Quoi de neuf dans l'éolien haut-normand ?

Septembre 2006
Eolienne à Fécamp
En 2003, l’Arehn proposait un dossier d’actualité sur les éoliennes (voir dossier : http://www.arehn.asso.fr/dossiers/eolienne/eolienne.html). Il présentait un aperçu global de la "machine" : généralités, fonctionnement et répartition. Et en matière d’énergie éolienne, la Haute-Normandie n’en était qu’au stade de projets !

Mais aujourd’hui, l’éolien s’est largement développé en France, et notamment en Haute-Normandie. En effet, les nouveaux textes de lois, la politique et l’expérience ont véritablement fait progresser notre région et l’énergie éolienne devrait devenir une énergie tout à fait banale pour les haut-normands dans les toutes prochaines années.

Engagements politiques et réglementation en matière d’énergie



Rappel des engagements


Les différents objectifs fixés par le protocole de Kyoto en 1997 constituent une véritable avancée en termes de prise de conscience du réchauffement climatique et de la nécessité de réduire considérablement les rejets de gaz à effet de serre. Par rapport à la France, la Haute-Normandie émet 5 % de ces gaz et 11,3 % sont alloués aux entreprises de notre région.

La France s’est engagée à porter la part des énergies renouvelables dans sa consommation d’électricité de 15 à 21 % à l’horizon de 2010, en diversifiant son panel énergétique (bois-énergie, éolien, solaire, biomasse), dont 6 % pour l’énergie éolienne.

Réglementation


En France, le développement de l’énergie éolienne répond à des engagements politiques et réglementaires :
Unités
La puissance s’exprime en watts (W)
1 kilowatt (kW) = 1 000 W
1 mégawatt (MW) = 1 000 000 W = 1 000 kW
La production et la consommation d'électricité s'expriment en wattheures (Wh) :
1 mégawatheure (MWh) = 1 000 kWh
1 gigawattheure (GWh) = 1 000 000 kWh
1 térawattheure (TWh) = 1 000 GWh

Situation de l’éolien en France et ailleurs



Pourquoi l’énergie éolienne ?


Ce sont autant de raisons pour lesquelles la France a décidé de promouvoir le développement de la filière éolienne. De plus, la production d’énergie renouvelable en France (13,8 % du total) est exclusivement supportée par l’hydraulique, maintenant saturée. Le moyen le plus économique pour parvenir aux 21 % prévus pour la consommation d’énergies renouvelables de notre pays n’est autre que l’éolien !

Pourquoi tant de retard ?


Malgré ce potentiel, la France ne produit que 0,57 TWh d’énergie éolienne. Elle est très en retard par rapport au autres pays européens parce qu’elle a longtemps comptée sur l’énergie nucléaire. Elle ne prendra son envol qu’à la suite de la publication de l’arrêté de 2001 qui stipule le rachat de l’électricité produite à partir de l’éolien à un prix intéressant.

Chiffres de puissance installée (fin 2005)
Allemagne
18 427 MW
Espagne
10 027 MW
Danemark
3 200 MW
France
756 MW


Evolution du parc français pour 2005


En 2005, 757 MW étaient opérationnels en France, soit une croissance de 94 % par rapport à 2004. (366 MW installés en 2005). Avec 150 parcs éoliens (1 049 aérogénérateurs) en mars 2006, la puissance installée s’élevait à 918,615 MW.

Suivre l’éolien en France
Depuis 2001, l’ADEME met à la disposition du public un site Internet qui permet de connaître la production mensuelle des parcs français et de suivre le développement de l’éolien sur tout le territoire.
www.suivi-eolien.com


Répartition régionale des 366 MW installés en 2005


On constate que la tendance des installations dans les zones moyennement ventées se poursuit, notamment pour la Lorraine (+ 56 MW, soit + 15,3 %) et la Champagne-Ardenne (+ 55,7 MW soit + 15,2 %). En 2005, vingt-deux régions sur vingt-six bénéficient de l’énergie éolienne.

