La nature vue de l'autoroute

Juillet 2003
Photo : C. Abron / Photothèque SAPN.
Lorsqu'on emprunte une autoroute, la vitesse ne permet généralement de percevoir que les grandes lignes du paysage traversé, et la partie la plus proche des voies n'est alors, le plus souvent, réduite qu'à une bande verte dont les détails nous échappent.
Bien entendu, inutile de croire, messieurs-dames les conducteurs, que vous allez pouvoir tout voir sur la route de vos vacances, et nous vous le déconseillons !
Regarder attentivement les bords d'autoroutes est réservé aux passagers.

Les dépendances vertes


Les "dépendances vertes" sont les berges herbacées et arbustives qui sont situées de part et d'autre de l'autoroute. Pour 1 km d'autoroute, on compte à peu près 4 hectares de "dépendances vertes". Cela représente 10 à 15 mètres de part et d'autre des voies.

On encourage les espèces végétales propres à chaque région à coloniser les lieux et on exclut en général les espèces horticoles qui demanderaient trop d'entretien. L'aménagement des dépendances vertes des autoroutes tient désormais compte des particularités locales de la climatologie, de la pédologie, de la phytosociologie et, tout simplement, du paysage.
Berges herbacées et arbustives.

Photo : C. Abron / Photothèque SAPN.


Entretien minimum pour "conservatoire biologique"


Photo : C. Abron / Photothèque SAPN.
Le premier principe du "jardinage d'autoroute" est de laisser faire la nature. Depuis les années 1980, le fauchage a été considérablement réduit et n'intervient plus que sur les deux premiers mètres qui longent la voie. Ces deux mètres ont un rôle sécuritaire, pour laisser la visibilité des panneaux et des glissières.
Les zones herbeuses qui se trouvent au-delà sont fauchées moins d'une fois par an.
Limiteur de pousse : produit chimique limitant la croissance des feuilles.
Les plantes sauvages y prospèrent et se régénèrent naturellement d'année en année. Aucun produit limiteur de pousse n'est employé, afin de favoriser l'évolution naturelle des milieux.

Pour l'arrosage, même philosophie : service minimum, car il entraînerait des tontes supplémentaires et habituerait le gazon à consommer beaucoup d'eau, ce qui le rendrait plus sensible à la sécheresse.

Sur les aires de repos, les plantations nécessitent un entretien plus régulier. Les pelouses sont tondues en moyenne 8 fois par an. Les gares de péages et les voies traversant les villes sont entretenues de façon privilégiée car les aménagements se rapprochent du style des massifs communaux.

La fauche unique favorise la petite faune. Les nichées ne sont plus détruites par les machines, et reptiles, batraciens et petits mammifères ont le temps de trouver refuge dans le sol.
Les dépendances vertes constituent des sanctuaires pour la faune et la flore anéanties par les techniques de culture intensive, et par l'avancée des milieux urbanisés. Elles recréent des milieux devenus rares, comme la prairie de fauche ! Les oiseaux y trouvent des arbres pour nicher, et les rapaces chassent les rongeurs qui colonisent ces prairies naturelles.

D'abord considéré comme une zone tampon entre l'autoroute et les propriétés riveraines, ce domaine joue également un rôle de conservatoire biologique.
La végétation des bords d'autoroutes s'impose comme un lien indispensable entre des milieux naturels morcelés. Elle recrée un réseau facilitant la migration ou le déplacement d'espèces animales et végétales : c'est "l'effet corridor".
Phytosociologue : spécialiste de l'étude des associations végétales.

En 1997, par exemple, les résultats de l'inventaire mené par une équipe de phytosociologues sur 90 sites représentatifs ont révélé que les dépendances vertes des autoroutes recèlent 20 % des espèces du territoire.

