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Manuscrit sur la génération spontanée présenté au concours Alhumbert de l'Académie des Sciences
Félix-Archimède Pouchet, 1859

La théorie de la génération spontanée

La théorie de la génération spontanée admettait que la matière organique (viande, fromage, pain, etc.) possédait une force vitale qui lui permettait de créer, spontanément, des organismes vivant complexes comme les vers et les mouches.
L'idée que la vie puisse émerger du monde inerte est vieille comme le monde. Les civilisations antiques croyaient que les pucerons sortaient des bambous, et que la boue pouvait engendrer des vers ou des grenouilles. Cette théorie de la génération spontanée, due à Aristote, traversa le Moyen-âge et sera encore évoquée à la Renaissance. Au XVIIe siècle, un médecin flamand, Van Helmont, tente de prouver scientifiquement le bien fondé de la génération spontanée. Il mélange des grains de blé avec une chemise souillée de sueur humaine et après 21 jours d'incubation, il obtient... des souris ! La théorie sera égratignée pour la première fois par Francesco Redi en 1668. Il prouve que l'apparition d'asticots sur un morceau de viande en putréfaction n'a pas lieu si l'on prend soin de recouvrir les bocaux d'une fine mousseline. Après la découverte des micro-organismes par Antony Van Leeuwenhoek, la génération spontanée réduit son domaine d'influence et tend à se restreindre au monde microscopique.
Au XIXe siècle, dans un contexte scientifique où le créationnisme et le catastrophisme (qui expliquerait le renouvellement soudain des faunes et flores) sont à leur apogée, la théorie de la génération spontanée a tout à fait sa place. Et, malgré une multitude d'expériences frappantes, la croyance l'emporte sur la réalité, et la génération spontanée est toujours considérée comme un fait scientifiquement prouvé. En 1859, Félix Pouchet publie son ouvrage sur l'Hétérogénie (génération spontanée). Trois ans plus tard, en 1862, Pasteur donnera le coup de grâce à cette théorie en montrant que le développement des organismes dans un milieu préalablement stérilisé est uniquement dû à une contamination par les microbes contenus dans l'air ambiant.
Avec la réfutation de la génération spontanée, l'origine du vivant redevient un mystère. En 1859, Charles Darwin révolutionne la biologie en publiant l'un des ouvrages les plus célèbres de tous les temps, « L'origine des espèces ». Pour Darwin, l'évolution des organismes est rendue possible par l'apparition d'un grand nombre de variations au sein d'un groupe, les variations présentant un avantage étant valorisées par la sélection naturelle.
Aujourd'hui on ne sait toujours pas comment on est passé du non-vivant au vivant il y a 3,6 millions d'années.
L'apparition de nouveaux virus aujourd'hui ne fait pas partie de la Génération spontanée, mais de la mutation génétique de souches plus anciennes.

Les virus n'ont pas la capacité de tirer leur énergie vitale de leur environnement comme les bactéries et les cellules des organismes. Pour se reproduire, ils utilisent les cellules qu'ils infectent en les détournant à leur profit.
La science à identifiée plus de 2 000 virus dont 300 provoquent des maladies virales humaines.
Les virus sont spécifiques d'un type d'organisme (ceux des plantes ne contaminent pas les animaux et ceux des insectes ne contaminent pas les mammifères). Mais, au sein d'un même ordre, on observe parfois, suite à de très nombreuses mutations génétiques, le passage d'une espèce à une autre. Pour que ce passage se fasse plusieurs conditions doivent être réunies ; Les espèces doivent être en étroit contact (dans un élevage par exemple) et des virus doivent se mélanger avec d'autres lors d'une co-infection de cellule.
Les virus « hybrides » ainsi obtenus peuvent présenter des nouvelles caractéristiques se révélant inoffensives ou fatales pour l'homme sans que l'on puisse le prévoir.
La promiscuité entre les hommes et diverses espèces animales (tels que les volailles et les porcs), les mesures d'hygiène précaires pratiquée dans les pays en voie de développement (comme la Chine) et les pratiques d'élevage intensif des pays développés, favorisent les échanges entre les espèces encourageant ainsi la diffusion des virus d'origine animale chez les humains.