G.-J. Witkowski - Anatomie iconoclastique, (...) ouvrages traitant de l'anatomie et de la physiologie humaines
Médecin et auteur de nombreux ouvrages, il réalise plusieurs ouvrages didactiques, dont l’Anatomie iconoclastique.
Titre : Anatomie iconoclastique, atlas complémentaire de tous les ouvrages traitant de l'anatomie et de la physiologie humaines
Auteur : Gustave-Jules Witkowski
Edition : Paris : Lauwereyns H., 8 volumes, 1876-s.d.
Format : 38 cm
L’auteur : Gustave Jules Witkowski
Bien peu d’information sont disponibles sur ce savant.
Gustave Joseph Wtikowski est né le
20 mars 1844. Médecin chirurgien, il passe sa thèse en
1872. Il s’intéresse à la médecine, à l’histoire de la médecine, mais aussi à l’art, l’histoire, la photographie et la poésie.
Il publie plusieurs ouvrages en médecine sur les accouchements, la représentation des femmes et du nu dans les arts.

F
œtus
Il meurt en
1923.
Difficilement accessibles, les quelques renseignements sur lui font état du prénom Gustave Joseph Alphonse, mais parfois Gustave Jules Alphonse.
L’oeuvre : Anatomie iconoclastique, (...) ouvrages traitant de l'anatomie et de la physiologie humaines

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G.-J. Witkowski a le souci des "
personnes qui désirent apprendre ce qu’est le corps humain, quels sont ses organes et ses fonctions", sans qu’elles soient pour autant des spécialistes.
Il estime que "
l’expérience a souvent montré que la description la plus claire ne frappe pas aussi vivement l’esprit que l’objet lui-même représenté sous les yeux" (avant-propos de
Le corps humain).
Ainsi utilise-t-il le système "
de planches superposées, dont les différentes pièces, se soulevant comme les feuillets d’un livre, permettent d’assister à une dissection sommaire du corps humain et montrent la forme, la situation et les rapports de nos organes" (avant-propos de
Le corps humain).
Ces planches par appliques superposées sont redevables à Johannes Remmelinus, qui a inventé le système au XVII
e siècle. Mais Witkowski s’est aussi inspiré du Docteur Auzoux et de ses modèles anatomiques en papier mâché et carton.
Huit volumes constituent cet atlas :
- le corps humain 1876
- larynx et langue 1876
- oreille et dent 1877
- encéphale centres moteurs 1878
- œil 1879
- organes génitaux et périnée de l'homme - 1880
- organes génitaux et périnée de la femme s. d.
- squelette et articulations s. d.

Les différents volumes
Cet atlas animé très original permet donc de visualiser les différentes parties du corps et leur organisation par une superposition et un emboîtement de planches "
découpées, coloriées et superposées". Très pédagogique, il est l’ancêtre des objets en trois dimensions, puisqu’il permet un voyage par les différentes enveloppes du corps humain (peau, muscles, organes, etc.).
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Le corps humain
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Détail de l'encéphale
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Fœtus dans l'utérus
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L'œil
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Le raffinement est poussé jusqu'à vernir par exemple la partie "émail de la dent" pour signifier la différence de texture.
Un système de fil rouge fin permet de retenir les différentes planches découpées.

Planche sur le squelette
Les différentes parties sont, soit notées directement sur les planches si la place le permet (cas des fascicules "Larynx et langue", "Oreille et dent", "Œil"), soit numérotées. La légende sur le verso de la couverture explique ensuite les numéros.

Les dessins sont légendés
Néanmoins, pour le fascicule "Squelette et articulations", les très nombreux numéros ne sont pas légendés, ce qui tendrait à dire qu’un livret explicatif a sans doute existé.
Les planches colorées ont gardé une belle fraîcheur. Les muscles sont colorés en rouge, le système sanguin codifié comme actuellement : artères en rouge, veines en bleu.