Les dépendances vertes autoroutières se distinguent aussi des autres milieux par la présence plus fréquente de plantes insolites, comme des plantes littorales trouvées loin des côtes, des plantes cultivées ou des plantes exotiques dont la propagation est favorisée par les moyens de transports.

Le paillage


Les autoroutiers sont des maniaques du paillage pour leurs plantations ! La technique est simple : couvrir la terre avec un film plastique et percer un trou à l'endroit où se développe la plante. Les mauvaises herbes n'arrivent pas à pousser et l'arrosage n'est plus nécessaire. Contrairement à ce que préconisent les magazines de jardinage, on plante serré, pour que les arbustes créent un massif au plus vite et empêchent les mauvaises herbes de pousser, faute de lumière. On voit aussi des paillage réalisés avec des écorces de pins ou d'arbres en général.


Les animaux



Les animaux sont-ils gênés par le bruit ?


D'ordinaire, le bruit gêne les animaux dans la mesure où il les empêche de communiquer entre eux. En bordure d'autoroute, l'écran végétal atténue un peu le bruit des voitures, mais ce sont surtout les animaux qui s'habituent au bruit.

Passages pour la faune


Comme les espaces bordant les autoroutes sont linéaires, les animaux ne vivent pas isolés. Les espèces peuvent se propager facilement sur de longues distances. Cela permet à chaque animal de trouver plus facilement des partenaires pour se reproduire. Il peut donc longer l'autoroute mais aussi, parfois, la traverser sans danger grâce à des passages spécialement conçus pour la faune. Ces passages sont mis à la disposition des grands mammifères tels que le cerf, le chevreuil et le sanglier au-dessus ou au-dessous de la chaussée. On peut apercevoir ces ponts noyés dans du feuillage. Les batraciens ont aussi leurs voies royales, les célèbres "crapauducs". Le système est simple : les crapauds, grenouilles, tritons et salamandres qui veulent rejoindre la partie opposée de l'autoroute tombent d'abord dans des caniveaux collecteurs de batraciens. Ces caniveaux relient les crapauducs, qui sont des tunnels spécialement aménagés sous les autoroutes. Les batraciens les empruntent et peuvent ainsi gagner l'autre côté. Selon le même principe, il existe des "tortuducs" ! Situés sur l'A57, ils permettent à la tortue d'Hermann, la seule espèce de tortue terrestre française, d'accéder à ses lieux de ponte de l'autre côté de l'autoroute.

Clôture grillagée
De hautes clôtures grillagées accompagnent l'autoroute sur des kilomètres. Elles se révèlent efficaces pour éviter que les animaux ne s'aventurent sur les voies. La grande faune ne peut les franchir, à cause de leur hauteur et de leur maillage résistant, et la petite faune est également arrêtée par le resserrement du maillage ou son doublage en partie basse.

Clôture grillagée
Photo : C. Abron / Photothèque SAPN.

Mare artificielle
Lorsque le système de passage pour faune est impossible à réaliser, des mares artificielles sont aménagées afin d'accueillir les batraciens du côté de l'autoroute où ils se trouvent. Les bassins de stockage des eaux pluviales collectées sur les autoroutes constituent de véritables zones humides intéressantes dans les régions qui en sont dénuées.

Mare artificielle
Photo : C. Abron / Photothèque SAPN.

Mortalité autoroutière


La chouette effraie vient se nourrir de campagnols le long des autoroutes. Chassant à faible hauteur, il n'est pas rare qu'elle entre en collision avec une voiture. Sa mortalité est plus importante lorsque l'autoroute passe sur remblai (pas de talus sur les côté).
Certains mammifères arrivent à déjouer les clôtures grillagées, et alors leur espérance de vie est très courte !
Mais les grands perdants des voies autoroutières sont les insectes... On dénombre, sur les pare-brise, une centaine d'insectes tués par kilomètre.

