La face cachée des cosmétiques

Juin 2009

Sommaire



Qu’appelle-t-on un produit cosmétique ?
Les ingrédients des cosmétiques
Les principes actifs
Les excipients
Les additifs
Les cosmétiques naturels et issus de l’agriculture biologique
Quelles sont les différences entre un cosmétique bio et un cosmétique conventionnel ?
Les ingrédients autorisés dans les cosmétiques biologiques
Labels, certifications, logos : comment s’y retrouver ?
Savoir choisir son produit cosmétique
Une évolution dans la réglementation
Sources et liens Internet



L’utilisation des cosmétiques remonte à plus de 10 000 ans lorque les hommes préhistoriques se peignaient le corps à partir de matières végétales, minérales et animales afin de se différencier des autres individus ou, au contraire, marquer une appartenance.
A partir du début du XXIe siècle, la cosmétologie change radicalement de visage, grâce à l’industrialisation et aux nouvelles technologies. Aujourd’hui, nos salles de bain regorgent de produits toujours plus élaborés, plus efficaces mais… pas toujours dénués de toxicité. Les français restent les plus gros consommateurs de cosmétiques avec, en 2005, 205 euros par habitant, soit environ 27 produits achetés pour les soins d’une seule personne ! Alors, l’utilisation des produits cosmétiques nuit-elle à notre santé et sur l’environnement ? Y a t-il d’autres alternatives pour être "propres" et "beaux" sans risques ?
 

Qu’appelle-t-on un produit cosmétique ?



La réglementation caractérise les cosmétiques par une définition précisée par l'article L5131-1 du Code de la Santé Publique :
 
On entend par produit cosmétique toute substance ou préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain, notamment l'épiderme, les systèmes pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes ou avec les dents et les muqueuses buccales en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d'en modifier l'aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles.
En bref, la cosmétique est un ensemble de procédés et de traitements permettant l’hygiène corporelle et l’embellissement.

 Liste officielle des produits cosmétiques
  • Crèmes, émulsions, lotions, gels et huiles pour la peau (mains, visage, pieds, notamment).
  • Masques de beauté, à l'exclusion des produits d'abrasion superficielle de la peau par voie chimique.
  • Fonds de teint (liquides, pâtes, poudres).
  • Poudres pour maquillage, poudres à appliquer après le bain, poudres pour l'hygiène corporelle et autres poudres.
  • Savons de toilette, savons déodorants et autres savons.
  • Parfums, eaux de toilette et eaux de Cologne.
  • Préparations pour le bain et la douche (sels, mousses, huiles, gels et autres préparations).
  • Dépilatoires.
  • Déodorants et antisudoraux.
  • Produits de soins capillaires :
  • - Teintures capillaires et décolorants.
    - Produits pour l'ondulation, le défrisage et la fixation.
    - Produits de mise en plis.
    - Produits de nettoyage (lotions, poudres, shampooings).
    - Produits d'entretien pour la chevelure (lotions, crèmes, huiles).
    - Produits de coiffage (lotions, laques, brillantines).
  • Produits pour le rasage (savons, mousses, lotions et autres produits).
  • Produits de maquillage et démaquillage du visage et des yeux.
  • Produits destinés à être appliqués sur les lèvres.
  • Produits pour soins dentaires et buccaux.
  • Produits pour les soins et le maquillage des ongles.
  • Produits pour les soins intimes externes.
  • Produits solaires.
  • Produits de bronzage sans soleil.
  • Produits permettant de blanchir la peau.
  • Produits antirides.


  • Les ingrédients des cosmétiques



    Un cosmétique peut contenir de 20 à 50 ingrédients ! Mais attention, si le nombre de composants n’influence pas la qualité d’un produit, il peut augmenter les risques d’allergie. Alors peu importe la texture souhaitée par les fabricants (crème, gel, sérum, émulsion…), tous les produits cosmétiques sont obtenus à partir des mêmes substances, dont seules les quantités varient.

    Exemple de composition.

    L’étiquetage


    La réglementation sur l’étiquetage des cosmétiques, oblige les fabricants à déclarer de manière précise la liste des ingrédients qui composent leurs produits selon une dénomination officielle : la nomenclature internationale, c'est-à-dire leur dénomination INCI* publiée par la Commission européenne.
    Précédé du terme "INGREDIENTS", la liste exhaustive est classée par ordre décroissant : les composants les plus importants en poids ou en pourcentage sont donc notés en premier, ce qui signifie qu'un produit dont la liste commence par "Aqua" est composé en plus grande partie... d'eau !