Extrait du corps humain
Par contre, les couvertures sont fatiguées et certaines détachées.
Les exemplaires ont été mis en dépôt à l’AREHN par le Muséum d’histoire naturelle de Rouen
La publication
Le corps humain, qui fait également partie du fonds documentaire du muséum d’histoire naturelle de Rouen,
est le complément des atlas. "
Le succès qu’ont obtenu nos atlas d’anatomie nous a engagé à publier cet ouvrage, qui, sous une forme nouvelle, est le résumé et le complément de nos travaux précédents".

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En complément : Les pièces anatomiques en cire et en carton
L’histoire de l’anatomie est d’abord liée à la religion. Longtemps la description de la structure du corps humain se heurte à l’inconnu que représente l’intérieur de l’organisme, qu’il est interdit par la religion, dans le monde occidental, de disséquer, même à des fins scientifiques.
Néanmoins, les positions de l’Eglise s’assouplissent et les premières dissections autorisées de corps humains ont lieu à la Renaissance, d’abord en Italie. Le belge Vésale s’installe à Padoue, en Italie, en 1537 et publie son monumental ouvrage
La fabrique du corps humain, où les planches et le texte mettent à mal les croyances héritées de l’Antiquité. L’anatomie rentre alors dans l’ère moderne. Les illustrations d’anatomie sont au début grandiloquentes, toujours attachées à une présentation artistique.
Au fur et à mesure des découvertes sur l’anatomie et la physiologie de l’individu, la rigueur scientifique prend le dessus, les dessins se font plus précis. La découverte de la perspective avait déjà ouvert un champ immense au niveau du dessin. Mais pour décrire le corps dans l’espace, on commence à faire des modèles artificiels en volume. Ce seront les cires anatomiques et les écorchés, qui associent une grande technicité manuelle pour la réalisation de l’objet et de solides connaissances médicales en anatomie.
Les cires anatomiques
Au XVIII
e siècle, en Italie, à Florence, Felice Fontana réalise 40 cires anatomiques, destinées à l’enseignement de l’anatomie. Napoléon les découvre lors de la Première campagne d’Italie et les achète en 1799, pour la faculté de médecine de Montpellier, où elles se trouvent encore.
En France, André-Pierre Pinson est le premier céroplasticien connu. Pour avoir en France les mêmes outils, Napoléon décide la création d’une école française de cérisculpture, vouée à "l’enseignement de l’art des préparations anatomiques en cire", principalement destinée aux lycées et écoles de médecine. Il s’agit de montrer la vie, pour l’observer de la façon la plus crue. On retrouve les volumes du modèle, par moulage, et les couleurs du vivant.
Le décret du 29 mai 1806, signé à Saint-Cloud, instaure la création de cette école à Rouen.
Il y sera exécuté :
- des séries de pièces d’anatomie humaine les plus délicates et les plus compliquées pour l’usage des écoles de médecine
- des pièces d’anatomie comparée pour le muséum national
- des pièces représentant les cas pathologiques les plus rares qu’il pourrait être utile de placer dans les Ecoles et dans les principaux hôpitaux civils et militaires pour la pratique des grandes opérations de chirurgie
- des pièces anatomiques qu’il conviendrait de réunir pour la démonstration des cours d’accouchement dans les chefs-lieux de département et pour les examens d’anatomie des officiers de santé
- des pièces anatomiques qui pourraient être destinées à donner des notions élémentaires de la structure des parties du corps humain dans les établissements d’instruction publique
Jean-Baptiste Laumonier, chirurgien-chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen depuis 1785, est un grand professeur d’anatomie et de chirurgie, mais aussi chirurgien connu et reconnu par ses pairs. Il réalise déjà des pièces anatomiques de grande qualité, dans lesquelles il met en évidence le système circulatoire et est considéré comme un maître en cet art. C’est donc lui qui est choisi pour diriger l’école de cérisculpture de Rouen.
