Quand les vers mangent nos déchets de cuisine : le lombricompostage

Septembre 2010
Le vermicompostage ?  Mais qu’est-ce que c’est ?
Un peu de vocabulaire…
A quoi ça sert de composter ?
Pour qui ?
Comment fonctionne une vermicompostière
Eisenia foetida, des invités de marque !
Où placer la vermicompostière ?
La litière, un nid douillet pour les vers !
Quand les vers passent à table, ils mangent quoi ?
Quels rythmes alimentaires pour les vers ?
La vermicompostière et ses petits problèmes de maintenance…
L’heure de la récolte a enfin sonné !
Initiative régionale
Sources et liens Internet

Le vermicompostage ?  Mais qu’est-ce que c’est ?



Le vermicompostage (lombricompostage pour les francophones) est un processus naturel par lequel les déchets ménagers biodégradables sont convertis, grâce à l’action de vers, en un engrais 100 % organique : le compost.
Le vermicompost est à la fois un engrais qui nourrit les plantes et un amendement de qualité qui améliore la terre. Semblable au composteur individuel (en bac dans un jardin), le vermicomposteur (ou vermicaisse) est particulièrement adapté aux personnes ne possédant pas de jardin, vivant en appartement, voire même en studio ! Sans odeur, peu encombrant, nécessitant très peu d’entretien, simple et ludique, il fera la joie de tous, mais surtout des… plantes d’intérieur et des jardinières !

Le terme lombricompost fait référence au lombric ou vers de terre (Lombricus terrestris, qui se nourrit de matières organiques déjà décomposées dans la terre et creuse des galeries profondes). Cependant c'est son cousin, le ver de du fumier (Eisenia foetida), qui est utilisé pour le lombricompostage.



Un peu de vocabulaire…



  • Compost : Mélange de déchets organiques (d’origine végétale ou animale) qui se transforme grâce à l’intervention de toute une série d’êtres vivants (lombrics, insectes, champignons microscopiques, bactéries, etc.). De couleur brun foncé, le compost a l’apparence et l’odeur d’un terreau. Il s’utilise comme amendement et engrais pour fertiliser le jardin, la terre des plantes d’intérieur, etc.  
  • Lombricompost - vermicompost : Compostage effectué à l'aide de vers de terre qui digèrent les matières organiques. Il est beaucoup plus riche en éléments nutritifs que le compost produit par d'autres méthodes de compostage et possède une teneur en matière organique généralement supérieure. Il est également plus riche en vie microbienne ce qui permet de décomposer les éléments nutritifs déjà présents dans le sol plus rapidement pour ainsi les rendre assimilables par les plantes. Enfin, le lombricompost, ou le vermicompost, améliore aussi la structure du sol et sa capacité de rétention d'eau.
  • Les micro-organismes aérobies se développent en présence d'oxygène. Ce sont principalement des bactéries, des moisissures et des levures.
    Compostage - lombricompostage - vermicompostage : Méthode de traitement biochimique qui consiste à utiliser l’action de vers et de micro-organismes aérobies pour décomposer sous contrôle (aération, température, humidité), et de façon accélérée, les matières putrescibles en vue d’obtenir un amendement organique stable d’un point de vue biologique et hygiénique. Cet amendement est riche en humus.

  • Petite histoire


    Il y a quelques décennies, l’élevage des vers était destiné aux pêcheurs ou pour obtenir du compost aux qualités horticoles inégalables. Mais à l’époque le marché n’était pas très porteur.
    C'est Mary Appelhof (1936-2005), une américaine, qui a développé le vermicompostage à domicile pour réduire les déchets. Elle est l'auteur du livre Worms eat my garbage, dont la version française Les vers mangent mes déchets est éditée par la société Verslaterre.


    A quoi ça sert de composter ?


    Déchet putrescible : déchet composé de matière organique biodégradable susceptible de se dégrader spontanément dès sa production.
    Exemples : déchets de légumes ou de fruits, de viande, de reliefs de repas, tontes de gazons, etc. A l'opposé, le bois ou les papiers et cartons qui peuvent être stockés séparément sans évolution notoire, ne sont pas putrescibles.

    Réduire la quantité de déchets de nos poubelles !


