L'eau potable en Haute-Normandie

Mars 2006
Femmes transportant de l’eau.
"Un accès inégal à l'eau illustre avec force les grandes disparités qui divisent notre monde. En Grande-Bretagne, en situation de pluie, d'inondations ou de sécheresse, chaque personne utilise en moyenne
160 litres d'eau potable par jour. Dans les régions rurales du Mozambique ou de l'Ethiopie, les populations utilisent ce que les femmes et les jeunes filles rapportent des rivières et des lacs, c'est-à-dire environ 5 à 10 litres par jour pour chaque membre de la famille. L'image symbolique de femmes transportant de l'eau reflète une réalité plus brutale. Essayez donc de transporter un jerrycan de 20 litres d'eau, qui pèse environ 25 kg, sur 6,5 kilomètres et sous un soleil de plomb.
"
Libération, 24 mars 2006

Le quatrième Forum mondial de l’eau s’est achevé à Mexico le 22 mars 2006 après sept jours de travaux coordonnés avec pas moins de 130 pays. Plus de 13 000 participants, experts, représentants des gouvernements et d’organisations non gouvernementales (ONG), se sont réunis dans la capitale mexicaine pour fournir une réflexion collective sur la question de l’eau.
L'objectif des Nations Unies est de diviser par deux, d'ici 2015, le nombre de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable dans le monde (1,3 milliard d'individus, soit 40 % de la population mondiale). Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), 3 900 personnes meurent chaque jour à cause de problèmes liés à l’eau (désertification, réseaux d’assainissement des eaux usées obsolètes, sécheresse… ). Sur une population de 900 millions d’habitants en Afrique, 300 millions n’ont pas accès à l’eau potable !
Organisée le 22 mars de chaque année depuis 1992 (après décision des Nations Unies),sous l’égide de l’Unesco, la "Journée mondiale de l'eau" a pour but de sensibiliser le public sur la conservation et le développement des ressources en eau avec un thème différent chaque année. Le thème retenu en 2006 était : "l’eau et la culture".

Du 2 novembre 2005 au 2 mai 2006, une campagne de consultation nationale du public, sur les enjeux de l’eau du Bassin Seine-Normandie, a été réalisée sous forme de questionnaire. Cette action a été accompagnée de débats publics en présence d’experts et d’élus locaux. Elle avait pour but de prendre en considération l’avis des citoyens sur les quatre principaux enjeux de la gestion de l’eau dans le bassin. Les bilans contribueront à la rédaction, très prochaine, de l’avant-projet de schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau (Sdage)
C’est là une obligation pour l’Etat français qui a transcrit le 21 avril 2004 (loi n°2004-348) la directive 2000/60/CE du 22 décembre 2000 du Parlement et du Conseil européen, intitulée "directive cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau", plus brièvement "directive cadre sur l’eau" (DCE).

Circulaire ministérielle décidant la consultation du public
La participation du public pour plus de transparence ! Pour sa mise en œuvre, la circulaire ministérielle du 22 avril 2004 reprend les exigences de la directive cadre sur l'eau :
http://www.eau-seine-normandie.fr(...)Circulaire_consultation_public.pdf

Plaquettes utilisées pour la consultation nationale.

Premiers résultats de l'enquête


16 847 réponses au questionnaire.
65 % des interrogés déclarent être très intéressés par la gestion de l’eau
70% des interrogés pensent qu’il est urgent de mobiliser des moyens pour préserver l'eau.
Source : Bilan de la participation du public sur le bassin Seine-Normandie

Pour connaître les détails de cette consultation :
http://www.eau-seine-normandie.fr/index.php?id=291.