    Voir aussi
    : Article Apprendre à lire les étiquettes : la liste des ingrédients de l' Observatoire des cosmétiques.

    * INCI : International Nomenclature of Cosmetic Ingredients (nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques).

    Les principes actifs


    Environ 1 % de principes actifs, parfois issus du végétal, permettent de garantir l’efficacité d’un produit (exemple argile, zinc, vitamines). Malgré l’infime quantité, l’étiquette valorise souvent ces composants pour accrocher le consommateur.

    Les excipients


    Entre 80 et 90 % d’excipients sont essentiellement composés d’eau (70 %) et d’un corps gras (15 %) d’origine végétale, synthétique ou minérale. Ils définissent la qualité, l’efficacité, la texture et l’aspect du produit. Ils permettent de véhiculer les principes actifs vers là où ils sont censés agir : l’épiderme.

    Les différents corps gras
    Corps gras minéraux Corps gras synthétiques Corps gras végétaux
    O
    R
    I
    G
    I
    N
    E
    Les huiles et cires minérales sont des composés synthétiques dérivés de l’industrie pétrochimique. Les silicones (polymère formé d'oxygène et de silicium) peuvent être de structures et de textures variées, allant du plus fluide (huiles) au plus rigide en passant par des états visqueux, résineux, pâteux, cireux, etc. Le règne végétal offre des matières grasses provenant de fruits, noix, fèves, graines, noyaux, céréales, etc.
    F
    O
    N
    C
    T
    I
    O
    N
    Excipient très bon marché avec des propriétés hydratantes très efficaces. Se sont les corps gras les plus utilisés dans les cosmétiques conventionnels. Leurs propriétés gainantes les rendent indispensables dans les produits capillaires (démêlage, brillance, douceur, fixation…).
    Ils sont utilisés aussi dans les crèmes pour ses propriétés de fluidité et de douceur.
    Hydratants et nutritifs, ils ajoutent à leur action émolliente (qui adoucit et assouplit la peau) l’apport de la richesse de leur composition en acides gras essentiels, vitamines, antioxydants, polyphénols et autres stérols.
    R
    I
    S
    Q
    U
    E
    S
    /
    P
    R
    O
    P
    R
    I
    E
    T
    E
    S
    Dérivés du pétrole, ils sont très nocifs pour l’environnement.
    Ingérés, ils deviennent toxiques.
    L’Office fédéral de la santé publique suisse a mis en garde les femmes allaitantes qui utilisent les crèmes sue leur buste (contact buccal du bébé).
    Ils sont également susceptibles de boucher les pores de la peau et de favoriser l’apparition des boutons et points noirs ou d’affections pathologiques lorsque les applications sont fréquentes et prolongées.
    D’autre part, des études menées par l’OMS (Organisation mondiale pour la santé) ont démontrées leurs effets néfastes sur les organes (foie, cœur…).
    Excepté quelques rares cas d’allergies, les silicones ne présentent pas de risque pour la santé humaine. Par contre, peu biodégradables ils sont nocifs pour l’environnement. Naturel, ce corps gras peut suffire à lui-même en tant que cosmétique parce que ses propriétés sont multiples.
    Par contre, quelques risques de réactions allergènes pour les personnes allergiques à certains corps gras (soja, arachide, etc.)..
    A
    P
    P
    E
    L
    L
    A
    T
    I
    O
    N

    I
    N
    C
    I
    Les plus fréquents :
    - Cera microcristallina
    - Ceresin
    - Hydrogenated polyisobutene
    - Isododecane
    - Isohexadecane
    - Ozokerite
    - Paraffin
    - Paraffinum liquidum
    - Petrolatum
    - Synthetic wax
    Les silicones sont très nombreuses mais ont toutes une racine commune dans leur dénomination officielle : tous les composés dont une partie du nom se termine par -icone (Exemple : Dimethicon) ou par -siloxane (Exemple : Cyclopentasiloxan). Les principales sources :
    - Arachis hypogaea oil : Huile d’arachide
    - Triticum vulgare germ oil, Hydrogenated wheat germ oil : Huile de germe de blé
    - Glycine Soja Oil, Hydrolyzed soy : Huile de soja
    - Sesamum indicum seed oil : Huile de sésame

    Les additifs


    Des additifs sont ajoutés pour rendre les ingrédients stables, pour conserver, pour harmoniser, pour parfumer, pour colorer, pour mousser…. Se sont les conservateurs, les colorants, les parfums, les agents fixateurs, les antioxydants, les agents de consistance. Les additifs n’ont pas bonne presse depuis quelques années. En effet, certaines études ont démontré que certains d’entre eux seraient nocifs pour la santé et/ou l’environnement : phtalates, parabens, phénoxyéthanol, etc.