    Aujourd’hui, le tri sélectif permet de donner une seconde vie au plastique, au verre, au papier, au carton…ainsi, 1/3 des ordures ménagères sont recyclées. Mais les déchets alimentaires et végétaux, dits déchets putrescibles, représentent près de 100 kilos par habitant et par an, soit 30 % en poids de la poubelle de cuisine. Autant de déchets en plus à enlever par les services de la collectivité. Le recours à l’incinération, à la mise en décharge et au transport des déchets peut donc être considérablement diminué grâce au compostage en bac, pour les ménages possèdant un jardin, ou bien par le vermicompostage pour les autres

    Faire un geste pour l’environnement 


    Dans un site d’enfouissement de déchets, les matières putrescibles sont entassées pêle-mêle  avec tous les autres rebuts. En l’absence d’oxygène, elles se décomposent très lentement et libèrent de l’eau chargée d’acidité. Mélangé à l’eau de pluie, ce jus acide filtre à travers les ordures accumulées et entraîne toutes sortes de contaminants tels que des bactéries, des polluants chimiques ou des métaux lourds. A cause de ce phénomène, l’enfouissement des ordures présente un potentiel important de pollution des eaux souterraines et des eaux de surface.
    Cette décomposition anaérobie (sans oxygène) de la matière organique s’accompagne en plus d’une production abondante de biogaz, un mélange contenant de grandes quantités de méthane, puissant gaz à effet de serre.
    Certaines collectivités privilégient l’incinération des déchets organiques : dans ce cas, beaucoup d’énergie est consommée en raison de l’important  taux d’humidité de ces déchets.
    Le vermicompostage permet de réduire la quantité de déchets à collecter, à transporter et à incinérer, et de valoriser ces déchets organiquement, à faible coût et en toute autonomie.

    Produire du compost


    Le vermicompostage permet d'obtenir un engrais liquide, appelé percolat, et un compost aux qualités horticoles inégalées, 100 % naturels et gratuits, de quoi nourrir les plantes de balcon, d’intérieur ou de jardin.
    Le percolat est très riche en éléments minéraux et organiques. C’est un excellent fertilisant qui peut-être utilisé comme engrais liquide pour les plantes d'appartement. Il doit toutefois être dilué dans 10 volumes d’eau en raison de sa forte concentration.
    Le compost est un mélange de matières organiques partiellement décomposé et de déjections de ver obtenu à partir du vermicompostage. Il est d'une qualité et d'une finesse supérieure à celles du  compost classique. Il n'a pas besoin d'être tamisé. II peut être utilisé pour le rempotage de plantes d'intérieur ou pour les semis. II est à utiliser mélangé à de la terre (moitié-moitié).



    Pour qui ?



    Pour une personne en bonne santé, non prédisposée aux allergies, ni asthmatique, l’utilisation d’une vermicompostière est un moyen sûr, sans odeur, sain et amusant pour valoriser ses déchets de cuisine. Dans le cas contraire, certaines précautions sont à prendre pour limiter l’inhalation des agents pathogènes, comme les spores et les moisissures  libérés par les déchets en voie de dégradation :
  • limiter les manipulations de la vermicompostière ; 
  • disposer la vermicompostière dans un endroit aéré ;
  • stocker temporairement les déchets organiques dans un petit conteneur intermédiaire, avec couvercle, avant de les déverser dans le vermicomposteur. Ce petit conteneur sera régulièrement vidé et nettoyé.


  • Comment fonctionne une vermicompostière



    Le vermicompostage se pratique à l’aide d’une vermicompostière, commercialisée dans les magasins spécialisés, dans les jardineries ou sur internet. Bien entendu, toute personne souhaitant se lancer dans l’aventure peut fabriquer sa  vermicompostière…
    Les vers placés à l’intérieur de la vermicaisse, vont se nourrir des déchets organiques et les transformer en compost.
    Le choix de la vermicaisse se fera en fonction du nombre de personnes vivant dans le foyer, de la consommation de chacun et de l'espace disponible. Pour répondre aux besoins, il existe trois modèles : le système vertical à un ou plusieurs compartiments (à étage, comme un couscoussier) et le système horizontal.
    Avec les vermicompostières à étage, la récolte se fait facilement en vidant le bac du bas et en le replaçant en haut. Les bacs les plus adaptés au processus seront plutôt peu profonds et larges. De nombreux modèles de vermicompostières prêtes à l’emploi sont disponibles dans le commerce, de toute forme, de toute taille, plus ou moins sophistiquées, et leur prix varie du simple au double (80 à 180 €)

    Par exemple :
    - Pour 2 à 4 personnes (2 adultes et 2 enfants), un modèle de 50 x 30 x 20 cm, permet de digérer 3 à 5 kilos de déchets organiques par semaine
    - Pour 4 à 6 personnes, choisir un modèle de 70 x 40 x 20 cm

    Quel que soit le modèle choisi,  l’efficacité du vermicompostage reposera sur des éléments bien précis :
  • diversité et équilibre des apports carbone / azote ;
  • bonne aération ;
  • humidité ;
  • matières à composter déchiquetées ou découpées en petits morceaux ;
  • volume proportionnel à la quantité de déchets.

