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Cours élémentaire d’histoire naturelle : zoologie
Henri Milne Edwards, 1875


La biodiversité en danger
La liste s’allonge
De la raie à l’olivier de Sainte-Hélène, en passant par la grenouille, la diversité biologique mondiale s’appauvrit à un rythme de plus en plus soutenu. On parle même de la "sixième extinction" de masse qui s’opère sur quelques dizaines d’années alors que les cinq précédentes se sont étalées sur des milliers voir des millions d’années.

Extinctions de masse : voir le dossier d'actualité sur le cataclysmes : http://www.arehn.asso.fr/dossiers/cataclysme/01.php

Aujourd’hui les chiffres sont alarmants : une espèce d’oiseaux sur huit (12 %) sont menacés d’extinction, une espèce de mammifères sur quatre (23 %), une espèce d’amphibien sur trois (32 %) et près de la moitié des espèces de tortues (42 %), qu’elles soient terrestres ou aquatiques.
Ce lourd bilan a été réalisé par l’
Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et publié en 2004. Et encore, cet inventaire ne comptabilise que 784 espèces éteintes entre 1500 avant J.-C. et l’époque actuelle.
Alors qu’aujourd’hui, la liste rouge recense 15 589 espèces menacées d’extinction, soit 7 266 espèces animales et 8 323 végétales.
Les espèces menacées d'extinction >
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(Infographie : A. Dudouble / Arehn)

L’état de conservation des invertébrés s’avère aussi très préoccupant. Moins gros et moins mobiles que les mammifères ou les oiseaux, ils sont souvent plus étroitement liés à un habitat, ce qui accroît leur vulnérabilité.
Par exemple, les libellules sont menacées par la régression des zones humides et par la détérioration de la qualité des eaux où se déroulent toute leur vie larvaire.

Le déclin est essentiellement dû à l’Homme. Les espèces menacées sont souvent concentrées dans les zones à forte densité démographique, notamment dans une grande partie de l’Asie et dans certaines zones d’Afrique.
 
La destruction et la dégradation des habitats constituent les principales menaces. Elles sont le plus souvent dues aux activités agricoles, aux déforestations et aux plantations de bois d’abatage, au développement économique urbain et touristique, et à la surexploitation des ressources (mines, pêcheries…). Il faut aussi ajouter le commerce d’animaux de compagnie, de produits médicamenteux, l’introduction d’espèces, la pollution et les maladies. Le changement climatique est également de plus en plus incriminé. 15 à 37 % des espèces pourraient disparaître avec un réchauffement climatique moyen de la Terre.
 
Si le principal responsable est l’homme, il a aussi le pouvoir d’éviter que de nombreuses espèces s’éteignent. Ainsi, rhinocéros blanc du Sud et putois à pieds noirs ont pu être sauvés. Mais cette responsabilité ne doit plus être uniquement le fait de la communauté scientifique mais de l’ensemble des gouvernements du monde entier.
 
Différentes conventions internationales existent déjà. Certaines d’entre elles s’appliquent à l’ensemble de la planète et d’autres visent la protection d’une région ou d’une espèce spécifique.
La Convention de Washington (1973) ou CITES protège toutes les espèces en réglementant le commerce de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction.
La Convention de Bonn (1979) vise à la conservation des espèces migratrices.
La Convention de RAMSAR protège un écosystème particulier : les zones humides.

L’union internationale pour la conservation de la nature (UICN) : organisation non gouvernementale fondée en 1948 qui réunit en un partenariat mondial, des états, des agences gouvernementales et non gouvernementales, des scientifiques et des experts de 181 pays. Sa mission est d’inciter les sociétés du monde entier à conserver l’intégrité et la diversité de la nature.
 
La liste rouge : Créée en 1963 par l’UICN, elle constitue l’inventaire mondial le plus complet des espèces animales et végétales menacés d’extinction. Elle précise, en outre, leur état de conservation global. Cet inventaire est tributaire des connaissances disponibles (les vertébrés sont bien mieux représentés, car mieux connus, que les invertébrés).
 
Les espèces sont classées selon des critères fondés sur des facteurs biologiques et écologiques tels que la population totale, sa répartition ou son taux de déclin…
 
> Les différentes catégories :

  • Espèce disparue
  • Espèce éteinte à l’état sauvage et ne survivant qu'en captivité ou acclimatée pour les plantes
  • Espèce en danger de disparition :
    • En danger critique d'extinction
    • En danger
    • Vulnérable
  • Préoccupations mineures (faible risque)
  • Données insuffisantes
  • Non évalué