La coccinelle : l'alliée du jardinier

Juin 2010
(Fotolia).

Véritable tueur en série au potager.
Je me pare de rouge pour effrayer mes condisciples.
Ma larve ressemble à un crocodile en miniature.
Je fais partie des insectes auxiliaires.
Je ponds environ 1 000 œufs tout au long de ma vie.
Je suis souvent utilisée comme symbole de l’écologie.
Je bénéficie d’un capital de sympathie incroyable, particulièrement auprès des enfants.
On m’appelle la bête à bon Dieu.
Je suis, je suis... La coccinelle !

Sommaire



La coccinelle, un insecte utile
Au menu d’une coccinelle
De la ponte à l’éclosion
Une grande famille
Pourquoi les coccinelles ont-elles des points ?
Où trouver les larves de coccinelles ?
Pourquoi ne pas se contenter de laisser agir les coccinelles de manière naturelle ?
Les deux gagnantes françaises
Comment les déposer ?
Comment les conserver chez soi ?
Refuge d’hiver pour les coccinelles
Des communes qui utilisent les coccinelles en lutte biologique
Vidéo : Le Grand-Quevilly lâche des larves de coccinelles (le 9 juin 2010)
D’autres insectes utiles
Les limites de la coccinelle
Le renfort asiatique
Une espèce nuisible
Quand s’est elle acclimatée ?
Peut-on encore s’en procurer ?
Comment la reconnaître ?
Qui contacter ?
Bibliographie
Généralités
Coccinelle asiatique
Gîtes à insectes
Documents pédagogiques
Expositions
DVD

La coccinelle, un insecte utile


Les beaux jours sont là, les jardins se parent de toutes les couleurs, les oiseaux chantent… Hélas, les pucerons sont aussi de retour. N'épargnant rien ni personne, ils sont un fléau pour le jardinier. Puisant leur nourriture dans les plantes, ils provoquent la déformation des feuilles, inhibent la croissance et sont vecteurs de maladies.
Mais il est – presque – fini le temps où le jardinier pulvérisait des nuées d’insecticide. Aujourd’hui, les traitements chimiques n’ont plus la cote, et pour cause.
La lutte biologique est une méthode de lutte contre les ravageurs des cultures qui fait appel à des organismes vivants (prédateurs, parasitoïdes) ou à leurs produits (toxines bactériennes ou virales).
Certes efficaces, ils restent nocifs, aussi bien pour ceux qui les utilisent que pour l’environnement en général. D’autant que les pucerons s’endurcissent et deviennent toujours plus résistants aux pesticides.
Contre ces cohortes d’insectes, il reste la figure emblématique du jardinage biologique : la coccinelle. Ou plutôt, les coccinelles, car il existe de nombreuses espèces. En matière de lutte biologique, l’homme n’a pas fait mieux. Non polluant et non toxique, ce moyen est aussi plus performant à long terme, les pucerons ne s’adaptant pas à l’appétit des coccinelles. Et puis, le fait de mettre des larves de coccinelles dans son jardin incite le jardinier à regarder la nature autrement.
Coccinelle mangeant des pucerons. (Fotolia).

Au menu d’une coccinelle


Véritable fauve en miniature, la coccinelle mange entre 50 et 100 pucerons par jour ; ce qui en fait l’animal le plus vorace, que l’on connaisse en matière d’extermination des pucerons. Mais ce sont les larves qui sont les plus gourmandes : 100 à 150 pucerons dans une journée pour une larve au 4e stade (avant de devenir coccinelle adulte). Elle perfore sa proie pour y injecter sa salive chargée de suc digestif. En un instant, l’adversaire est anéanti.
Mais cette petite auxiliaire a plus d’une corde à son arc. Car non seulement c’est un prédateur insatiable mais, en plus, elle ne pique pas, ne transmet pas de maladie et n’infeste pas les réserves alimentaires.
En prime, les populations de coccinelles s’autorégulent en fonction de la nourriture disponible. Plus il y a de pucerons, plus leur nombre augmente. Et inversement, si les pucerons viennent à manquer, elles quittent le jardin et l’équilibre se rétablit.