  • Rapport carbone / azote
    Le rapport carbone / azote c’est l’équilibre entre l’apport des matières carbonées et des matières azotées.
    Les déchets bruns, durs et secs  tel que le papier, le carton, les feuilles mortes, les branches… sont des matières riches en carbone (grâce au glucose, à la lignine et à la cellulose) mais pauvres en azote. Ils servent à élever la part stable de la matière organique, celle qui est utile à la structure des sols. Bien broyés, ils sont combinées avec un apport en matière organique fermentescible composés essentiellement de déchets verts, mous et mouillés, comme les épluchures de fruits, les restes de légumes et tontes de gazon.

    Système de vermicompostière
    Description Avantages Inconvénients
    Vertical à un seul compartiment 
    - Haut de 60 à 80 cm, comme une poubelle.
    - Muni d’un couvercle, d’un double fond perforé et d’un robinet pour la récupération du percolat.
     
    - Facile à trouver dans le commerce.
    - Très hermétique.

    -  Lourd à déplacer.
    - Peu pratique lors de la récolte du compost : il faut retourner le bac (très lourd).
    -  Après chaque récolte, ce système demande un redémarrage systématique de la vermicompostière.
    - Il est difficile de contrôler le bon fonctionnement ou détecter les éventuels problèmes.

    Vertical à plusieurs étages



    - Bacs empilables ou encastrables  l’un dans l’autre, sur 3 ou 4 étages. Les bacs du dessus sont perforés au fond pour permettre un bon drainage et permettre aux vers de migrer dans les différents bacs. Le bac du bas est fixe et n’est pas perforé  pour permettre la  récolte du percolat.
    - Robinet pour la récupération du percolat.

    La mise en route se fait dans le bac inférieur (celui juste au dessus du bac du fond). Lorsque le bac inférieur est plein (après quelques semaines ou quelques mois), c’est au tour du  deuxième bac en l'empilant au-dessus du premier.
    C’est le système le plus pratique !

    -  Système facile à contrôler.
    - Récolte simplifiée pour la percolat et du compost.
    - Ne demande aucun redémarrage du système après la récolte.
    - Commercialisé chez tous les spécialistes.
    - Dans le commerce, son prix peu varier du simple au double.
    Horizontal



    Bac en deux compartiments divisé par une paroi verticale perforée. Un double fond pour la récolte du percolat.
    La mise en route se fait dans un seul bac.  Lorsque celui-ci est plein et que les vers ont migré, c’est le démarrage du second.
    -  Système facile à contrôler.
    - Récolte simplifiée pour la percolat et du compost.
    - Ne demande aucun redémarrage du système après la récolte.
    - Encombrant.


    La vermicompostière "maison"


    Il est facile de fabriquer sa vermicompostière, quel que soit le système. L'avantage majeur de la vermicompostière fabriqué "maison" est de pouvoir l'adapter à sa situation personnelle et son prix de revient sera moins élevé que pour celui acheté dans le commerce.
    Le plastique est le matériau le plus adapté à la fabrication d’une vermicaisse. Plus simple à nettoyer, il ne pourrit pas et offre un choix sans limite dans la capacité. Le bois, qui est pourtant très apprécié des vers, a tendance à se déformer en milieu humide et finit par occasionner des fuites.

    Fabrication d’une vermicompostière verticale


    Il faut :
  • Plusieurs bacs (au moins deux) de rangement empilables ou encastrables, en plastique avec un couvercle pour celui du dessus (fermeture non hermétique) pour y placer la litière, les vers et les déchets :
  •  
  • Opaque pour protéger les vers de la lumière et de la pluie.
  • Perforé au fond (pour le drainage) et sur le couvercle (pour l’aération et l’évacuation de  l’excédent d’humidité produit lors de la décomposition des déchets).
  • Plus large que haut pour permettre une meilleure aération.
  • Un plateau en plastique ou un autre bac de récolte pour recevoir le percolat.
  • Quatreblocs de bois (ou pieds) pour surélever le bac et permettre la circulation d’air et l’égouttement

  •  

    Eisenia foetida, des invités de marque !



    Quels vers pour le vermicompostage ?