Calendrier de la directive cadre sur l’eau (DCE)


2004 : Consultation des assemblées locales sur le programme de mise en œuvre de la DCE et les enjeux de la gestion de l’eau au niveau du bassin : conseils régionaux et généraux, conseils économiques et sociaux, établissements publics territoriaux de bassin (EPTB), présidents de commissions locales de l’eau et des chambres consulaires.
éfinissant les axes principaux de la révision du Sdage et le document de travail permettant d’atteindre en 2015 l’objectif du bon état des eaux. Définition d’orientations générales de bassins et propositions d’objectifs. Travaux avec les partenaires dans les Commissions géographiques. Propositions de mesures. Premières analyses des dérogations à l’objectif 2015 de bon état. Synthèse de bassin.
2006 : Avant-projet du Sdage
Automne 2007 : Programme de surveillance de la qualité des eaux. Finalisation du programme de mesures. Consultation du public sur le projet de révision du Sdage
Fin 2008 : Révision du Sdage du bassin Seine-Normandie


Les ressources en eau sur terre



La totalité de l’eau contenue sur terre forme l’hydrosphère. Environ 70 % de la surface du globe en est recouverte, sous forme d’eau salée (océans : 97,5 %) et de 2,5 % d’eau douce (glaciers :
69 %, nappes souterraines : 30 %, et lacs, rivières, air, sols… : 1 %).
Sur la quantité globale présente sur la planète, seulement 0,01 % permet à l’humanité de satisfaire ses besoins.
Pour connaître la quantité réelle d’eau disponible sur terre, les stocks des quatre grands réservoirs d’eau sont pris en considération : océans, eaux continentales, atmosphère et biosphère.

Réservoirs
Stocks (en km3)
Océans
1 350 000 000
Eaux continentales
- Glaciers
- Eaux souterraines
- Mers intérieures
- Lacs d’eau douce
- Humidité des sols
- Rivières
35 976 700
27 500 000
8 200 000
105 000
100 000
70 000
1 700
Atmosphère (humidité de l’air)
13 000
Biosphère (cellules vivantes)
1 100

L’eau c’est la vie


Tous les êtres vivants sont constitués en majorité d’eau :
- Un homme contient 65 % d’eau à l’âge adulte et 75 % quand il est bébé
- une méduse : 95 %
- une pomme de terre : 78 %
- un poisson : 70 %
- une tomate : 91 %
- une grenouille : 78 %
- une laitue : 95 %

L’eau est indispensable pour la quasi-totalité des activités de l’homme : elle permet notamment la fabrication des produits dont certains sont très gourmands.
Production
Quantité d’eau requise
1 kilo d’aluminium 100 000 litres
1 kilo de riz 4 500 litres
1 kilo de blé 1 500 litres
1 kilo de pâte à papier ou de laine 100 litres
1 litre de bière 30 litres
1 litre d’essence 10 litres


L’utilisation de l’eau


Infographie : A. Dudouble / Arehn

Le stress hydrique


Les risques de pénurie d’eau sont calculés à partir du niveau de "stress hydrique" dans chaque pays. Plus la réserve en eau par habitant est basse, plus le stress hydrique est élevé.
Le risque est très élevé quand les réserves sont catastrophiques (moins de 1 000 m3 par an et par habitant),
- élevé quand les réserves en eau sont très basses (1 000 à 2 000 m3),
- modéré quand ses réserves sont basses (2 000 à 5 000 m3),
- faible quand les réserves sont moyennes (entre 5 000 et 10 000 m3),
- absent quand les réserves sont élevées (supérieures à 10 000 m3)
Source : Le Monde, 16 mars 2006

Prélèvements d'eau en % du total disponible.

Les pays "riches" ne sont pas à l’abri d’une raréfaction des ressources en eau quand on sait qu’en 1950, 16 800 m3 de réserves annuelles étaient disponibles par habitant contre 4 800 m3 prévus en 2025. Il faudra faire face aux conséquences du gaspillage !