    Les phtalates
    Les phtalates sont des molécules chimiques qui servent d’agents fixateurs ou vecteurs dans les produits cosmétiques. Le DEHP et DBP sont les plus dangereux et sont classés toxiques pour l’être humain. En concentration élevée, des études menées en laboratoire ont enregistré une baisse de la fertilité, atrophie testiculaire, réduction du poids du fœtus, mortalité fœtale et des malformations sur l’appareil génital mâle…
    En Europe, l’industrie cosmétique, très réglementée en ce qui concerne l’utilisation des phtalates, ne peut utiliser que le diethylphtalate (DEP). Celui-ci est utilisé pour dénaturer l’alcool contenu dans les parfums pour le rendre impropre à la consommation. Selon les scientifiques et l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), ce phtalate ne présenterait pas de danger pour l’homme étant donné l’infime quantité utilisée.

    L'Afssaps encadre l'évaluation de la qualité et de la sécurité d'emploi des produits cosmétiques. Pour ces missions, elle dispose d'experts internes et externes, d'équipes d'inspecteurs, de laboratoires d'analyse, et peut prendre des mesures de police sanitaire en cas de risque pour la santé publique. Par ailleurs, l’Agence organise un système de vigilance afin de surveiller les effets indésirables résultant de l’utilisation de produits cosmétiques.
    Les contrôles sur les cosmétiques s'effectuent en général en coordination avec la DGCCRF (direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes) et les DRASS (directions régionales des affaires sanitaires et sociales).

    Les émulsifiants (appelés parfois émulsionnants)
    En cosmétique, on est souvent en présence d’une base huileuse et d’une base aqueuse et, comme ces deux éléments ne peuvent se mélanger correctement, les fabricants ont recours à des émulsifiants pour homogénéiser le tout. Ainsi, on obtient une émulsion.
    - Le PEG (polyéthylène glycol) et le PPG (polypropylene glycol) sont issus du traitement chimique d’un gaz très toxique. En plus d’être néfastes pour l’environnement, ils sont soupçonnés de contenir des substances irritantes et potentiellement cancérigènes. En outre, ils augmenteraient les éruptions de boutons et de points noirs.
    - Les alkylphénols et éthoxylates d’alkylphenol : le plus controversé est le nonylphénol, à l’activité hormonale reconnue. Il pourrait également altérer le sperme et provoquer des atteintes à l’ADN.

    Les conservateurs
    Les cosmétiques, composés pour la plupart d’un mélange d’eau et de corps gras, constituent un milieu propice au développement des micro-organismes (quelques jours suffisent). Les conservateurs protègent les consommateurs en endiguant la prolifération des champignons (levures et moisissures) et des bactéries pathogènes, dangereuses pour la santé humaine.
    Mais ils ne sont non sans danger pour l’homme : ils peuvent provoquer des allergies ou des irritations et être plus ou moins toxiques, selon les doses.
    Certains cosmétiques comme les poudres, les fards à paupières, les huiles hydratantes ou les sérums n’ont pas besoin de conservateur puisqu’ils ne contiennent pas d’eau .

    Depuis quelques années une guerre médiatique est déclarée aux conservateurs, pourtant destinés à protéger les cosmétiques. Deux sont particulièrement dans le collimateur des journalistes : les parabens, suspectés d’être cancérogènes et le phénoxyéthanol, décrié pour son appartenance à la famille des éthers de glycol.
    Les autres conservateurs (cinquante-six sont autorisés par la réglementation sur les cosmétiques), mais ils ne semblent pas retenir autant l’attention.
    Liste non exhaustive des conservateurs utilisés dans les cosmétiques

    Les parabens
    II y a encore trois ans, les parabens étaient utilisés dans 80 % des produits cosmétiques. Synthétiques, leurs avantages ne sont plus à prouver : grande efficacité comme conservateurs, pratiques, peu allergènes et sans danger.
    Alkyle : résultat de la suppression d'un atome d'hydrogène à un alcane.
    Alcanes : molécules organiques constituées uniquement de carbone et d'hydrogène (hydrocarbures saturés).