    Les vers  les plus utilisés dans le vermicompostage sont de l’espèce Eisenia foetida, appelée plus communément ver rouge, ver du fumier ou ver à compost. Striés, de couleur pourpre foncé et rose à jaune clair une fois étiré, ils ne mesurent pas plus de 6-7 centimètres. A la différence des gros vers de terre (vers laboureurs ou lombrics) qui labourent le sol en profondeur  (environ 20 cm en dessous de la surface) les vers à compost préfère vivre dans la couche supérieure du sol (moins de 10 cm en-dessous de la surface). Dépourvus de dents, ils se nourrissent de matière organique en décomposition. Originaires des régions tempérées de l’hémisphère Nord ils trouvent, en ces lieux, l’humidité et les températures nécessaires  pour se développer. Ils sont robustes, très résistants et voraces ! Ils peuvent ingérer la moitié de leur poids chaque jour.

    Des grands reproducteurs


    Hermaphrodites, ils portent à la fois les organes mâles et femelles, toutefois ils ne peuvent pas se reproduire seuls, ils doivent s’accoupler avec d’autres vers de leur espèce pour qu’il y ait fécondation.
    En général, un ver adulte (maturité sexuelle à 3 mois) peut produire deux à trois cocons par semaine. Au bout de trois semaines, le cocon produit un à quatre vermisseaux qui mettront  entre un et six mois pour devenir adulte. La croissance de la population de vers dépend fortement des conditions dans lesquelles elle se trouve. Ainsi, à 10°C, un cocon mettra six mois pour devenir adulte contre deux mois à 25°C. Alors, dans de bonnes conditions, une population de vers peut doubler tous les deux mois et un seul lombric peut prétendre au nombre de 500 descendants en un an ! L’espérance de vie pour un ver est de quatre à cinq ans !


    Un travail en équipe !


    Les vers sont bien entendu les acteurs principaux de la vermicompostière, mais de nombreux micro-organismes participent activement à la décomposition des matières organiques : bactéries,  actinomycètes, champignons microscopiques, protozoaires, cloportes, acariens, coléoptères... En mettant en marche le système de vermicompostage, tout un écosystème se met en éveil ! Et c’est ce travail d’équipe qui permettra le succès escompté du vermicompostage.

    Où trouver les vers ?


    Chez un "guide composteur".
    Chez un voisin qui pratique le compostage à domicile.
    Chez un Lombricomposteur.
    Chez un fermier qui dispose de fumier de cheval.


    Où placer la vermicompostière ?



    La vermicaisse peut être installée n’importe où, à l’intérieur ou à l’extérieur du foyer : dans la cuisine, dans une cave, sur une terrasse, sur un balcon ou dans un garage. Dans tout les cas, elle n’occasionnera pas de désagrément, puisque elle est peu encombrante et inodore.
    Toutefois,  la vie des organismes dans la vermicompostière est fortement influencée par la température, l'humidité et l'aération. D'autres facteurs comme la lumière, le bruit, l'acidité du milieu et les vibrations sont des facteurs influençant le bien-être des vers.

    Température


    Les températures situées entre 15°C et 25°C sont idéales pour rendre les vers efficaces dans leur travail. En dessous de 10° C, le processus est ralenti, en dessous de 5°C l’activité des vers est fortement compromise et des températures au-dessus de 30°C causent la mort certaine des vers !  D’où la nécessité de protéger la vermicompostière du gel en hiver et des rayons directs du soleil en la couvrant avec une couverture ou du polystyrène expansé, ou bien de la déplacer en fonction des conditions climatiques.

    Humidité


    Les vers ne sont pas bons nageurs ! Alors, une pluie abondante risquerait de les noyer s’ils ne sont pas abrités. A contrario, en cas de chaleur extrême, le compost risque de s’assécher et les vers sont très peu résistants à la sécheresse, ils ont besoin d’humidité pour vivre. Il faudra donc maintenir un taux d’humidité suffisant (75 à 85 %) mais sans excès pour permettre l’oxygénation nécessaire. Un bon drainage permettra au percolat de s’écouler plus facilement jusqu’au bac de récolte des jus pour éviter les mauvaises odeurs dues au manque d’air.

    Aération


    Le vermicompostage est un processus dit "aérobie", c'est-à-dire qu’il a besoin l’oxygène de l’air pour fonctionner, l’absence d’air provoque une fermentation anaérobie (sans air) des déchets. La litière acidifiée n’est plus ingérée par les vers, ce qui occasionne de mauvaises odeurs. Les vers, dépourvus de poumons ou de branchies, respirent par la peau qui, reste constamment humide. Ils absorbent l’oxygène et rejettent le gaz carbonique à travers la surface de leur corps.

    Lumière et bruit


    Le ver de terre est dépourvu d’yeux, mais il est photosensible. Il ne supporte pas l’exposition prolongée à la lumière. Pour permettre aux vers de remonter à la surface, il est conseillé de déposer un morceau de tissu sur le couvercle.
    Les vibrations et le bruit perturbent les vers. Ils préfèrent le calme parce qu’ils craignent les prédateurs éventuels comme les oiseaux… Alors, la vermicaisse installée près d’une machine à laver est à proscrire !