De la ponte à l’éclosion


Si les conditions météorologiques sont favorables, les premières coccinelles font leur apparition, après hibernation, en mars. Elles s’accouplent et pondent une dizaine de jours plus tard. Les femelles pondent de 100 à 400 œufs jaune clair de 2 à 3 mm. Ils sont collés sous les feuilles par paquets, à proximité ou au sein même des colonies d’insectes proies.
Entre 3 et 5 jours plus tard, en fonction des températures, naissent de jeunes larves noires de 2-3 mm. Celles-ci se mettent très rapidement à la recherche de nourriture. Elles attaquent les pucerons, quelquefois beaucoup plus gros qu’elles. Mangeuses insatiables, elles muent au bout de trois jours, leur corselet ne pouvant plus les contenir. Elles répètent ce processus encore trois fois jusqu’à atteindre une dimension de 1,5 à 2 cm.

Ensuite les larves s’immobilisent, collent leur abdomen au dos d'une feuille et se courbent pour progressivement former une nymphe. Elles donneront, en quatre à sept jours, les adultes pourvus d’ailes que nous connaissons. D’abord incolores, les jeunes coccinelles se pigmentent en moins de 24 heures. La durée d’un cycle de coccinelle (de l’œuf à l’adulte capable de se reproduire) n’excède jamais un mois. Si tout va bien, une coccinelle adulte vit en moyenne 14 mois.


Une grande famille


La coccinelle appartient à l’ordre des coléoptères et fait partie de la famille des Coccinellidés.
Phytophage : insecte qui mange des végétaux.
On compte plus de 3 000 espèces dans le monde, 90 en France et 50 en Normandie.
Leur couleur varie, de même que leur taille (de 1 mm à plus de 10 mm).
Sur les quelque 3 000 espèces recensées dans le monde, seules 10 % d’entre elles sont phytophages. Les autres sont carnivores.

Indépendamment de la classification entomologique, on peut regrouper les coccinelles en fonction de leur alimentation.
Les deux groupes les plus importants :
Les aphidiphages, qui comportent le plus d’espèces : s’attaquent aux pucerons. C’est le groupe qui intéresse les producteurs de légumes car les pucerons s’attaquent aux plantes potagères. Malheureusement, elles ont un développement plus lent que celui de leurs proies.
Les coccidiphages : s’attaquent aux cochenilles. Ce groupe est un peu moins important que celui des aphidiphages. Elles ont un développement plus rapide que celui des cochenilles. Ainsi, elles ont obtenu plus de succès en lutte biologique, mais cela ne concerne que l’arboriculture et les cultures ornementales car les cochenilles ne s’en prennent pas aux plantes potagères.
Les coccinelles / LEGEMBLE, Joëlle, mise à jour avril 2009 (Fiche technique du Service régionale de l’alimentation de Haute-Normandie).


Pourquoi les coccinelles ont-elles des points ?


Une certitude, en tout cas : la rumeur selon laquelle le nombre de points correspond à leur âge – au plus 18 mois – est parfaitement fausse ! Qu’elles en aient deux, trois, quatre… ou vingt, c’est une caractéristique propre à chaque espèce.

Les principales sont les suivantes :
La coccinelle à 2 points : Adalia bipunctata
La coccinelle à 7 points : Coccinella septempunctata
La coccinelle à 13 points : Hippodamia tridecimpunctata
La coccinelle à 14 points : Propylea quatuordecimpunctata
La coccinelle à 16 points : Titthaspis sedecimpunctata
La coccinelle à 18 points : Coccinella octodecimpunctata
La coccinelle à 19 points : Anisosticta noventdecimpunctata
La coccinelle à 24 points : Subcoccinella vigintiquatuorpunctata

Où trouver les larves de coccinelles ?


Larve. (Fotolia).
L’élevage de coccinelle a commencé il y a une trentaine d’années, dans des jardins botaniques pionniers. Le service des Espaces Verts de Caen utilise des coccinelles dès 1981. A l’heure du « tout chimique », cela paraissait un peu fantaisiste. Aujourd’hui, c’est un enjeu sérieux pour l’agriculture biologique ou raisonnée.
Depuis quelques années, tout le monde peut se procurer des larves de coccinelles et pratiquer la lutte biologique dans son jardin. Les grandes chaînes de magasins de jardinage (Botanic, Gamm vert, Truffaut, Nature & Découvertes…) les proposent au prix de 12 à 14 € la boîte de 60 à 80 larves. Inutile de les chercher dans les rayons, elles n’y sont pas car il serait trop difficile de les nourrir. Les jardineries vendent un « Bon pour » qui est ensuite à renvoyer au fournisseur. En retour, celui-ci vous expédie des larves de coccinelles.