Le faucon crécerelle
Photo : A. Fossé
www.digimages.info
C'est le rapace d'Europe le plus commun et le plus répandu. On le rencontre souvent à la campagne, en bord de mer et à la montagne. Grâce à ses facultés d'adaptation, il s'installe même au coeur des villes, comme à Paris.

Au-dessus des champs, talus, le long des autoroutes, il est assez fréquent d'observer ce petit rapace faisant un vol stationnaire, face au vent, appelé vol "en Saint-Esprit". La crécerelle utilise ainsi sa technique de chasse favorite : pendant de longues minutes, il se maintient sur place face au vent, en battant des ailes pour observer son territoire de chasse. De petite taille (34 cm), il se nourrit ordinairement de rongeurs (campagnols en particulier) mais aussi de gros insectes (sauterelles, coléoptères) capturés à terre. Ces proies sont particulièrement abondantes dans les dépendances vertes des autoroutes.

Le vanneau huppé
Photo : A. Fossé
www.digimages.info
On reconnaît facilement le vanneau huppé à sa longue huppe et à son dos vert irisé.Oiseau typique des prairies humides où il niche. Mais en raison de la disparition de ces prairies on l'observe de plus en plus fréquemment dans les champs détrempés.De juin à février, on l'observe en troupes parfois nombreuses dans les prés et les champs. La taille des vanneaux et leur grand nombre facilitent leur repérage depuis l'autoroute.

Buse variable
Un gros oiseau posé au sommet d'un poteau, telle se présente la buse aux yeux de l'usager de l'autoroute. Près de 90 % des rapaces diurnes de nos campagnes sont des buses (environ
50 000 couples).

On peut identifier la buse variable :
Photo : C. Kerihuel
www.numeriscopages.com
- en vol : ses ailes sont larges, sa queue courte, en éventail et arrondie, sa tête paraît forte et peu détachée du corps (le cou est petit), son vol paraît lourd, et lorsque le vent est assez fort il peut lui arriver de chasser en vol stationnaire au-dessus des champs ;
- à l'affût : sur un piquet, sa silhouette est massive le plumage strié de sa poitrine est plus clair et forme un croissant. Depuis son perchoir, elle repère ses proies (rongeurs essentiellement). On la voit fréquemment sur le bord des autoroutes.

Le plumage de la buse est variable (d'où son nom) selon les individus : certaines buses sont très foncées et d'autres très claires, presque blanches.
La buse est carnivore, elle se nourrit des proies qu'elle guette du haut de son affût. Elle se poste sur un poteau, une haie ou un arbre (pas très haut) et scrute le sol, attentive au moindre déplacement.
Campagnols et autres petits mammifères des champs représentent l'essentiel de son régime, mais elle peut ajouter à son menu des lapereaux, des jeunes oiseaux, des batraciens et des reptiles (surtout en période chaude, pour nourrir ses jeunes). En hiver, lorsque la nourriture est plus rare, elle ne dédaigne pas les charognes. Ainsi, comme la plupart des rapaces, elle joue un rôle primordial en éliminant les petits rongeurs et en nettoyant les charognes.
Son territoire s'étend habituellement sur 4 à 6 km2. Si l'endroit est suffisamment riche en nourriture, 5 à 7 couples peuvent vivre sur une étendue de 10 km2.
La buse, souvent visible au-dessus des champs et des prairies (son territoire de chasse), niche le plus souvent en forêt.


Les pollutions



Bassin de stockage des eaux


Les eaux ruisselant sur les autoroutes quand il pleut sont collectées dans des bassins de stockage afin de protéger les nappes phréatiques, maintenir la qualité des cours d'eau ou prévenir des inondations dans les endroits sensibles. Chargées en polluants (notamment hydrocarbures), elles seront ensuite traitées. Il existe plusieurs types de bassins (décantation, infiltration). Les bassins de décantation sont munis de vannes afin de pouvoir y confiner une éventuelle pollution accidentelle.