    La litière, un nid douillet pour les vers !




    La litière joue un rôle fondamental dans le processus du vermicompostage. C’est le lieu de vie des vers, il est donc nécessaire qu’ils s’y sentent bien ! La litière doit retenir l’humidité tout en étant assez légère pour fournir une aération suffisante jusqu’au fond du bac. Elle est également une source de nourriture pour les vers qui vont progressivement la transformer en compost.

    Les différentes litières


    Litière en fibre de coco : brique vendue en accompagnement de la vermicompostière.
  • Placer la moitié de la brique dans un récipient d’eau tiède (environ 2 litres) avec l’emballage en papier pendant 30 minutes à une heure.
  • Mélanger jusqu’à obtention d’une fibre homogène en granulométrie et en humidité.
  • Vérifier le taux d’humidité suffisant de la fibre (comme une éponge non gorgée d’eau).
  • Ajouter quelques morceaux de papier ou de carton humide.

  • Litière en fibres de cellulose : matière qui est généralement mélangée aux vers commercialisés.  Verser le mélange dans le bac du dessus de la vermicompostière. Autrement, déposer la litière humide dans le bac et placer les vers au-dessus.

    Fabrication de la litière "maison"


    La litière peut-être fabriquée à partir de différentes matières (voir encadré ci-dessous), comme le terreau, ou la terre noire, qui sera mélangée à du papier journal ou du carton ondulé déchiqueté. Mais la litière doit toujours être humide, comme une éponge pressée mais qui ne goutte pas.

    Les différentes matières pour fabriquer la litière


    Terreau d’empotage ou terre noire : sans engrais chimique, sans pesticides.
    Sable : abrasifs, les grains de sable favorisent la dégradation des aliments dans le tube digestif des vers.
    Papier journal : les encres noires sont végétales, donc biodégradables (huile de soja et noir de carbone) sans danger pour les vers. Les encres de couleur ne contiennent plus aujourd’hui de métaux lourds toxiques (décret de 1998) mais il est quand même conseillé de limiter l’utilisation des prospectus trop lourdement imprimés.
    Papier, boîte d’œufs en carton ou carton brun : non ciré ou glacé. Le papier blanc est à proscrire parce qu’ils peuvent contenir du chlore. Les adhésifs et la colle des cartons sont à retirer au préalable
    Coquilles d’œufs : pour rééquilibrer le pH et l’apport en calcium. Il est préférable de les broyer pour un compost plus uniforme.
    Sciure de bois : en petite quantité*.
    *Les feuilles mortes, la sciure de bois ou les copeaux de bois ne sont pas conseillés car ils se décomposent très mal et risquent d’abriter une faune microscopique néfaste pour le fonctionnement du vermicompostage.

    La recette !


    Pour une litière de 20-25 centimètres d’épaisseur :
  • Mettre les matières carbonées (carton, papier…) déchiquetées, découpées ou déchirées.
  • Mettre une fine couche de terreau (4-5 centimètres d’épaisseur).
  • Mettre une poignée de sable.
  • Humidifier.
  • Déposer les vers et attendre qu’ils s’enfouissent dans la litière.
  • Mettre une fine couche de déchets organiques découpés.
  • Recouvrir le bac avec le couvercle.

  • Tapis d’humidification


    Pour donner l’impression aux vers d’être dans leur milieu naturel, avec un taux d’humidité suffisant et une bonne aération, il est préconisé de placer un tapis d’humidification sur la masse de déchets, juste en-dessous du couvercle. D’autre part, il permettra de limiter l’accès aux moucherons.
  • Carton brun ou du papier journal : gratuits et disponibles partout ; se dégradant rapidement mais ont l’avantage de se remplacer très facilement.
  • Fibre de chanvre : vendu avec la vermicaisse, elle sera ingérée par les vers au bout de deux à trois mois.
  •  Toile de jute : textile très aéré et durable.
  • Autre textile : vieux vêtement, serpillère ou chiffon. Toutefois il est impératif de vérifier qu’ils ne contiennent aucun produit toxique (détergent) nocifs pour les vers.

  • C’est prêt ! Enfin, presque… La vermicompostière ne doit plus être alimentée pendant trois semaines afin de laisser le temps aux vers de s’adapter à leur nouveau milieu et au processus de se mettre en route. Cette mise en route sera suivie par une période d’apports organiques progressifs. Le système n'atteint sa capacité maximale qu'après deux ou trois mois, le temps nécessaire aux vers de se multiplier.