    Mais il existe plusieurs sortes de parabens, différents par leur structure chimique qui influe sur leur efficacité mais aussi sur leur effets indésirables. Plus la chaîne d’alkyle est longue, plus l’efficacité est grande mais plus le produit est néfaste pour l’homme. Parmi les parabens les plus utilisés dans les cosmétiques, on trouve le méthylparaben et l’éthylparaben (à chaînes courtes), le propylparaben, le butylparaben et l’isobutylparaben (à chaînes longues).
    Utilisés seuls ou en mélange, pour augmenter leur pouvoir d’action, ils peuvent devenir dangereux, notamment pour les femmes enceintes ou les nourrissons, parce qu’ils sont considérés comme des perturbateurs endocriniens qui affectent le système hormonal, dont le développement s’accroît lors de la période embryonnaire ou chez le jeune enfant.
    Selon des études menées en 2005 par l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), "des effets toxiques du propylparaben et du butylparaben sur la reproduction avaient été mis en évidence chez le jeune rat, selon des études réalisées à des doses susceptibles d'être compatibles avec les expositions humaines et suggérant un risque potentiel pour la fertilité masculine".
    Une autre étude émanant d’un groupe de chercheurs japonais dénoncerait le méthylparaben (le paraben le plus sûr !) comme accélérateur du vieillissement de la peau… A ce jour, il n’y pas eu d’autres études pour confirmer ces recherches.

    Le phénoxyéthanol
    Présent à l’état naturel dans le thé vert et la chicorée, par exemple, ce conservateur fait, lui aussi, partie de la famille des éthers de glycol (en savoir plus sur les éthers de glycol). Il sert souvent de solvant pour d’autres conservateurs, en particulier les parabens.
    Cette substance est un allergène reconnu très puissant. Il est autorisé par la législation pour une concentration maximale de 1 %, en tant que conservateur.
    Il est également appelé phénoxytol.

    Le formaldéhyde
    Ce conservateur est un gaz à température ambiante, mais il est utilisé en solution aqueuse. Classé cancérigène et très allergisant, sa concentration ne doit pas dépasser 0,2 %. Il est connu sous diverses autres appellations : formol, formalin, formic aldehyde, paraform, methanal, methyl aldehyde, methylene oxide, oxymethylene, oxomethane…

    Et les cosmétiques sans conservateurs, c’est possible ?


    Alertés par les médias, les consommateurs sont devenus méfiants envers les conservateurs de leurs cosmétiques : ils ont douté, paniqué et ont fini par questionner les fabricants. Ces derniers ont réagi très rapidement pour enrayer la mauvaise réputation de leurs produits en indiquant, bien en évidence sur le packaging, "Sans paraben", ou "Sans paraben ajouté", "Sans phénoxyéthanol" voir même "Sans conservateur".
    Les fabricants ont trouvé des solutions pour "détourner" les moyens de conservation :
    - Le packaging qui peut protéger le cosmétique d’une contamination : les uni-doses stériles et les flacons à pompes, qui isolent parfaitement le produit de la lumière et de l’air, ne nécessitent pas de conservateur.
    - La limitation de la durée d’utilisation après ouverture.
    - L'utilisation de conservateurs qui ne sont pas répertoriés dans la nomenclature officielle des ingrédients cosmétiques (voir tableau ci-dessous). Mais ces systèmes, peu probants, peuvent s’avérer dangereux pour l’homme (ex. : allergie).

     
    Alcool
    Certaines huiles essentielles
    Lipoaminoacides ou enzymes
    Fonction Antiseptique qualifié "d’origine naturelle" Propriétés antibactériennes Propriétés antibactériennes
    Inconvénient - Toxique pour l’organisme
    - Assèchement de l’épiderme
    Allergisant pour certaines personnes Aucune donnée scientifique ne garantit leur efficacité

    Certains produits n’ont aucun moyen de conservation et n’offre aucune protection contre la prolifération des bactéries et des champignons. Ils sont donc très dangereux pour la santé.