Le cycle de l’eau



Depuis l’apparition de l’eau sur Terre, il y a 3,5 milliards d’années, la quantité globale d’eau est restée constante : 1,384 milliard de km3, (soit les deux tiers de la surface terrestre) parce qu’elle ne se crée pas et ne disparaît pas mais se transforme, passant au cours de son cycle de l’état gazeux (vapeur) à l’état liquide (pluie, océans, etc.) ou solide (neige, glace). En fait, il y a autant d’eau qui s’évapore que d’eau qui tombe sous forme de précipitations, mais pas au même endroit et pas au même moment. En France, il pleut en moyenne 480 milliards de m3 par an. L’énergie solaire est le moteur principal du cycle de l’eau, elle permet les changements d’état de l’eau.

Source : Centre national de recherche scientifique

Le cycle de l’eau est le mouvement perpétuel de l’eau qui se fait à la fois sur terre et dans l’atmosphère. Tout commence par l’évaporation, vers l’atmosphère, de l’eau issue des grands réservoirs : océans, cours d’eau et plans d’eau. L’énergie thermique du soleil est le moteur principal du cycle de l’eau (1 000 km3 de vapeur d’eau par jour). Au contact des couches d’air froid de l’atmosphère, la vapeur se condense en minuscules gouttelettes qui, poussées par les vents, forment des nuages. Les nuages finissent par déverser leur contenu sous forme de pluie, neige ou grêle.
65 % de cette eau retombe dans les océans sous forme de précipitations ou est absorbée par les végétaux. Ces derniers la renvoient dans l'atmosphère par transpiration (entre avril et octobre). 24 % s’infiltre dans le sol pour former les nappes et les rivières souterraines, et 11 % ruisselle vers les cours d’eau qui alimentent de nouveau les océans.


Ressource en eau de la Haute Normandie



En Haute-Normandie, la totalité des eaux potables sont produites à partir des eaux souterraines, issues de l’infiltration des précipitations et emmagasinées dans le sous-sol crayeux. C’est la "nappe de la craie", un important réservoir présent dans une bonne partie du Bassin parisien.
Le volume d’eau dans la nappe dépend de l’importance des pluies et des conditions d’écoulement dans le sol. Or, l’évolution de l’agriculture au cours du XXe siècle et l’accroissement des surfaces imperméables (routes, parkings, etc.) ont considérablement perturbé les conditions d’infiltration. La part de l’eau qui ruisselle en surface a augmenté au détriment de la part qui s’infiltre permettant la recharge des nappes.
Selon la situation hydrologique de la Haute-Normandie pour le mois de février 2006, il semble que les niveaux piézométriques soient globalement inférieurs à ceux de février 2005 provoquant un déficit des nappes d’eau souterraines. Faute d’être rechargées, les nappes phréatiques pourraient bien afficher un niveau très faible cet été. Selon la DIREN (Direction régionale de l’environnement) Haute-Normandie, mi-mars, si les pluies restent soutenues dans les mois qui viennent, le niveau des nappes pourrait atteindre au mieux celui de 2005, déjà inférieur à la normale.
La préfecture de Haute-Normandie travaille d’ores et déjà sur un plan de gestion de la rareté de l’eau par la mise en place de certaines mesures pour les usages de l’eau !

L’eau souterraine
L’eau s’infiltre très facilement dans le sol jusqu’à ce qu’elle rencontre une couche de roche imperméable. Les nappes souterraines constituent une importante réserve d’eau pour la planète.
L’eau surgit par endroit à la surface pour former des sources. Elle reste en moyenne 20 ans sous terre avant de faire surface, mais elle peut y séjourner plusieurs siècles : c’est l’eau fossile.
En France, 70 % de l’eau potable est puisée dans les nappes souterraines par forage ou aux sources, le reste est pompé dans les eaux de surface : lacs et rivières

Suivi piézométrique : mesure du niveau de la nappe tout au long de l'année.
Ce suivi est réalisé en enregistrant les fluctuations du niveau des aquifères d'eau souterraine par l'intermédiaire de 66 puits ou forages disséminés dans la région. Les résultats de ces mesures sont diffusés mensuellement.