    Quelle quantité de vers pour commencer ?


    500 à 600 grammes (c'est-à-dire environ 1 000 vers) de vers sont suffisants pour un apport quotidien de 250 grammes de matière organique, soit une vermicaisse d’appartement de 1 à 3 personnes. Ensuite, la population de vers s’adaptera naturellement à la quantité de déchets. Pour une famille composée de 4 à 6 personnes, 1 kilo de vers sera nécessaire.


    Quand les vers passent à table, ils mangent quoi ?



    Plus la nourriture sera variée plus le compost sera de qualité. Généralement, ce sont les déchets organiques ménagers riches en azote qui se retrouvent dans la vermicompostière. Il faudra donc rééquilibrer avec des matières carbonées, des fibres sèches  (20 à 30 % de l’apport) pour éviter la formation d’une matière gluante et nauséabonde  D’autant que les vers apprécient le papier, le carton ondulé et les boîtes à œufs ! Ils s'y réfugient, s'y reproduisent et s'en régalent. Le carton sert d'appoint de carbone et pompe l'excédent d'eau.
    Plus les déchets seront coupés en petits morceaux, plus la décomposition sera rapide et grande sera la satisfaction d’obtenir un bon compost tous les deux mois.

    Apports
    Indications
    Légumes et fruits
    Epluchures ou restes de fruits : cuits ou crus
    Oui
    Sans assaisonnement.
    Epluchures ou restes de légumes : cuits ou crus
    Oui
    Sans assaisonnement.
    Pépins
    Oui
    Risque de germination mais sans danger pour les vers.
    Pelures de fruits traités avec des produits chimiques
    Non
    Toxiques pour les vers.
    Peau de melon
    Oui
    Un des mets préféré des vers. A découper en petits morceaux.
    Agrumes (épluchures)
    En quantité modérée
    Un des composants du zeste, le D.limonène, s’avère bactéricide et peut donc être irritant pour la peau délicate d’Eisenia. Peu de risque si la quantité est modérée.
    Ananas (épluchures)
    En quantité limitée
    A découper finement. La décomposition des feuilles est difficile.
    Poireau
    Oui
    A découper finement et à recouvrir avec de la matière carbonée.
    Peau de banane
    Oui
    Appréciée des vers. A découper finement.
    Oignon
    En quantité limitée
    Les pelures se décomposent difficilement.
    Champignons
    Oui
    Sans danger.
    Epluchures de pomme de terre
    Non
    Décomposition lente ou impossible et peu appréciées des vers.
    Artichauts (écailles)
    Non
    Décomposition lente ou impossible.
    Peau et noyau d’avocat
    Non
    Décomposition lente ou impossible.
    Céréales
    Pâtes, riz sans assaisonnement, ni huile, ni beurre
    Oui
    A mélanger.
    Pain, croûtes de pizza
    Oui
    Ni trop sec, ni trop humide. A mélanger.
    Produits animaliers
    Produits laitiers
    Non
    Mauvaises odeurs.
    Viande et poisson
    Non
    Mauvaises odeurs (Ammoniac).
    Os et arêtes
    Non
    Décomposition lente ou impossible.
    Déjections animales
    Non
    Mauvaises odeurs et risque de contenir des bactéries toxiques.
    Matières grasses
    Huile, beurre, margarine, mayonnaise, fritures
    Non
    Risque de coller aux vers, de les empêcher de respirer et de provoquer leur asphyxie. Les matières grasses ne sont pas appréciées des vers.
    Autres produits de la cuisine
    Coquilles d'œufs  broyées
    Oui
    Très bon pour régler le pH.
    Calcium (effet bénéfique pour la production des cocons).
    Diminue l’acidité du composteur  et aide à la digestion des vers. Faire sécher et broyer très finement.
    Marc de café et filtre découpé
    Oui
    Le marc de café aide à la digestion des vers.
    Sachet de thé découpé en morceau
    Oui
     
    Epices
    Non
     
    Résidus salés et vinaigrés
    Non
    Pas appréciés des vers.
    Coques de cacahuètes, noisettes ou noix
    Non
    Décomposition lente ou impossible.
    Produits de jardin
    Tonte de gazon
    En quantité limitée
    A limiter, matière très riche en azote.
    Produits de la maison
    Fleurs de bouquet ou feuilles de plantes d’intérieurs
    Oui
    Fanées et découpées finement.
    Tabac, cigarettes
    Non
     
    Produits non biodégradables, synthétiques
    Non
     
    Poussière de maison
    Non
     
    Autres
    Cheveux, poils d’animaux et rognures d’ongles
    Oui
    Riches en azote.
    Papiers et cartons Légers
    Oui
    Fortement conseillé pour respecter l’équilibre carbone/azote. Sauf le papier glacé, type prospectus.
    Cendres de cheminée
    En quantité limitée
    Excellent pour le milieu, mais en petite quantité : une cuillère à soupe tous les quinze jours suffisent.
    Chips anti-choc
    Pas n’importe lesquels
    En amidon de maïs, mais surtout pas en polystyrène.
    Noix de lavage
    Oui
    Bien évidement quand elles ne sont plus efficaces pour le lavage.
    Textiles naturels
    Oui
    En laine ou en coton.
    Sacs biodégradables
    Non
    Se décompose mieux dans un compost de jardin.