    Les cosmétiques naturels et issus de l’agriculture biologiques 



    Jusqu’à présent, pensant prendre soin d’elles, certaines consommatrices de cosmétiques s’appliquaient pas moins de 80 composants chimiques sur la peau, et ce, quotidiennement. Heureusement, les consommateurs sont de plus en plus conscients de la toxicité de certains cosmétiques conventionnels et, progressivement, reconsidèrent leurs achats en favorisant les produits aux compositions plus naturelles.
    Le marché de produits cosmétiques bio est alors devenu un marché important ce qui a permis aux fabricants les moins scrupuleux d’utiliser des étiquettes peu explicites mais suggestives : "produit naturel", "produit végétal", "produit doux"…
    Alors quelles différences entre un produit naturel et un produit biologique ?

    Le marché du cosmétique bio est en plein essor. Il aurait généré 7 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2007. La France est le troisième marché européen après l’Allemagne et la Grande-Bretagne avec 200 millions d’euros. Mais le chiffre le plus évocateur est les taux de croissance annuels : 60 % pour certains produits !

    Quelles sont les différences entre un cosmétique bio et un cosmétique conventionnel ?

    L'huile d'Argan : 100  % naturelle.

    La plupart des cosmétiques conventionnels sont fabriqués à partir d’ingrédients synthétiques ou, parfois, d’origine animale. Outre les éventuels effets néfastes pour l’être humain, les différents procédés utilisés pour la fabrication des cosmétiques issus de la pétrochimie nuisent gravement à l’environnement.
    A contrario, les cosmétiques biologiques sont issus de produits plus naturels.
  • Les corps gras qui composent les excipients (l’ingrédient principal du produit après l’eau) des cosmétiques bio sont issus du végétal : huiles ou graisses (de jojoba, d’argan, de karité, d’olive, d’abricot…).
  • Les principes actifs – qui garantissent l’efficacité d’un produit cosmétique – sont réellement présents dans un cosmétique biologique : jusqu’à 35 % contre 1 % dans un cosmétique traditionnel : extraits huileux, hydroalcooliques, plantes, hydrolats, huiles essentielles...
  • Les émulsionnants tensioactifs : dérivés de sucres et de matières premières végétales.
  • Des adjuvants : conservateurs naturels (acide citrique, acide benzoïque), stabilisants naturels (dérivés de sucres et de céréales), humectants naturels.
  • Les additifs : des colorants naturels et, pour les parfums, des huiles essentielles biologiques
    (citron, rose, géranium, etc.).


  • Les ingrédients autorisés dans les cosmétiques biologiques


    Exemple de composition.
  • Ingrédients biologiques
    Produits non transformés issus de l'agriculture biologique, donc respectueux de l'environnement. Seules les transformations physiques sont admises (extraction, filtration et purification, mélange, pression à froid, etc.).
    Les ingrédients sont issus d'une production végétale (extraits de plantes, huile végétales, huiles essentielles, etc.) ou animale (cire, miel, etc.).
  • Ingrédients naturels
    Produits non transformés extraits directement de la production agricole, de la récolte ou de l’exploitation. Seules les transformations physiques sont admises (extraction, filtration et purification, mélange, pression à froid, etc.).
    Les ingrédients sont végétaux (extraits de plantes), minérauxl (eau, pigment, argile, etc.), marins (algue) ou issus de la production animale.
  • Ingrédient d’origine naturelle :
    Produits résultant de la biotechnologie ou transformés selon les procédés chimiques autorisés (hydratation, fermentation…). végétal, issu de la production animale ou minéral (alcool gras, acides gras ou huile végétale hydrogénée).
  • Ingrédients de synthèse : les ingrédients de synthèse chimique ne sont pas d’origine naturelle mais peuvent en être la reproduction à l’identique. Ils sont utilisés en quantité infime dans les cosmétiques biologiques comme agents de conservation et doivent faire parti de la "liste positive" d’ingrédients accepté par le référentiel Ecocert des cosmétiques écologiques et biologiques (acide benzoïque, acide ascorbique, magnésium hydroxyde). Les colorants synthétiques, les ingrédients de pétrochimie, les parfums et les antioxydants de synthèse, etc. ne font pas partie de cette liste.


  • Labels, certifications, logos : comment s’y retrouver ?


    La certification biologique - que se soit pour un produit alimentaire ou un cosmétique - doit répondre à certaines exigences : un cahier des charges, des adhérents à ce cahier des charges (producteurs, formulateurs, fabricants et distributeurs) et un organisme certificateur qui sera certifié lui-même par un organisme compétent, agréé par le Ministère de l’Agriculture, et indépendant de toute structure commerciale.
    L’emballage d’un produit biologique devra être estampillé de la mention "certifié par" suivi du logo du certificateur, puis un label.