Ouverte le 1
er janvier 1807, elle accueille très peu d’élèves, mais prestigieux : Madame Laumonier, Hippolyte et Jules Cloquet, Vasseur ainsi qu’Achille-Cléophas Flaubert (le père de Gustave). Les Cloquet deviendront de grands anatomistes et physiologistes, Flaubert est déjà chirurgien et un professeur de renom.
Mais Laumonier est un grand savant, mais piètre gestionnaire. Faute de financements, de clients et d’élèves, l’école ferme dès 1814.
Le muséum d’histoire naturelle de Rouen conserve quatre cires anatomiques, données sans doute par A.-C. Flaubert et le Docteur Lecoupeur, ami de Madame Laumonier :
- vaisseaux superficiels de la tête et du cou
- appareils circulatoires et nerveux de la tête et de la partie supérieure du tronc
- nerfs de la cavité cervicale et la circulation intracrânienne
- chylifères de la cavité abdominale et les lymphatiques de la partie supérieure de la cuisse.
Les modèles en papier mâché
Une deuxième technique "en trois dimensions" à destination des écoles de médecine voit le jour en Normandie.
Le Docteur Auzoux, natif de Saint-Aubin-d’Ecrosville, près du Neubourg, souhaite que les élèves et les professeurs d’anatomie humaine puissent disposer d’un produit fiable, peu cher, facile à transporter, à démonter. Il met au point, en 1824, un procédé de fabrication de modèles anatomiques en papier mâché. Ces écorchés, démontables, servent à illustrer les cours d’anatomie.
Il moule ces modèles avec une pâte à base de carton dans des moules de plomb. Après démoulage, les pièces sont assemblées, ajustées, complétées par des détails anatomiques (nerfs, artères, membranes, etc.) et colorées.
En 1828, Auzoux emploie plus de cinquante ouvriers. Ces pièces didactiques sont bon marché, faciles à réaliser en grand nombre. Sa pièce maîtresse est le "Grand écorché", à l’échelle 1, vendue pendant très longtemps, de par le monde.
Le docteur Auzoux réalise ensuite dès 1845 des modèles plus petits, plus économiques et plus faciles à transporter.
Les cires et écorchés continueront à servir pour la formation des médecins. Mais plus tard, les rayons X et toutes les méthodes nouvelles d’imagerie médicale mettront fin à ces techniques.
Sources :
Auteur et œuvre
Gustave Joseph Witkowski (1844-1923)
http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/hm_bio.htm
Un manuel pratique d’anatomie du XIXe siècle (BNF)
http://www.bnf.fr/pages/connaitr/esp_abc_e_archive.htm
Cultures of knowledge, cultures of interiors / Gillian Beer .- University of Cambridge
http://www.westmont.edu/institute/pages/2005_program/pdfs/3-Beer.pdf
Complément
Histoire de la médecine : Anatomie (Bibliothèque Inter universitaire de médecine et d’ontologie de Paris)
http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/anatomie.htm
L’école de cérisculpture de Rouen
http://www3.chu-rouen.fr/Internet/connaitreCHU/culture/groupe_histoire/histoire_enseignement/#2
Le musée d’histoire de la médecine
http://www.napoleon.org/fr/magazine/musee/files/Musee_histoire_Medecine.asp
Mannequins et cires anatomiques
http://www.napoleon.org/fr/salle_lecture/articles/files/emulatrice_faculte_medecine_Paris.asp
Jean-Baptiste Laumonier (1749-1818)
http://www3.chu-rouen.fr/Internet/connaitreCHU/culture/groupe_histoire/personnalites/laumonier/
A propos des cires anatomiques de Laumonier, conservées au Muséum de Rouen / Marie-Rose Fauré.-
Actes du muséum de Rouen, 1996 (3) .- pp. 51-65
Les pièces en papier mâché de Louis Auzoux
http://musee.vet-alfort.fr/Site_Fr/txttechn.htm
Le Musée de l’écorché du Neubourg
http://www.scienceaction.asso.fr/reseau/museeanatomie/index.html