    Quels rythmes alimentaires pour les vers ?



    Deux ou trois mois ont passé et ça y est ! Les vers se sont bien adaptés et le vermicomposteur (trice) aussi, l’écosystème de la vermicompostière fonctionne bien ! Alors, la quantité de déchets donnée aux vers peut doubler, voire tripler, parce que la population de vers a doublé et que les jeunes vers doublent leur poids tous les 15 jours ! Cela permet de recycler environ un kilo de déchets tous les deux jours.
    Une partie des déchets peut-être stockée pendant quelques jours dans un petit seau (fermé hermétiquement) et sera distribué aux petits gourmands une à deux fois par semaine. Les vers raffolent de la nourriture déjà pourrie et porteuse de micro-organismes.
    Ils peuvent rester plusieurs semaines sans apport de nourriture (par exemple, pendant les vacances). Faute de nourriture, Eisenia régulera sa population…


    La vermicompostière et ses petits problèmes de maintenance…



    Si elle est bien équilibrée, la vermicompostière demande peu de maintenance, voire pas du tout. Normalement, on perçoit  juste une légère odeur d’humus ou de sous-bois en soulevant le couvercle. A contrario, une odeur désagréable, ou un ralentissement de l’activité des vers, ou l’apparition de quelques insectes indésirables, ou la mort de quelques vers doit inciter à intervenir pour résoudre ces petits désagréments…

    Symptômes

    Diagnostic

    Remèdes

    Fourmis
    Milieu trop sec.
    - Enduire de vaseline chaque pied de la vermicompostière pour empêcher les fourmis de revenir.
    - Humidifier la vermicaisse.
    Moucherons
    Trop de fruits. Les moucherons, appelés "mouches du vinaigre" sont attirés par les matières riches en sucres (fruits, féculents...).
    Stopper leur prolifération. Recouvrir avec un morceau de textile, une feuille de journal, un carton ou des matières structurantes (petits copeaux de bois style litière de cobaye).
    Cadavres de vers en surface
    Empoisonnement par substances toxiques.
    - Vérifier la nourriture.
    - Evacuer les cadavres.
    Les vers sortent de la vermicompostière
    Changement brutal de milieu.
    Si le phénomène est récurrent, c’est que les vers ne sont pas heureux ! Il y a un problème dans la vermicompostière : humidité, acidité, manque de nourriture, mauvaise aération, milieu trop sec…
    Au début, c’est normal, ils ont besoin d’un moment pour s’adapter à leur nouveau milieu.
    Vérifier que les conditions de vie sont bonnes : ajouter de la matière carbonée, aérer la litière, ajouter des coquilles d’œufs broyées, ajouter de la nourriture…
    Beaucoup de vers en surface
    Ils ont faim !
    Ajouter de la nourriture.
    Odeur de putréfaction
    Il y a trop de nourriture.
    Diminuer l’apport de nourriture pendant quelques jours.
    Odeur d’ammoniac
    Il y a trop de matières azotées.
    Rééquilibrer en ajoutant des matières riches en carbone : matières sèches comme du papier journal ou du carton.
    Odeur de soufre
    Excès d’eau dans la litière.
    - Ajouter du papier journal sec déchiqueté dans la litière en la remuant pour l’aérer.
    - Vérifier si les trous d’écoulement du percolat ne sont pas obstrués.
    Moisissure
    Aucun problème, les moisissures se développent sur certains déchets (pain, agrumes…). Elles participent activement à la transformation des déchets.
    Rien.


    L’heure de la récolte a enfin sonné !



    Le percolat (ou "lombrithé")


    Le percolat est le jus résultant de la décomposition des déchets organiques par les bactéries. Leur activité libère l’eau contenue dans les déchets. Cette eau percole à travers le vermicompost déjà produit et se charge en éléments fertilisants pour devenir un engrais liquide. Le percolat doit-être collecté (à l’aide du robinet) très régulièrement pour restreindre l’excès d’humidité dans la vermicaisse.
    Riche en éléments nutritifs, il est impératif de le diluer  avant utilisation pour ne pas nuire aux plantes : un volume de percolat dans 9 volumes d’eau.