Infographie : A. Dudouble / AREHN

Au niveau mondial
A la fin de l’année 2005, la puissance totale d’énergie éolienne au niveau mondial était de 57 837 MW, alors qu’en 2001 elle ne représentait que 17 000 MW. Il est prévu une augmentation de 83 000 MW de puissance installée pour 2007, et cela essentiellement en Europe.


Développement de l’éolien en Haute-Normandie



Projet éolien haut-normand


Suite à une étude de France Energie Eolienne (avril 2005), l’ADEME retient une contribution pour la Haute-Normandie de 5 %, soit 500 MW, dont 335 MW alloués à la Seine-Maritime et 165 MW au département de l’Eure. Pour atteindre cet objectif, il faudra installer une quarantaine de parcs de 12 MW (170 à 250 machines).

En janvier 2006, la commune d’Assigny, près de Dieppe, inaugurait le premier parc éolien haut-normand. Pour l’implantation d’un parc éolien, le choix du site, repose sur des critères précis : gisement de vent, faisabilité foncière, servitudes techniques et, enfin, accord des élus locaux et concertation avec les habitants. La ferme éolienne, installée sur des terres agricoles, représente une puissance totale de 12 MW répartie sur six aérogénérateurs. Le parc produira annuellement 30 millions de kWh. Ce projet, initié en 2002, avait été reçu favorablement par l’ensemble des habitants et les agriculteurs.

Parc d’éoliennes d’Assigny


- 65 mètres de hauteur
- 250 tonnes par éolienne
- bruit quasi inexistant
- première habitation à 700 mètres
- taxe professionnelle reversée à la communauté de communes du Petit-Caux s’élevant à 14 000 € par an
- réalisé par la société Energeteam France (filiale d’un groupe allemand spécialisé dans les énergies renouvelables)
- exploité par la filiale de la grande enseigne : Eoliennes Bricorama SAS
- premiers travaux d’aménagement : juillet 2005

Eoliennes d'Assigny

Fécamp ça tourne !


Il aura fallu près de dix ans pour que le projet éolien de Fécamp aboutisse. Mais depuis juin 2006 les habitants de Fécamp peuvent enfin découvrir les cinq éoliennes du parc Cap Fagnet, qui constituent le deuxième site éolien de Seine-Maritime. Hautes de 49 mètres, elles possèdent des segments de 26 mètres de longueur. Chaque aérogénérateur génère 900 kW, soit un total de 4,5 MW. Ce qui représente la consommation domestique de 10 000 habitants : la moitié de la population de Fécamp !

Le 10 juin 2006, Fécamp inaugurait le deuxième parc éolien de Haute-Normandie

Autres projets


D’autres projets sont actuellement autorisés (permis de construire acceptés), en Haute-Normandie, par le préfet de Région (chiffres de mai 2006) :

Seine-Maritime
Eure Quelques projets avancés dans l'Eure Une dizaine d’autres projets sont encore au stade des préliminaires, et notamment le grand projet de parc de 156 éoliennes au Tréport.

Des éoliennes en mer


A la mi-septembre 2005, le ministre de l’Industrie, François Loos, a annoncé le résultat du premier appel d’offres éolien offshore (production d’énergie éolienne en mer) remporté par la société Enertrag (groupe allemand). Ce premier parc offshore français sera implanté en 2008 en face de la Côte d’Albâtre en Seine-Maritime. A 7 kilomètre de la côte (plus loin, cela coûte plus cher ! ), au large de Veulettes-sur-Mer, entre Dieppe et Fécamp, 21 éoliennes totalisent 105 MW (au lieu des 500 annoncés en 2004, du fait des coûts beaucoup plus élevés en mer). Elles seront implantées tous les 600 mètres en 3 lignes parallèles distantes de 1,6 kilomètres et ancrées à 23 mètres de profondeur en moyenne. La nacelle sera perchée entre 90 et 100 mètres au-dessus du niveau de la mer et le rotor affichera un diamètre de 100 à 120 m.
Pour que ce projet d’éoliennes en mer soit définitif, il doit obtenir quelques autorisations administratives : une concernant la loi sur l’eau, une autre pour la concession d’utilisation du domaine public maritime, et enfin le permis de construire. Pour chacune de ces autorisations, une étude d’impact et une enquête publique sont menées. D’ores et déjà, le Groupe ornithologique normand (GON) et le Groupe mammalogique normand (GMN), qui ont été mandatés pour l’étude d’impact sur la faune, démontrent des résultats plutôt positifs. Contrairement aux pêcheurs locaux, les habitants sont majoritairement favorables au projet.