Pourquoi ne pas se contenter de laisser agir les coccinelles de manière naturelle ?


C’est que celles-ci, de notre point de vue de jardiniers, manquent de rapidité. En effet, comme elles se nourrissent de pucerons, leur développement ne peut que suivre – et non précéder – celui de leurs proies. Autrement dit, pour avoir beaucoup de coccinelles, il faut d’abord avoir beaucoup de pucerons. D’où l’intérêt, en début de saison au moins, de relâcher dans le jardin des coccinelles d’élevage.
Coccinelle à sept points. (Fotolia).


Les deux gagnantes françaises


Les particuliers ont le choix entre plusieurs types de coccinelles européennes. Sur les 90 espèces connues en France, les élevages en retiennent généralement deux.
La plus commune, la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) qui s’alimente dans les cultures basses.
La seconde, plus petite, la coccinelle à deux points Adalia bipunctata, est efficace dans les arbres et les arbustes au-delà de 2,50 m. Elles est commercialisée sous le nom de Coccifly©.

Comment les déposer ?


Les larves, enfermées dans des boîtes, arrivent chez vous à un stade de développement qui leur permet d’avaler 60 à 100 pucerons par jour.
A réception, déposez immédiatement les larves à proximité des colonies de pucerons. Sur un rosier, par exemple, placez 1 ou 2 larves par bouquet floral infesté. Une fois les larves relâchées dans le jardin, elles s’y développent normalement et se transforment en coccinelles adultes. Du fait de leur absence d’ailes, les larves restent sur la plante infestée de pucerons.

Quelques précautions sont toutefois à prendre
  • Ne pulvérisez pas d’insecticides, fongicides ou autres herbicides sur les plantes.
  • Ne déposez pas les larves près des fourmis, qui risquent de les éliminer car elles protègent les pucerons dont elles apprécient le miellat, un liquide sucré excrété par ces insectes suceurs de sève.
  • Ne placez pas les larves trop longtemps au soleil, et ne les lâchez pas lors de fortes pluies, de vent ou de grand froid.
  • La réussite de l’opération est donc affaire d’observation et de bonne gestion du temps.

    Comment les conserver chez soi ?


    Pour éviter qu’elles ne s’envolent chez vos voisins il est possible de favoriser la présence des coccinelles grâce à des bandes enherbées (orties, fleurs sauvages, chardons) ou des haies champêtres. Cette diversité végétale abrite une faune variée, dont de nombreuses espèces de pucerons qui favorisent l’installation d’une sorte de réservoir à coccinelles. Une partie de ces dernières pourront voler vers les plantes cultivées s’il survient une infestation de pucerons.

    Refuge d’hiver pour les coccinelles


    Dès l'été, les coccinelles adultes cherchent un lieu pour passer l’hiver. Elles hibernent dans les trous des arbres, dans les tas de bois ou de cailloux, sous les écorces ou les feuilles mortes, dans les fissures des murs, etc.
    Si le jardin n’offre pas suffisamment d’abris d’hivernage, il est possible d’en construire.

    Gîtes à insectes


  • Des gîtes à insectes, blog du centre de documentation de l'Arehn, 30 décembre 2009
  • Loger les insectes auxiliaires : nos lecteurs témoignent, site de Terre Vivante
  • Nichoirs et abris à insectes, quelle efficacité ?, ALBOUY, Vincent . Insectes, 150, 3ème trimestre 2008, pp. 25-28

  • Des communes qui utilisent les coccinelles en lutte biologique


    Dans les années 80, la municipalité de Caen crée la première unité française de production de coccinelles. En 1985, cet "insectarium" a fourni 20 000 insectes aux services des Espaces verts et aux jardiniers amateurs de l’agglomération caennaise. En 2009, la ville utilise près de 90 000 insectes dont la moitié est donnée à la population. 1 700 personnes ont profité de ce service dont 50 % de Caennais, 45 % des alentours proches et 5 % des départements voisins. Les offrir aux jardiniers amateurs et aux écoles a aussi un effet pédagogique. Sensibilisés, les habitants développent une curiosité vis-à-vis de la biodiversité des jardins, évitent d’utiliser les produits chimiques, et partagent leur expérience avec leur entourage.
    Jardiner avec les coccinelles. Complément de Histoire naturelle des insectes de Jean Théodore Lacordaire, 1876.
    A l’instar de Caen, de nombreuses grandes villes pratiquent la lutte biologique intégrée à l’aide de coccinelles. C’est le cas de Paris, Lyon, Toulouse, Grenoble, Bordeaux,…
    En Haute-Normandie : Le Havre, Rouen, Montivilliers et Le Grand-Quevilly sont déjà de la partie. Des maraîchers et des horticulteurs font aussi appel aux coccinelles pour protéger leur production.