    Ecocert
    Ecocert est un organisme de contrôle et de certification (pour 80 % des produits biologiques) agréé par l'Institut National de l'Origine et de la Qualité et accrédité par le COFRAC (Comité Français d'Accréditation)) qui exige indépendance, compétence et impartialité.
    Ecocert s’appuie sur un référentiel technique déposé en 2003 auprès du Ministère de l’industrie. Écocert peut certifier le respect de toutes chartes de cosmétiques biologiques, mais on retrouve principalement sa marque sur les produits labellisés Cosmébio et Cosméco. Qualité France est un référentiel proche de Ecocert.

    Le référentiel Ecocert repose sur des principes de base :
  • Favorise l’origine naturelle des matières premières.
  • Favorise l’utilisation des ingrédients issus de l’agriculture biologique.
  • Sans colorant ou parfum de synthèse.
  • PEG : polyéthylène glycol.
    PPG : polypropylene glycol.
  • Sans PEG ou PPG.
  • Sans paraben, sans phénoxéthanol.
  • Sans silicone, sans paraffine.
  • Sans OGM.
  • Conditionné avec des emballages réduits et écologiques.
  • Non testé sur les animaux.
  • Transparence et respect de l’information pour les consommateurs.

  • Cosmébio
    Le label français Cosmébio désigne un cosmétique écologique et biologique, contrôlé par une association de fabricants de produits cosmétiques, en association avec Écocert.
    En plus des exigences générales du référentiel Écocert, la charte Cosmébio impose que le produit cosmétique fini soit composé de :
    - 95 %* d'ingrédients naturels ou d'origine naturelle dont 10 % minimum issus de l'agriculture biologique.
    - 5 % d'ingrédients issus de la synthèse sont autorisés
    - 95 % minimum des ingrédients végétaux doivent être certifiés bio.

    Cosmébio "ECO"
    Label Cosmébio "ECO" pour les produits écologiques : moins exigeant, certifie que 95 %*des ingrédients du produit sont naturels ou d’origine naturelle et qu’au moins 50 % des végétaux de la composition sont issus de l’agriculture biologique et qu’un minimum de 5 % des ingrédients du produit fini sont biologiques.
    *L’eau, ingrédient principal des cosmétiques (entre 50 à 80 %) est comprise dans l’ensemble des ingrédients mais n’est pas certifiable (produit naturel par définition) ce qui signifie qu’un cométique ne contient que 20 à 50 % de produits certifiables

    La charte BDIH
    Née en1996, en Allemagne, la charte BDIH est la première en Europe à avoir labellisé les "produits naturels".
    Elle garantit :
    - Sans produits issus de la pétrochimie.
    - Sans colorants ou parfums de synthèse.
    - Sans bases lavantes ou émulsifiants éthoxiliés.
    - Sans irradiation.
    - Sans OGM.
    - Pas d’utilisation de matières premières d'origine animale, sauf issus de l'animal vivant (ex: lanoline).
    - Pas d’utilisation de blanc de baleine ou collagène animal.
    - Aucun test sur les animaux.

    Agriculture biologique
    Le logo pour l’agriculture biologique en France ou le logo européen pour l’agriculture biologique, propriété du Ministère de l’Agriculture, permettent aux consommateurs d’identifier les produits alimentaires composés d’au moins 95 % d’ingrédients issus de l’agriculture biologique (mettant en œuvre des pratiques agronomiques et d’élevage respectueuses de l’environnement, de l’équilibre naturel et du bien-être animal. Pour les cosmétiques, ce logo est réservé aux huiles essentielles et aux huiles végétales.