Le cycle de l'eau en Haute-Normandie




Source : Le service de l’eau et de l’assainissement dans le département de l’Eure -
Tome 1 : L’eau potable (février 2000)
. Arehn et Conseil général de l'Eure.

Voir aussi


Dossier d'actualité : Les nappes d’eau de la craie (janvier 2004)
http://www.arehn.asso.fr/dossiers/nappe/nappe.php


De la nappe au robinet



Histoire de l’eau potable


C’est au XIXe siècle que l’eau courante est acheminée pour la première fois vers les foyers. Dans les grandes villes du bassin Seine-Normandie, la distribution de d’eau potable débute réellement en 1853, en même temps que la création des grandes sociétés de distribution d’eau privées (cf. encadré ci-dessous).
28 % des foyers sont connectés à l’eau en 1930 et 70 % en 1945. En 1966, seulement 50 % des foyers ruraux de Haute-Normandie étaient raccordés à l’eau potable. C’est avec la création de lotissements à la périphérie des villages, dans les années 1970, que la quasi-totalité des habitations anciennes fut enfin équipée.

L'évolution de l'eau dans les ménages





Qui gère l'eau potable ?


L’approvisionnement en eau potable est de la responsabilité des communes et de leurs groupements (syndicats d’eau). Certaines collectivités gèrent elles-mêmes l’eau (gestion directe ou régie), d’autres délèguent ce service à une entreprise privée.

1853 : création de la première société de distribution d’eau, la Compagnie générale des eaux. La Lyonnaise des eaux est créée en 1880, la Saur en 1933 et la Cise en 1935.

Ces société se partagent le marché de l’eau pour environ 71 % des Français :
Compagnie générale des eaux 39 %
Lyonnaise des eaux 21,5 %
Saur-Cise 10,5 %
Collectivités en gestion directe 23 %
Contrats partagés entre la Générale des eaux
et la Lyonnaise des eaux
6 %

Aujourd’hui, 600 000 kilomètres de canalisations (environ 70 % ont plus de 50 ans et 1,8 % ont plus de 100 ans) constituent le réseau de distribution pour 99 % de la population française. Un Français sur cent (par choix, ou par obligation) utilise encore l’eau de son puits ou de sa propre source.


Comment produit-on de l’eau potable?


Château d'eau.
Pour produire de l’eau potable, une véritable chaîne d’interventions est nécessaire.
- Captage et pompage de l’eau dans les nappes souterraines
- Protection des captages contre toute forme de pollution
- Transport par canalisations vers l’usine de production d’eau potable
- Traitement de l’eau pour la rendre potable pour la consommation humaine : décantation, filtration, déferrisation, chloration, ozonation…
- Stockage de l’eau dans des réservoirs, tels que les châteaux d’eau ou des zones surélevées pour assurer une pression suffisante jusqu’au robinet. L’utilisation de surpresseurs est parfois nécessaire, notamment dans les zones de plateau ou dans les zones où le transport de l’eau se fait sur de longues distances
- Construction et entretien du réseau de distribution qui permet le transport de l’eau potable des réservoirs vers le robinet
- Construction et entretien des conduites d’interconnexion avec les réseaux voisins
- Construction et entretien des branchements qui relient chaque habitation au réseau. Chaque branchement est équipé d’un compteur qui mesure le volume d’eau consommé par l’usager qui permettra d’établir la facture.

Circuit de l’eau potable


Source : Le service de l’eau et de l’assainissement dans le département de l’Eure - Tome 1 : L’eau potable (février 2000). Arehn et Conseil général de l'Eure.

Et en Haute-Normandie ?