    Rotation des plateaux


    Les vermicompostières issues du commerce ou auto fabriquées sont en général constituées de plusieurs plateaux (ou bacs).
    Au début, un seul plateau est utilisé, avec la litière, les vers, les déchets, le tapis d’humidification et le couvercle. Quand ce plateau est plein, c'est-à-dire quand les déchets sont à 2 ou 3 centimètres sous le bord du plateau :
  • placer un nouveau plateau au-dessus avec un peu de vermicompost  prélevé dans le premier ;
  • ajouter des déchets organiques et de la matière carbonée ;
  • replacer le tapis d’humidification sur le dessus du nouveau plateau. Les vers vont pouvoir migrer progressivement du plateau plein vers le plateau chargé de déchets frais ;

  • Lorsque le deuxième plateau sera plein, il suffira de répéter l’opération pour le troisième.
    Il faut compter cinq à six mois pour remplir les trois plateaux. C’est alors qu’on prélève le vermicompost du premier plateau, qui une fois vidé,  pourra être replacé sur le dessus de la vermicaisse. Le cycle infini se met en place. En effet, à chaque fois que le plateau supérieur est rempli, le contenu du plateau situé tout en bas peut-être récolté, et le plateau vide peut être réutilisé sur le dessus.

    Les bacs sont pleins, il est temps de récupérer le précieux vermicompost.


    Au préalable, il faut :
  • S’assurer que le compost est bien mûr :
    Le vermicompost est mûr après 4 et 6 mois, selon la durée de biodégradation des déchets. Il se présente sous la forme d’un terreau de couleur noire et à l’aspect grumeleux.
  • S’assurer de l’absence de vers :
    Sans déchets, les vers migrent tout naturellement vers les autres plateaux pour s’alimenter.

  • La récolte en plusieurs étapes

  • Placer le bac le plus ancien, situé en bas, sur le dessus de la vermicaisse, sans couvercle .
  • Laisser pendant 10 minutes le plateau exposé à la  lumière pour faire fuir les derniers vers. Ils s’enfonceront dans le compost et rejoindront le plateau du dessous.
  • Récolter le vermicompost à la main.
  • Stopper l’opération si des vers apparaissent, pour les laisser fuir.
  • Répéter l’opération plusieurs fois. Retirer les œufs et les mettre sur le plateau du dessous.


  • Initiative régionale


    La Communauté de l’Agglomération Havraise (la CODAH en Haute-Normandie) équipe ses foyers volontaires d’un lombricomposteur.
    Après un an d’expérimentation à l’aide d’une vingtaine de foyers volontaires en 2008, des résultats intéressants et des usagers satisfaits ; la CODAH a décidé d’équiper dès février 2009 les foyers résidant en appartement ou dans un pavillon ayant très peu de jardin.
    500 foyers se verront équiper gratuitement d’ici 2011. Actuellement 344 lombricomposteurs ont été distribué depuis le début de l’opération.
    http://www.agglo-lehavre.fr/delia-CMS/page_results/article_id-516,,,,516/topic_id-93/lombricompostage.html

    Guide du lombricompostage de la CODAH à télécharger.


    Sources et liens internet



  • La boîte à vers  : Association haut-normande de promotion du lombricompostage
  • Eurolombric : Association de promotion du lombricompostage
  • Le lombricompostage : guide pratique 
    Document conçu et produit par Éco-quartier Peter-McGill dans le cadre du programme Action-Environnement du ministère de l’Environnement du Québec, en collaboration avec la Ville de Montréal.
  • Le vermicompostage individuel et collectif : par Intercom & Eurotrust
  • Vers la terre - Site de promotion du lombricompostage par Vers la Terre
  • Lombricomposteur - Youtube vidéo
  • Le lombricompostage par Ecosphère
  • Reportage vidéo Lombricompostage de Terre Native
  • Lombricompostage.org : Site web francophone dédié pleinement au lombricompostage,

  • A consulter au centre de documentation



  • Compost-âge : le devenir de nos déchets organiques (2008). EKWO, 21, avril-mai 2008, pp. 16-23
  • Un compost d'intérieur / PERRAUD, Stéphane (2010). Village magazine, 102, janvier-février 2010, pp. 28-33
  • Composter en appartement / CHENON, Pascale  (2008). Quatre saisons du jardin bio (les), 168, janvier-février 2008, pp. 22-25
  • Lombricompost / COLLAERT, Jean-Paul (2009), Terran, 126 p.