    Savoir choisir son produit cosmétique



    Pas toujours simple de lire la liste des ingrédients d’un produit cosmétique, à moins d’être muni d’une loupe, pas toujours pratique mais finalement indispensable.
    Par contre, certains fabricants n’hésitent pas à utiliser des allégations très fantaisistes et très visibles sur les étiquettes de leur produit.
  • Les termes "Naturel" ou "Origine naturelle" estampillé sur un produit cosmétique n’a aucune valeur réglementaire. Ils indiquent tout simplement qu’une partie très infime des ingrédients est naturelle, les autres ingrédients (presque la totalité du produit) étant issus de la pétrochimie !
  • "Hypoallergénique" signifie que les allergènes les plus courants ne sont pas présents dans le produit (parfums, lanoline, beurre de cacao, fécule de maïs, huile de coton).
  • "Testé dermatologiquement" signifie que le produit a été approuvé par un dermatologue sans autre contrôle probant.
  • Les emballages recyclables ne permettent pas de prétendre que le produit est écologique.
  • Un fabricant écocertifié par la norme ISO 14001 peut ne pas avoir de produits éligibles aux labels biologiques ou d’origine naturelle.
  • L’achat d’un cosmétique en pharmacie ou son prix exorbitant ne garantit pas son efficacité. Par contre, certaines enseignes spécialisées dans les produits naturels offrent un choix plus grand.
  • En s’appuyant sur des tests fiables, quelques associations de consommateurs (60 millions de consommateurs ou Que choisir) apportent quelques éléments de réponses en termes d’efficacité des produits cosmétiques.


    Une évolution dans la réglementation


    Actuellement, c’est la Directive Cosmétiques (76/768/CEE) qui réglemente la fabrication et la mise sur le marché des produits cosmétiques.
    REACH : Registration, Evaluation and Authorisation of Chemical Substances (Enregistrement, Evaluation et Autorisation des Substances Chimiques).
    Elle permet d’assurer la sécurité du consommateur sous des conditions d’utilisation normales ou prévisibles. Adoptée par l’Union européenne en 1976, elle a été soumise à de nombreux amendements la rendant peu explicite et incohérente. C’est pour pallier à inconvénients que la directive va être remplacée par un nouveau règlement européen (REACH). Les grands principes de l’ancienne seront maintenus : définition d’un cosmétique, principe que celui-ci ne doit pas nuire à la santé humaine, objectif de l’interdiction totale des expérimentations animales, obligation pour l’industrie de respecter les bonnes pratiques de fabrication, accès des autorités sanitaires aux informations les concernant, les annexes précisant les ingrédients interdits ou soumis à des restrictions d’utilisation…
    Nanomatériau : un matériau non soluble ou bio-persistant, fabriqué intentionnellement et se caractérisant par une ou plusieurs dimensions externes ou par une structure interne, sur une échelle de 1 à 100 nm.
    Défintion de la directive cosmétique
    restent ainsi présents mais parfois complétés d’exigences nouvelles ou précisés.
    Elle permettra de renforcer la sécurité des produits de cosmétiques, notamment sur l’utilisation des nanomatériaux, protéger le consommateurs des allégations trompeuses (c'est-à-dire une parfaite transparence dans l’étiquetage) et des règles strictes dans l’utilisation des substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.  


    Sources et liens Internet



  • Bioreflexe - Site d’information sur les cosmétiques bio
  • Commission européenne - Entreprises et industrie REACH
  • Cosmébio - Association professionnelle de cosmétique écologique et biologique
  • Cosmétox - Le guide sur les cosmétiques de Greenpeace
  • DGCCRF - Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
  • Dossier conso net - Ce site de l’Institut National de la Consommation propose 2 brochures à télécharger
  • Dossier SagaScience - Chimie et beauté - CNRS
  • Ecocert - Organisme de contrôle et de certification
  • Afssaps - Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
  • L’observatoire des cosmétiques - Site d’expertises, d’informations et de conseils sur les cosmétiques
  • Le Flacon - Fiches ingrédients des cosmétiques
  • Parlons cosmétique - site d’information de la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA) sur les produits cosmétiques. Il est sans aucun but commercial ni publicitaire. Il est ouvert à toute personne qui souhaite mieux connaître les produits de bien-être et de beauté.


  • A venir consulter au centre de documentation de l’AREHN



    MACHETEAU, Sophie ; GUET, Vanina (2007)
     90 recettes de beauté bio à faire soi-même : 100 % glamo
    ur, 100 % gourmandes, 100 % naturelles .- Paris : Vigot .- ill. ; 21 cm .- 143 p.
    Recettes pour confectionner ses cosmétiques à la maison en utilisant des produits naturels.


    HAMPIKIAN, Sylvie (2008)
     Créez vos cosmétiques bio.- Mens : Terre Vivante.- ill. ; 21 cm .- 192 p.
    Guide d'initiation pour créer ses cosmétiques maison à base de produits naturels : huiles végétales, yaourt, miel...