Les 469 unités de distributions, qui alimentent les 1,78 million de Haut-Normands, sont desservies par 471 captages.
Par exemple, Rouen est alimentée en eau par trois captages :
- Le captage de Carville, en limite de Darnétal et de Saint-Léger-du-Bourg-Denis, constitue le plus ancien ouvrage (construction en 1525). Les galeries qui interceptent les sources peuvent débiter jusqu’à 8 000 m3 par jour.
- Les sources du Robec, qui se situent à Fontaine-sous-Préaux, ont une capacité maximale de
20 000 m3 par jour. Sur une longueur de
6 000 mètres, l’eau est acheminée par gravitation via un aqueduc creusé en 1870 à 80 mètres sous les plateaux nord de l’agglomération rouennaise.
- Le captage le plus important, avec une possibilité de débit de 48 000 m3 par jour, datant de 1960, se trouve à Moulineaux. Il dessert par une canalisation de 16 kilomètres les communes de Moulineaux à Grand-Quevilly (avec une connexion de secours pouvant, si besoin, répondre aux demandes de Grand-Couronne et de Petit-Couronne) avant de rejoindre le réseau de Rouen.
Des sources au robinet rouennais, l’eau ne parcourt pas moins de 525 kilomètres de canalisations.


Captage.


Arrivée de l'aqueduc gravitaire depuis
les sources de Fontaine-sous-Préaux.

La consommation d’eau potable en Haute-Normandie


L’Agence de l’eau de Seine-Normandie effectue des relevés hebdomadaires auprès des industries et des collectivités pour permettre de mieux contrôler les prélèvements et la restitution des eaux.
Annuellement, les Haut-Normands (industries et collectivités confondues) utilisent 250 millions de mètres cubes d’eau d’origine souterraine. Environ deux tiers des volumes d’eau prélevés sont destinés à l’usage domestique. Malgré l’augmentation de la population et les besoins générés par un meilleur confort des ménages, les prélèvements restent immuables. Cela s’explique par l’utilisation d'appareils industriels et ménagers dotés de nouvelles technologies d’où une consommation d’eau moindre, et par un comportement volontaire des usagers face à l’augmentation du prix de l’eau. D’ailleurs, la Seine-Maritime enregistre une réelle baisse de consommation d’eau des industries (- 34 % entre 1982 et 2002).

Les Agences de l’eau


Pour une gestion efficace de l’eau, la France est, depuis 1964, divisée en six bassins, suivant les lignes de partage des eaux : Adour-Garonne, Artois-Picardie, Loire-Bretagne, Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée-Corse et Seine-Normandie. Les agences de l'eau sont des établissements publics administratifs (dirigés par le ministère chargé de l’environnement ou des finances). Elles ont pour fonction d’aider les services publics locaux d’eau potable et d’assainissement à utiliser, de façon rationnelle et efficace, les ressources en eau, à lutter contre la pollution, à mieux connaître les milieux, à protéger, à améliorer la qualité de l’eau potable. Les redevances sont prélevées sur les factures des usagers : habitants, agriculteurs, industriels, etc. Appliquant le principe du "pollueur-payeur", les pollutions d’eau sont aussi taxées. Les sommes récoltées sont reversées, sous forme d’aides, aux collectivités locales, industriels et agriculteurs désirant améliorer leurs installations pour limiter la pollution des eaux (station d’épuration, réseaux des collecte des eaux usées, etc.) ou pour améliorer leur gestion des eaux.

Comment consomme-t-on l’eau potable en France ?


6 milliards de m3 d’eau sont prélevés chaque année pour alimenter la population française – soit 14 % de la consommation totale de l’eau – provenant à 60 % d’eaux souterraines et à 40 % d’eau de surface.
En moyenne, un Français consomme 55 m3 d’eau par an, soit 137 litres par jour.

Quelques chiffres


Utilisation
Consommation en eau
Lave-vaisselle 25-40 litres
Vaisselle à la main 20 litres
Lave-linge 70-120 litres
Chasse d'eau 10-20 litres
Faire sa toilette à la main 5 litres
Douche 60-80 litres
Bain 150-200 litres
Robinet qui fuit pendant un an 35 à 50 m3
Chasse d'eau qui fuit pendant un an 135 à 200 m3


Infographie : A. Dudouble / Arehn

A savoir


Consommation de l’eau dans le monde par jour et par personne :
Pays d’Europe 200 à 400 litres
Pays d’Amérique du Nord 700 litres
Pays d’Afrique 20 litres

Attention !
Tous usages confondus : 50 litres par jour et par personne est la quantité minimale acceptable !