    Le Grand-Quevilly lâche des larves de coccinelles (le 9 juin 2010)


    Adresses utiles


    Biobest (producteur de coccinelles)
    576 av Rodolphe-d'Aymard
    84100 Orange
    04 32 81 03 96

    Jardins Services Fournitures (fournisseur)
    ZA des Portes de l’Ouest
    76150 La Vaupalière
    02 32 82 51 70

    Les villes qui utilisent les coccinelles pratiquent la protection biologique intégrée (PBI). Elles réduisent l’utilisation de produits phytosanitaires et emploient souvent plusieurs insectes auxiliaires.

    La Protection Biologique Intégrée (PBI) est une stratégie alternative à la lutte chimique conventionnelle contre les ravageurs des cultures. Elle se caractérise par le maintien d’un équilibre entre les auxiliaires et les ravageurs sur la culture protégée et ne recourt aux traitements chimiques qu’en cas d’extrême nécessité.

    D’autres insectes utiles


    Les chrysopes
    Les hémérobes
    Les syrphes
    Les staphylins
    Les carabes
    Des insectes utiles pour jardiner au naturel, document du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, mars 2008.

    Les limites de la coccinelle


    La lutte biologique à l’aide de coccinelles souffre d’un handicap majeur : elle ne fonctionne que pendant trois mois, au printemps.
    Quand l’été arrive, elles s’envolent vers les hauteurs rejoindre d’autres coccinelles et, blotties les unes contre les autres, se reposent jusqu’au printemps suivant. C’est l’estivo-hivernation (la coccinelle se repose une partie de l’été et pendant l’hiver).
    Estivo-hivernation. (Fotolia)

    Le renfort asiatique


    Du coup, la France importe dès 1982 une espèce originaire d’Asie, Harmonia axyridis, noire à pois oranges – ou le contraire – qui reprend ses activités un peu plus tôt dans la saison, au même moment que les pucerons.
    Polyphage : qui s'accommode de nourritures variées.
    Cette espèce doit aussi son succès à d’autres caractéristiques qui font d’elle un prédateur très intéressant : elle est extrêmement vorace et polyphage, sa fécondité est très élevée – jusqu’à 2 500 œufs par femelle –, elle résiste au froid, peut vivre dans de nombreux milieux et reste sans prédateur spécifique connu.

    Une espèce nuisible


    Mais elle pose un problème environnemental majeur. Les spécialistes pensaient qu’elle ne se multiplierait pas dans la nature en Europe. Or, elle a commencé à le faire une vingtaine d’années après son introduction et la coccinelle asiatique est aujourd’hui devenue un insecte invasif. Elle représente une menace pour les espèces indigènes avec qui elle est en concurrence pour la nourriture et l’espace. De plus, lorsque la nourriture manque, la coccinelle asiatique consomme aussi œufs et larves de coccinelles autochtones, se comportant ainsi en prédateur intraguilde. Dans certaines régions, elle devient, par moment, l’espèce de coccinelle la plus abondante, et menace l’équilibre des écosystèmes.
     
    Une guilde est un ensemble d’espèces utilisant les mêmes ressources (Harmonia axyridis fait partie de la guilde des espèces dévorant les pucerons). Les membres d’une même guilde sont donc en compétition pour cette ressource. L’acte de prédation sur un membre sa propre guilde présente un avantage direct, le gain énergétique sous forme de nourriture, et un avantage indirect, l'élimination d’un compétiteur. Le fait qu’H. axyridis soit un prédateur intraguilde très efficace rend donc cette espèce invasive particulièrement dangereuse pour les populations de coccinelles indigènes.
    La coccinelle asiatique, Insecte, 136.

    Deux variétés de coccinelles asiatiques. (Fotolia).