Les nouveaux outils pour le développement de l’énergies éolienne



Les zones de développement de l’éolien (ZDE)


Le 19 juin 2006, Nelly Olin, ministre de l’Ecologie et du Développement durable et M. Loos, ministre délégué à l’Industrie ont signé la circulaire relative à la création des zones de développement de l’éolien (ZDE) terrestre contenue dans la loi d’orientation du 13 juillet 2005 (loi POPE). Les zones de développement de l’éolien sont été proposées par les communes ou des établissement publics de coopération intercommunale et approuvées par les préfets. Ce dispositif a pour but de réguler le processus de développement de l’énergie éolienne par une concertation avec tous les acteurs, la participation des collectivités et une meilleure intégration paysagère.

Plusieurs critères définis pour les ZDE Pour cela, les préfets doivent regrouper les installations de manière à protéger les paysages. Ils doivent assurer un périmètre géographique délimité, respecter la réglementation sur les puissances installées (maximales et minimales).

Schéma régional éolien en Haute-Normandie


Dans le cadre de la loi urbanisme et habitat du 2 juillet 2003 (n° 2003-590), la Région est chargée de mettre en place un schéma régional éolien pour permettre de développer harmonieusement l’énergie éolienne. Il a été soumis en mai 2006 aux partenaires (services de l’Etat, départements, ADEME…) pour une concertation et il a été présenté aux élus régionaux le 12 juin 2006. Il prendra effet en automne 2006.

Le schéma régional éolien est donc un document de planification destiné à tous les acteurs participant à l’élaboration d’un projet éolien. Il ne présente pas de caractère obligatoire, mais est plutôt un outil d’aide : Il a pour objectif : Ce schéma éolien est composé :

Implantation d’un parc éolien aujourd’hui



Un projet éolien suit une procédure administrative complexe qui prend en compte des aspects très différents et requiert de nombreuses études préalables. Il doit recevoir l’aval d’une quarantaine de services administratifs : la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales), la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement), la DIREN (Direction régionale de l'environnement), ou encore la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) et, bien sûr, la préfecture… Un projet met en moyenne cinq ans avant d’aboutir.

Le choix du site


Le choix d’un site est fonction de critères de sélection favorables : La campagne de mesures doit intervenir très tôt. Ces mesures sont réalisées à partir d’un mât d’environ 40 mètres de hauteur, doté de capteurs qui recueillent des informations quant à la force du vent, sa direction et sa régularité.

L’Ademe et la Région Haute-Normandie ont réalisé un atlas éolien de Haute-Normandie qui permet de connaître le potentiel éolien de la région. Il définit les caractéristiques moyennes du vent à 40 m de hauteur. La vitesse du vent est d’environ 5,5 à 6 m/s pour notre région, où les zones les plus ventées sont situées sur le littoral. A contrario, les zones les moins ventées se situent en vallées, en milieux forestiers, et dans le sud de l’Eure.

L’étude environnementale


Conformément au code de l’environnement, tous les projets de parcs éoliens doivent faire l’objet d’une évaluation environnementale. Ils sont soumis à la délivrance d’un permis de construire par le préfet, qui s’accompagne obligatoirement soit d’une notice d’impact, soit d’une étude d’impact :
L’étude d’impact comprend une analyse paysagère du site et une étude de l’insertion du projet dans l’environnement (paysage, eau, faune, flore, analyses sonores, etc.). On ne peut donc pas implanter des éoliennes partout : les lois de janvier et juillet 2003 énoncent les règles à respecter pour concilier parcs éoliens et protection des paysages et de l’environnement. Cette étude prend en considération l’ensemble du projet :

Avant l'implantation, les sites sont soumis à une analyse paysagère.