A Paris, la consommation d’eau potable a été multipliée par 35 au cours des 100 dernières années



La qualité de l’eau du robinet



Comment connaître la potabilité de l’eau ?


Pour connaître la qualité de l’eau de sa commune, il suffit de se renseigner auprès de la mairie, qui a l’obligation d’afficher (loi du 03/01/1992) "en termes compréhensibles par tous" les résultats des différents contrôles de qualité opérés par la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales), ou auprès du syndicat d’eau, ou prendre lecture de la synthèse annuelle (arrêté ministériel du 10/07/1996)) effectuée par la DDASS qui est adressée aux usagers en même temps que la facture du réseau de distribution.

Qui est responsable ?


Depuis une loi de 1790, les communes sont responsables de la distribution de l’eau potable. Elles peuvent néanmoins se regrouper en syndicats intercommunaux qui eux-mêmes peuvent se regrouper en syndicats de production. La commune reste néanmoins propriétaire exclusif des installations et elle est chargée de fixer le prix de l’eau.

Qui contrôle quoi ?


Contrôle officiel
L’eau distribuée aux consommateurs doit répondre à des indices de potabilité fixés par la réglementation. Les critères d’une eau "propre à la consommation" sont en nombre de 63. Un contrôle sanitaire est effectué par la DDASS dans des laboratoires agréés par le ministère de la Santé. Ces vérifications s’appuient notamment sur des analyses périodiques de la qualité de l’eau distribuée. Les résultats des contrôles sanitaires sont communiqués aux maires, aux gestionnaires des ouvrages et aux syndicats d’eau.

Autocontrôle des exploitants
Lors des différentes étapes du captage au robinet, les entreprises du service d’eau contrôlent la qualité des eaux qu’elles distribuent et vérifient qu’elles répondent aux critères légaux.

Les différents contrôles conjugués des professionnels et des pouvoirs publics font de l’eau l’un des produits alimentaires les mieux surveillés de France.

Les différents points de contrôles


- la turbidité
Le phénomène est directement lié aux épisodes pluvieux accompagnés de ruissellement
- la bactériologie
- les pesticides
Les produits phytosanitaires utilisés en agriculture pour éliminer les insectes et les mauvaises herbes s’infiltrent dans les sols.
- les nitrates
- origine diffuse : nitrates entraînés par le ruissellement ou l’infiltration et provenant des engrais minéraux ou organiques non utilisés par les plantes ;
- origine ponctuelle : rejets d’eaux usées domestiques, agricoles ou industrielles.

- le plomb
Il est issu de la corrosion des canalisations anciennes, notamment des installations intérieures des habitations qui sont encore équipées de tuyaux en plomb.
- le calcaire
L’eau contient naturellement du calcaire dont elle s’est chargée lors de son parcours dans la nature.
- le fluor

Protection des points d’eau


En Haute-Normandie, le sous-sol est particulièrement vulnérable aux risques de contamination (pollutions agricoles, industrielles, urbaines…). Depuis 1935 (décret-loi du 30 octobre), des mesures de protection ont été prises. Elles consistent à mettre en application un périmètre de protection des captages. Mais cette pratique reste défaillante et ne prend effet qu’à partir des lois du 16 décembre 1964 et du 3 janvier 1992. En effet, les zones de protection ne protégent souvent que le périmètre immédiat des stations de pompage qui vise à éliminer tout risque de contamination directe de l’eau captée (surface clôturée).

