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Etudes sur la géographie botanique de l’Europe et en particulier sur la végétation du plateau central de la France
Henri Lecoq, 1854-1858


De la classification des végétaux à la géographie botanique

Dès le XVIe siècle, la grande affaire des savants est de décrire les espèces en les observant.
 
Aux XVIIe et XVIIIe siècle, les grandes explorations scientifiques vont permettre de découvrir une multitude de nouvelles espèces, d’en faire des catalogues, les exploiter pour certaines et de les rapporter en Europe.
 
Au fur et à mesure des découvertes, les simples catalogues de plantes se muent en classifications, méthodes qui permettent de ranger les végétaux selon des critères communs. Les botanistes taxonomistes se succèdent, apportant chacun leurs visions. Plusieurs savants font progresser de façon sensible la science de la systématique, comme John
Ray, Joseph Pitton de Tournefort, Carl von Linné, Michel Adanson, Antoine-Laurent de Jussieu, Augustion-Pyramus de Candolle, John Lindley, Stephen Endlicher, Adolphe Brogniart ou encore Henri Baillon. Les différents systèmes de classification peuvent cohabiter au fil des années.
Les classifications modernes reposent sur le principe de
subordination des caractères et de phylogénèse.

Subordination des caractères : certains caractères sont prépondérants à un niveau taxonomique donné, mais variables pour d’autres niveaux. Certains ne peuvent exister que si un premier caractère existe (un insecte est forcément invertébré

Phylogenèse : Suite des événements évolutifs ayant mené à la diversification d’un groupe d’êtres vivants

Mais au-delà de la classification des espèces, toujours utile, apparaissent d’autres préoccupations, plus globales. Dès le début du XIXe siècle, certains savants constatent que la répartition des plantes répond à des caractéristiques physiques précises de climat, de sol, d’altitude, hygrométrie, ou encore de présence de sel par exemple.
Alexander von
Humbolt, géographe et explorateur allemand, est le premier à comprendre ce mécanisme de répartition des végétaux, lors de son voyage en Amérique du Sud, sur les flancs du Mont Chimborozo (Equateur). Il le développe dans son œuvre Essai sur la géographie des plantes, paru en 1805, qu’il définit comme "la science qui considère les végétaux sous les rapports de leur association locale dans les différents climats". Il y distingue également les associations de végétaux, qui déterminent la physionomie du paysage (tradition physionomique).
 
L’autre grand nom de la géographie botanique est Augustin-Pyramus de
Candolle. Il donne la priorité aux caractères floristiques de la végétation. Pour lui, l’analyse et la variété des espèces est plus déterminante que la répartition des espèces entre elles. Il remet également en cause l’importante des influences climatiques, en insistant justement sur les caractères physiologiques et historiques des plantes (tradition floristique).
 
En 1838, August Heinrich Rudolf
Grisebach, prolongeant la pensée de Humbolt, crée le concept de formation végétale, ou formation phytogéographique, qui ouvrira la voie à l’écologie.

> Voir aussi :
· Rôle et méthode des classifications : http://www.arehn.asso.fr/centredoc/livres/gervais/complement.php
· La classification binomiale de Linné : http://www.arehn.asso.fr/centredoc/livres/miller/linne.php
· Les règles de la nomenclature botanique : http://www.arehn.asso.fr/centredoc/livres/linne/complement.php
· L’introduction des plantes lors des voyages naturalistes et scientifiques : http://www.arehn.asso.fr/centredoc/livres/tournefort/complement.php