Photo : C. Abron / Photothèque SAPN

Mur anti-bruit


Afin de combattre les nuisances sonores, de nombreux murs anti-bruit bordent l'autoroute. De plus en plus souvent, ces écrans sont l'objet d'une insertion paysagère.
Photos : C. Abron / Photothèque SAPN

Air


Les plantations le long de l'autoroute jouent un rôle de filtre en retenant une partie des émissions des véhicules (poussières fines, suies émises par les moteurs diesels).
La circulation de l'autoroute engendre notamment des poussières riches en métaux lourds (plomb, mercure) provenant des carburants et des hydrocarbures.

Les plantes les plus proches des voies sont souvent des espèces supportant bien la sécheresse engendrée par la faible épaisseur du sol près des voies. Ces premiers mètres jouent le rôle de filtre contre la pollution, formant un écran végétal pour les dépendances vertes. Les cunettes, qui recueillent les eaux de ruissellement, sont plutôt propices aux espèces de zones humides.
Mise en place de dalles près des voies.
Photo : C. Abron / Photothèque SAPN
Rosier rugueux.
Photo : J.-P. Thorez / AREHN

Au péage


Afin d'éviter que les receveurs soient incommodés par les gaz d'échappement des véhicules en cours de transaction, les cabines de péage sont pressurisées. L'air ambiant est ainsi renouvelé par de l'air frais prélevé à distance.


Paysages



Découverte d'un patrimoine


Portion de l'autoroute A837 labélisée "ruban d'or" entre Rochefort et Saintes.
Aujourd'hui, les sociétés d'autoroutes cherchent à mettre en valeur les paysages traversés. Ainsi, les paysages du Morvan et de l'Avallonnais ont été redécouverts grâce à l'autoroute A6. La ville de Carcassonne et le massif des Corbières ont été magnifiquement mis en scène par des autoroutes tracées avec art à distance respectueuse de ces sites. Nous découvrons aussi de nombreux panneaux illustrant les richesses du patrimoine traversé.

La mission d'embellissement des paysages proches de l'autoroute, confiée aux sociétés concessionnaires, a été récemment renforcée avec la mise en place de la politique du "1 % paysage". Cette politique permet de consacrer 1 % du coût de la construction pour réaliser des études et des actions de valorisation des paysages.

Mais les concessionnaires n'ont pas attendu cette politique pour consacrer des sommes importantes à l'intégration de leurs infrastructures, consentant des enveloppes financières de plus en plus élevées et engageant une concertation permanente avec les associations pour la défense de l'environnement.

Quelques chiffres


  • 7 771 km d'autoroutes concédés en France en 2002.
  • 1 km d'autoroute équivaut à 10 hectares de sol utilisé comprenant :
  • - 3 hectares de voies
    - 3 hectares pour les aires, merlons, protections accoustiques et ouvrages d'assainissement.
    - 4 hectares de dépendances vertes.
  • En France, il y 46 000 hectares de dépendances vertes.
  • Sur l'autoroute, si personne ne dépassait la vitesse limite de
    130 km/h, la consommation totale de carburant diminuerait de 14 % (900 millions de litres). L'émission de gaz à effet de serre diminuerait également de 14 % (2 millions de tonne de CO2).

  • Vallon de Rogerville (A29)


    Les études floristiques menées ont mis en évidence l'intérêt de la roselière et de la frênaie à scolopendres du vallon de Rogerville, situé à l'est du Havre. L'A29 traverse le vallon, mais pour respecter l'environnement du site, son franchissement se fait grâce à deux viaducs spécialement construits pour avoir la plus faible emprise au sol possible.
    Vallon de Rogerville.
    Photo : C. Abron / Photothèque SAPN
    Boeuf Highland.

    La SAPN s'est engagée dans la création d'un conservatoire destiné à restaurer les différents milieux naturels du vallon et à y augmenter le nombre d'espèces végétales et animales. Le pâturage d'animaux domestiques (chevaux camarguais ou boeufs Highland) est prévu pour entretenir la prairie humide. Cette action est menée en collaboration avec le Conservatoire des sites naturels de Haute-Normandie.


