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Le pays de Bray (Mémoire pour servir à l'explication de la carte géologique détaillée de la France)
Albert-Auguste de Lapparent
, 1879
L'œuvre : Le pays de Bray (Mémoire pour servir à l'explication de la carte géologique détaillée de la France)
Découvert alors qu’il couvre le nord de la France pour dresser la carte géologique détaillée de la France, le pays de Bray intéresse de Lapparent. Ce territoire original constituera le cœur d’un ouvrage paru en 1873.
 
L’AREHN possède deux exemplaires de cet ouvrage, mis en dépôt par le Muséum d’histoire naturelle de Rouen.
< Page de titre
Le premier exemplaire est l’édition originale de 1873, édité par l’imprimerie nationale. D’un format modeste, il contient 109 pages, comprenant introduction, première et deuxième parties et une planche de figures insérée en fin d’ouvrage.
L’exemplaire de 1873 >
Le deuxième exemplaire, présenté ici, date de 1879, éditée par l’imprimerie A. Quantin (Paris).
 
Albert Auguste de Lapparent est frappé par cette « vallée », qui ne s’accorde pas avec les caractéristiques traditionnelles des autres vallées. Point de fleuve, que laisserait présager la largeur du pays de Bray, pas plus que de plaine alluviale. Par contre, des vallonnements, sur lesquels la végétation dense ne facilite pas la tâche des géologues ! C’est donc plus d’une “échancrure d’une nature particulière” qu’il s’agit, et dont il convient d’étudier toute l’étrangeté.
 
Dès le début du XIXe siècle, O. d’Halloy a entrevu la nature particulière du pays de Bray. Elie de Beaumont, A. Passy et M. Graves ont également publié dessus. Mais de Lapparent y ajoute de nouvelles données, principalement basées sur de nouvelles observations de terrain. La « boutonnière pratiquée dans les couches de l’écorce terrestre » peut en effet être mieux étudiée grâce aux tranchées – parfois de 20 m de profondeur - réalisées par les travaux publics pour extraire les matériaux et construire chemins vicinaux et chemin de fer. Elles mettent à jour le sous-sol jusqu’alors caché par une abondante végétation.
 
C’est le plus important travail de recherche qu’il publiera. On y décèle déjà son souci de vulgarisation, de clarté et de synthèse, qui caractériseront sa vie intellectuelle. Ainsi, très régulièrement dans la publication, des paragraphes « Résumé » viennent clore un chapitre ou une explication, permettant de synthétiser ce qui est décortiqué précédemment.
Pour la première fois, il met l’analyse topographique au service de la géologie, préfigurant les travaux et les ouvrages de géographie physique qu’il publiera ultérieurement.
 
Homme de terrain, il n’hésite pas à perfectionner des outils à disposition. Ne trouvant pas de relevés d’altitude satisfaisants, de Lapparent entreprend lui-même des nivellements de toute la surface du Bray, utilisant un petit niveau d’eau portatif.
 
En 1879, il reprend l’ouvrage, pour y ajouter une troisième partie. Cette partie sur le soulèvement du pays de Bray « [ayant] exigé de nouvelles études sur le terrain ainsi que de nombreux travaux de nivellement, la rédaction a dû en être différée jusqu’à ce jour ». La première édition est déjà épuisée quand la troisième partie est prête. Alors,  “on a profité de cette circonstance pour refondre entièrement les parties déjà publiées. L’ordre des descriptions a été changé ; les figures ont pu, grâce au nouveau format adopté par le service de la Carte géologique de France, trouver placer dans le texte ; quelques chapitres nouveaux ont été ajoutés à la rédaction primitive ”.
La première partie est une description physique du pays de Bray (pp. 9 à 31, composée des paragraphes titrés 1 à 8). Cette partie donne un coup d’œil général sur le territoire, agrémenté de plusieurs coupes. La topographie des lieux, le type d’occupation des terres y sont décrits.
Diagramme géométrique du pays de Bray >
La seconde partie comprend la description des formations géologiques qui affleurent dans le pays de Bray (pp. 33-95, composée des paragraphes titrés de 9 à 29).
L’ordre choisi est logiquement l’ordre chronologique des étages géologiques, se référant en ce sens à ceux utilisés pour la réalisation de la carte géologique de la France. Les terrains jurassique, crétacé et tertiaire (et quaternaire) y sont minutieusement décrits et les fossiles énumérés.
La troisième partie, nouvelle dans cette édition, concerne le soulèvement du pays de Bray (pp. 97-178, composée des paragraphes titrés de 30 à 42). Par une étude stratigraphique poussée, il explique l’ordonnancement perturbé des étages géologiques, précise la datation du plissement. Il indique que la formation du plissement serait contemporaine de la faille de la vallée de la Seine et se serait réalisée dès l’Eocène supérieur, poursuivie ensuite par d’autres mouvements, contemporains de la mise en place de la chaîne alpine.
Le Bray au mont Ricard
Pour représenter l’allure des couches géologiques, il crée des cartes, reportant les lignes de niveaux de la couche de craie glauconieuse et de celle de l’argile bleue portlandienne.
La craie glauconieuse et l’argile bleue portlandienne >
Quatre cartes complètent l’ouvrage :
  • 1 carte géologique en couleur du pays de Bray, échelle 1/320 000
  • 1 carte du pays de Bray faisant connaître à l’aide de courbes de niveau équidistantes de dix mètres l’allure de la base de la craie glauconieuse au pied de la falaise sud-ouest, et l’allure du sommet de l’argile bleue portlandienne dans tout le Haut-Bray (échelle 1/320 000)
  • 1 carte du pays de Bray faisant connaître à l’aide de courbes de niveau équidistantes de dix mètres l’allure de la base de la craie glauconieuse supposée continue sur toute la contrée (échelle 1/320 000)
  • 1 carte des principales directions orographiques et hydrographiques du pays de Bray (échelle 1/500 000)
Carte du pays de Bray >