Les catastrophes météorologiques en Haute-Normandie

Septembre 2003
Tempête en 1999, inondations à répétition, canicule et sécheresse cet été... Les catastrophes météorologiques font, hélas, souvent l'actualité. S'agit-il de manifestations d'un changement climatique en cours ou d'événements, certes exceptionnels, mais "normaux" ? Les spécialistes en débattent, mais le but du présent dossier est de rappeler que les catastrophes climatiques ont toujours existé, même si nous avons parfois tendance à en perdre la mémoire : par exemple, qui sait que la Seine a été prise par les glaces de nombreuses fois dans l'histoire ?

Le climat évolue sans cesse


Les catastrophes météorologiques peuvent être très locales (tornades, inondations suite à un orage, grêle...) ou, au contraire, avoir concerné, outre la Haute-Normandie, une bonne partie de la France et même de l'Europe (sécheresses, vagues de froid, tempêtes...). Le présent dossier en recense un certain nombre sans prétendre à l'exhaustivité. Il donne quelques éléments permettant d'apprécier les dommages causés à la nature et à l'homme. On s'aperçoit ainsi que les impacts des accidents climatiques étaient beaucoup plus importants autrefois, sur le plan humain, notamment pendant les périodes de froid très intense.
Cette perspective historique vient nous rappeler que le climat évolue sans cesse. Ainsi, l'Europe a-t-elle connu un "optimum médiéval" au cours des Xe, XIe et XIIe siècles, pendant lesquels les températures ont été relativement clémentes. Entre 1550 et 1850, elle fut, au contraire, soumise à des froids intenses. Ce "petit âge glaciaire" a été la cause de nombreuses famines, qui ont joué un rôle important dans le déclenchement de certaines révolutions, dont celle de 1789.
L'époque récente est plus difficile à analyser, faute d'un recul suffisant : si la période 1940-1975 a connu un refroidissement certain, qui a fait craindre le retour d'une glaciation, la tendance actuelle semble nettement au réchauffement. Mais les climatologues ne se hasardent guère à en tirer des conclusions quant aux catastrophes météorologiques du futur. Certains prédisent cependant une accentuation des phénomènes climatiques extrêmes.


Le vent



Extraits de l'inventaire des évènemements liés au vent :


26 décembre 1999 : Haute-Normandie : Entre 5 h 30 et 7 h du matin, les vents se déchaînèrent en rafales sur le Nord de la France. Quand ils atteignirent les 144 km/h, les anémomètres de Port-en-Bessin et de Saint-Pierre-sur-Dives s'envolèrent ; des pointes furent constatées à Carpiquet avec 151 km/h, à Saint-Sylvain avec 180 km/h, à Vire avec 162 km/h ; le département de l'Orne fut plus touché que le Calvados avec des vents tournants oscillant entre 140 et 166 km/h.
Source : Internet, Le Petit Futé

19 août 1845 : Malaunay-Montville : Tornade - Les environs de Rouen ont été dévastés, le 19 août 1845, par une trombe qui s'est déchaînée principalement dans la vallée de Malaunay. Le baromètre qui était, à Rouen, à 7 heures du matin, à 757 mm est descendu à 740 mm, à 2 heures, et remonté à 749 mm à 9 heures du soir.
Source : Climatologie de Rouen, Ludovic GULLY.- LAVAL, 1899
Des arbres et des toitures sont arrachés. Des débris seront retrouvés à trente kilomètres plus loin, à Auffay. Trois filatures récentes sont détruites. Soixante-trois morts et cent trente-six blessés dont certains décédèrent peu après, alourdissant le bilan à soixante-dix victimes.
Source : Loups, sorciers, criminels... Faits divers en Seine-Inférieure au XIXe siècle de Jean-Claude MARQUIS, 1993
La Croix Rouge avant la tempête de 1984.
(Archives départementales de Seine-Maritime)
La Croix Rouge après la tempête de 1984.
(Archives départementales de Seine-Maritime)


Usine Mare, 1845.
(Coll. J. Chaïb / AREHN)
Malaunay, 1845.
(Coll. J. Chaïb / AREHN)


Etretat, 1986.
(Archives départementales de Seine-Maritime)

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49 dates de 1809 à 1999


Pluie ou grêle



Extraits de l'inventaire des évènemements liés à la pluie ou à la grêle



Depuis une dizaine d'années, les inondations en Haute-Normandie sont trop nombreuses pour être toutes rapportées ici. Il s'agit principalement de coulées boueuses, à ne pas confondre avec les crues de nappes ou remontées de nappe, qui concernent le lit majeur des cours d'eau.
L'exemple de Fécamp, repris abondamment ci-dessous, est typique des localités haut-normand soumises aux coulées boueuses de par leur topographie.

