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Paléontologie française, description zoologique et géologique de tous les animaux mollusques et rayonnés fossiles de la France
Alcide d'Orbigny


L'auteur :
Alcide d'Orbigny (1802 - 1887)
Alcide Dessalines d'Orbigny est né le 6 septembre 1802 à Couëron, près de Nantes. Son père, médecin-chirurgien dans la marine, lui transmet son enthousiasme pour les sciences naturelles. Il l'initie très tôt à la recherche, à l'observation et au dessin des animaux et des plantes.
En 1820, la famille d'Orbigny s'installe à La Rochelle. Sur les côtes rochelloises à falaises calcaires, Alcide se passionne pour l'étude d'un groupe d'animaux coquillés unicellulaires et microscopiques.
Alcide d'Orbigny
Alcide d'Orbigny.
Il étudie ces organismes qu'il nomme « Foraminifères », leur consacrant son premier travail scientifique.
Il y décrit les bases de la classification de ce groupe, posant ainsi les fondements d'une science nouvelle : la micropaléontologie. Grâce à ce travail remarquable et novateur, Alcide est remarqué par les savants du Muséum de Paris : Georges Cuvier, Alexandre Brongniart et Etienne Geoffroy Saint-Hilaire. Ils le choissent pour une nouvelle mission d'exploration en Amérique du Sud en tant que voyageur naturaliste. D'Orbigny embarque en juin 1826, à l'âge de 24 ans, pour un voyage de plus de 7 ans.
Numulithe
Nummulite, fossile d'un foraminifère.
Il foule le sol américain après Humboldt et Bonpland qui s'étaient dirigés vers le Nord.
D'Orbigny, lui, choisit de faire route vers le Sud, devançant de peu Darwin sur certains sites. Il parcourt et explore ainsi le Brésil, l'Argentine, le Paraguay, le Chili, la Bolivie et le Pérou. Il dresse des cartes géologiques et géographiques, collecte un grand nombre d'espèces d'animaux et de végétaux. Son mérite est de se passionner pour le peuple autochtone, pendant que Cuvier, resté en France, considère les peuples du Nouveau Monde comme trop peu connus pour les inclure dans la classification de son règne animal.
De retour en France en 1834, sa collection est immense et très précieuse. Il s'engage dans la description de son voyage (notes et collectes). Avec l'accord de l'Académie des sciences, il publie enfin, en 1847, son compte-rendu : « Voyage dans l'Amérique méridionale » (ouvrage en 11 volumes).
D'Orbigny se tourne ensuite vers la paléontologie et la stratigraphie. Il décide d'entreprendre une description de toutes les espèces d'invertébrés fossiles identifiées dans les couches géologiques de France. Cette description fait l'objet d'une monographie : « Paléontologie française ». Il s'engage ensuite dans la rédaction d'un autre projet : « Paléontologie universelle des animaux mollusques et des rayonnés fossiles », mais ce travail étant pharaonique, il n'en publiera que le préambule, représentant trois volumes !
Nous devons également à d'Orbigny la première échelle des temps géologiques. Il définit la notion d'étage géologique et leur association avec les espèces d'invertébrés y ayant vécu. Parmi les étages qu'il définit, beaucoup sont toujours utilisés dans l'échelle chronostratigraphique actuelle.
En 1853, sa carrière est enfin couronnée par sa nomination en tant que Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris, lorsque la chaire de Paléontologie est créée à son intention. Toutefois, d'Orbigny ne sera jamais accepté comme membre de l'Académie des sciences, malgré ses sept tentatives. Ses idées radicales contre l'évolution (et la sélection naturelle de Charles Darwin) lui valent un certain oubli à sa mort, le 30 juin 1857, alors qu'il n'a que 55 ans.