    La construction d'une autoroute et ses aléas



    Six années au moins séparent l'étude préliminaire de la construction effective d'une autoroute. Et il faut quelques années supplémentaires pour que les abords revivent autour de l'infrastructure, puis deviennent un biotope à part entière. La croissance des végétaux est sujette à des aléas : pluie, vent, froid, tempêtes, sécheresses interviennent, mais aussi dégradations volontaires, vols et fréquentation intensive du public, qui jouent un rôle non négligeable ! Il est donc difficile de prévoir ce que deviendront les aménagements 20 ans après.
    Les sociétés d'autoroutes ont appris à cultiver leur jardin avec des scientifiques et des spécialistes de l'écologie. Maintenant, l'insertion dans le paysage environnant constitue une étape essentielle de l'élaboration d'un nouveau tracé d'autoroute. Cette mission est confiée à des paysagistes.
    Les autoroutes ne doivent pas seulement être utiles, elles doivent aussi être belles.
    A l'heure où l'urbanisme et l'agriculture laissent de moins en moins de place à la nature dans nos paysages, le concept de doublage des infrastructures, avec une partie pour l'homme, une partie pour la nature pourrait se révéler d'un grand intérêt dans nombre de projets d'aménagements.

    Stop ! Pique-prune


    La construction de l'A28 entre Alençon et Tours a été suspendue en 2000 à cause d'une espèce de chauve-souris, le grand murin, car les 50 derniers kilomètres traversent une zone d'habitat de cet animal. Mieux, le site sera bientôt inscrit dans le plan de l'Union européenne pour la protection des zones géographiques, Natura 2000, un nouveau tracé a été étudié.

    Déjà, en 1996, une espèce protégée - le scarabée le pique-prune - avait interrompu le chantier : cet insecte affectionnant les très vieux chênes ou châtaigniers, figure sur la liste rouge des espèces menacées en Europe, car son biotope se réduit comme peau de chagrin. Une étude a montré que si l'emprise de l'autoroute ne prélevait que 1 % des arbres abritant le pique-prune, les travaux annexes de remembrement allaient en faire disparaître trente fois plus si l'on ne prenait pas de précautions particulières. Il a donc été suggéré d'imposer aux remembreurs de maintenir en continu de vieux arbres pour ne pas fragmenter les derniers peuplements de scarabées.


    Adresses



    ASSOCIATION DES SOCIETES FRANÇAISES D'AUTOROUTES
    3, rue Edmond Valentin
    75007 PARIS
    Tél. : 01 47 05 90 01

    SOCIETE DES AUTOROUTES PARIS-NORMANDIE
    100, avenue de Suffren
    75015 PARIS
    Tél. : 01 47 53 37 00


    Sites Internet



    Portail des sociétés d'autoroutes
    http://www.autoroutes.fr/index.php

    Environnement - Portail des sociétés d'autoroutes
    http://www.autoroutes.fr/developpement/environnement_biodiversite.php?lng=1

    Société des autoroutes Paris-Normandie
    http://www.sapn.fr/

    Autoroute Paris-Rhin-Rhône
    http://www.saprr.fr/vf/societe/environnement.asp

    Cofiroute
    http://www.cofiroute.fr

    Société des autoroutes du nord et de l'est de la France
    http://www.sanef.com/siteSanef/fr/environ.htm

    Paysage - Portail des sociétés d'autoroutes
    http://www.autoroutes.fr/developpement/environnement_paysage.php?lng=1

    Bibliographie



    Cliquez sur le lien ci-dessous pour télécharger la bibliographie de ce dossier au format PDF.

    Note : vous pouvez également faire un clic-droit et choisir de télécharger le fichier directement sur votre ordinateur.

    Bibliographie PDF