> Introduction
> L'auteur
> L'œuvre
> En complément...
> Sources
Le nouveau théâtre d’agriculture
Louis Liger, 1713

En complément : Olivier de Serres, père de l’agriculture actuelle
L’ouvrage de Louis Liger « Le nouveau théâtre d’agriculture et ménage des champs » porte quasiment le même titre que celui d’Olivier de Serres « Théâtre d’agriculture et mesnage des champs » écrit en 1600, près d’un siècle plus tôt, révolutionnant l’agriculture de l’époque.

Au cours de l’histoire, l’agriculture a été marquée par différentes phases successives marquant son évolution.
- Avant que l’on ne parle d’agriculture, l’homme s’alimentait grâce à la cueillette. Il recherchait ses aliments dans la nature. Puis, il a travaillé la terre afin d’y faire pousser les végétaux nécessaires à son alimentation. Ainsi est née l’agriculture.
- Au cours du néolithique, l’agriculture émerge en France. Il s’agit d’une technique importée, certainement d’Italie ou des pays du Proche-Orient.
- Durant l’âge de bronze (-2 500 à -700 av. J.C.), l’outillage s’améliore avec l’araire tracté par des bovins.
- L’âge du fer et la civilisation gauloise se caractérisent par une période d’abondance agricole. L’araire s’améliore avec un socle en fer.
- A partir de -50 av. J.C., la conquête romaine a entraîné des modifications structurelles en France et l’agriculture est devenue organisée. Les terres sont devenues un bien collectif du peuple.
- Avec les mérovingiens apparaissent de nouvelles unités territoriales où un chef gère son domaine avec ses hommes.
- Durant le Moyen-âge, les facteurs d’évolution sont nombreux : apparition de la hiérarchie féodale, la jachère est mise en place, les paysans sont soumis à des obligations individuelles (taxes, impôts) et à des droits communautaires (droit de glanage, droit de chaume). A partir du IXe siècle, le cheval, bien plus efficace que le bœuf, est utilisé en agriculture avec la charrue. Puis, au XIIe siècle, l’invention du collier d’épaule pour le cheval facilite considérablement les travaux des champs.
- A la fin du XVIe siècle, les travaux des agronomes sont imprimés, facilitant ainsi la diffusion de nouvelles pratiques agricoles.
- A la fin XVIIIe siècle, la jachère est supprimée et remplacée par des prairies temporaires de légumineuses fixant l’azote du sol, assurant ainsi sa fertilisation.
- A la Révolution, les droits seigneuriaux sont supprimés ainsi que les pratiques collectives.
- Au XIXe siècle, l’industrialisation apporte la mécanisation au milieu rural. De nouvelles machines apparaissent : moissonneuse lieuse, batteuse, etc. Les fertilisants sont utilisés en masse et l’engrais fait son apparition.
- Au XXe siècle, la motorisation révolutionne le monde agricole. L’implication de l’Etat est de plus en plus importante, imposée par une volonté d’intensification massive de la production. La XXe siècle est surtout marqué par la disparition des paysans.
Olivier de Serres a marqué le XVIIe siècle en terme d’agriculture, c’est pourquoi il est souvent nommé le « père de l’agriculture moderne ».
Son livre « Théâtre d’agriculture » est le premier cours d’agriculture et d’économie rurale et scientifique écrit en France. Il représente une somme étonnante de toutes les connaissances agronomiques connues et passées de l’époque. Toutes ces connaissances ayant été critiquées et expérimentées par Olivier de Serres lui-même.

Olivier de Serres apporte une considérable amélioration aux techniques de culture, prônant une agriculture scientifique et industrielle. Il élargit la connaissance des sols et des techniques de labourage.
Olivier de Serre.
Il est un des premier à pratiquer une agriculture raisonnée en remplaçant l’ancien système de jachère par une alternance des cultures. Il importe différentes plantes comme le houblon et acclimate le maïs ainsi que le mûrier, permettant la élevage du ver à soie et la production du fil pour confectionner le tissu.
En avril 1598, Olivier de Serres se met au service d’Henri IV afin de remettre sur pied le royaume dévasté par les guerres de religion et remédier aux disettes et aux famines.
 
Après lui, pendant 150 ans, l’agronomie ne fera pratiquement plus de progrès et ne suscitera pas d’œuvre de cette dimension. Il faut attendre Duhamel du Monceau pour rencontrer dans la littérature agronomique une production technique de qualité et d’intérêt équivalent.
 
Si Louis Liger s’est inspiré du titre de l’œuvre d’Olivier de Serres c’est certainement parce que, lui aussi, a souhaité rassembler toutes les connaissances du moment sur l’agriculture. C’est d’ailleurs l’abondance d’informations qui fait la valeur de son ouvrage.