé du consommateur. Le risque d’intoxication est réel et, pour certains contaminants, les effets sur l’organisme humain peuvent se déclarer après une longue période d’accumulation de faibles doses.

Risques sanitaires


Selon le type de contaminants - microbiologiques, chimiques… - véhiculés par les apports terrestres, issus des activités humaines (urbaines, agricoles ou industrielles), et les particularités physiologiques des coquillages, on distingue plusieurs types de risques sanitaires liés à leur consommation lorsqu’ils proviennent des gisements concernés par des pollutions.

Nature des principaux contaminants
Effets sur la santé
Germes pathogènes Gastroentérite, hépatite A (effets rapides)
Phytoplancton (micro-algues toxiques) Maux de ventre, vomissements, diarrhées (effets rapides)
Métaux lourds (cadmium, plomb, mercure) Accumulation à long terme dans l’organisme : les concentrations élevées peuvent toucher le système nerveux, le système rénal, le système sanguin…


Réglementation


Le décret n° 90-618 du 11 juillet 1990 relatif à l'exercice de la pêche maritime de loisir définit la pêche de loisir et ses conditions.
- Article 1 : [...] est autorisée comme pêche maritime de loisir, la pêche dont le produit est destiné à la consommation exclusive du pêcheur et de sa famille et ne peut être colporté, exposé à la vente, vendu sous quelque forme que ce soit, ou acheté en connaissance de cause. Elle est exercée soit à partir de navires ou embarcations autres que ceux titulaires d'un rôle d'équipage de pêche, soit en action de nage ou de plongée, soit à pied sur le domaine public maritime ainsi que sur la partie des fleuves, rivières ou canaux où les eaux sont salées.
- Article 2 : La pêche maritime de loisir est soumise aux dispositions [...] applicables aux pêcheurs professionnels en ce qui concerne la taille minimale des captures autorisées, les caractéristiques et conditions d'emploi des engins de pêche, les modes et procédés ainsi que les zones, périodes, interdictions et arrêtés de pêche.

Suivi de la qualité des gisements de pêche à pied


Sur les sites faisant l’objet d’une fréquentation habituelle par les amateurs de pêche à pied, les services santé-environnement des DDASS ont mis en place un réseau de surveillance sanitaire conformément à la position du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) émise en sa séance du 13 juin 1995 et réaffirmée dans une circulaire interministérielle du 1er mars 1997.
En Normandie, un suivi de la qualité sanitaire du milieu littoral a été conjointement mis en place par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et les DDASS des départements littoraux normands en 1998. Ce réseau de mesures vise à connaître, en particulier, la qualité des coquillages exploités en pêche à pied de loisir. En Seine-Maritime, les recherches s’effectuent sur les gisements de moules.
L’Ifremer est chargé par l’Etat de la surveillance permanente de la qualité microbienne, phytoplanctonique et chimique de ces zones de production.

Comment ?


Le choix des sites de pêche à pied qui seront l'objet de prélèvements répond à quelques critères déterminés préalablement : une bonne accessibilité, une densité de coquillage suffisante, un taux de fréquentation régulier par les pêcheurs à pied.
Par conséquent, huit gisements de moules sont retenus en Seine-Maritime pour les prélèvements et les analyses financés par l’Agence de l’eau et la DDASS : Octeville, Saint-Jouin-Bruneval, Yport, Bracquemont, Varengeville sur Mer, Berneval-le-Grand, Penly et Le Tréport.

Les principaux paramètres suivis sont la bactériologie (E. Coli, streptocoques fécaux) et les métaux lourds (plomb, cadmium, mercure).

Résultats des analyses


Il existe quatre classes de qualité des coquillages. Les produits commercialisés font l’objet d’un contrôle sanitaire qui permet de classer les zones de production selon la qualité sanitaire des coquillages
Zone A : commercialisation sans traitement particulier
Zone B : commercialisation après reparcage ou purification légère
Zone C : commercialisation après reparcage ou purification intensive
Zone D : commercialisation et pêche interdite

Les interdictions


En respectant quelques consignes simples il est possible de pêcher sans craindre de désagréments. Pour cela, il est important de prendre note des interdictions permanentes de la pêche à pied en vertu de l’arrêté préfectoral daté du 1er juillet 1998 dans les zones suivantes :

- Interdictions permanentes :
- une zone de 300 mètres à l’entrée des ports
- une zone de 300 mètres à l’embouchure des rivières
- une zone de 500 mètres à partir du point zéro des cartes autour des centrales nucléaires de Paluel et Penly
- les zones de clappage
- zone "Le Havre/Antifer" (concentration élevée en contaminants – Zone D)

- Interdictions temporaires
La prolifération de certaines espèces de plancton toxiques (Dinophysis) peut épisodiquement, en été, colorer l’eau de mer et provoquer l’apparition de phycotoxines dans la chair des moules. D’où une importante surveillance et des arrêtés de fermeture sont parfois nécessaires.
Alors avant toute pêche, il est vivement conseillé de consulter la presse locale et le panneau d’affichage de la mairie.

Comment bien pêcher ?