La facture d’eau


Si la ressource en eau est gratuite à l’état naturel, il n’en est pas de même pour l’eau potable ! Ainsi, la facture d’eau destinée aux usagers ne représente pas le prix d’un produit mais l’ensemble des services représenté par les différentes étapes pour rendre l’eau potable : captage, pompage, purification, contrôle, distribution, protection et information aux consommateurs puis, bien évidemment, travaux liés à l’assainissement : collecte, traitement et restitution dans son milieu naturel des eaux usées.

Décomposition du prix du service de l’eau


Distribution de l’eau (production et distribution de l’eau potable) =
Abonnement + Consommation
42 %
Collecte et traitement des eaux usées
(collecte et dépollution des eaux usées)
31 %
Taxes et redevances des organismes publics 27 %
Source : C.I. eau


Et les eaux usées ?



D’ou viennent les eaux "sales" ?


Eaux usées domestiques : eaux vannes (WC), eaux ménagères (cuisine, salle de bain, etc.) : pollution organique
Eaux usées industrielles : différentes d’une industrie à l’autre. La plupart des usines sont équipées de stations d’épuration pour les substances toxiques.
Eaux de ruissellement : pollution dues au "lessivage" des trottoirs, toitures…

Le traitement des eaux usées a pour objectif de collecter et d’épurer les eaux usées avant de les rejeter dans le milieu naturel. En aucun cas il ne donne de l'eau potable !
Selon la Sofres / C.i.eau 2004, 47 % des Français pensent que les eaux usées sont retraitées en usine pour produire de l’eau potable !


Adresses utiles



AGENCE DE L'EAU SEINE NORMANDIE
Délégation régionale de Haute-Normandie
Imm Camaïeu
4 rue Grand-Feu
BP 1174
76176 ROUEN CEDEX
Tél. : 02 35 63 61 30
Site : http://www.eau-seine-normandie.fr

AGENCE DE L'EAU SEINE-NORMANDIE
51, rue Salvador Allende
92027 NANTERRE CEDEX
Tél : 01 41 20 16 00 / Fax : 01 41 20 16 09

AGENCE REGIONALE DE L'ENVIRONNEMENT DE HAUTE-NORMANDIE (AREHN)
8 allée Daniel-Lavallée
76000 ROUEN
Tél. : 02 35 15 78 00 / Fax : 02 35 15 78 20
Site : http://www.arehn.asso.fr
 
DIRECTION DEPARTEMENTALE DES AFFAIRES SANITAIRES ET SOCIALES (DDASS 76)
31 rue Malouet
76100 ROUEN
Tél. : 02 32 18 32 18 / Fax : 02 32 18 32 32

DIRECTION DEPARTEMENTALE DES AFFAIRES SANITAIRES ET SOCIALES (DDASS 27)
Boulevard Georges Chauvin
27032 EVREUX CEDEX
Tél. : 02 32 78 29 29 / Fax : 02 32 78 29 23

DIRECTION REGIONAL DE L’ENVIRONNEMENT (DIREN)
1 rue Duffay -
76000 ROUEN
Tél : 02 32 81 35 80 / Fax : 02 32 81 35 99
Site : http://www.haute-normandie.ecologie.gouv.fr/


Liens



Agence de l’eau Seine-Normandie
http://www.eau-seine-normandie.fr/
 
Agence de l’eau
http://www.lesagencesdeleau.fr/
 
Arehn – Dossier : Les nappes de la craie
http://www.arehn.asso.fr/dossiers/nappe/nappe.php
 
CI eau junior
http://www.cieau.com/junior/sommaire/1/index.htm
 
CI eau tout public
http://www.cieau.com/toutpubl/sommaire/index_flash.htm
 
CNRS – Dossier scientifique – Découvrir l’eau
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/rubrique.html
 
DIREN Haute-Normandie
http://www.haute-normandie.environnement.gouv.fr/
 
DRASS-DDASS de Haute-Normandie / Environnement et Santé / Eaux et aliments / Eau potable
http://www.haute-normandie.sante.gouv.fr/fr/html/accueil/pages/envir/e1/e1_2.htm


Bibliographie



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