25 et 26 décembre 1999 : France / Fécamp : Tempête et pluie diluvienne. Une tempête a touchée une partie de la France, faisant soixante-huit victimes. Pour ce qui fût des dégâts matériels, la commune de Fécamp n'a pas été épargnée. [...] Les bassins de rétention n'ont pas suffi, et la rivière de Valmont a quitté son lit. Les caves, les garages, les rez-de-chaussée des habitations du Chemin de Ifs jusqu'au quartier Saint-Benoist ont été inondés. La ville a été coupée en deux, le réseau SNCF s'est révélé impraticable à cause de 5 000 m3 de boue qui se sont écroulés sur la voie. L'électricité coupée n'a pas facilité les secours. Eau impropre à la consommation, tant sa teneur en limons est excédentaire. Dégâts aux usines...
Source : Revue d'ici, 4e trimestre 2001 / Les inondations à Fécamp : entre histoire et actualité par Cécile BELLONCLE

Saint-Valery-en-Caux, 1999.
(N. Vasseur)

16 juin 1997 : Pays de Caux : De violents orages provoquent des inondations et des coulées de boue dans le Pays de Caux. Il tombe à certains endroits 150 millimètres d'eau en 6 heures. Deux à trois fois la quantité totale d'un mois d'un mois de juin ordinaire ! Trois personnes trouvent la mort, emportées par les eaux, à Saint-Martin-de-Boscherville.
Source : Pays de Normandie, 18, janvier-février 1999

Saint-Martin-de-Boscherville, 1997.
(J.-P. Thorez / AREHN)

1910 : Les inondations de 1910 sont demeurées longtemps présentes dans les esprits. Les photographes n'ont pas manquer de fixer l'événement sur leurs plaques (à l'époque, la pellicule photographique étant encore inconnue, le travail s'opère sur des plaques sensibles). Il en résulte que la carte postale nous procure un large échantillon de ces phénomènes. A Vernon (Eure), certains ont mis une barque à l'eau, sans doute par précaution. La crue gagne les villages, comme Gaillon où les habitants seraient isolés si les barques n'assuraient un service. Au Petit-Andely, situé immédiatement en bordure du fleuve, l'inondation est inévitable. Et Rouen n'échappe pas à la catastrophe qui paralyse les voies importantes. Mais, les chutes de pluie font aussi grossir certaines rivières, entraînant des inondations comme celle d'Argentan, vers 1910.
Source : Une Normandie étrange, Hippolyte CANCEL.- Editions Ouest-France, 2001
Rouen, 1910.
(Archives départementales de Seine-Maritime)
Fécamp au début du XIXe siècle.
(Bibliothèque municipale / AREHN)
Cartes postale vendues au profit des sinistrés, commémorant les ravages causés par l'orage du 30 juin 1908 à Elbeuf.
(Ville d'Elbeuf)

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128 dates de 1348 à 2003


Froid



Extraits de l'inventaire des évènemements liés au froid



1985 : Normandie : Froid intense. Températures descendant autour de -26,5 °C : gélivures sur de nombreux chênes.
Source : L'état des lieux sur la forêt de Haute-Normandie (O.R.F) : document de travail, Valérie GUYET-GRENET.- CRPF de Normandie, décembre 1997