    Des nuisances sont également rapportées à l'automne. A cette période, les coccinelles asiatiques peuvent vite devenir indésirables quand elles cherchent à rentrer dans les maisons par milliers pour passer l’hiver. Ces agrégations ne présentent pas de danger sanitaire (pas de maladie, très rares cas d’allergie ou d’irritation), mais la cohabitation avec l'Homme est parfois difficile. Pour faire face à l’envahisseur, il est déconseillé d’utiliser un insecticide, qui tuerait aussi des espèces utiles. La prévention à l’aide de moustiquaires ou bouchage de trous reste peu efficace. Inutile aussi de les chasser de la maison, car elles seront attirées par le signal chimique qu’elles y ont laissé. Le mieux est encore de les attraper à l’aide d’un aspirateur et de les placer ensuite quelques heures au congélateur. La Ville de Caen préconise d’apporter, au préalable, un échantillon au Service des espaces verts.

    Harmonia consomme occasionnellement des fruits et cela commence à poser des problèmes sérieux dans les régions de vignobles aux USA. Lors des vendanges, elles sont récoltées avec le raisin et les substances qu’elles émettent modifient le goût du vin.

    Quand s’est-elle acclimatée ?


    Au départ, la coccinelle asiatique était une espèce exotique qui ne s’adaptait pas à nos régions. Introduite volontairement dans les cultures en Amérique du Nord en 1916, puis par lâchers successifs dans les années 1960, elle n’a été importée en Europe que dans les années 1980. Il lui aura fallu 20 ans pour devenir une espèce invasive en Europe et plus de 70 ans aux USA. Depuis, elle s'est répandue très rapidement : au Canada en 1994, en Argentine en 2001, au Brésil en 2002.... Une étude menée par N. Ottart (2005) dans la ville de Bruxelles a démontré qu'en moins de deux ans, la coccinelle asiatique est devenue l'espèce dominante. Aujourd’hui, on ne connaît toujours pas les différents mécanismes qui ont conduit les coccinelles à s’acclimater à ces pays puis à devenir des espèces invasives.
    Les routes d’invasion de la coccinelle asiatique

    En France, cette espèce a été importée en 1982 par l’INRA (Institut national de la recherche agronomique). Elle a été employée en région méditerranéenne, à Paris et dans le Nord à partir de 1990 et commercialisée à partir de 1995. A partir de 2000, elle a été remplacée par une souche non volante, incapable de parcourir de grandes distances, ce qui l’obligeait à rester dans les jardins.
    Mais, depuis 2004, elle est en nette expansion.
    Répartition des localités de Coccinelle asiatique signalées en France

    Peut-on encore s’en procurer ?


    Hélas oui. Commercialisée par Biotop, sous le nom de Coccibelle®, une souche non volante, elle est toujours disponible en France alors qu’elle est déjà interdite en Suisse, Grande-Bretagne et Belgique. En Allemagne, le lâcher est soumis à une autorisation administrative au cas par cas, sous peine d'amende.

    Comment la reconnaître ?


    Harmonia axyridis présente une grande variabilité de couleurs et de points entre individus. Sa taille est supérieure à celles des coccinelles autochtones, 5 à 8 mm, contre moins de 5 mm pour la coccinelle indigène.
    Trois formes principales, avec de nombreux intermédiaires.
    Une grande taille : de 5 à 8 mm
    Une forme plus ronde que les autres espèces de même taille
    Une large carène visible à l’arrière des ailes coriacées

    Qui contacter ?


    En 2006, un observatoire destiné au suivi de la coccinelle asiatique a été mis en place en France, relayé en Haute-Normandie par le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande. Il vise à collecter l’ensemble des données recueillies depuis 2004 par un réseau d’observateurs afin d’alimenter une cartographie en ligne.
    Harmonia axyridis : observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle

    Correspondant à l’INRA
    Éric Lombaert
    INRA - Centre de Recherches de Sophia Antipolis
    400 Route des Chappes - BP 167
    06903 Sophia Antipolis Cedex France
    lombaert@sophia.inra.fr

    Correspondant national
    Vincent Ternois
    Coordinateur national
    CPIE du Pays de Soulaines
    Domaine de Saint-Victor
    10200 SOULAINES-DHUYS
    cpie.vincent.ternois@wanadoo.fr

    Correspondante en Haute-Normandie
    Christine Dodelin
    Pôle "Entomofaune" de l'Observatoire DROZHERA
    Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande
    Maison du Parc, BP13
    76940 Notre-Dame-de-Bliquetuit
    Tel. : 02 35 37 23 16 / Fax : 02 35 37 39 70
    christine.dodelin(at)pnrbsn.sytes.net
     