Les documents d’urbanisme


L’implantation d’un parc éolien doit être conforme aux règles locales d’urbanisme. Or le contexte du droit de l’urbanisme est en pleine évolution, avec l’émergence des nouveaux schémas de cohérence territoriale, plans locaux d’urbanisme (PLU), cartes communales et documents de modalités d’application du règlement national d’urbanisme (MARNU).

L’enquête publique


L’enquête publique est désormais obligatoire pour toute installation d’éolienne dépassant une hauteur de 25 mètres. Il s’agit d’une procédure qui permet d’officialiser la concertation locale et de recueillir l’avis de personnes extérieures au débat.
C’est le Préfet qui organise le déroulement de l’enquête publique. C’est aussi lui qui désigne les communes concernées par le projet (communes voisines). Sa durée est de un à deux mois (parfois quinze jours en plus).

Le permis de construire

En fin de vie : le démantèlement


La durée de vie d’une éolienne est estimée à 25 ans et un parc éolien est amorti au bout d’une quinzaine d’années. En fin de vie, les parcs éoliens sont démantelés.
Au terme de son utilisation, tout exploitant d'une éolienne est responsable de son démantèlement et de la remise en état du site (article L. 553-3 du code de l'environnement). Il doit, au cours de l'exploitation, constituer les garanties financières nécessaires à ces opérations. Ces garanties financières doivent être constituées dès le début de la construction des installations si celles-ci sont situées sur le domaine public maritime.

Parc
Date du démantèlement
Malo-les-Bains juin 2004
Beuzec juin 2004
Dunkerque mars 2004
Sallèles novembre 2003

Les acteurs de la filière



Les acteurs industriels


* Les constructeurs d’éolienne
La France compte quatre fabricants leaders représentant les trois quarts du marché.
Pour les 366 MW installés en 2005
Repower 29 %
GE Wind Energy 18 %
Enercon 15 %
Vestas 14 %
Gamesa 11 %
Vergnet 7 %
Nordex 6 %

Pour les 757 MW installés (totalité des MW installés en France)
Repower 17 %
GE Wind Energy 16,3 %
Vestas 15,4 %
Nordex 14,6 %
Enercon 11,3 %
Le total des constructeurs français Vergnet et Jeumont s‘élève à 11,8 %. La société Vergnet avec 2 000 éoliennes installées dans le monde (chiffre février 2006) est le leader mondial de la construction de petite et moyenne puissance (20 à 275 kW). Actuellement, il n’existe aucun industriel français sur le marché des grandes éoliennes.

Les organismes publics et associations concernés



Exemples d’associations opposantes aux éoliennes sur la Haute-Normandie
- Acier : Association contre l’implantation d’éoliennes en pays de Roman (dans l’Eure)
- Vent de colère

L’opinion des citoyens


En juillet 2006, la commune de Mesnil-Raoul (Seine-Maritime) présentait aux habitants le projet de construction du parc éolien de la Voie du Moulin, mené par la Compagnie du vent (première société à avoir installé une éolienne reliée au réseau en France, en 1991) et qui exploite aujourd’hui six parcs en France. Le début de la construction est prévu courant 2008. Les six éoliennes hautes de 110 mètres prévues produiraient environ 22 millions de kw/h, permettant d’alimenter environ 9 000 personnes.

Mais ce projet n’est pas bien accueilli par les riverains. Les habitants ne sont pas rassurés : peur des nuisances sonores et d’une intégration inesthétique dans le paysage des éoliennes. Le débat s’est déroulé de manière très tendue. Ce projet n’est pour le moment pas définitif, puisque l’enquête publique exigée par la réglementation doit être menée au préalable.

Et en France ?
Selon les résultats d’un sondage d’opinion effectué en avril 2005 par Rhônalpénergie-Environnement : Source : http://actu-environnement.com


Bibliographie



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