1709 : Normandie : L'hiver de 1709 est l'un des plus féroce dont l'histoire fasse mention. A Rouen, dit un auteur "le pain et l'eau gelaient près d'un grand feu ; les animaux périssaient dans la campagne. La fonte des neiges amena des inondations. A la porte du Bac, l'eau atteignit une hauteur de quatre pieds* et l'on abordait en barque à la rue Potard. Plusieurs bateaux du port coulèrent. Beaucoup de vignes et d'arbres fruitiers furent détruits, ainsi que les semences ; toutes les communications furent interrompues. Durant deux années au moins la misère se prolongea. La mine de blé se vendit jusqu'à 32 livres et la livre de pain trois sous six deniers. Il y eut de nombreuses victimes. Des émeutes éclatèrent à Rouen où l'intendant de Courson faillit périr et des magasins furent pillés. Le Chemin Neuf fut achevé et divers travaux d'embellissement furent entrepris dans la ville pour procurer de l'ouvrage aux pauvres assez valides".
Source : Paris-Normandie, 10 janvier 1955 / Chronique des hivers normands
La Seine, Février 1896.
(Archives départementales de Seine-Maritime)
Falaises, début XXe siècle.
(Coll. J. Chaïb / AREHN)


La Seine, début XXe siècle.
(Coll. J. Chaïb / AREHN)

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101 dates de l'an 306 à 1985


Sécheresse et/ou chaleur



Extraits de l'inventaire des évènemements liés à la chaleur


1er août 2003 : France et Europe : La France connaît depuis le 1er août 2003, des records de chaleur historiques, de jour comme de nuit, soit des températures supérieures à 40°C dans 15 % des villes du pays. Les 10, 11 et 12 de ce même mois, le pic de chaleur a été atteint avec des températures oscillant, en moyenne, sur l'ensemble du pays, entre 36 et 41°C.Un bilan très lourd sur l'environnement dû aux conséquences de la canicule. Les débits des fleuves réduits ont perturbé la navigation ; plusieurs espèces de poissons sont en danger. L'effet de la sécheresse qui sévit depuis plusieurs mois dans beaucoup de régions sur les sols fait redouter des inondations en automne. Les pics de pollution à l'ozone sont importants. Plusieurs milliers d'hectares de forêt sont détruits par les flammes, notamment dans le Var. L'agriculture et l'élevage souffrent également, les récoltes subissent le manque d'eau suite aux restrictions. Et le bilan humain de cette vague de chaleur exceptionnelle est très lourd. Le chiffre de 11 435 morts imputables à la canicule, parmi les personnes âgées a été avancé officiellement pour les seules premières semaines du mois d'août.
Source : Revue de presse / Le Monde, 15 août 2003

1976 : France / Evreux : Un phénomène a durablement frappé les esprits : la sécheresse de 1976. La ville d'Evreux ne reçoit qu'un total de 21 millimètres d'eau au cours des mois d'avril, mai et juin, au moment du départ de la végétation, contre 150 habituellement. Sur l'année, la quantité de pluie est divisée par deux sur la plupart des points de mesure de la région. L'herbe, d'ordinaire verte et grasse, se fait jaune et rachitique. Le bétail est nourri au foin en plein été. Les nappes phréatiques se tarissent. Les jardiniers amateurs se frottent les mains tandis que les éleveurs râlent. Les responsables ? Un anticyclone hivernal qui dirigea sur l'Europe occidentale un air froid et sec, puis un autre chargé d'air saharien qui prit la place du précédent et empêcha durant tout l'été l'intrusion d'air marin.
Source : Pays de Normandie, 18, janvier-février 1999

Fontaine-sous-Préaux, 1911.
(Archives départementales de la Seine-Maritime)
Fin de l'été 1990.
(J.-P. Thorez / AREHN)

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12 dates de 1834 à 2003


Adresses



ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE LA SEINE-MARITIME
Cours Clémenceau
76101 Rouen Cedex
Tél : 02 35 03 54 95

BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE DE ROUEN : Salle Géricault (Patrimoine)
3, rue Jacques Villon
76000 ROUEN
Tél : 02 35 71 28 82 / Fax : 02 35 70 01 56
E-mail : bm.villon@rouen.fr


Sites Internet



POLE DE COMPETENCE SOL ET EAU : LES COULEES BOUEUSES EN HAUTE-NORMANDIE
http://www.arehn.asso.fr/soleteau


Bibliographie



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Remerciements



L'AREHN remercie particulièrement
Madame Quignard de la bibliothèque municipale, pour sa disponibilité et son aide à la recherche documentaire sur les grandes dates des catastrophes naturelles en Haute-Normandie.
Monsieur Christian Letourneur, Maire adjoint aux Andelys pour les informations apportées concernant sa commune.