    Bibliographie


    (Les documents cités sont disponibles au Centre de documentation de l’AREHN)

    Généralités



  • Le(s) point(s) sur les coccinelles / LAPOUGE-DEJEAN, Brigitte . Les quatre saisons du jardinage, 183, juillet-août 2010 , pp. 46-49
  • Pucerons, mildiou, limaces : prévenir, identifier, soigner bio  / THOREZ, Jean-Paul (2008) . Mens  : Terre Vivante , 350 p.
  • Coccinelle ou la véritable histoire de la bête à bon Dieu... (la)  / HUET, Philippe  (2004) . Sengouagnet  : Editions du Terran , 96 p.
  • Pucerons, mildiou, limaces : prévenir, identifier, soigner bio  / THOREZ, Jean-Paul (2008) . Mens  : Terre Vivante , 350 p.
  • Coccinelles phytophages (les)  / COUTIN, Rémi . Insectes - Cahiers de l'O.P.I.E. , 146, 3ème trimestre 2007 , pp. 9-12
  • Un amour de coccinelle . Salamandre (la) , 173, avril-mai 2006 , pp. 20-45
  • Coccinelle de Caen (la)  / DELABOUGLISE, Laurent . Pays de Normandie , 2, mai-juin 1996 , pp. 64-68
  • Coccinelles débarquent (les) !  / NICOLAS, Patrick . Nature et progrès , 132-133, mai-août 1993 , pp. 29-31
  • Un insecte auxiliaire... la coccinelle  / FABRE-MEUCCI, Suzy . Belle lurette (la) , 15, mars 1999 , pp. 20-21
  • Jardiner avec les auxiliaires naturels  / JULLIEN, Jérôme . Oiseau magazine , 79, avril-mai-juin 2005 , pp. 40-43
  • Lutte biologique : le printemps des coccinelles  / THOREZ, Jean-Paul . Quatre saisons du jardinage (les) , 80, mai-juin 1993 , pp. 19-24
  • Jardiner avec les coccinelles
  • Le Pas-de-Calais aura bientôt son atlas des Coccinelles : http://www.nord-nature.org/publications/bulletin/134/134b2.pdf

  • Coccinelle asiatique


  • Coccinelle asiatique (la) . Insectes - Cahiers de l'O.P.I.E. , 136, 1er trimestre 2005 , pp. 7-11
  • Harmonia axyridis : observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle
  • Invasion par les coccinelles asiatiques
  • La coccinelle asiatique Harmonia axyridis sème la terreur en Europe, en Amérique et en Afrique du sud
  • La coccinelle asiatique : fiche technique / DRAAF (2007)


  • Gîtes à insectes


  • Des gîtes à insectes, blog du centre de documentation de l'Arehn, 30 décembre 2009
  • Loger les insectes auxiliaires : nos lecteurs témoignent , site de Terre Vivante
  • Nichoirs et abris à insectes, quelle efficacité ?, ALBOUY, Vincent  (2008). Insectes, 150, 3ème trimestre 2008 , pp. 25-28
  • Construire un abri hivernal pour les coccinelles


  • Documents pédagogique


  • Coccinelle (la)  / BOURGOING, Pascale de . Paris  : Gallimard Jeunesse , 2008, 26 p.  (Mes premières découvertes ; 1)  - De 2 à 5 ans
  • Mon livre d'élevage de coccinelles  / DETAILLE, Eric . Burdinne (Belgique)  : Adavalue , 2010, 18 p.  - A partir de 3 ans accompagné et 8 ans seul
  • Elevage de coccinelles : fiches pour l’enseignant

  • Expositions


  • La coccinelle, c’est naturel ! (9 panneaux de 60 x 90 cm et 13 diapositives)
    La vie de la coccinelle est présentée, suivie des astuces pour jardiner nature et enfin le dernier volet explique le rôle important des insectes auxiliaires du jardinier tel la coccinelle.
  • Les insectes jardiniers
    Cette exposition vous invite à la rencontre et à la préservation des insectes jardiniers, véritables alliés d’un jardinage naturel qui permet d’obtenir des produits plus sains et plus savoureux.

  • DVD


  • Guerre et paix dans le potager  / COLLET, Jean-Yves . Paris  : France télévision, 2006
  • Minuscule : la vie privée des insectes / Hélène Giraud ; Thomas Szabo . Paris : Futurikon, 2007