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Les animaux à métamorphoses
Victor Meunier, 1867 Histoire de la vulgarisation scientifique |
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| Depuis leur naissance dans la Grèce antique les sciences sont pratiquées dans des écoles isolées et ne se transmettent que de maître à élève. Cette tradition se prolonge jusqu’au Moyen Age dans les monastères et, à partir du XIIIe siècle, les connaissances scientifiques commencent à être retranscrites en latin, dans des ouvrages exclusivement destinés aux membres du clergé. A la fin du XVIe siècle, des savants, conduits par Galileo Galilei (mathématicien et astronome) et Bernars Palissy, décident de troquer le latin pour les langues vivantes. Ces deux savants choisissent de rédiger leurs écrits sous forme de dialogues entre deux personnages. Ainsi naît une première forme de vulgarisation scientifique mettant les sciences à la portée d’un public autre qu’élitiste. Au XVIIe siècle se multiplient les conférences (mises à l’honneur par Gaston d’Orléans, frère du roi Louis XIII, dans son château de Blois) où un public sélectionné vient applaudir les exploits des savants (dissections d’animaux, etc.). Ces "petites académies" où s’élabore le savoir en même temps qu’il se diffuse proposent de véritables spectacles où se développent les sciences expérimentales. Au siècle des lumières émergent les cabinets de curiosités, les savant y organisent des réunions informelles afin d’initier les nobles aux sciences expérimentales. Chacun rivalise pour présenter les plus belles collections et les instruments scientifiques les plus innovants. La vulgarisation scientifique reste un spectacle, réservée toutefois à une certaine élite, où il est de bon ton de se prêter aux expériences. Cet élitisme est confirmé par la création de l’Académie des sciences par Louis XIV et Colbert témoignant de la volonté du pouvoir royal de s’approprier l’activité scientifique. L’accès à l’information scientifique est rendu plus difficile et complique sa diffusion. L’émergence des cabinets de curiosités est alors un moyen de financer des recherches autant que de transmettre des connaissances. En dehors des salons, les informations scientifiques sont relatées dans quelques journaux et dans les livres, la science devenant un nouveau genre littéraire. Les sciences deviennent amusantes et commencent aussi à s’adresser à des publics plus différenciés comme les jeunes ou les femmes. Même sous l’ancien Régime, les sciences sont mises en scène dans des lieux populaires, les champs de foire et la rue. Les entrepreneurs de spectacles scientifiques mettent sur pied des dispositifs plus accessibles et adaptés à ce nouveau public. La révolution ouvre une nouvelle ère à la vulgarisation scientifique. Outre le développement de l’enseignement, les premiers projets muséographiques voient le jour et au début du XIXe siècle, le Muséum national d’histoire naturelle est ouvert au public. Apporter au grand public une instruction scientifique est l’affaire de beaucoup. Les anciens élèves de l’Ecole Polytechnique prennent la tête d’associations qui organisent des cours (plus scientifiques que littéraires) destinés à l’éducation du peuple. Un profond bouleversement se produit au sein même de l’Académie des sciences : en 1837 elle vote son ouverture aux journalistes en publiant hebdomadairement un Compte rendu des séances de l’Académie des sciences. Les chroniques scientifiques (appelées feuilletons scientifiques à l’époque) se multiplient dans les journaux avec l’essor du journaliste scientifique. Les journaux spécialisés en sciences voient le jour : La science pour tous, La nature, La science populaire, etc. Ainsi, jusqu’en 1890, les kiosques présentent aux lecteurs au moins dix revues scientifiques différentes. En 1852 l’apparition du mot "vulgarisation" légitime ce nouveau métier fondé par l’abbé Moigno, Victor Meunier, Camille Flammarion et Louis Figuier. Dans le secteur de l’édition, l’innovation de Louis Hachette sera décisive pour la diffusion de l’information scientifique. Il fonde, en 1853, une Bibliothèque des Chemins de fer proposant aux voyageurs des exemplaires en petits formats et à petits prix. Le premier exemplaire sorti s’intitule Gutenberg, inventeur de l’imprimerie par Alphonse de Lamartine. Le succès est rapide et d’autres collections en profitent. Puis les sciences se répandent dans la littérature de fiction notamment avec Jules Verne et son premier roman Cinq semaines en ballon publié en 1863. Progressivement elles font leur entrée à l’école en remplaçant heure par heure les cours de catéchisme. Enfin, au XXe siècle s’opèrent plusieurs transformations de fond. Les performances scientifiques pénètrent les foyers : l’électricité, le téléphone, etc. Cependant la seconde guerre mondiale donne une image négative des expérimentations scientifiques avec pour exemple les bombes, A et H. Le public se questionne alors sur les tenants et les aboutissants de l’activité scientifique. Mais l’apparition de la radio et de la télévision va donner un nouveau souffle à la vulgarisation scientifique. |
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