- Choisir un bon site
- c’est lors des marées les plus basses que le risque de contamination des coquillages est le plus faible
- les jours qui suivent les fortes pluies sont fréquemment la cause de la dégradation de la qualité des coquillages
- ne pêcher que dans les zones de qualité, classées A ou B (pour la zone B prévoir une cuisson très longue pour garantir une élimination significative de la contamination microbiologique)

- Bien pêcher
- pêcher des spécimens vivants immergés ou récemment émergés
- respecter les tailles minimales de capture fixées par la réglementation (préservation les espèces)
- rafraîchir les coquillages lors de la pêche
- replacer les cailloux retournés dans leur position initiale (respect de la faune)
- ne pêcher que le nécessaire à sa consommation (ne pas piller les fonds)

- Bien consommer
- laver soigneusement les coquillages
- ne pas laisser les coquillages à la chaleur
- consommer les coquillages le jour même
- la longue cuisson permet de tuer les germes


Quelques conseils


- Ne pas aller pêcher seul
- Prévenir quelqu’un de l’endroit et de l’heure du retour
- S’écarter le plus possible des falaises en raison des nombreuses chutes de pierre
- Prendre connaissance de l’heure de la marée montante (presse locale, indicateurs de marée…)
- Ne pas manipuler d’objet suspect, ne pas poser les pieds dessus (déchets dangereux, engins de guerre explosifs… )
- Emporter une boisson pour éviter la déshydratation
- Respecter les interdictions d’accès
- Prévoir des vêtements et chaussures adaptés
- Penser que le téléphone portable ne fonctionne pas près des falaises
- La vente des produits issus de la pêche de loisir est interdite
- Le platier peut être entièrement recouvert par l'eau à marée haute. Même un nageur expérimenté a peu de chances d'échapper au puissant ressac chargé de galets qui le projettera contre la falaise. Les pointes et les "portes" entre les caps d'Antifer et Fagnet sont à connaître, car le platier, étroit, y est rapidement recouvert par la mer. Se renseigner sur les horaires de marée et sur les endroits infranchissables à marée haute.



Etrille.


Moules.


Vigneaux.


Tourteau.


Respectons les tailles minimales pour préserver les ressources :



Espèce
Taille minimale
Période de pêche
Moules 4 cm Toute l’année
Tourteau 5 cm dans la plus petite longueur et 14 m dans la plus grande Du printemps à l’été
Crevettes grises  3 cm (longueur totale) En hiver et parfois jusqu’au printemps
Homard 8,5 cm dans la plus petite longueur et 24 cm dans la plus grande Du printemps jusqu’à fin juillet
Araignée 12 cm (hauteur de la carapace) Du printemps à la fin de l’été
Etrille 5 cm (hauteur de la carapace) Du printemps à la fin de l’été


Adresses utiles



AGENCE DE L'EAU SEINE NORMANDIE
Délégation régionale de Haute-Normandie
Imm Camaïeu
4 rue Grand-Feu
BP 1174
76176 ROUEN CEDEX
Tél. : 02 35 63 61 30
Site : http://www.eau-seine-normandie.fr
 
Délégation au littoral et à la mer
21, rue de l'Homme-de-Bois
14600 HONFLEUR
Tél : 02 31 81 90 00 / Fax : 02 31 81 90 09
 
AGENCE REGIONALE DE L'ENVIRONNEMENT DE HAUTE-NORMANDIE (AREHN)
8 allée Daniel-Lavallée
76000 ROUEN
Tél : 02 35 15 78 00 / Fax : 02 35 15 78 20
Site : http://www.arehn.asso.fr
 
DIRECTION DEPARTEMENTALE DES AFFAIRES SANITAIRES ET SOCIALES (DDASS 76)
31 rue Malouet
76100 ROUEN
Tél : 02 32 18 32 18 / Fax : 02 32 18 32 32
http://haute-normandie.sante.gouv.fr
 
DIRECTION DEPARTEMENTALE DES AFFAIRES SANITAIRES ET SOCIALES (DDASS 27)
Boulevard Georges Chauvin
Tél : 27032 EVREUX CEDEX
02 32 78 29 29 / Fax : 02 32 78 29 23
http://haute-normandie.sante.gouv.fr
 
Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer
155, rue Jean-Jacques Rousseau
92138 Issy-les-Moulineaux Cedex
Tél : 01 46 48 21 00 / Fax 01 46 48 21 21
www.ifremer.fr
 
Surfrider Foundation Europe
120, avenue de Verdun
64200 Biarritz
Tél : 05 59 23 54 99 / Fax : 05 59 41 11 04
www.surfrider-europe.org
 
Office français de la fondation pour l’éducation à l’environnement en Europe (OFFEEE)
36, rue Amelot
75011 PARIS
Tél : 01 45 49 40 50 / Fax : 01 45 49 27 69

Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable
20 avenue de Ségur -
75302 Paris 07 SP
http://www.ecologie.gouv.fr
 

Liens



DRASS Haute-Normandie / Environnement et santé / Eaux et aliments / Coquillages
http://haute-normandie.sante.gouv.fr/fr/html/drass_hn/actu_ent.htm
 
DRASS Haute-Normandie / Environnement et santé / Eaux et aliments / Baignades en mer
http://haute-normandie.sante.gouv.fr/fr/html/dass76/actu_ent.htm
 
L’eau, les loisirs et la santé - Agence de l’eau Seine-Normandie
http://www.eau-seine-normandie.fr/index.php?id=2809 (l’eau et les loisirs)
 
Environnement littoral – Ifremer
http://www.ifremer.fr/envlit/index.htm

Pavillon bleu
http://pavillonbleu.org/
 
Pavillon noirs - Surfrider Foundation Europe
http://www.surfrider-europe.org/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=18
 
I-SISE Baign@des (Site spécialisé du Ministère de la Santé sur les eaux de baignade)
http://baignades.sante.gouv.fr/
 
Campagne " Ports et littoral propres " 11 juin 2006
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/12062006_port_campagne-2.pdf
 
Eaux marines (plusieurs dossiers)
http://www.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=60


Bibliographie



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